‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 59 sur 63 · EE T. LAURENT · texte numérisé non relu

EE T. LAURENT

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LISTE DES CÉTACES, vxs POISSONS, pxs CRUSTACÉS »r rs MOZ. LUSQUES, Qui FRÉQUENTENT ET HABITENT OU ONT BABITÉ LES CÔTES CANA- DIENNES DU GOLFE ST. LAURENT, £T QUI Y SONT L'OBJET DE PÉOHBS PLUS OU MOINS CONSIDÉRABLES, ET QUI SERVENT D'APPATS, ETO., KTO.

BaALæNA MysTicerus.

Français—La Huleine Franche, la Raleine Noire. Anglais— Black, Right, Common, True, Greenland, où Whale Bone Whale.

De la classe des Mammifères, de l’ordre des Cétarés, de la famille des Béléinidés, du genre Balæna.

Cette baleine a une longueur moyenne de Ü0 pieds, et une circonférence de 30 à 40 : quoiqu’elle ne soit pas la plus grosse de sa tribu, elle n’en est pas moins la plus précieuse, par la grande quantité d'huile que produit l’épaisse couche de graisse (de 14 à 16 pouces) dont sa chair est recouverte, et par ses fanons.

On sait que les baleines proprement dites n’ont pas de dents, mais à leur place, attachées à la machoire supérieure, des lames cornées et flexibles (baleines ou fanons), qui ont jusqu’à 12 pieds de long chez les baleines franches, et servent à tamiser l'eau qu’elles engloutissent, en même temps que les petits animaux, poissous, crustacés et mollusques, dont elles font leur nourriture habituelle.

Je n’ai presque pas besoin d'ajouter que la baleine, comme du reste, tous les animaux de l’ordre des cétacés, respire l’air en nature au moyen de trous placés à la partie supérieure de la tête et communiquant avec les poumons, appelés évents ; qu’elle fait ses petits vivants, un par portée, et qu’elle les allaite pendant une partie de la saison.

Lors de la découverte du Canada, les troupeaux de baleine franche étaient nombreux dans le golfe St. Laurent, et sur les côtes du Labrador et de Terreneuve.

Les pêcheurs basques, français, anglais et américains vinrent chacun leur tour leur faire une guerre acharnée, et ils en fivent une si grande destruction qu’elles devinrent trèsrares.

Des baleiniers de Nantucket tuèrent encore un certain nombre de baleines franches, dans le détroit de Belle-Ile, il y a une trentaine d’annécs ; maintenant, on en voit presque plus dans ces parages.

Trois baleines de cette espèce parurent dans les eaux du St. Laurent, entre le Saguepay et Kamouraska, vers l’année 1845; plus tard, on en vit cinq, et on conclut de là de avaient eu des petits. Les baleiniers de Gaspé ne tardèrent pas à venir leur faire

a chasse.

Une de ces baleines fut tuée par le capitaine William Harbour, et comme c'était une jeune, elle ne produisit que 1,200 gallons d'huile. Trois autres furent harponnées par le capitaine Frédérick Coffin : une d’elles tut capturée et on en retira 4,200 gallons d’huile. Les deux autres avaient brisé les harpons et s'étaient échappées ; mais elles furent retroure lus tard, à moitié putrifiées cependant, et pour cette raison ne donnèrent que peu

’huile.

On caloulait que la quantité d’huile fournie par l’une d'elles, si elle eut été dépècée aussitôt après avoir été harponnée, aurait atteint le chiffre de 7,500 gallons.

Des pêcheurs m'ont dit avoir vu plusieurs baleines franches cette année dans le golfe : espérons que cette nouvelle est vraie, et que ce mammifère si précieux va reparaître sur nos côtes.

BALÆNA G1BBOSA.

Français— Baleine à bosse.

Anglais—Hump-back, ou Hunch-back-whale.

La baleine à bosse est celle que nos baleiniers poursuivent généralement dans le golfe St. Laurent, parce qu’elle est plus aisée à tuer que les autres espèces ; ses mouvements sont lents, et elles viennent souvent à la surface de l’eau pour respirer.

Sa longueur est de 50 à 60 pieds, et son corps, quoique moins rond et moins gros,

roportionnellement, que celui de la baleine franche, est plus volumineux que le corps des Pilates appelées par nos pêcheurs Sulphur Bottom et Finner.

La couche de lard qui recouvre ses chairs sur le dos et les flancs, est d’une épaisseur de 6 à 8 pouces, et fournit de 300 à 2,400 gallons d'huile, selon qu’elle est plus ou moins âgée, ou plus ou moins grosse.

On se sert du harpon pour la tuer. Cette baleine est très commune dans le golfe St. Laurent, depuis la fin de mai jusqu’à l’automne. On l’y voït souvent suivie d’un baleineau de 8 à 12 pieds de long.

Il paraît que pendant l’hiver, elle habite les côtes du sud-est des Etats-Unis.

BALÆNOPTERA PHYSALIS, BALÆNA PHYSALUS.

Français—Baléinoptère. Le Gibbar des Basques. Anglais—Fin-Fish, Finner, Northern Rorqual ou Razor-Backed Whale.

Cette baleine est presqu’aussi longue, mais bien plus grèle que la baleine franche; mais elle fournit beaucoup moins d’huile que cette dernière ; la couche de lard qui recouvre son corps n’ayant généralement que 4 pouces d'épaisseur.

J’ai déjà dit dans un de mes rapports, que cette baleine est farouche et en même temps douée de mouvements si précipités, que nos baleiniers n'aiment pas à l’attaquer, et s’ils le font, c’est avec la lance d’abord, puis quand elle est épuisée par une longue course, ou le sang qui sort de ses blessures, ils lui lancent le harpon pour s’en emparer.

Du reste, comme elle ne produit comparativement que peu d’huile, et qu’elle est très difficile à tuer, nos pêcheurs n’aiment pas beaucoup à en tenter la capture, et lui préfère de beaucoup la baleine à bosse.

BALÆNOLTERA RorquAL, BaAzæNA MuscuLus, Rorquazus MuscuLus. Français—Korqual.

Anglais— Broad Nose Rorqual, Sulphur Bottom.

Cette espèce de baléinoptère, est au rapport de nos balciniers de Gaspé, plus longue que la précédente, et surtout remarquable par les plis longitudinaux qu’on trouve sous son ventre et sa gorge.

Son corps est noir sur le dos et blanc et couleur de soufre à la partie inférieure.

Nos pêcheurs la redoutent beaucoup, à cause de ses mouvements vifs et précipités ; et comme pour la précédente, ils se servent toujours de lance, avant le harpon, pour l’attaquer.

Da Done que les Rorquaës lançaient les vapeurs qui sortent de leurs évents à une plus grande hauteur que les autres baleines, et que *: bruit causé par leur respiration était aussi plus fort.

Elle ne produit pas d’huile en raison de sa grosseur: la couche de lard qu’on trouve sur ses chairs, ne dépassant guère 4 à 5 pouces en épaisseur.

Les fanons n’ont que de deux à trois pieds et demie de longueur.

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