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CHAPITRE I

Arguments anatomo-pathologiques, expérimentaux et thérapeutiques.

Preuve anatomo-pathologique.

On admettait autrefois l'antagonisme sur le terrain anatomopathologique de l’'emphysème et de la tuberculose. Il est cerain que les parties du poumon où le fonctionnement est exagéré restent indemnes ou ne sont que fort peu envahies; que, d'autre part, le processus tuberculeux se cicatrise le Plus souvent devant la manifestation emphysémateuse.

Cette opposition n'est plus admise depuis longtemps. Les recherches anatomo-pathologiques déjà anciennes de Hérard et Cornil et de MM. Hirtz et Grancher ont apporté des preuves nouvelles à l'assertion formulée en 1855 par Gallard dans son mémoire Sur l’emphysème chez les tuberculeux, où l’on voyait que la seule présence de tubercules dans le poumon suffit à amener la production d'emphysème.

On trouve en effet, d'une manière assez fréquente, au cours de la tuberculose chronique du poumon, une combinaison évidente des lésions tuberucleuses nodulaires, fibroïdes ou fibrocaséeuses avec l’'emphysème proprement dit.

Au milieu des zones boursoufflées, pâles et molles, zones qui peuvent être étendues à la totalité d'un lobe, par exemple, et même à l’ensemble des deux poumons, les lésions tuberculeuses apparaissent bien reconnaissabies.

Ce sont des granulations, plus souvent des tubercules fibro-

anthracosiques réunis en ilots conglomérés, en placards étendus, en foyers nodulaires disséminés, entourés de toutes parts par des bulles gazeuses, cavités aériennes vides et sèches, plus ou moins régulièrement arrondies.

Ces constatations ont d'autant plus d'intérêt qu'elles sont faites sur des sujets atteints d'emphysème tuberculeux généralisé, mais ici il est souvent plus difficile de décéler les lésions bacillaires. L'emphysème entrave le développement du processus tuberculeux; elle le limite et le modifie profondément.

Dans ces cas on se {rouve parfois en présence de formation scléreuse, véritable tissu de cicatrisation, ces lésions sont tellement semblables à celles que l’on rencontre chez les tuber-

culeux guéris que les probabilités sont pour une même origine.

Tantôt ce sont des amas caséeux ou crayeux, tantôt des nodules scléreux, arrondis sans trace de follicules, dont le diagnostic étiologique peut encore se faire.

M. le D' Mongour rapporte le cas des ouvriers exposés aux inhalations de poussières ou de vapeurs toxiques. Ces sujets sont très fréquemment atteints d'emphysème généralisé et il n'est pas rare de rencontrer sur leur poumon des granulations tuberculeuses, mais toujours en nombre restreint.

Toutes ces constatations nous permettent de conclure avec Tripier : la coexistence de la tuberculose et de l’emphysème ne saurait être mise en doute, puisqu'on rencontre constamment ces lésions associées, mais il n'est pas douteux non plus que les parties du parenchyme pulmonaire devenues emphysémateuses soient plus ou moins réfractaires aux productions tuberculeuses et inflammatoires quelconques sinon du moins pendant un certain temps.

Bon nombre d'auteurs se bornent à admettre cette conclusion et ne voient dans l'association de la tuberculose et de l'emphysème qu'une relation de coexistence. D'autres au contraire, et nous sommes de cet avis, ont soutenu que ces deux affections reconnaissent une origine identique : le bacille de Koch et ses toxines.

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Mais quelle est la nature de cette tuberculose? Quelle est son mécanisme et comment se présente-t-elle ?

Interrogeons pour répondre à cetle question la pathogénie et la physiologie pathogénique de la tuberculose en général.

Sur la route du bacille de Koch, contre sa marche envahissante et dévastatrice, bien des remparts se dressent, mais ses ouvrages avancés sont souvent trop faciles à démonter et la lutte se localise presque toujours au cœur de la place. Le parenchyme pulmonaire devient le théâtre des actions nocives du bacille de Koch et des réactions de défense Les plus importantes de l'organisme. Ê

Voyons donc les moyens dont il dispose, mais auparavant disons quelques mots des toxines de l'agent tuberculeux et de leurs actions.

Le bacille de Koch est surtout dangereux par Les poisons qu'il sécrèle, par ses toxines, dont les unes constituent des poisons diffusibles tant dans les bouillons de culture que dans l’organisme, les autres, des poisons adhérents pris au corps microbien et résponsables des actions locales.

On connaît les remarquables travaux d'Auclair qui, en traitant le bacille de Koch par de l'éther ou du chloroforme, a obtenu deux substances toxiques : l'éthéro-bacilline ou étherine et la chloroformo-bacilline ou chioroformine. L'étherine provoque un processus néfaste, la caséification; la chloroformine engendre une action plus heureuse, la sclérose.

La sclérose est la réaction de défense la plus nette et qui se retrouve à tous les degrés dans la tuberculose pulmonaire. Tantôt elle s'affirme sous la forme nodulaire, c’est le tubercule fibreux, tantôt au contraire sous la forme fibreuse.

Ces divers processus de sclérose sont en relation évidente avec la présence du bacille de Koch facile à constater; mais il existe des formes qui doivent être rattachées à la tuberculose, bien que l'examen histologique ne manifeste pas toujours et forcément la présence du follicule tuberculeux. Le bacille de Koch est susceptible de provoquer au sein de tous les tissus des réactions banales, inflammatoires, sans caractère spécifique.

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