‹ Rapports de l'emphysème avec la tuberculose pulmonaireChapitre 23 sur 33 · ER RO · texte numérisé non relu

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Dans la sphère restreinte où nous avons observé, nous avons pu constater les faits suivants : cinq malades ont été soumis à l'épreuve tuberculine (ophtalmo-réaction ou intra-dermo-réaction), quatre fois elle a été positive, une seule fois négative, nous n'avons malheureusement pas observé de réaction en foyer.

Nous nous sommes adressé à l’albumino-réaction et avons noté ce qui suit : sur 7 malades examinés, 7 fois cette épreuve a été positive. |

Ces résultats, on le voit, s'accordent parfaitement avec ce que pensent les auteurs. L'albumo-réaction est positive dans l’expectoration de la grande majorité des emphysémateux atteints de bronchite chronique mais surtout et d’une façon plus intense chez les bronchitiques nettement tuberculeux.

Toutefois, il ne faut pas exagérer non plus l'importance de ce procédé de recherche, et il est prudent de s'arrêter aux conclusions de MM. Roulet, Roger, Lévy-Valenzi. Quand il n'y à pas d’albumine dans les crachats, on peut rejeter Le diagnostic de tuberculose; quand le résultat est positif, on devra examiner plus soigneusement le malade, l’albumino-réaction se produit non seulement dans la tuberculose pulmonaire, mais dans beaucoup d’affections aiguës du poumon; on aura donc à déterminer quelle est la cause de la transsudation albumineuse. Au médecin donc de s'aider de l’anamnèse, de la nrarche de la maladie, de l’examen microscopique pour établir un diagnostic précis, il aura trouvé toutefois un adjuvant précis dans l'albumoréaction.

La radioscopie nous offre aussi un moyen d'investigation très sérieux. M. Béclère a examiné plusieurs centaines d'emphysémateux à l'hôpital Saint-Antoine et la radioscopie lui a presque toujours révélé les signes d’une (uberculose pulmonaire, sous forme d’induration des sommets et d’adénopathie péri-bronchique ou médiastine.

Chez tout emphysémateux, conclut-il, même en excellente santé apparente et en l'absence des signes habituels, il faut done penser à la possibilité d'une tuberculose ancienne éteinte

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ou sommeillante et demander la confirmation ou l'infirmation de ce soupçon à l'exploration radiologique.

La présence ou l'absence du bacille de Koch, dans les crachats de ces emphysémateux, a-t-elle une signification quelconque pour nous ?

Disons de suite que si la conception pathogénique que nous allons édifier est exacte, l'examen bactériologique de l’expectoration chez ces malades doit être négatif ou très faiblement posilif; c'est d'ailleurs ce qu'ont prouvé nos examens successifs ; chez presque tous les malades que nous avons examinés, la recherche du bacille a été négative. Enfin « la sensibilité à l'iodure, aux injections d’eau salée serait aussi grande chez certains emphysémateux que chez les tuberculeux ».

Arguments thérapeutiques. — La thérapeutique semble, elle aussi, prouver que l’antagonisme admis par les auteurs entre la tuberculose et l'emphysème n'existe pas. C'est ainsi que le traitement qui convient aux uns est aussi profitable aux autres. La tuberculinothérapie, par exemple, est employée dans ces deux affections et elle donne également, dans les deux cas, des résultats favorables. C'est l'opinion de MM. Renan, Küss, Mongour.

Tous Les arguments que nous venons d'indiquer lour à tour sont concordants: ils nous autorisent à supprimer la barrière établie autrefois entre l'emphysème et la tuberculose ct à conclure que l’emphysème pulmonaire est, dans bien des cas, comme une forme atténuéc de tuberculose ; l’antagonisme relatif ne pouvant être soutenu qu'entre la tuberculose ulcéreuse et l'emphysème.

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