CHAPITRE II
Formes cliniques.
Nous avons déjà rapidement décrit la symptomatologie de la forme emphysémato-tuberculeuse; il nous parait cependant très utile d'y revenir. Une étude attentive permet en effet de différencier plusieurs modalités cliniques dont la connaissance et l'interprétation sont, on le conçoit, d'une grande importance au point de vue diagnostic, pronostic et traitement.
Ici nous ne pouvons mieux faire que de reprendre la description des formes si parfaitement établies par M. le D' Mongour.
Trois types se présentent, et il nous a été donné de les noter dans nos observations.
Disons de suite, en commençant, que nous pensons faire œuvre plus utile en retraçant pour chaque variété l'histoire pathologique la plus nette d’un de nos malades que de nous borner à une simple énumération.de symptômes.
A. Le malade est un emphysémateux vulgaire (malade de l'observation VI). Il s'agit d'un sujet à thorax globuleux, caractéristique, à respiration courte et pénible qui, sthétoscopiquement, présente tous les signes physiques de l’'emphysème : tympanisme à peu près complet, vibrations disparues sauf à droite, ce qui paraît tenir plutôt à des différences d'intensité dans l’emphysème qu’à des lésions d’induration, respiration * abolie à timbre rude et sec, ronflements et sibilances par instant.
Cependant on relève dans ses antécédents la tuberculose des collatéraux (deux frères sont atteints de bacillose), des cerises
CSA STE
de cachexie avec perte des forces, amaigrissement, qui motivent presque tous ses séjours à l'hôpital, des hémoptysies, une violente en 1908, et depuis parfois le matin des crachats hémoploïques.
Malgré tout il tousse peu, l’expectoration est rare, sans carac- (ère, pas de fièvre ni de sueurs, l'appétit est bien conservé.
Le pronostic porté sera done bénin, ce malade « mènera sa vie comme un emphysémateux » et succombera très probablement à des lésions du cœur droit.
On comprend facilement que le diagnostic soit ici difficile ct que si son passé pathologique permet de soupçonner la bacillose « la preuve directe, indiscutable n'en est possible que si, pendant une de ses périodes de bronchite, l'examen révélait la présence de quelques bacilles dans l’expectoration ». Il ne nous a pas été donné d'observer le malade à une de ses périodes catarrhales et nous n'avons pu noter chez lui, à la suite de la cuti-réaction, « une réaction en foyer qui aurait pu nous donner une quasi-certitude ».
B. L’emphysémateux est un asthmatique (malade de l’observation V).
Le tableau clinique est ici sensiblement le même que dans le cas précédent et nous ne saurions y revenir sans tomber dans des redites.
Le point particulier qu'il faut signaler, c'est qu'il s'ajoute un élément nouveau, des crises dyspnéiques asthmatiformes.
Ces crises nous semblent iei, selon toute probabilité, liées à la bacillose; en effet, nous n'avons rien trouvé par ailleurs qui put les expliquer. Il existerait donc un asthme tuberculeux. Presque tous les auteurs en admettent actuellement l'existence.
Trousseau, un des premiers, considère que, dans certains cas, asthme et {uberculose sont l'expression d'une même diathèse. C'est l'opinion professée ensuite par G. Sée, Bard, Landouzy, Iirtz. M. le D' Mongour écrit les lignes suivantes : « Pas plus que l’'emphysème, l'asthme ne saurait être considéré commeune maladie essentielle; c'est un symptôme que toute infection, toute intoxication pulmonaire ou extra-pulmonaire peut condi-