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CHAPITRE IV

Pronostic.

Presque tous les auteurs qui ont parlé de la question des rapports de l'emphysème et de la tuberculose ont constaté l’heureuse influence de la manifestation emphysémateuse sur l’évolution bacillaire. Ramadge, G. de Mussy, Pidoux, G. Sée, reconnaissent que l'intervention de l'emphysème dans la tuberculose est l'indice d’une phtisie lente, guérissable. Toutefois Bard et Peter y voient un facteur à aggravation ; mais cet exemple reste isolé. Pour Hirtz, l’emphysème généralisé enraye la lésion tuberculeuse, lui donne une marche ralentie. Gette opinion est partagée par tous les classiques : Hérard, Cornil, Hanot, Potain, etc.

Pour nous qui résolvons le problème d’une façon différente, le pronostic sera le même.

Consultons, pour en juger, nos observations.

Nous voyons que nos malades sont aux prises avec Le bacille de Koch déjà depuis longtemps, et malgré tout, si leur état général n’est pas absolument bon, il est aussi satisfaisant qu'il peut l’être dans de semblables conditions.

Ils ont maigri, il est vrai, mais cette perte de poids n'a rien de comparable à celle que l'on observe presque toujours chez les gens atteints de tuberculose proprement dite.

Ils crachent, souvent peu, et cette expectoration contient rarement des bacilles de Koch.

On note des hémoptysies dans leurs antécédents, et leur état reste relativement bon (malade de l'observation [), quelquefois très bon (malade de l'observation VI).

Tous ces faits sont à retenir, d'autant plus que ces malades sont placés presque tous dans des conditions hygiéniques déplorables (le malade de l'observation IT exerce la profession de balayeur; la malade de l'observation VII a toujours travaillé dans un atelier), qu'ils sont en butte à toutes Les viscissitudes de la vie, privations, inanition chronique, chagrins, etc.

Le pronostic n'est donc pas celui que l'on serait en droit de soupçonner.

Il y a, en outre, une notion très instructive à tirer de la date d'individualisation de la forme tuberculo-emphysémateuse ; plus cette date est rapprochée de l’époque des premières manifestations bacillaires, plus rassurant est Le pronostic porté. Aïnsi le malade de l'observation VI qui a été atteint d'essoufflement deux mois après le début de sa tuberculose, présente une conservalion remarquable de l'état général, avec des lésions pulmonaires qu'une auscultation attentive ne permet plus de déceler.

Toutefois, il convient de ne pas trop exagérer la bénignité du pronostic; « il peut arriver qu'après être restée stationnaire pendant 10, 15, 20 ans et davantage, la bacillose, sous l'influence de refroidissements, de fatigues, de déchéance de l'organisme, évolue à nouveau soit lentement, soit rapidement ».

De plus, le sujet n’est pas à l'abri de complications parfois très sérieuses.

En premier lieu, il faut citer les évolutions tuberculeuses extra-pulmonaires. C'est qu'en effet, en dehors du poumon, le champ reste partout ouvert à l'activité du bacille et il peut trouver dans l'organisme un point où le terrain est plus propice à son développement.

Ainsi, le malade de l'observation VIIT, à la suite d'un traumatisme, voit se développer au cours de sa bacillose, au niveau de la région contuse, une ostéite qui évolue avec toutes les allures d'une tuberculose locale.

Il n’est pas rare non plus de rencontrer au cours de la tuberculose emphysémateuse des hémoptysies. Le malade de l’observation Î a eu une hémoptysie deux mois après l'apparition de l'essoufflement, expression subjective de son emphysème.

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