‹ Rapports de l'Ulcère de l'Estomac et de la GrossesseChapitre 10 sur 26 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Goudard. Société médicale de Pau, 13 décembre 1901.)

Femme de 36 ans, IV pare. De 13 à 22 ans, forte anémie ; règles toujours régulières depuis l'âge de 13 ans, assez abondantes. Aucune maladie grave ; pas d'infection dans l'enfance, ni syphilis, ni tuberculose.

Depuis l’âge de 22 ans, elle présente des troubles gastriques caractérisés par des crampes d'estomac, des douleurs, du pyrosis, des aigreurs : ces troubles gastriques semblent s'améliorer pendant les grossesses, sauf pendant la dernière.

Première grossesse à 27 ans, terminée par une application de forceps ;

Deuxième grossesse à 28 ans, elle se termine par un accouchement spontané. Ces deux premières grossesses sont excellentes. Bonnes suites de couches. Enfants vivants et bien portants ;

Troisième grossesse à 30 ans. À ce moment se produit une série d’hématémèses durant 18 jours, hématémèses dues certainement à un ulcère gastrique. La grossesse ‘se termine par une fausse couche de trois mois et demi.

Depuis, malgré une vie fatiguante, elle n'a plus eu de vo-

missements sanguins ; il est juste de dire qu'elle suit un régime

sévère; elle prend des alcalins et les médicaments .d’usage en pareil cas. a

Quatrième grossesse. Dès le début, la malade a eu une recrudescence des Troubles gastriques, qui ont nécessité le régime lacté absolu et qui lui ont fait redouter, vers le troisième mois, une hémalémèse qui ne sest pas produite. Jamais d'hémoptysie, ni

d'épislaxis. Une application de forceps, met au monde un enfant

ER, de 3.300 gr. bien conslitué, vigoureux, qui, le lendemain soir à du melœna abondant sans aucune lésion apparente d'aucun appareil. Après quelques jours de ‘soins, l’hémorragie, qui avait augmenté considérablement, et mis Penfant très en danger, di-

minue el s’arrêle ; l'enfant guérit; pas de température.

OBSERVATION VII e

(Budin. L'obstétrique, 1904, p. 254)

Chez une femme, je fus appelé la veille de l'accouchement; la malade avait vomi constamment pendant la geslation, ses vomissements contenaient des filets noirâtres et quelques traces de sang coagulé ; il existait une douleur vive el continue au niveau de la région épigastrique et dans le dos, etc... Le médecin croyant: à des vomissements de la grossesse, n'avait donné aucun conseil relatif au régime. je ‘prévins l'oncle de la jeune femme, qui était médecin M. le Professeur Hutinel fut mandé en consultation, ct on ne laissa pas ignorer la gravité de la situation. Le lendemain de

l'accouchement, une perforation se produisit, et la femme mourut.

OBSERVATION NII

(Budin. L’obstétrique, 1904, p. 254)

It s'agissait d’une jeune femme élrangère, qui se présenta chez moi, vomissant constamment, et se trouvant dans un état d’anémie extrême ; un accoucheur des hôpitaux avait cru à de simples vomissements de la grossesse; il existait ous les symplômes d'un ulcère de lestomac. Le diagnostic fut confirmé par les Docteurs Francois Franck, Mendelssohn et Bouchard. Peu de temps après,

le fœtus succomba, el, au moment de l’expulsion de l'œuf, une

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hémorragie épouvantable se produisit; la malade était presque agonisante, lorsque je dus intervenir pour extraire le placenta et faire le tamponnement. Grâce aux injections de sérum et au traitement approprié, elle reprenait assez rapidement ses forces lorsque, le quatrième jour, survint de la périlonile autour de son ulcération : de la glace, mise en permanence, fut prescrite par

nos collègues cités plus haut, et elle guérit.

OBSERVATION IX (Résumée)

(Lapeyre, de Tours. Société de chirurgie de Paris. 1906).

Madame Ch. 32 ans, n'a à signaler comme antécédents qu'un peu de chloro-anémie vers 15 ou 16 ans. A 17 ans, elle ressent les premiers symptômes de l'affection actuelle. La malade donne pour cause à ses accidents une chute sur le ventre dans un escalier, survenue deux ou trois mois avant. A la vérité, le traumalisme ne paraît pas avoir porté sur l’épigastre, et la malade nv a attaché d'importance qu'après coup. Le premier symptôme ressenti, fut une douleur profonde, lancinante, à l’épigastre, à gauche de la ligne médiane, un empâtement douloureux, d'aspect inflammaloire, qui n'augmente que lentement. Pendant cinq ‘ans, les progrès sont peu rapides.

A 25 ans, la malade se marie, elle devient enceinte deux ans après, el accouche d'un enfant actuellement vivant. Pendant la grossesse, il y eut une amélioration remarquable dans l’état général de la malade. Cependant, la tumeur épigastrique persistait sans changement notable. Peu après l'accouchement, c’est-à-dire depuis près de quatre ans, aux douleurs anciennes s'ajoutent des crises douloureuses atroces. La tumeur s’enflamme, s'ulcère, et donne passage au suc gastrique ; l’orifice s'agrandit peu à peu, el, au boul de deux ou {rois ans, les liquides alimentaires passent par la fistule.

JR ERREUR La malade, 4onl l’état est irès précaire, est opérée par M. Lapeÿre. Guérison, à

Huil mois après, elle meurt de luberculose pulmonaire.

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