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370 pendant 12 heures après la douche. La distension et la mollesse de l'abdomen diminuèrent aussi et la malade parut bien mieux. De bonne heure, le sixième jour, elle devint très agilée, en proie à un délire maniaque. On ne put la calmer que par une injection de morphine. Elle mourut dans l'après-midi.
Ci-joint le rapport de l’autopsie, d’après le Docteur Carslairs Douglas :
« Corps bien conslitué ; surface extérieure froide, pupilles modérément dilatées et égales, un liquide sanguinolent suintait par les narines.
« Thorax: Envahi en partie par le foie qui avait repoussé le diaphragme jusqu'au dessus de la 4° côte. Pas d’épanchement pleural. Léger œdème des poumons avec un peu de congeslion passive, pas de splénisation, emphysème le long des bords externes et aux sommets. Le cœur semblait sain.
« Abdomen: A l'ouverture de l'abdomen, une grande quantité de liquide sanieux jaillit de dessous et de derrière le foie, tenant en suspension d'épais flocons de pus. A l'examen on découvrit un exsudat purulent, partant de dessus le foie et s'étendant le long du colon, jusqu'au pelvis ; le colon (ascendant et transverse) présentait des laches d’hyperémie et d'inflammation. On remarquait la même chose sur le péritoine au-dessus de l'estomac. La face supérieure montrait quelques adhérences avec le diaphragme, et au-dessous il y avait des adhérences entre le foie et l'estomac, entourant un abcès d’où sortait un pus épais et crémeux. En cet endroit la paroi de l’estomac était mince el gélatineuse, et il y avait communication entre l'organe et la cavité de l’abcès. La. surface intérieure de l'estomac était hypérémiée à l'endroit de ladhérence et autour. ;
Les reins el la rate élaient sains. Pas de signes de péritonile au-dessus des anses grêles, appendice sain. Ovaire droit kystique. Utérus sain.
Selon toute apparence, des adhérences s'étaient faites entre le foie el la petite courbure de l'estomac, près du pylore, el la perforalion qui s’élail produite éventuellement, avait déterminé la formalion d'un abcès sous-hépalique, mais sans périlonite généra-
lisée. Les efforts de l'accouchement avaient dû rompre les adhérences et répandre alors l'infection dans le péritoine.
L’effort de laccouchement délermina sans doute la ruplure de quelques adhérences, mais je ne pense pas que la cavité de l’abcès ait été ouverte à ce moment, attendu que la température et le pouls de la malade restèrent normaux pendant deux jours après .lPaccouchement. Si le pus avait pénétré dans la cavité abdominale au moment de l’accouchement, certains symptômes l’auraient révélé presqu'aussitôt. Je suis porté à croire que la diminulion de la pression intra-abdominale qui a suivi l'évacuation de lulérus a permis au pus de se frayer un passage au dehors en l’espace de deux jours. Si quelque adhérence avait été déchirée, cela aurait hâté le dénouement. Néanmoins, cela est de peu d'importance.
En interrogeant le mari de la malade, mon résidant, le Docteur Eric Gairdner, apprit que un an ou deux auparavant, la malade avait ressenti une douleur à l’épigastre après l'ingestion des aliments et avait vomi plusieurs fois. Vers la fin de sa dernière grossesse ces symptômes avaient empiré, elle avait éventuellement vomi du sang, mais jamais beaucoup. A l'hôpital, ses vomissements ne continrent jamais de sang. Même avec ce renseignement, je ne crois pas que le diagnostic eût été possible, et d’ailleurs une opération n'aurait rien empêché.
Ce cas est très intéressant, il justifie l'importance de l’autopsie. Il montre aussi que le médecin accoucheur ne doit jamais oublier qu’il y a dans le corps d’autres organes que l'utérus, et qu'il ne doit pas concentrer son attention sur lui seul, lorsque
quelque complication survient. »