‹ Rapports de l'Ulcère de l'Estomac et de la GrossesseChapitre 25 sur 26 · CHAPITRE: VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE: VIH

Conduite à tenir.

Dès que l’on aura diagnostiqué un ulcère de l’Estomac au cours d'une grossesse, il faudra instituer immédiatement une thérapeutique appropriée. Ce ‘traitement ne présente.rien de particulier. Il devra consister comme toujours dans le repos de l'Estomac, la modification de la sécrétion gastrique, le pansement de l’ulcération, le traitement des symptômes fondamentaux : douleurs, vomissements, hémorragies. j

a) Pour assurer le repos de l'Estomac, la malade restera au lil et sera mise au régime lacté qui est en effet le régime alimentaire qui demande le moins de travail à l'Estomac. On donne le lait cru de préférence et par pelites doses pour lPempêcher d'amener une dilatation de lestomac en y arrivant en grande quantité. La malade prendra 2 litres, une lasse toutes les 2 heures pendant les 16 heures de la journée. Le lait n'irrite pas la muqueuse, il séjourne peu de temps dans l'Estomac, il demande peu de suc gastrique pour être digéré et enfin étant alcalin, il neutralise une partie de son acide chlorhydrique. Pour augmenter son alcalinité et calmer les douleurs, il est bon de mettre dans chaque bol de lait, une cuillerée à soupe d’eau de chaux

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ou de couper le lait au-1/3 avec de l’eau de Vichy ou de Vals.

Nous préconisons l'emploi du bouillon de céréales, qui est très nutritif, n’introduit pas de toxines dans l’organisme et se digère avec très peu de suc gastrique. Ce n’est que progressivement, lorsque l’état local se sera amélioré que l’on permettra à la malade certains aliments légers, de façon à constituer un régime mixte. De toutes façons, il faudra proscrire absolument le vin et toute boisson fermentée. La malade boira simplement du lait pur ou coupé.

b) Plus que dans toute autre circonstance, il importe ici de modifier la sécrétion gastrique, puisque nous avons vu que l’hyperchlorhydrie est la règle. Il faudra donc al- Caliniser le contenu de l'estomac de façon à neutraliser son acidité.

Debove cherche même à amener une neutralisation complète du suc gastrique, de cette façon les aliments n'irritent pas l'estomac pendant leur digestion qui ne s’opère que dans l'intestin. On donne les alcalins à dose assez forte: 10 à 15 grammes de bicarbonate de soude par jour, par cuillerées à café dans un peu d’eau ou de lait après que la malade a pris une tasse de lait ou de bouillon de céréales. On évite la diarrhée que pourrait provoquer le bicarbonate de soude en ajoutant un alcalin constipant eomme la craie préparée. On empêche la formation du chlorure de sodium dans la décomposition du bicarbonate de soude, en ajoutant des poudres inertes, on prescrit par exemple des paquets tels que ceux-ci :

bicarbonate de Sonde. ts ins 0 gr. 50 Garbonate. dé Chaux une 0 gr. 30 Sous-nitrate de Bismuth......….......……. 0 gr. 25

dont on fait prendre 4 à 5 par jour.

€) Pour favoriser la cicatrisation de l’ulcère, le meilleur

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des médicaments est le sous-nitrate de Bismuth. On fait absorber le bismuth dans une potion. On peut formuler :

Sous=nitrate dé PBISQUEN rene 15 gr:

Eau gommeuser.2 "#00 ere 60 gr.

à prendre par cuillerées à soupe en l’espace de deux heures.

d) On institue pour combattre les symptômes, leur traitement respectif. En S'y prenant ainsi dès le début, on atténuera autant que possible l’influence aggravante de la grossesse.

Mais une autre question se pose pour l’accoucheur: Doitil se contenter de lutter contre l’ulcère, à un moment donné n'est-il pas indiqué d'interrompre la grossesse, puisqu'elle exerce une agtion si pernicieuse sur la lésion ?

Nous voyons que dans nos observations, jamais on n'a eu la main forcée, jamais on n'a été obligé de provoquer l’avortement ou l’accouchement prématuré. On peut bien malgré tout concevoir des cas où, par suite de l’aggravation de l’état

général, la question de l'interruption de la grossesse peut être

posée, comme cela se produit dans certains cas de vomissements incoercibles. Mais, nos observations nous ont appris que dans les cas graves, l’ulcère a été au devant de toute intervention c£ a interrompu lui-même la grossesse en tuant le fœtus. Nous savons aussi que ces cas constituent l’exceplion. Nous avons vu encore, que, une fois que la grossesse est interrompue, soit naturellement, soit artificiellement, soit à terme, soit prématurément, les symptômes de l'ulcère subissent une recrudescence marquée. Cette considération ne doit pas nous engager à interrompre la grossesse, au conlraire. Nous savons que si la grossesse aggrave l’ulcus, ce n'est jamais à un haut degré, tandis que l’accouchement exerce loujours une action très fâcheuse sur son évolution. La meilleure manière de faire de la puériculture intra-utérine, est donc de soigner minutieusement lulcère, et de lais-

ser évoluer la grossesse jusqu'à terme ; la mère ne gagnerait rien à son interruption prématurée, tandis que l’enfant a tout à gagner à ce que la grossesse arrive à terme. On ne peut éviter l’aggravation de l’ulcère lorsque la grossesse se ter- minera, il vaut mieux de toutes façons que cette terminaison soit naturelle et spontanée.

Nous devons donc conclure en disant: \

Il faut traiter l'ulcère gastrique aussitôt qu'il s’est manifesté et respecter la grossesse. C’est en luttant uniquement contre lulcère qu’on atténuera les mauvais effets de l’état puerpéral. On évitera ainsi l’aggravation de l’état général et l'interruption de la grossesse, qui pourrait en être la conséquence. Loin d'interrompre la grossesse, on s’efforcera donc de favoriser son évolution jusqu'à terme. Le point sur lequel doit se concentrer toute l’attention du médecin en pareille occurrence, c’est le traitement médical de lPulcération gastrique. ?

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