PARAGRAPHE
PNEUMONIES PALUDÉENNES REMITTENTES
Le second groupe que nous avons isolé est sensiblement différent du premier : c'est la fièvre remittente pheumonique ; il ne s'agit pas d'accès paludéens, mais d’une pyrexie à tracé thermique continu, interrompu par endroits par des paroxysmes et des remissions. D'autre part, au point de vue clinique, il s'agit de malades qui font un ensemble de symptômes 6voluant à bas bruit, mais rappelant bien la pneumonie. Ces observations sont beaucoup plus rares que les précédentes ; elles sont aussi beaucoup
plus souvent terminées par le décès du malade.
PP
Les principales sont celles de Rouxeau, Lecointe, Saillard (O.IX), Robert de la Tour et Krison. Notons que pour ce dernier, Ces pneumonies surviendraient dans le cours de la cachexie palustre. Enfin, plus récemment, Grall et Clarac décrivent deux variétés
de « pneumonies réellement palustres ».
1" Dans l’une, la pneumonie n'est qu'une complication intercurrente au cours d’une rechute ; 2° dans iautre, Ja détermination pulmonaire est initiale et prédominante. Mais, pour ce qui est de l'interpréta tion de ces pneumonies remittentes, les avis sont également partagés, et les vieux cliniciens ont vu. avant l'intervention du laboratoire, qu'il s'agissait à
d'associations de deux éléments
Ce sont, écrit Constant, « des maladies compliquées
coù les deux éléments. inflammatoire et intermit-
« tent, sont indépendants l’un de l'autre, se dévelop-
« pent sans se confondre et exigeant chacun leur « traitement. »
C'est ce que pensent aussi Marcé, Maillot, Catteloup et Colin ; les recherches de Marchiafava, Bacelli, Bignami, Guarnieri et Ascoli, sont venues en apporter la preuve par la découverte constante du pneumocoque dans les crachats des paludéens atteints de fièvre remittente pneumonique.
On conçoit, après pareils travaux, que la lecture du traité de Grall et Clarac surprenne :; en analysant leur premier groupe de pneumonies réellement palus-
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tres, on s'aperçoit qu'il s'agit, vraisemblablement, de congestions et non de pneumonies palustres ; qu'on en juge plutôt par les paroles mêmes de Pauteur (p. 475) :
« Dans ce dernier groupe, la pneumonie se révèle « par un point de côté avec dyspnée, survenant chez «un fébricitant palustre ; les crachats sont peu « abondants, rarement rouillés, plus souvent hémop- « toïques ; quelques-uns offrent des stries sanglants, « d’autres sont constitués par du sang diffluent. La « respiration est soufflante à l’une des bases, et par- « fois aux deux ; on entend au voisinage des râles « confluents sous-crépitants : ces signes et ces symp- « tômes sont variables d'intensité et de localisation: « ils peuvent retrocéder rapidement, même chez les « cachectiques, pour reparaître après un court inter- « valle. »
N'est ce pas plutôt la description d’une congestion que d’une pneumonie ?
D'autre part, le second ordre de fait répond tout à fait, par sa description, aux pneumonies post-paludéennes de Hadji-Costa, et il nous semble que pour montrer son origine réellement palustre, il eut fallu des examens de laboratoire, dont il n’est pas dit mot; le seul cas auquel il est fait allusion, pour appuyer l'opinion de l’auteur, est celui de Hoæspel, recueilli sans le secours du microscope : il nous paraît donc, à cause de cela, sujet à discussion, surtout après les travaux de l’école Italienne.
EH
Il n'est donc aucun fait dans les observationns de preumonie paludéenne remittente qui emporte la convietion, Gar à tous, on peut objecter l'absence du contrôle microscopique, sans lequel laffirmation de de ce type nous paraît impossible.
Nous terminerons done notre premier chapitre en remarquant qu'il nous a été impossible de retenir une observation probante de pneumonie paludéenne aiguë. Est-ce à dire que nous pensons qu'il faut rayer cette complication de la description du paludisme ? Certainement non. Nous avons simplement voulu prouver que l'existence de la pneumonie paludéenne aiguë est encore à démontrer et que, même en admettant son existence, il reste un fait certain : son extrême rareté, car ceux qui la recherchent sont nombreux et aucun d'eux n’est encore arrivé à un résultat indiscutable.
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