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une maladie menaçante pour la vie de la mère, il faut que cette intervention détermine la guérison ou, du moins, l’amélioration de celle-ci. Or, ils n’ont point observé que la mère ait eu un bénéfice à être délivré de son produit de conception.
Quant à l’avortement spontané, il prouve seulement que la tuberculose laryngée continue à évoluer malgré lui et après lui.
Pour les enfants nés dans ces conditions, ils ne sont pas tous voués à la mort, ni à la maladie. Une bonne hygiène peut les préserver de l’infection et en faire des individus normaux et valides.
Si l'interruption thérapeutique de la grossesse a été considérée comme la mesure la plus efficace contre la tuberculose laryngée, d’autres moyens ont été aussi utilisés. C’est ainsi que souvent on a eu recours à la trachéotomie et mème à la thyrotomie.
« Préconisée par Trousseau et Belloc en 1837, nous dit E. Félix, pour faciliter la respiration dans la phtisie laryngée, la trachéotomie fut considérée comme un moyen de guérison, en 1868, par Bryant qui la recommanda pour immobiliser le larynx. La trachéotomie exécutée à temps, avant que l’état du larynx soit désespéré, est un moyen curatif. Elle n’est appelée qu’à empêcher l’asphyxie quand la sténose est très avancée, surtout pendant l’accouchement.
Morrel Mackenzic ne la recommande pas comme un moyen curatif dans la tuberculose laryngée.
Schmidt donne comme indications de la trachéo-
tomie : 1° la sténose laryngée en tous cas ; 2 les
affections graves laryngées quand le poumon est peu lésé, mème sans sténose laryngée ; 3° quand l'affection laryngée progresse très vite,avant qu'il existe de la dyspnée ; 4 quand il y a de la dysphagie il faut, si possible, exécuter la trachéotomie avant que celle-ci fasse son apparition.
D’après O. Chiari la trachéotomie précoce a une influence salutaire non seulement sur le larynx, mais aussi sur la tuberculose pulmonaire elle-même.
La trachéotomie a été exécutée avant l’accouchement dans quatre des observations de Küttner, une fois au septième, deux fois au huitième, une fois au neuvième mois de la grossesse. Les mères sont mortes dans tous les cas. Deux enfants vécurent. On avait procédé à la trachéotomie à cause de la dyspnée et de l’asphyxie.
Dans la huitième observation de Godseken, la malade fut trachéotomisée au huitiéeme mois à cause de l'asphyxie. L'accouchement se fit aux forceps. La femme était encore en vie huit ans après.
Dans la dixième observation, la trachéotomie exécutée au huitième mois de la grossesse, conserve la vie à la femme encore dix-neuf mois, tandis que l'enfant succombe bientôt.
Dans la onzième, la trachéotomie faite au septième mois donna un résultat favorable, car la malade put quitter l'hôpital assez bien portante.
La femme de l’observation 37 subit la trachéotomie au sixième mois de sa grossesse el survécul deux ans à l'opération. L’enfant est mort à l’âge de quatre mois.
Les autres cas (observat.12, 13, 40, 45) du même au-
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teur, où la trachéotomie fut pratiquée au cinquième,
sixième, huitième et neuvième mois, à cause de l’as-
phyxie et des lésions étendues du larynx donnent les.
résultats suivants : l’une des mères est bien portante ; les trois autres sont mortes de quelques jours à trois semaines après l'accouchement.
Lœhnberg cite un cas de Türk où la mère est morte huit jours après la trachéotomie exécutée au septième mois de la grossesse.
Chez une malade de Henrici la trachéotomie fut faite au huitième mois de la grossesse à cause de la dyspnée. On fut forcé de recourir, un mois plus tard à l’opération césarienne, à cause d’une hémoptysie abondante. La mère et l'enfant sont morts bientôt après.
Le résultat obtenu par la trachéotomie serait certainement plus favorable si on n'avait recours à l’opération qu'avant l’asphyxie menaçante et de préférence dans les premiers mois de la gestation.
La thyrotomie a été recommandée aussi dans la tuberculose laryngée.Schætter la conseille aussitôt qu'il existe un obstacle permanent à la respiration, sans la différer jusqu'à ce que l’asphyxie menace l’existence de la malade.
D’après Peniazek la laryngofissure est indiquée dans les cas où il n’y a pas de fièvre et quand l'affection pulmonaire est peu prononcée, même s'il n'existe pas la possibilité d'enlever tous les foyers tuberculeux du larynx, mais quand ceux-ci se sont développés lentement et que la sténose est due plutôt à linfiltration
profonde qu’à la tuméfaction du larynx.
Dans l'observation 14 de Godseken, la laryngofissure a été exécutée quinze jours après la trachéotomie, à cause de la dyspnée et de la dysphagie, au cinquième mois de la grossesse. Dix-huit jours après la femme quittait l'hôpital en bon état.
Goris guérit une tubereulose laryngée au début, par la thyrotomie, mais perdit quatre malades avec tuberculose plus avancée qui avaient subi la mème opération.
Nous voyons donc que les auteurs allemands, dans les cas de tuberculose du larynx chez la femme enceinte, usent fréquemment des opérations extra-laryngées. Mais ils n’appliquent cette mesure avec l’espoir d’un bon résultat que dans les cas de lésions moyennes ou commençantes.
La mort de la mère ou de l’enfant, disent-ils, serait souvent évitée par une trachéotomie faite d’après des indications un peu plus libérales.
Dans sa communication à la Société médicale de Munich, Neumayer disait : Il n’est pas contestable que la trachéotomie rende souvent de grands services ; les douleurs s’amendent ou disparaissent, les lésions tuberculeuses s’améliorent et parfois même on les voit marcher vers la guérison sans autre traitement. Mais lorsqu'il s’agit de tuberculose laryngée compliquée de grossesse la trachéotomie à elle seule est le plus souvent impuissante à enrayer le mal. Pour sauver la femme ilest de toute nécessité de recourir à l’accouchement prématuré ou à l’avortement provoqué. Ce n’est
guère que lorsque les lésions sont encore tout à fait à
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leur début et les poumons indemnes qu'on peut se borner à améliorer le pronostic en se bornant à insti-
tuer une thérapeutique locale intensive.
Nous venons d’exposer de nombreuses observa-
tions des auteurs qui se sont occupés de la question de la tuberculose laryngée au cours de la grossesse. Nous avons énuméré leurs opinions, exposé leurs diverses lignes de conduite.
Dans la deuxième partie de notre travail nous allons maintenant présenter nos propres observations et en faire l'étude comparativement aux précédentes.
Dans un dernier chapitre nous développerons les conclusions auxquelles ce travail d'ensemble nous aura
conduit.