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PRESSES

Les presses hydrauliques ou autres sont on petit nombre à l'Exposition Universelle; cependant quelques-unes sont trèsintéressantes.

M. Hessé, de Marseille, a exposé un groupe de deux presses hydrauliques avec leurs cages en fer, chacune de ces presses étant munie d'un robinet distributeur. Le moteur qui les fait fonctionner se distingue par quelques particularités remarquables ; il est de la force de 10 chevaux et pourrait, au besoin, desservir 25 à 30 presses. Il se compose de deux machines à vapeur dont les manivelles sont à angle droit sur un même arbre, qui, au moyen d'engrenages, communique le mouvement à huit pompes à double effet. L'eau refoulée par ces pompes se rend dans un appareil dit compensateur, que l'on pourrait aussi appeler accumulateur. C'est un cylindre dans lequel se meut verticalement un piston à diamètres différentiels. Les pompes, par l'injection, agissent sur la différence de surface résultant des deux diamètres, et l'eau se répartit ensuite dans les presses avec la pression du compensateur. La tige «lu piston est inunie à sa partie inférieure d'un contre-poids équivalant à cette pression ; selon ses différentes positions, elle agit sur la valve d'admission de la vapeur ; de sorte que la vitesse des machines est proportionnelle à la quantité «l'eau dépensée.

Cette disposition ingénieuse n'est pas la seule qui distingue les appareils de M. Hessé. Le robinet distributeur de chaque presse est une tige creuse percée latéralement de trois orilices très-petits qui, suivant la hauteur à laquelle ils se trouvent placés dans le mouvement vertical de la tige, établissent ou isolent la communication entre le compensateur et la presse,

ou permettent le déchargement de celle-ci, en laissant à l'eau uu écoulement libre quoique très-faible. Le mouvement de la tige est réglé par une manivelle toujours à la disposition de l'ouvrier.

Ces combinaisons très-bien conçues, la concentration des différents appareils dans un espace très-restreint, leur construction soignée font des presses hydrauliques de M. Hessé des engins très-utiles à la fabrication des huiles, industrie trèsimportante à Marseille.

M. Egclls, de Berlin, a exposé aussi une presse hydraulique des plus intéressantes. La pression de l'eau obtenue par une pompe que met en mouvement une machine à vapeur est transmise, par l'intermédiaire de tuyaux en fer étiré, à un pistou dont la lige porte un marteau pour le cinglage des loupes sortant des fours à puddlcr. Nous franchirions les limites de la mécanique générale en appréciant la valeur d'un pareil outil au point de vue de la métallurgie. Mais on comprend que cet appareil d'une puissance et d'une docilité remarquables peut recevoir de nombreuses applications.

M. Dupluvinage, de Paris, a cherché, comme M. Hessé, à résoudre le problème de la régularité du fonctionnement des presses hydrauliques. 11 s'est attaché surtout à perfectionner l'ancienne soupape de sûreté, qu'il a remplacée par un piston métallique agissant plus directement sur l'aspiration des pompes.

La presse de M. Samain, de Blois, n'est pas hydraulique ; mais d'heureuses combinaisons mécaniques permettent d'obtenir avec cet appareil des pressions considérables. Une cage reçoit, comme d'habitude, le plateau compresseur, dont la tige traverse le sommier ordinaire qui est relié par des tringles en fer à un second sommier placé à une certaine hauteur audessus du premier et fixe comme lui. Quatre bielles , articulées de manière à former un losange, relient le deuxième sommier et la tète de la tige du plateau compresseur. Ces deux points représentent ainsi les sommets supérieur et inférieur

COMPTEURS DIVERS, POMPES, PRESSES, ETC. i9

«lu losange. Quant aux deux sommets placés sur la même horizontale, ils sont munis d'écrous dans lesquels s'engage une vis filetée en sens contraire à ses deux extrémité.

En faisant tourner la vis dans un sens convenable, on raccourcit la diagonale horizontale du losange et on allonge la diagonale verticale, d'où résulte un mouvement de descente du plateau compresseur. En supposant que les écrous se rapprochent avec une vitesse constante, le plateau compresseur descendra avec une vitesse décroissante, résultat d'autant plus avantageux que la résistance de la matière à comprimer augmente à mesure que son volume diminue.

Les appareils dits stéréhydrauliques, présentés par MM. Desgoffe et Ollivier, de Paris, se rapportent directement au présent chapitre. Nous remarquerons d'abord une presse à où rde. C'est une presse hydraulique à volume d'eau constant. Seulement, le récipient d'eau renferme une poulie sur laquelle peut . s'enrouler une corde qui est amenée de l'extérieur à travers un presse-étoupes. L'augmentation de volume déterminée par l'introduction d'un corps étranger représenté par la corde produit la pression hydraulique d'une manière régulière et continue.

Dans la machine à essayer la résistance des fils métalliques, présentée par les mêmes constructeurs, la tension est obtenue au moyen d'engrenages ; mais elle est mesurée par une pression hydraulique au moyen d'un piston agissant sur un manomètre par l'intermédiaire d'un liquide. Le même principe est appliqué pour mesurer les résistances des métaux à la flexion. MM. Desgoffe et Ollivier obtiennent également par la pression hydraulique des résultats remarquables dans les presses à estamper, qui sont aussi employées industriellement pour la fabrication des manches de couteau, celle des chapeaux en imitation de paille, etc., etc.

En résumé, les presses hydrauliques et autres qui figurent

30 GnOUPE VI. — CLASSE 53. — SECTION II.

à l'Exposition témoignent «lu zèle avec lequel cette branche de la mécanique a été étudiée par quelques constructeurs. On peut surtout constater des services très-réels rendus a l'industrie depuis quelques années.

SECTION III

MACHINES SERVANT A ÉLEVER LES FARDEAUX, GRUES MONTE-CHARGES, CRICS, COURROIES

Pah M. P. WORMS de HOMILLY.

g 1. — Grues.

La plupart des grues à vapeur exposées sont placées sur pivot tournant et montées sur chariot; la chaudière forme contre-poids à la flèche ; souvent la flèche est mobile autour d'un tourillon placé à sa base, et la chaîne qui la soutient est alors enroulée sur un treuil spécial , de manière à ce qu'on puisse faire varier la hauteur de la grue pour passer sous les voûtes des magasins.

jNous n'examinerons qu'un petit nombre des appareils de ce genre envoyés à l'Exposition, la plupart d'entre eux a\ant été rangés dans une autre classe.

La Compagnie belge pour la construction de machines et de matériels de chemins de fer, a exposé une grue fixe très-bien exécutée , à chaîne de Galle et pivot tournant, système Neustadt ; ce système est trop connu et trop apprécié pour qu'il soit utile de le décrire.

M. Chrétien a exposé une grue de son invention qui donne de très-bons résultats pour les manœuvres rapides et fréquemment répétées comme celles qu'exige, par exemple, le déchargement d'un bateau. Sur un chariot à quatre roues est fixé un cône en fonte qui sert d'axe et de support

52 GROUPE VI. — CLASSE 53. — SECTION Ht.

à un second cône, auquel viennent s'attacher, d'un côté la chaudière, de l'autre la flèche qui est articulée à sa hase. Cette flèehe se compose d'un long cylindre en fonte, prolongé par une poutre en fer de forme quadrangulaire, au sommet de laquelle est fi\ée la poulie de renvoi. La chaîne, attachée à la flèche vers sa partie supérieure, passe sur une poulie mohile entre les deux fers à T de la poutre qui lui servent de guides, puis revient sur la poulie fixe, et se termine par le crochet auquel est suspendu le fardeau. Dans le cylindre se meut un piston dont la tige est fixée à la poulie mohile. La pression de la vapeur agit sur la surface supérieure du piston , le fait descendre avec la poulie, qu'il entraine, et soulève le fardeau. La course du piston es! nécessairement assez limitée, ainsi que sa section ; mais, eu ajoutant une troisième poulie fixe , on peut augmenter la course de l'extrémité libre de la chaîne. L'adoption de chaudières à haute pression (10 et 12 kilogrammes par centimètre carré) permet, en même temps, de maintenir dans «les limites convenables la section du cylindre, tout en donnant à la grue une grande puissance.

Des dispositions très-ingénieuses ont été prises par M. Chrétien pour régler automatiquement la distribution, lorsque le piston arrive à l'extrémité de sa course. La vapeur, pendant la descente du fardeau, agit sur les deux faces du piston, et elle ne s'échappe dans l'air qu'à la manœuvre suivante. On empêche ainsi, au moins partiellement, le refroidissement du cylindre. L'orientation de la grue se fait à la main, par des roues d'angle que le mécanicien peut manœuvrer avec la plus grande facilité.

Nous ne reviendrons pas ici sur les grues hydrauliques de M. Armstrong. Dans celle de M. Laudet , un piston mobile dans un cylindre vertical porte à l'extrémité inférieure de sa tige une roue dentée qui engrène avec une crémaillère pratiquée dans le bâtis. Sur le même arbre se trouve une seconde roue de rayon beaucoup plus grand, sur laquelle passe la

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