POMPES
g 1. — Pompes centrifuges.
La construction des pompes révèle, par les nombreux types exposés, l'intérêt qui s'attache à ces appareils. De notables perfectionnements ont été apportés, tant dans la disposition des organes que dans leurs formes extérieures, suivant les usages divers auxquels ils sont destinés. Toutefois, le lait le plus important à constater, c'est la rapide extension qu'a prise la pompe dite centrifuge, et les efforts des constructeurs dirigés dans le but d'arriver à l'application avantageuse de ce système et d'en atténuer les inconvénients. La simplicité du mécanisme, l'absence de pièces pouvant se détériorer par le travail, enfin la facilité de la commande, avaient attiré l'attention des ingénieurs sur cette pompe, qui, représentée par deux ou trois Spécimens seulement à la dernière Exposition Universelle, a, depuis quelques années, acquis une grande importance résultant de services incontestables.
Nous commenceroqs donc l'examen des pompes par les appareils dont le perfectionnement est basé sur la force centrifuge.
MM. Gwynne et 0% de Londres, sont les créateurs du modèle de pompe qui a prévalu. Perfectionné depuis avec succès, ce modèle présente une grande stabilité et fournit un rendement considérable.
On sait que le point de départ de la pompe centrifuge se trouve dans le ventilateur, aspirant l'air par le centre et le rejetant par la circonférence ; cette pompe n'est ainsi, à proprement parler, qu'un ventilateur à eau. Le grand écueil de
cet appareil consiste dans l'introduction de l'air, soit par les presse-étoupes de l'axe, soit par les joints de l'enveloppe, soit enfin par le tuyau d'aspiration lni-même, qui amené avec l'eau une plus ou moins grande quantité d'air. Cet air s'accumule au centre de l'appareil, y acquiert une tension capable de faire équilibre à la pression atmosphérique, et la pompe cesse alors de fonctionner. Pour remédier à ce grave inconvénient, qui a été primitivement le principal obstacle à la propagation de la pompe centrifuge, les constructeurs ont imaginé différents systèmes qui les ont conduits aux types divers aujourd'hui adoptés.
MM. Neut et Dumont, constructeurs à Paris, emploient à cet effet un tuyau communiquant à sa partie supérieure avec la colonne ascensionnelle et débouchant dans une enceinte ménagée autour du presse-étoupes. Toute la charge de l'eau élevée vient ainsi presser, de l'intérieur à l'extérieur, la douille en bronze formant le fond du presse-étoupes et s'opposer a la rentrée de l'air. Leurs pompes de toutes grandeurs débitant, suivant les dimensions, de 6 mètres à 500 mètres cubes par heure, présentent, d'ailleurs, d'autres avantages. Ces constructeurs sont parvenus à atténuer sensiblement les chocs et les remous de l'eau, à l'intérieur de la pompe, par une disposition fort bien étudiée de la roue a aubes ou turbines, portant les palettes qui chassent l'eau dans le tuyau de refoulement. Ces palettes sont courbées de manière a se dégager facilement de la colonne ascensionnelle ; elles sont venues de fonte avec deux plateaux annulaires, qui les réunissent et qui forment, avec le moyeu de la roue, les aubes directrices conduisant, sans choc sur les palettes, l'eau aspirée au centre de chaque côté du moyeu. Une nervure arrondie, ménagée sur le milieu de la largeur de la palette, amortit d'ailleurs le choc des masses liquides affluant dans deux directions opposées. Enfin, l'eau projetée à la circonférence de la roue trouve un canal de seclion circulaire et croissante qui facilite son entrée dans le tuyau de refoulement.
L'ne pompe de MM. Neut et Dumont alimente le lac principal du parc ; elle est mue par le câble télodynaraique de M. Hirn, dont la description se trouve au rapport de la classe 52 ; elle fonctionne avec une grande régularité- Apres de nombreux essais sur le système Gwynne, M. Coignard, de Paris, est arrivé à des dispositions nouvelles qui, bien que fondées toujours sur la force centrifuge, s'éloignent sensiblement du type primitif. Dans le système ordinaire, les palettes, droites ou courbes, placées au milieu de l'enveloppe reçoivent l'eau des deux côtés, ce qui produit un remous plus ou moins fort au point de rencontre des masses liquides dirigées l'une vers l'autre. Au lieu de roues à palettes, M. Coignard emploie deux plateaux distincts calés aux extrémités «le l'arbre et tournant à une très- faible distance de l'enveloppe. Ces deux plateaux ou tambours forment ainsi les parois latérales du corps de pompe; ils comprennent entre eux un espace rempli par l'eau aspirée, qui s'y divise en deux colonnes divergentes et se dirige vers des nervures en forme de spirale partant du moyeu et aboutissant à la circonférence de chacun. Ils sont d'ailleurs exactement entourés ; de sorte que l'eau ne trouve aucune issue avant d'avoir atteint les ouvertures par où elle doit s'échapper. En quittant ces tambours, l'eau pénètre dans une enceinte fermée de toutes parts, s;iuf au point où elle débouche dans le tuyau d'ascension par des courbes arrondies. Ce système, que l'auteur appelle pompe hélicoîde-centrifuge, est parfaitement conçu. Il soustrait a la pression de l'eau le tourillon de l'arbre dont les paliers, munis d'un appareil de graissage continu, ne peuvent d'ailleurs laisser pénétrer de l'air dans l'intérieur de la pompe. L'eau, attirée au centre de l'enveloppe par le vide relatif qui s'y produit, arrive sans obstacle dans les ouvertures que forment les naissances des deux spirales de chaque tambour, et elle ne participe au mouvement de rotation qu'après avoir été saisie par les nervures.
L'inconvénient de l'entrée de l'air au centre de la pompe est évité dans le système Coignard, d'abord par la disposition
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des deux tambours qui, on réalité, forment deux pompes conjuguées entre lesquelles l'aspiration s'effectue, les parois antérieures restant pleines du côté du presse-étoupes ; ensuite par une communication ménagée entre la colonne ascensionnelle et le milieu de la masse aspirée à l'intérieur. SI. Coignard peut, d'ailleurs, à volonté, faire agir les deux tambours simultanément comme il vient d'être dit, ou successivement de la manière suivante : l'eau n'est admise que dans l'un des tambours d'où elle est refoulée dans le second avec la vitesse qui lui reste acquise et qui se trouve augmentée par l'action du deuxième tambour, de sorte que l'on diminue ainsi le débit en augmentant à volonté la vitesse ou la ebarge. On peut d'ail* leurs ainsi diminuer sensiblement la vitesse de rotation sans craindre de voir la pompe se désamorcer.
Une pompe de M. Coignard, du modèle dit à vitesse ordinaire, a fonctionné pendant toute la durée de l'Exposition dans la galerie des Macbines avec la plus grande régularité. Une autre élève une partie de l'eau nécessaire aux besoins de l'Exposition ; une troisième sert à des expériences journalières à Billancourt. MM. Williamson frères, de Kendal (Grande-Bretagne), M. Bernays, de Londres, MM. Malo et Cic, de Dunkerque, ont également exposé des pompes à force centrifuge présentant des perfectionnements notables, surtout en ce qui concerne l'évacuation de l'air introduit au centre. MM. Andrews frères, de New- York, ont de plus cherebé à faciliter la sortie de l'eau, en donnant au canal de fuite la forme d'une spirale à sections croissantes se raccordant au déversoir supérieur.
En résumé, la pompe centrifuge est arrivée au point de constituer un puissant instrument qui a déjà rendu de grands services à des travaux importants entrepris récemment. Elle a été appliquée avec avantage, dans le percement de l'isthme de Suez, à la création de marais salins, à l'alimentation de canaux, etc. On n'a pas oublié que le vaisseau la Floride, échoué dans le port du Havre, a été remis à flot par une pompe centrifuge de M. Coignard, qui a pu seule effectuer cet
important sauvetage, les anciens modes d'épuisement s'étant trouvés insuffisants. La vulgarisation de cette machine, entrée depuis quelques années seulement dans le domaine de la pratique, constitue l'un des progrès les plus saillants que nous ayons à mentionner.
g 2. — Pompe? à piston.
La similitude des mouvements d'un piston de pompe et de celui d'une machine à vapeur a suggéré l'idée d'assembler directement ces deux organes sur une môme tige. La transmission de mouvement du moteur à la pompe se trouve ainsi d'une grande simplicité, et l'appareil complet se trouve condensé sous un petit volume. Avant l'apparition de l'injecleur Giflant, les machines connues sous le nom de cheval d'alimentation, établies sur ce principe, étaient assez répandues; elles formaient un accessoire indispensable des grandes machines à vapeur employées dans la navigation; sur certaines lignes de chemins de fer, les locomotives en étaient également munies. Plusieurs constructeurs ont appliqué ce système à des pompes élévatoircs, comme MM. Canet, Marshall et C", de Lccds /Grande-Bretagne); MM. J.-F. Cail et O, de Paris, la Société des chantiers de l'Océan, etc. Les dispositions adoptées varient dans les détails, surtout en ce qui concerne la distribution du cylindre à vapeur. Au point de vue spécial qui nous occupe, nous citerons le mécanisme appliqué à la machine de MM. Cail et Gic, consistant dans une commande directe des clapets d'aspiration, à l'aide d'un excentrique calé sur l'arbre du volant. Cette machine, destinée à l'alimentation d'une chaudière de ooO chevaux, pourrait aussi s'appliquer à un service d'élévation d'eau. Comme tous les appareils sortant des mêmes ateliers, elle se fait remarquer par la bonne proportion des pièces, leur heureux groupement et la stabilité de l'ensemble.
Dans la catégorie des pompes à piston mues directement
par un moteur à vapeur, nous citerons encore les machines de MM. Scott, tic Rouen, qui alimentent le réservoir supérieur du Trocadéro ; les pistons sont mis en mouvement par des bielles articulées aux balanciers des machines à vapeur. L'appareil élévatoire de MM. Hermann, Lachapelle et Glover, de Paris, qui alimente un château d'eau établi sur la plate-forme de la grande galerie des Machines, présente un autre exemple de pompes accouplées au moteur; mais ici la transmission s'opère l>ar des engrenages. MM. Henry et Peyrolles, de Paris, ont exposé également une machine à vapeur horizontale actionnant directement des pompes à double effet montées sur le même bâti. M. Hubert, de Paris, outre une locomobile à pompes adhérentes, qui figurait déjà à l'Exposition de 1862, présente la réduction au quart d'une machine à vapeur horizontale de 40 chevaux à deux cylindres et deux corps de pompe, destinée au service de distribution d'eau dans les villes de Blois et de Chartres. Parmi les pompes de grande puissance indépendantes du moteur, celle de M. Fourneyron, qui vient d'être enlevé par une mort prématurée, a présenté une disposition connue déjà, mais qui n'avait pas, à notre connaissance, été appliquée encore sur une aussi grande échelle. Le corps cylindrique renferme deux pistons doués de mouvements eu sens contraire l'un de l'autre. Cet appareil élève l'eau à une hauteur de 80 mètres.
La maison Lctestu, de Paris, a conservé son rang distingué parmi les fabricants de pompes. Les modèles exposés comprennent des pompes d'épuisement à bras, fort appréciées des architectes pour les travaux de fondation, et des pompes marines d'une construction remarquable. Tous les pistons de ces pompes sont du système dont M. Letestu est l'inventeur, et qui est connu déjà depuis un grand nombre d'années. Les pompes du même constructeur qui fontionnent près du grand lac, pour l'alimentation des cascades et rivières du parc, présentent des dispositions bien étudiées.
M. Thhïon, de Paris, a installé pour le même service une
COMPTEURS DIVERS, POMPES, • l'K ESSES, ETC. 39
pompe à deux corps verticaux, placés de chaque coté d'un balancier oscillant au sommet du réservoir d'air. Ce balancier est commandé par une bitlle et uue manivelle recevant le mouvement d'une locomobile de M. Koulfet. Dans le jardin réservé, une pompe à trois corps et à simple effet, du même exposant, est affectée au service de l'aquarium marin ; elle se distingue par les dispositions spéciales qui ont permis de réunir dans un espace très-reslreint la machine avec sa chaudière, les pompes et le récipieut d'air.
MM. Schabaver et Fourès , de Castres, présentent plusieurs spécimens de la pompe dite castraise, dans laquelle l'intérieur du cylindre est mis à l'abri des corps étrangers entraînés par l'eau. La boîte à clapets sphériques superposés forme un cylindre latéral placé dans la direction des tuyaux d'aspiration et de refoulement, de sorte que l'eau aspirée n'éprouve aucune déviation en la traversant. Des expériences officielles ont consacré les avantages incontestables de cette disposition.
Parmi les pompes ordinaires à bras, celles de M. Douglas, de Middletown, sont remarquables par la variété et l'élégance des formes, ainsi que celles de MM. Déplechin, Letombe et Mathelin, de Lille, qui à ces avantages joignent celui d'un prix très-peu élevé. Des pompes rotatives spécialement destinées au transvasement des liquides, exposées par MM. Henry et Peyrolles, aspirent et refoulent indistinctement par chacun des tuyaux, suivant le sens du mouvement de rotation de la manivelle.
Avant de quitter les pompes à pistons pleins, citons encore les appareils de M. Brossement, de Paris, dans lesquels les clapets , retenus par un couvercle et une vis de serrage, peuvent se démouler et être visités avec la plus grande facilité, et les pompes de M. Perraux, dont les clapets et les pistons se composent de valves en caoutchouc, ce qui leur donne une grande douceur. Ces derniers appareils figuraient à l'Exposition de 1802.
§ 3. - Pompes diverses.
Pour l'élévation des liquides plus ou moins chargés d'immondices, comme par exemple les purins de ferme, plusieurs des dispositions adoptées offrent un certain intérêt. Ainsi la pompe de M. Armandies, de Lagny, est d'une simplicité remarquable ; le piston est formé d'un plateau rectangulaire et horizontal oscillant autour de son petit axe, dans une auge complètement ouverte à la partie supérieure. Ce piston est attaché directement au balancier et est percé de deux larges ouvertures munies de clapets plats qui peuvent livrer passage à tous les corps étrangers entraînés. Les pompes à soufflet de M. Motte, de Paris, sont avantageusement employées pour la vidange et les épuisements. Leur nom indique ussez leur mode d'action pour qu'il soil inutile de les décrire. Dans la même catégorie d'appareils, citons encore les pompes à membrane flexible de MM. Perrin et fils, de Vuillafans (Doubs).
MM. Dudon-Mahon et IJesvignes, de Soissons, emploient dans leurs pompes un piston creux servant de réservoir d'air et portant le tuyau de refoulement. Dans leurs petits modèles, propres à l'arrosage, et dont le prix est fort modique, le tuy au de refoulement forme en même temps la tige du piston, et reçoit un tube en caoutchouc terminé par un ajutage qui peut lancer l'eau à une distance relativement considérable.
Une pompe à bras, exposée par M. Farcot et ses fils, pré- . sente une disposition nouvelle du piston ; afin d'éviter l'étranglement de la section pendant le passage de l'eau de la face inférieure à la face supérieure, ce piston porte une série de clapets concentriques, étagés suivant une surface conique ; ces ouvertures annulaires présentent ainsi une surface égale à la section même du cylindre.
S 4. — Pompes à incendie.
Il est peu d'appareils d'un usage aussi répandu que les
pompes à incendie : chaque établissement d*une certaine importance tient à se pourvoir des moyens propres à arrêter les progrès des sinistres qui menacent si fréquemment la propriété. On comprend dès lors tout l'intérêt qui s'attache au perfectionnement des appareils destinés à combattre l'élément destructeur par excellence. Les nombreux spécimens de pompes envoyés à l'Exposition montrent que la recherche des meilleurs modèles est une question d'intérêt général.
Il n'y a pas bien longtemps qu'on a songé à remplacer par la force de la vapeur les hommes chargés de la fatigante manœuvre des pompes à incendie. La réalisation de cette idée, si simple en apparence, a coûté bien des efforts. L'honneur en revient aux Etats-Unis : MM. Lee et Learned, de New- York, sont les inventeurs de la pompe à incendie à vapeur, du type dit américain, qui a paru pour la première foisà l'Exposition Universelle de Londres. Ce type a été adopté par la Société des chantiers et ateliers de l'Océan , qui ont été en France les premiers constructeurs de ce genre d'appareils. La Grande-Bretagne nous avait devancé dans cette voie ; mais, de même qu'en 1862, elle est représentée uniquement par deux exposants: MM. Merrywealher et fils, de Londres, et MM. Shand, Mason et Gie.
Les essais comparatifs faits au mois d'avril dernier ont permis de reconnaître lés progrès accomplis dans la construction de ces pompes. Chacun des exposants anglais ayant amené deux modèles de grandeur différente, les essais ont porté sur des appareils de force à peu près égale. La supériorité est restée acquise à MM. Merrywealher dans les deux expériences ; leur grande pompe a donné surtout des résultats remarquables; elle a lancé, par dessus le grand phare français, c'est-à-dire à une hauteur de 50 mètres, un jet d'eau de 45 millimètres de diamètre et a fonctionné pendant plusieurs heures sans difficulté.
Le principal organe d'une pompe à incendie à vapeur est évidemment la chaudière, qui doit être disposée de manière à fournir une grande quantité de vapeur et à pouvoir être mise
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4*11 pression ie plus vite possible. MM. Mcrryweather ont adopté le s> strine imaginé par M. Field, il y a quelques années, et qui a déjà donné d'excellents résultats en Angleterre. Le caractère distinctif de ce système consiste dans des tubes fermés, suspendus de manière à être complètement léchés par la flamme et les gaz du loyer. Ces tubes bouilleurs communiquent par une extrémité seulement avec la chaudière; ils portent intérieurement des tuyaux de diamètre plus petit de moitié, ouverts à leurs deux extrémités et évasés à leur partie supérieure en forme d'entonnoir. Le dégagement de la vapeur produite dans l'espace annulaire compris entre les tubes se fait avec une grande facilité , l'eau vaporisée étant immédiatement remplacée par le courant rapide qui s'établit, de haut en bas, dans le tuyau intérieur. La pression de la vapeur, dans la chaudière de ce système appliqué à la pompe à incendie de MM. Mcrryweather, atteint un degré suffisant pour le fonctionnement de la machine, au bout de dix minutes et demie après l'allumage du feu.
Dans la pompe à incendie du système américain exposé par la Société des chantiers de l'Océan, la chaudière verticale a une grande surface de chauffe et un volume d'eau réduit à sa dernière limite. Cependant, la mise en pression est moins rapide que dans la chaudière Field ; cela vient sans doute de la difficulté qu'éprouve l'eau à circuler dans l'espace annulaire formé par deux tubes concentriques présentant au feu l'un sa face extérieure, l'autre sa face intérieure.
Les pompes à incendie à vapeur de MM. Shand et Mason , quoique n'ayant fourni que des résultats un peu inférieurs à celles de leurs concurrents, ont néanmoins fonctionné d'une manière très-satisfaisante.
l ue pompe à vapeur française de M. Thirion est arrivée à l'Exposition après la clôture des opérations du Jury ; cette machine possède deux cylindres verticaux à vapeur comprenant entre eux trois corps de pompe commandés par l'arbre de couche. Tout le système repose sur uue plaque de fonda-
tion attachée à l'arrière de la chaudière ; les principaux organes de l'appareil se trouvent ainsi à découvert, ce qui doit faciliter la surveillance, l'entretien et les réparations.
Les pompes à incendie disposées pour être manœuvrées à bras d'hommes peuvent être considérées comme ayaut atteint leurs derniers perfectionnements; le modèle adopté parla ville de Paris est dû à M. Flaud, de Paris, qui s'est acquis dans cette spécialité une réputation méritée. Les deux, pompes exposées par ce constructeur sont des produits de sa fabricasion courante : l'une est aspirante et foulante, l'autre foulante seulement. M. Flaud a déjà livré 3,700 pompes de ce dernier modèle ; un chiffre aussi élevé témoigne assez du soin apporté dans la construction et de la valeur pratique de l'appareil connu sous le nom de pompe de la ville de Paris. Les pompes à incendie exposées par MM. Thirion, Gouery-Canat, forasse, Rohée, de Paris, Lambert, de Vuillafans, s'écartent peu de ce type consacré par l'usage.
M. Devilder, de Cambrai, expose une pompe à peu près semblable aux précédentes, mais dont le chariot, suspendu sur des ressorts, peut être attelé d'un cheval laucé au galop. La pompe à quatre roues de M. Bouchard, de Lyon, est remarquable comme dispositions et fini d'exécution. Il en est de même de celle de M. Simon, de Saint-Dié, qui a livré un grand nombre de pompes semblables aux communes de l'est de la France.
Une innovation due à MM. Prével et Suzanne , de Paris , applicable seulement à de petites pompes, consiste à employer l'essieu du chariot comme arbre moteur et les roues comme volants.
On trouve des pompes à incendie dans presque toutes les sections étrangères de l'Exposition ; les modèles adoptés présentent plus de variété qu'en France. Les corps de pompe occupent tantôt la position horizontale, tantôt la position verticale; les transmissions du mouvement des balanciers oscillants aux pistons présentent assez souvent des particularités
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intéressantes. Citons comme appareils bien disposés et parfaitement construits les pompes à incendie de M. Kurtz, «le Stuttgart) ; de MM. Kirehdœrfferet fils, de Hall (Wurtemberg); de M. Magirus, d'Lïm ; de MM. Bikkers et fils, de Rotterdam ; celles de l'usine à gaz de NeufehAtel et de M. Schcnk, à Worhlaufen (Suisse) ; enfin celles de MM. Butenop frères, k Moscou, et de M. Guevort-Papoutchjian, à Constantinople.
On voit que la pompe à incendie à bras est un produit dont la fabrication a pris un grand développement. Chaque pays, du reste, a ses ateliers de construction dont le marché ne s'étend pas généralement au delà des frontières:
La pompe à incendie à vapeur, au contraire, soulève di\ erses objections qui ont fait ajourner son emploi. Bien qu'elle soit en usage en Amérique et en Angleterre depuis plusieurs années, aucune ville de France ne l'a encore adoptée. Cependant, des sinistres récents qui ont montré l'insuffisance des pompes à bras paraissent appeler l'attention des municipalités sur l'utilité d'appareils plus efficaces, mus par la vapeur, et on peut espérer que la défaveur attachée jusqu'ici à cette nouvelle application de la vapeur cessera prochainement. Déjà la ville de Lyon a fait une commande à MM. Merryweather.
§ 5. — Puits ù grand débit.
A la question des pompes à grand débit se rattache naturellement celle de l'augmentation de la production des puits d'eau ordinaire. M. Donnet, de Lyon, a imaginé un système qui permet d'extraire du sol une quantité d'eau beaucoup plus grande que par les moyens habituels. Dans un nuits ouvert tel qu'on les a toujours établis jusqu'à présent, le niveau de l'eau atteint la hauteur de la nappe souterrai.ie qui l'alimente; mais quand on puise de l'eau, ce niveau descend plus ou moins, suivant la quantité extraite. L'afflux du liquide au fond du puits n'a lieu, en effet, qu'en vertu de l'excès de hauteur de la nappe, et l'on peut facile:!. eut, avec
une pompe d'un débit approprié, arriver à tirer du puits toute l'eau que fournit l'infiltration. Si donc le débit du puits est moindre que celui de la pompe, celle-ci doit chômer plus ou inoins longtemps. M. Donnet a eu l'heureuse idée de forcer l'infiltration en ajoutant à la dénivellation, en vertu de laquelle elle s'opère, toute la charge de la pression atmosphérique. A cet effet, il coule dans le puits une cloche métallique d'un diamètre égal à celui de ce puits et fermée hermétiquement à sa partie supérieure par une plaque également métallique , placée à peu près au niveau de la nappe souterraine. Le tuyau d'aspiration de la pompe s'ajuste sur cette plaque. La surface de l'eau du puits se trouvant ainsi soustraite à l'action de l'air et soumise tout entière à la succion de la pompe, son niveau ne peut plus s'abaisser; les petits canaux d'infiltration débouchant à la base du puits, c'est-à-dire dans la cloche, se dégorge, ît, s'agrandissent et se rectifient pour livrer passage à l'eau de la nappe avec laquelle le puits se trouve, dès lors, en communication directe.
Un puits du système Donnet a été établi sur la berge de la Seine, dans le hangar des pompes ; un autre a été percé à l'île de Billancourt. Le premier a été l'objet d'expériences qui ne laissent aucun doute sur la réalisation complète de l'objet poursuivi par l'inventeur. La cloche en tôle, coulée au fond de ce puits, a un diamètre de l'"500 et une hauteur de 1" 20. Par suite d'une baisse subite des eaux de la Seine, le plafond de cette cloche se trouvait à 0ino0 audessus du niveau du fleuve. La locomobile à pompes adhérentes de M. Hubert, montée sur ce puits, n'avait pas cessé un instant de fournir de l'eau pendant trois heures consécutives ; mais quand on eut ouvert le trou d'homme ménagé sur la cloche et rétabli de la sorte la communication de l'eau du puits avec l'air, l'on vit le niveau de l'eau descendre rapidement dans la cloche, qui se trouva complètement vidée en 10 minutes par le jeu des pompes dont le tuyau d'aspiration avait été descendu au fond du puits. Il fallut alors attendre pendant
30 minutes, pour que 1' infiltration relevât le niveau de 0n,415: la loeomobile fut remise en marche, et au bout de 7 minutes le t ujau d'aspiration émergeait de nouveau. Ainsi , tandis que le puits ouvert ne pouvait alimenter la pompe que pendant 7 minutes sur 37, le même puits, fermé suivant le système Donnet, fournissait régulièrement de l'eau d'une manière continue.
Le procédé si simple imaginé par M. Donnet nous paraît devoir rendre de grands services à l'industrie comme à l'agriculture. Plusieurs applications, déjà faites à Lyon et à Saintfctienne, ont donné d'excellents résultats.
8 6. — Appareils divers.
Nous terminerons l'examen des pompes en mentionnant les divers appareils de M. le marquis de Caligny, de Versailles. Cet exposant s'est voué depuis longtemps à la science de l'hydraulique, et ses diverses découvertes, publiées dans les recueils spéciaux, sont bien connues des savants. Sa pompe conique, sans piston ni soupapes, élevant l'eau dans un tube vertical animé d'un mouvement alternatif, peut rendre des services quand elle est appliquée à des liquides imparfaits, tels que les purins de fumier. Ses moteurs hydrauliques, à flotteur ou à piston oscillant, sont des réalisations heureuses des théories nouvelles, mais ils ne sont pas encore entrés dans le domaine de la pratique. Citons encore de cet inventeur infatigable un appareil propre à diminuer la quantité d'eau dépensée dans chaque éclusée des canaux de navigation. Au lieu de laisser l'eau s'écouler librement dans le bief d'aval, M. de Caligny utilise la charge à en faire remonter une partie dans le bief supérieur au moyen d'un appareil ingénieux qui a été expérimenté avec succès sur le canal de la Marne au Rhin. Toutefois, l'économie qui peut résulter de l'application de cet appareil n'a pas une grande importance, car la quantité d'eau dépensée pour les éclusées ne représente qu'une fraction minime de la consommation totale d'un canal.