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CHAPITRE If

MOTEURS LECTR1UCES.

L'application, comme force motrice, de l'attraction magnétique développée sur un fer doux par le passage d'un courant électrique, a été l'objet de bien des recherches. On a même été jusqu'à prévoir le moment où l'électricité pourrait remplacer la vapeur sur les chemins de fer et dans la navigation. Malheureusement, la dépense considérable des piles électriques et la difficulté de tirer parti d'une force qui n'agit, pour ainsi dire, qu'au contact ou à une tres-faible distance, a détruit depuis longtemps ces illusions. Le moteur électrique n'a été appliqué avec succès qu'à des appareils de précision n'exigeant qu'un minime travail. Il n'est pas encore sorti du cabinet de physique pour prendre une place quelconque dans l'industrie.

Néanmoins, un spécimen nouveau exposé par M. CazaI, de Paris, et disposé pour actionner directement une machine à coudre, présente dans sa disposition un certain intérêt. Cet appareil, remarquable par sa simplicité, se compose d'un électro-aimant circulaire, calé sur l'arbre à mouvoir et formé de deux disques ou plateaux entre lesquels s'enroule le fil rottductcur du courant. La circonférence de ces disques est taillée comme une roue d'engrenage à larges dents; elle offre une série de parties pleines et de parties évidées eu demi-cercle, correspondant à des dentelures semblables d'une couronne métallique fixe, à l'intérieur de laquelle peut tourner f électro-aimant en s'en approchant le plus possible, mais sans la toucher. Cette couronne joue le rôle d'armature; quand les pleins de Télectro-aimant se trouvent en regard des creux de celle-ci, le courant passe et l'attraction magnétique déplace les disques, qui entraînent l'arbre dans leur

mouvement angulaire. Par le moyen d'un commutateur calé sur une embase isolante de l'arbre et formée d'une roue dentée, dont les saillies sont en nombre égal à celui des disques, le courant circule quand les dents de l'éleetro-aimant arrivent en face de celles de l'armature. L'électro-aimant, devenu inerle, continue son mouvement comme un volant, t le courant se ferme de nouveau dès que ses dents correspondent aux creux de l'armature. Pour un tour complet, il s'est donc produit autant d'attractions qu'il y a de dents à l'armature. L'action magnétique s'exerce, d'ailleurs, sur la moitié de la circonférence des disques mobiles, el son intensité n'est pas diminuée par 1 eloignement de l'armature, celle-ci restant à la même distance de ces disques.

Un avantage assez important de ce moteur, c'est qu'il peut tourner indistinctemeîitàdroitc,àgauchc, et suivant l'impulsion première qu'il reçoit. M. Cazal a eu l'idée d'en tirer parti pour la marche d'une navette de métier à tisser de grande largeur. On sait que la course de cet organe est forcément limitée dans les métiers ordinaires, et que, par suite, la largeur des tissus ne peut dépasser une certaine limite; M. Cazal monte une navette sur un chariot roulant sur des rails, et la fait cheminer par son moteur électrique appliqué à l'un des essieux de ce chariot qui , une fois arrivé au bout de sa course, heurte une pièce qui change le sens de la rotation des roues, et le fait ainsi revenir à f on point de départ. Il y a peut-être là le principe d'une application industrielle intéressante.

La Compagnie électro-magnétique de Birmingham a présenté un moteur établi sur le même principe que tous ceux qui ont été construits depuis l'origine des recherches cidessus mentionnées, c'est-à-dire d'après l'attraction d'un électro-aimant sur une armature fixée à l'extrémité d'une manivelle. Une disposition ingénieuse permet d'obtenir quatre attractions successives pour un tour de manivelle; ce qui donne à cette machine une supériorité incontestable sur celles

MACHINES A GAZ, A AIR CHAUD, A AMMONIAQUE , ETC. iOtf

qui l'ont précédée. La même Compagnie a exposé des machines destinées à transformer le travail mécanique en lumière, et qui ne peuvent par conséquent rentrer dans la catégorie des moteurs électriques. Ces machines basées sur la découverte de M. Huhmkorff, présentent des dispositions analogues à celles de M. Berlioz, dont il a été question dans le rapport sur la classe 12. Une machine à aimanter de 31. Arthington, de Huddersûeld, donne lieu à la même observation.

MM. Prévost et Cuizinier, de Moutluçon,. ont exposé un moteur électrique qui, par le moyen d'une courroie spéciale, devrait faire développer à l'arbre de couche un travail de 300 ki logram mètres avec deux élémenls Bunsen seulement. Jusqu'à présent, ce6 inventeurs n'ont pu fournir la preuve de leurs assertions, leur appareil étant resté au repos.

En résumé, l'emploi de l'électricité comme force motrice n'a pas fait de progrès depuis la dernier • Exposition Universelle; c'est une des questions réservées à l'avenir.

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