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CHAPELLERIE

S 1. — Chapellerie.

Le public visiteur a pu se faire une idée exacte des perfectionnements qu'a reçus cette industrie et de la place que la mécanique y a acquise, grâce à Phcureuse idée qu'a eue M. Haas, fabricant de chapeaux à Paris, de représenter pratiquement l'histoire de la chapellerie à l'Exposition Universelle.

Le poil soumis à l'action de la Bastisseuse est soufflé sur

i) Voy. au tome IV (classe 33) le Rapport de M. Laville. T. ix. 1T»

un cône aspirateur et forme la cloche ilu chapeau ; cette cloche, recouverte d'une toile mouillée, est plongée dans un bain d'eau chaude acidulée ; là, le feutrage prend une première consistance, qui va augmenter de plus en plus, sous l'action des rouleaux de la Fouïeuse. La cloche, grande et presqne informe avant d'être soumise à la fouïeuse, en sort très-réduite, mais, complètement feutrée. L'ouvrier la place alors sur un moule et lui donne la forme que doit avoir le chapeau. Après un séchage, le chapeau passe à la Ihmçeuêe; celle-ci enlève les irrégularités qui peuvent exister dans le feutre. La Dresseuse termine le travail et donne au chapeau sa forme définitive; elle le passe, c'est-à-dire que, par une pression à chaml, elle le rend brillant. Ensuite la machine à coudre prépare et pique les coiffes, et enfin borde les chapeaux. Comme on le voit,tout le chapeau se trouve entièrement fait à la machine.

Le succès complet et mérité de l'exposition collective de M. Haas, est le résultat nécessaire et prédit des innovations dues à M. Laville, et qui furent très-remarquées à l'Exposition de 1855. C'est, en effet, à M. Laville que revient le mérite d'avoir introduit dans l'industrie de la chapellerie l'usage pratique de la Bastissease et de la Fouïeuse ; ces machines sont décrites dans le Rapport du Jury de 1855 (page 376), dans la Publication industrielle de M. Arrnengaud (vol. 10) et dans un excellent rapport, publié dans le Travail universel par M. A. Faurc, ingénieur civil. Les conclusions de ce rapport sont frappantes; on croirait qu'elles furent écrites hier, et pourtant elles datent de 1855, Les voici: « Si l'on compare tout cet ensemble vrai- « ment neuf et simple, bien conçu, bien combiné, aux plan- « kers et hardeners des feutre uses mécaniques décrites dans « l'excellent ouvrage de M. Alcan, on comprendra pourquoi « j'ai voulu louer à fond la machine à fouler et à feutrer de « M. Laville. On sera édifié en même temps sur la somme de « persévérance et d'esprit inventif qui a dû être, qui a été dé- « pensée par l'inventeur de la machine, et aussi par le con-

« structeur qui en a étudié les agencements, sous l'inspiration t incessante du premier.

« Enfin, je ne dois pas oublier de dire que la fouleuse La- « ville peut fouler par jour 150 ou 200 chapeaux, servie par « deux enfants ou deux femmes et par deux ouvriers, occupés « à retourner les cônes en feutre après chaque passage. Si « Ton songe à l'incroyable développement de la fabrication des « featres souples dans ces derniers temps, on comprendra « l'importance toute actuelle qui en résulte pour l'invention « de M. Laville, complément indispensable, second terme « obligé d'une fabrication mécanique, dont la baslisseuse,

* d'importation américaine, est le premier terme, sans valeur « sérieuse, tant que le second n'existait pas.

« J'aurais voulu énoncer les améliorations simples et fé- « condes, je le crois, récemment imaginées par M. Laville « pour rendre sa machine propre au foulage des étoffes ; mais « il faut fiuir. Toutefois, je ne terminerai pas sans avoir dit « qu'il y a un plaisir vrai à pouvoir louer un homme qui, ou- « vrier intelligent jadis, rien de plus, a su créer d'abord une « fabrique devenue la plus considérable de Paris, où la cha- « pelierie est une industrie très-importante, en y introduisant ■ chaque année les méthodes les plus perfectionnées, en ima-

* ginant bon nombre d'appareils utiles, rapides et bons. Je « dirai eufin : voici un homme qui, dans une industrie long-

* temps stationnaire, a su arriver d'abord au progrès, et enfin « à quelque chose qui me semble devoir être une révolution « complète ; il est certainement arrivé à ce but par l'observa- « lion et l'étude incessante soit des conditions à remplir, soit « des phénomènes naturels qui s'accomplissent dans les phases « diverses de sa fabrication. »

M. Coq, mécanicien à Aix, construisait à forfait les bastisseuses Laville, et, depuis que le brevet en est tombé dans le domaine public, il s'est fait une spécialité méritée de la fabrication de cette machine; il y a apporté quelques perfectionnements qui en régularisent la marche.

MM. Mathias et Légat ont exposé un Appréteur ou Dresseur mécanique , qui a été avantageusement apprécié. Cette macliine est basée sur une application toute nouvelle du caoutchouc. On pose le chapeau à passer sur un mandrin ou forme en métal et on le recouvre d'un lourd chapiteau que Ton visse fortement à la plate-forme du mandrin. Le fond de ce chapiteau est formé par un diaphragme en caoutchouc. Pour opérer la pression, on ouvre un robinet qui donne accès à un courant d'eau surchauffée. Cette eau, refoulée par une pompe hydraulique dans l'intérieur du chapiteau, comprime le diaphragme sur le chapeau dont il presse toutes les • parties en lui donnant le lustre voulu. Cette machine, heureusement combinée, est appelée à rendre aussi de grands service* dans plusieurs autres industries dans lesquelles il est nécessaire qu'une forte pression soit uniformément répartie suides surfaces irrégulières ou accidentées.

g 2. — Des couperies de poils pour chapellerie —Statistique commerciale.

Les pelleteries, poils et fourrures appartiennent de droit à la classe 42 et leur application à la classe 3o ; pourtant l'industrie des couperies de peaux diverses fait partie du domaine de la classe 57, dont nous nous occupons ici. Nous nous faisons un plaisir de donner place à deux notices très-intéressantes de M. Othon de Clermont, dont les statistiques sont très-précieuses à consulter. La première notice fut lue, en 1806, à la Société d'encouragement, la seconde est inédite, et M. de Clermont a eu l'obligeance de la préparer pour ce Rapport.

1° Notice historique sur rétablissement en France des couperies de peaux de lapin et de lièvre, et sur le développement de cette industrie. . tl .

« La production de la matière première pour la fabrication des ebapeaux de feutre est née avec cette fabrication raêra».

UATÉIIIKL KT PROCÉDÉS DE LA COLTLHE.

Au commencement du siècle, la fabrication des chapeaux n'était encore qu'un métier et non une industrie. A cette ('poque seulement se créèrent les détaillants de ebapeaux, et alors des coupeurs de poils se détachèrent des fabricants de chapeaux. Vers 1825 ou 1826, des capitalistes essayèrent d'établir une couperie mécanique a la Bricbe, près Paris. Cet établissement, créé sur une assez grande échelle, fut arrêté par la crise qu'amena la révolution de 1830. Un événement d'une autre nature vint, à la même époque, porter le coup de grâce à l'industrie naissante; ce fut la fabrication des ebapeaux de soie, qui, remplaçant subitement celle des chapeaux de feutre, parut devoir supprimer presque totalement l'emploi des poils à feutrer. La couperie allait donc se mourant ; les prix des peaux de lièvre et de lapin baissèrent d'environ 65 à 75 francs le 100, de telle sorte que, ces prix n'étant plus rémunérateurs, le ramassage fut abandonné.

c Le poil n'avait plus d'emploi que pour les ebapeaux de militaires, de prêtres et de paysans ; le citadin avait adopté le chapeau de soie. Les quelques coupeurs qui restaient, presque tous gens sans instruction, étaient incapables de chercher des débouchés dans l'exportation de leurs produits. Cependant tin chapeau de feutre à larges bords, et qui, en France, était porté par les habitants de la campagne, était aussi très-goùté par les habitants des pays de l'Amérique et, comme la fabrication des chapeaux peut s'implanter plus facilement que toute autre dans des pays nouveaux, les gouvernements de tous les pays d'outre-mer ont eu soin de l'entourer d'une protection douanière.

« Us frappaient le chapeau d'un droit considérable à l'entrée, et ils admettaient avec des droits faibles toutes les matières servant à sa fabrication de pays ne produisant ni lièvres ni lapins). Sous l'empire de ces mesures, les fabriques se développèrent rapidement; elles furent créées en grande partie par des Français habitués à travailler le poil qu'on préparait en France. Il y avait donc là une condition favorable pour nos

coupeurs ; mais, malheureusement, une législation douanière mal établie mettait obstacle à ce qu'ils en profitassent. La sortie des poils était prohibée en France ; nos compatriotes établis en Amérique étaient obligés d'employer les poils anglais et allemands, et ne recevaient qu'à grand'peine les petites quantités de poils français qu'il fallait sortir en fraude et, par suite, payer fort cher. Cette faible exportation et un débouché inespéré retrouvé dans la fabrication des galettes (fond sur lequel se collait la peluche du chapeau de soie ) composaient, avec les fabrications spéciales dont nous avons parlé, toute la consommation en poils à feutrer. Aussi les couperies continuèrent-elles à végéter ; c'est à peine s'il se récoltait et se coupait par les couperies un million de peaux par an. Le prix moyen des peaux variait entre 15 et 20 francs les 104 peaux.

« Si, à partir de 1830, la prohibition à la sortie despoilseût été abolie, un commerce actif aurait pu s'établir avec les pays étrangers et on aurait conservé à la France une richesse considérable, qui se perdait, faute de débouchés.

t Cependant, malgré tous les obstacles que rencontrait l'industrie de la couperic, le travail parut se ranimer vers 1837. Le chapeau de feutre avait repris faveur, la consommation des . poils allait en augmentant ; des industriels intelligents, se mettant de la partie, cherchèrent, dans l'intérêt bien compris du pays, à développer les relations qu'on entretenait en fraude avec l'étranger, et à réaliser des économies de fabrication, en remplaçant le coupage, à la main, le seul employé alors, par des procédés mécaniques bien autrement puissants. On organisa le ramassage des peaux et on vit la récolte s'accroître d'année en année. Mais on venait toujours se heurter à la prohibition de sortie, contre laquelle s'élevaient des réclamations incessantes adressées par cette industrie spéciale au gouvernement pour se soustraire à cette humiliante exportation par la fraude.

« Vers 1842, le gouvernement, cédant en partie à ces réclamations , transforma la prohibition en un droit de sortie de

2 firmes par kilogramme , ce qui représentait 20 pour 100 de sa \a!eur. Cette mesure eut peu d'effet, un tel droit restant prohibitif, puisque la fraude se faisait payer meilleur marché* Ce n'est qu'à la fin de l'année 1847 que le gouvernement accorda enfin la libre sortie des poils. Dès ce jour, une ère nouvelle s'ouvrit pour les eouperies; elles avaient déjà, vers reçu une grande impulsion par la fabrication des chapeaux de feutre sans apprêt, dits chapeaux souples, qui fut imaginée en France et prit immédiatement un développement considérable. Des établissements spéciaux créés pour produire ces chapeaux absorbèrent des quantités considérables de poils. L'exportation, à la levée des droits, prit un rapide essor; elle vint compenser heureusement les désastreux effets de la révolution «le 18i8 sur la consommation intérieure. L'organisation du ramassage des peaux était en bonne voie ; les marchandises arrivaient sur le marché, et les exportateurs, assurés d'être approvisionnés, u'hésitaient pas à prendre des engagements considérables avec les consommateurs étrangers, dont le nombre augmentait rapidement.

t En 1847 le marché de Paris, le plus important et même le seul important pour les affaires en peaux de lapins et de lièvres, recevait environ 2 millions et demi de peaux, qui se vendaient , en moyenne , de 20 à 22 francs les 104 peaux. C'est alors que l'exportation commença à se développer. Les tableaux de la douane créés à cette époque indiquent, pour 1848, une quantité brute de 50,740 kilogrammes de poil exporté. Si, de ce chiffre, on déduit le tiers, pour la tare des caisses et emballages, on obtient un poids net de 3i),lt>0 kilogrammes, lequel, à raison de 3 kilogrammes par 104 peaux, représente environ 1,350,000 peaux (4).

« Les relevés des tableaux de la douane pour les années postérieures présentent les résultats qu'on trouvera à la page suivante :

(0 !.c produit moyen de 104 peaux est compté un peu fort ù 3 kilogrammes. Il doit tomber entre 3 V| et 2 kilogrammes 3/*.

2î>2 GROUPE VI. — CLASSE 5*7.

COMMERCE SPÉCIAL d'KXPORTATIOX (1).

Poils de lièvre et de lapin.

1848 Exportation, poids brut r»8,740 kilogramme*

ia%7 - 327,641 -

• Voilà l'exportation arrivée à rénorme quantité de i uiiliiou 6il ,328 kilogrammes en poids brut ou 1,067,000 en poids net de poil exporté ; ce qui, à 3 kilogrammes par 104 peaux, représente le produit de plus de 35 millions et demi de peaux, valant en moyenne, actuellement, 40 francs les 104 pcao.\| soit une valeur totale de près de 14 millions de francs.

< L'année 1862 déjà avait fourni à l'exportation une quantité double de celle demandée dans plusieurs aimées postérieures; et, en 1864, deux années plus tard, l'exportation doublait encore cette quantité.

« De là on pourrait conclure que la quantité de peaux produites par le pays est encore bien plus grande que nous ne Je constatons aujourd'hui. L'expérience des années prochaines nous l'apprendra définitivement. Ce qui nous fait supposer

H'j Les pays étrangers qui nous demandent notre poil sont, principalement, les Ktats-Unis, le Mexique, le Brésil, l'Italie , l'Association allemande, I*Espagne et le Portugal. L'Angleterre seule, restant immobile dans son esprit de routine, se passe absolument do notre poil français, et même de celui préparé chez elle-même, ù la française, par la couperie la plus importante.

qu'une quantité encore bien plus considérable que celle constatée dans ce mémoire existe et qu'il ne tient qu'au ramassage de la livrer à l'industrie, c'est que les prix des peaux, depuis trois à quatre ans, sont restés sensiblement les mêmes. La plus grande facilité pour la vente n'a pas donné lien à une augmentation, ce qui aurait été infailliblement lecas si l'article était devenu rare. Les cbitTres fournis par la douane n'admettent pas d'appréciation ; nous n'avons qu'à les accepter, et, si nous voulons faire l'appréciation de la quantité de poil qui est fournie actuellement, presque sans exception, par les couperies de peaux à la fabrique de ebapeaux indigènes, nous nous trouvons sans base certaine et livrés à une évaluation plus ou moins douteuse. Toutefois nous nous îiidons de quelques chiffres fournis par la douane.

« La France a exporté, en 1804, pour une valeur déclarée de 10,087,570 francs de ebapeaux de feutre ; il y a été employé, à raison de 100 grammes par chapeau, une quantité de poil de 147,100 kilog.

« En admettant ensuite une consommant), en France même, de 10 à 12 millions de chapeaux de feutre, soit en moyenne de M millions, on obtient, poil employé à (00 grammes par chapeau 1 ,1 00,000

ce qui donne un total de 1,247,100 kilog.

de poil employé par la fabrique de chapeaux indigènes.

« Si nous en déduisons la quantité de poil importée et livrée à la consommation, d'après les relevés de la douane pour 1864,

par brut 329,359 kilog.

et en comptant un tiers, pour tare 109,785

soit, à déduire, au total 219,574 kilog.

nous trouvons le chiffre rond de 1,027,600 kilogrammes de poil de production française, ce qui, à 3 kilogrammes les

104 peaux, représente en chiffre rond 35.600,000 peaux

qui, jointes aux 35,500,000

dont le produit a été exporté, forment un

total de 71,100,000 peaux

presque toutes récoltées en France (1).

« En résumé, la couperie de peaux de lièvre et de lapin a pris le développement suivant : De 1 830 à 1837, elle absorbait à peine

I million de peaux par an, d'une valeur d'enviren 200,000 fr.

II n*\ avait que des ateliers ignorés de tout le monde.

« De 1837 à 1848, la consommation annuelle de peaux dans les couperies atteignit 2,500,000 d'une valeur moyenne oV 500,000 francs; elle donna naissance à plusieurs usines, munies d'un matériel industriel avec forces motrices. Enfin, en 1804, elle est arrivée à ne plus trouver une alimentation suffisante dans une récolte qu'on peut évaluera 70 millions de peaux et qui, d'après le prix du jour, valent, en moyenne, 40 francs les 104 peaux, soit près de 27 millions de francs (2).

« Cette industrie occupe dans Paris seulement une quarantaine d'ateliers dont une quinzaine ayant des moteurs à vapeur. Il y a, en outre, en province, un nombre considérable de petits établissements.

« Il est à constater qu'à la suite de l'initiative de la France les mêmes faits se sont reproduits en Angleterre, en Belgique, el que l'industrie a même pénétré en Espagne et en Allemagne, où le ramassage des peaux s'organise et promet une nouvelle source de richesse à ces pays. »

(i; Il y a bien eu une importation de peaux de lièvres et di lapins en PnDCe, mais relativement peu importante. La douane a fourni, en m», pour une valeur de 1,066,203 francs; ce qui. à 40 francs, produirait plus de 1 millions et demi de peaux.

(■2) En 1863, les registres de l'octroi de Paris accusent une entrée de ■ lièvres et 1.91-1,579 lapins vendus aux halles. On admet qu'un dixième en sus est porté sous la rubrique a volailles et gibier» et n'est, par conséquent, pas compris dans le chiffre ci-dessus. Un relevé de l'octroi pour I8*i n'a pas encore pu être présenté.

2° Notice sur la production européenne et le commerce des poils employés dans la fabrication des chapeaux de feutre.

§ 1. — Qualités des poils.

« Les qualités des poils servant à la fabrication des chapeaux sont les suivantes et peuvent, selon l'importance de chacune, se classer comme il suit :

Poil de lapin domestique k2..%00,000 kilogrammes.

— — de gare:. ne 700.000 —

— de lièvre 300,000 -

— de castor

- de rat musqué I , .,

3,000 kilogrammes.

— d» rat gondui ^

— de vigogne

- Je chameau ^t chevron

§ ii. — Pays d'où l'on lire les peaux. .

t L'élevage du lapin domestique réussit très-bien en France «H en Belgique. En Angleterre il semble vouloir s'établir. L'Allemagne le néglige complètement. Il y a une certaine production de lapins domestiques en Pologne et en Hongrie, mais lu récolte des peaux y est absorbée par la fourrure et par les petits chapeliers, de sorte qu'elle échappe à toute statistique.

La récolte des peaux de lapin domestique, en France, atteint annuellement de 70 à 80 millions de peaux ; en Belgique, de 12 à 15 millions. L'Angleterre fournit déjà quelques parties au commerce. En France, la récolte des peaux de lapin de garenne va en diminuant. La destruction de cet animal, nuisible à l'agriculture, se fait peu à peu, et, en évaluant la récolte des peaux de lapin de garenne, en France, à A ou 5 millions, on doit être près de la vérité.

« L'Angleterre et la Hollande, par contre, ont une récolte considérable de peaux de lapins de garenne, élevés dans les 'lunes et les terrains avoisinant la mer. La récolte de ces peaux, en Angleterre, peut être évaluée de 25 à 30 millions;

celle de la Hollande est peu considérable. En Allemagne, on ramasse également celte sorte de peau; mais les quantités cri sont si peu considérables qu'il y a difficulté à les évaluer.1 La peau du lapin domestique est beaucoup plus grande, beaucoup plus fournie en poils que celle du lapin de garenne; elle rend environ 40 pour 100 en plus. Si donc les 70 à 80 millions de peaux de lapin domestique de France produisent environ 2 millions de kilogrammes de poils, les 2o à 30 millions de peaux de lapin de garenne d'Angleterre ne produiront guère qu'environ 600,000 kilogrammes de poils. L'Espagne et le Portugal ont également une récolte de peaux de lapins de garenne, mais relativement peu importante. Elle reste généralement dans les pays de production.

« Peaux et poils de lièvre. — Les récoltes et les quantités sont moins faciles à constater que pour les peaux de lapiu.

« La Russfe fournit un grand nombre de peaux, dont les quantités toutefois sont variables ; en outre, cet article est entre les mains de spéculateurs qui l'abandonnent et le repreunent sans régularité. On peut en dire autant pour la Suède, la Norwége, la Valacbie, la Bosnie, la Turquie et la Syrie. L'Allemagne a une récolte régulière et considérable de peaux, mais il est difficile de l'évaluer, beaucoup de fabricants dfl chapeaux achetant les peaux dans leurs localités pour produire eux-mêmes le poil nécessaire à leur consommation. En laissant de côté ces quantités de peaux absorbées par le fabricant de chapeaux lui-même et quelques couperies «le poils peu importantes, qui ne travaillent que pour leur \oisinage immédiat, et en nous bornant aux établissements tic couperie de poils de premier ordre, situées en grande partie à Francfort-sur-le-Mcin et dans ses environs, nous croyons pouvoir faire l'évaluation suivante.

§ 3. — Pays où se produit le poil.

t Environ 4 millions de peaux de lièvre de Russie, de Suède,

MATÉRIEL ET PROCEDES DE LA COUTUftS. £37

de Norwége, d'Allemagne et d'Angleterre, sont coupées en Allemagne, et produisent environ 160,000 kilogrammes de poils. En outre, la Belgique et la France coupent environ 1 million de peaux de lièvre de même provenance, qui donnent environ 40,000 kilogrammes de poils. La France et l'Angleterre ont également une récolte de peaux de lièvre assez régulière, selevaut à environ 2 millions de peaux pour chacun de ces pa\s et produisant un peu moins de 80,000 kilogrammes de poils.

t L'Espagne et le Portugal récoltent également des peaux de lièvre en petite quantité et d'un rapport très-inférieur. La Brique et la Hollande ne produisent que des quantités insignifiantes.

i Peaux et poils de castor, rat musqué et de rat gandin. — Les peaux de ces animaux sont également recherchées pour la fourrure et, soit besoin ou mode, soit spéculation, les prix en atteignent parfois une hauteur qui ne permet plus leur emploi dans la couperie ou la chapellerie. Tout en constatant que, depuis de longues années, l'emploi de ces poils dans la chapellerie va en diminuant, il serait difficile de donner un chiffre tant soit peu exact de ce qui peut encore s'en employer. On peut dire environ 3,000 kilogrammes. Les peaux de castor et de rat musqué sont récoltées dans l'Amérique du Nord et le Canada. Les peaux de rat gondin, dans l'Amérique du Sud, les Républiques Argentine, l'Urugay et la Plata. La vigogne est d'un emploi très-restreint et nous n'en parlons que pour mémoire.

« Poils de chameau et de chèvre. — Produit de rÉgyptc, «le la Syrie et de la Turquie. Le chapeau fabriqué avec ces matières est tout à fait primitif et ne se vend plus que dans les localités où n'a pas encore pénétré la civilisation. Aussi toute évaluation nous serait impossible.

GROUPE VI. — CLASSE ~Ot

§ 4. — Pays de consommation.

« La fabrication du chapeau de feutre est très-répandue en Europe et en Amérique. Le nombre des petits fabricants ne travaillant qu'avec quelques ouvriers et à l'aide d'outils trèsprimitifs est fort considérable, et les établissements produisant en grand et à l'aide de machines est encore restreint. Les États de l'Amérique du Nord ont fait dans cette voie les plus grands progrès et nous y entraînent. Aussi la consommation aux États-Unis des poils produits par les couperas d'Europe est-elle énorme. La France leur a fourni pendant certaines années jusqu'à 40 pour 100 de sa production; l'Allemagne leur fournit 75 pour 100 de sa production ; l'Angleterre et la Belgique leur en expédient également de grasses parties.

« La consommation en France est très-importante. La perfectionne de son chapeau de feutre lui assure une vente plus grande chez elle et une exportation considérables.

« Les plus grandes consommations se font ensuite en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Belgique, en Espagne, en Portugal, au Brésil, au Mexique et dans quelques-unes des Républiques américaines.»

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