FABH1CATION DE LA CHAUSSURE
L'industrie de la chaussure à vis remonte à 1844. C'est à M. Dumery, ingénieur civil d'un grand mérite, et à MM. Lefébure et Silvain Dupuis que la fabrication de la chaussure à vis est redevable de la plupart des innovations actuelles.
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MM. Silvain Dupuis et C,# exposent tout un système de machines, au moyen duquel la chaussure est confectionnée automatiquement.
Une première machine colle et presse les épaisseurs du cuir qui doiveut former les talons et les semelles; un emporte-pièce à balancier les découpe, tandis qu'un cambroir hydraulique, •ionne aux semelles le cambrage nécessaire ; il y a aussi une machine à lisser et cornifier les semelles. Dans les systèmes ordinaires, les semelles sont terminées après qu'elles ont été douées ou cousues à la chaussure ; on les rogne au moyen de la râpe et du tranchet et 011 cornifie les bords avec un fer chaud qui les lisse. Pendant cesopérations, l'empeigne peut être coupée parle tranchet ou brûlée parle fer. Le système Dupuis remédie à cet inconvénient en terminant la semelle avant de la fixera la chaussure. Quand ces quatre machines ont préparé les différentes pièces de la chaussure, on procède au montage.
La machine à monter reçoit les formes, droites ou gauches, sur un même pied de biche, qui est adapté à la machine ; l'ouvrière place d'abord une semelle intérieure sur la forme ; puis elle monte l'empeigne et la tend au moyen d'une série de petites tenailles dépendant toutes de la machine, et à l'aide desquelles, sans efforts ni fatigue, elle opère une tension considérable ; la semelle intérieure est liée à l'empeigne par une rangée de petits clous. Cette opération achevée, ou passe au Vissage.
La semelle qui doit terminer la chaussure est placée bien exactement sur la forme, et y est fixée provisoirement au moyen de deux vis; puis l'ouvrière termine le travail par une rangéede vis tout autour delà semelle. Le talon est fixé de la même manière. La machine à visser comprime l'empeigne entre les deux semelles avec une pression de trois cents kilogrammes. C'est sous cette pression qu'elle visse les deux semelles ensemble. Au moyen d'une cisaille mécanique, on coupe les bouts de vis qui dépassent, et les bavures laissées par la cisaille sont elles-mêmes usées avec une meule a émeri. Les
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talons sont terminés par le fraisage, qui leur donne la forme et la tournure qu'ils doivent avoir. Toutes les coutures et piqûres sont exécutées à la machine à coudre.
Par les procédés de la maison Dupuis, on peut fabriquer les chaussures aux formes et aux usages les plus variés. On exécute avec autant de rapidité que de facilité les grosses bottes de chasse ou les souliers de bal. Ce genre de fabrication a l'avantage d'être économique et expéditif ; les chaussures sont étanches et ne peuvent être que d'excellente qualité, parce qu'il n'y a que des cuirs de première qualité qui puissent résister aux tensions auxquelles ils doivent être soumis an montage.
On ne saurait trop louer MM. Dupuis et O des efforts qu'ilsont faits pour introduire et vulgariser L'usage de la chaussure à vis. Ils sont arrivés à un succès mérité. Ils fournissent non-seulement au public des produits d'une bonne qualité, mais encore ils procurent aux ouvriers un travail sain et lucratif; les trois quarts de leur personnel se composent de femmes; en un mot, ils ont mis à la portée des femmes cette industrie de la chaussure, qui ne leur fournissait jadis que des travaux secondaires et très-peu rétribués.
Le tableau qui suit donnera une idée de la progression des affaires de cette maison depuis 4855: