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IMPRESSION DES ÉTOFFES ET DES PAPIERS PEINTS

§ 1. — Matériel tic la teinture et des impressions sur étoffes.

Les machines employées dans les opérations de la teinture sont fabriquées en grand nombre dans les ateliers des mécaniciens de Rouen, auxquels sont dues plusieurs d'entre elles. M. Tulpin aîné, constructeur, de cette ville, a mis à l'Exposition plusieurs intéressants et nouveaux spécimens de ces constructions qui ont pour objet, tant de remplacer par des machines une partie du travail coûteux des ouvriers que d'utiliser le travail mécanique pour obtenir directement des résultats industriels. Nous citerons, dans la première catégorie, la machine à laver les écheveaux, dans laquelle une élégante et simple communication de mouvement fait à la fois tourner et osciller, avec un mouvement de va-et-vient, les rouleaux autour desquels sont passés les écheveaux. Dans la seconde doivent être cités les hydro- extracteurs, fondés sur une curieuse

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application de la force centrifuge, et qui ont fourni à l'industrie un précieux moyen de séparer les solides et les liquides aussi énergiquement qu'on le désire, en accroissant suffisamment la vitesse. Les progrès de la construction ont amené cette machine à être d'un maniement simple et facile. Les plateaux et cônes do friction donnent le moyen d'atteindre facilement et progressivement des vitesses considérables, et de bonnes dispositions du pivot permettent de diminuer les résistances en augmentant la stabilité du système en mouvement.

§ 2. — Machines à sécher par la chaleur.

C'est le plus souvent par la chaleur que doit se faire le séchage des étoffes. La grande machine à vanner et à sécher de M. Tulpin est destinée à effectuer celle opération pour la draperie principalement. Elle consiste essentiellement en un grand tambour (3ra97), formé par deux feuilles de tôle parallèles, réunies par de nombreuses entretoises, entre lesquelles est reçue la vapeur à haute pression. On obtient ainsi une résistance très-grande, avec des tôles d'épaisseur assez faible, et l'on rend le chauffage régulier, en ne faisant parcourir à la vapeur qu'une faible partie de la circonférence, eu multipliant les tuyaux d'entrée pour la vapeur, et de sortie pour l'eau condensée. Le tissu est tendu à son entrée sur le tambour et maintenu par des chaînes sans fin à picots.

M. Masselot, teinturier à Paris, a fait une heureuse application de ces picots sous forme d'épingles mobiles, pour tendre hélicoïdalemcnl une étoffe entra deux cercles montés parallèlement sur un même axe, ce qui permet de la soumettre dan> d'excellentes conditions à toutes les opérations de la teinture.

S 3. — Impression des étoffes.

Le grillage au gaz des étoffes, qui précède l'impression de la plupart des tissus, a toujours offert cet inconvénient, lors-

MATÉRIEL El" PROCEDES UK LA PAI'KTKUIK , ETC.

que le tissu ten lu transv ersalement passait à travers le dard de la flamme, que non-seulement le duvet de la surfaee, mais aussi des filaments de l'intérieur étaient brûlés, de telle sorte que l'étoffe devenait plus transparente et perdait le plus souvent de sa valeur par eelte opération. Cet inconvénient a été fort heureusement évité, dit-on, par une machine anglaise, qui n'est pas connue, et aussi par celle de M. Tulpin, qui figure à l'Exposition. L'étoffe, au lieu de traverser la flamme du gaz, vient la côtoyer en passant sur un rouleau, et le duvet extérieur seul est brûlé ; aussi cet appareil, dont tous les détails sont parfaitement entendus, est-il adopté avec empressement par l'industrie.

La machine à imprimer a reçu un perfectionnement notable ; elle a été disposée pour être mue directement par une machine » vapeur spéciale, comme on tend à le faire pour tous les outils importants, dont la rapidité, à un moment voulu, est une fonction essentielle de production avantageuse. C'est ainsi qu'est disposée la machine à six couleurs mise à l'Exposition par M. Ducommun, de Mulhouse, dans laquelle un bâti triangulaire, uni par un axe rotatif avec celui qui porte les rouleaux et tout ce qui est nécessaire pour leur fonctionnement, supporte deux cylindres à vapeur agissant sur deux manivelles placées à angle droit. On évite ainsi, sans volant, le point mort, et, en tournant le robinet d'entrée de la vapeur, L'imprimeur peut aller aussi vite qu'il le désire, quaml tout est disposé pour une bonne fabrication. Ajoutons que la machine dont nous parlons est encore remarquable par des dispositions qui permettent d'imprimer avec des rouleaux de diamètres très-différents.

M — Impression des papiers peints.

La révolution qui se poursuit dans l'impression des papiers peints par l'emploi de machines à cylindres gravés en relief, <tne les Anglais, grâce à leur persévérance, ont récemment

amenées à l'état pratique, n'était représentée à l'Exposition par aucune construction anglaise. Ici, comme dans quelques autres cas, les véritables créateurs paraissent ne pas avoir désitv attirer l'attention générale sur leurs machines encore peu connues et s'être méfiés des imitateurs. La maison tiialou, de Berlin, qui, sous le nom du prédécesseur, Hummel, aexpltû* la perrotine de M. Perrol, de Rouen, dans tout le nord è| l'Europe, a seule exposé deux intéressantes machines nouvelles, destinées à l'industrie des papiers de tenture. La première est une machine à foncer, au moyen de brosses multiples, douées de mouvements épicycloïdaux, répai'tissaut parfaitement la couleur sur le papier tendu entre deux cylindres. La seconde est une machine à six cylindres en relief, représentant l'ancien métier à surface perfectionné des Anglais, longtemps conservé à Manchester pour l'impression des étoffes. On y a levé assez bien la difficulté de l'encrage des surfaces eu; relief, avec des couleurs épaissies seulement à la colle, eu faisant rouler le cylindre sur un feutre qui, seul, passe dau* la couleur et ne se charge que d'une épaisseur uniforme de matière. Ces machines transforment aujourd'hui la fabrication des papiers peints commuus, en permettant leur production rapide et à bon marché, lorsque le débouché est assez étendu pour payer les frais de la gravure des rouleaux.

§ 5. — Gravure pour l'impression des étoffer

Le tour pantographe pour la grav ure des rouleaux, qui avait été fort admiré à l'Exposition de Londres, ne figurait pas à celle de 1807 ; mais une disposition qui rappelle les résultat* produits par cette machine se retrouve dans l'emploi du pantographe fait par M. Paul (Nicolas), de Mulhouse, pour la gravure des grandes planches de cuivre destinées à l'imprcs-, sion des foulards. En faisant tourner la planche autour du centre du système, il accumule successivement dans chaque sec-p leur une série d'éléments, et, par suite, couvre la planche, par

MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA PAPETERIE , ETC.. 26f>

un tra\ail assez facile, de gravures multiples, qui répondent à une œuvre de la main très-considérable.

La gravure des rouleaux pour l'impression des étoffes ne *est pas modifiée depuis 1864. Une machine à couper les liatliures et à tracer des hélices inclinées, de M. Ducommun, de Mulhouse, est d'une excellente disposition. M. Feldtrappe, un de nos plus habiles et de nos plus anciens graveurs, expose des rouleaux dont les fonds sont recoupés de manière à garder une grande quantité de couleur, et permettent d'imprimer par application des fonds très-chargés. Les rouleaux de M. Pigache, gravés en relief, pour gaufrage, et celui de M. Bordes, qui porte des gravures en relief de timbres-poste, disposées de manière à pouvoir être imprimées à l'encre grasse, avec une très-grande économie, comme M. Godchaux peut le faire en taille-douce, sont encore des échantillons curieux de ce genre de travail. Knlin un graveur de Barcelone, M. Montels, a exposé deux rouleaux très-finement gravés, qui font honneur à l'industrie

catalane.

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