‹ Rapports du Jury internationalChapitre 48 sur 98 · MATKIUKI, ET PK0CÉDÉ8 DE LA P A P ET EU I E , ETC. "2ST · texte numérisé non relu

MATKIUKI, ET PK0CÉDÉ8 DE LA P A P ET EU I E , ETC. "2ST

Muméioteun. — Une production qui s'est singulièrement multipliée dans ces dernières années, grâce à d'ingénieuses inventions et au débouché fourni par les chemins de fer, s'est signalée d'une manière très-intéressante à l'Exposition. Nous voulons parler des divers appareils à imprimer en numérotant les objets, c'est-à-dire destinés à produire des imprimés portant des numéros variant d'une unité à chaque exemplaire.

Les numéroteurs ont été l'objet de nombreuses recherches. On en construit aujourd'hui de deux genres principaux. Les uns, qu'emploie surtout M. Lecoq , et qui sont d'un usage très-sûr, sont à griffes: c'est-à-dire que le levier, mis en mouvement pour actionner le numéroteur, forme un eneliquetage agissant sur une roue à cran solidaire avec la roue portetypes, en la faisant tourner d'un cran à chaque coup. Pour que la roue des dizaines tourne d'un cran, quand celle des unités a tourné d'un tour, c'est-à-dire quand, après le \>, doit arriver le 0, l'entaille qui reçoit la griffe en ce point est beaucoup plus profonde que les autres, de telle sorte que cette griffe descendant davantage, sa seconde brandie, jusqu'alors inutile, vient reposer sur un cran de la roue des dizaines, et la fait tourner d'une unité. Cette môme disposition permet d'actionner, au moment convenable, la roue des centaines, des mille, etc., en ne présentant d'autre inconvénient, 1 pour quelques cas spéciaux, que d'exiger des molettes d'un diamètre un peu grand, quand le nombre à marquer doit être fort élevé, et que les entailles d'abaissement de la griffe doivent être nombreuses, et aussi d'exiger une place assez considérable pour la griffe, dont les oscillations sont assez étendues.

Le système de numéroteur de M. Trouillet, moins sûr peutêtre que le précédent, à cause de la petitesse de l'organe servant à établir la solidarité des roues, offre quelques avantages particuliers. Il consiste en un petit piston, dont l'épaisseur est égale à celle delà roue des types, plus celle d'une petite roue d'acier qui lui est réunie, et que pousse un petit ressort à

! h» inli h. Quand le piston de la roue des unités est poussé, il entraine un cran de la roue des dizaines, à moins qu'il ne rencontre le piston de la roue des dizaines, auquel cas il entraine la roue des centaines, et ainsi de suite. On voit qu'on peut ainsi établir des numéroteurs pour les nombres formés d'un grand nombre de chiffres, sans accessoire extérieur volumineux. Une application curieuse de ce système s'est révélée le jour où l'habile M. Charles Derriey a résolu le problème de U fonte de ces molettes par les procédés de la fonderie en carac* tères, par conséquent dans des conditions d'identité, de précision que la gravure ne saurait offrir. En donnant au diamètre extérieur de ces molettes exactement la hauteur des types d'imprimerie, il est devenu possible de numéroter en imprimant ; par exemple, d'exécuter ainsi, par une seule opération, le numérotage des actions et obligations, et avec une perfection bien supérieure à celle du numérotage à la main, c'est-à-dire en assurant bien mieux les administrations et le public contre la contrefaçon.

Machine pour le numérotage des billets de banque. — Une merveilleuse application des presses à numéroteurs a été faite par 31. Ch. Derriey à une machine construite pour la Banque de France, et qui, de la famille de celle construite jadis par Bramah pour la Banque d'Angleterre, représente dignement les progrès de l'art de la construction des machines, depuis l'époque où travaillait l'un de ses premiers créateurs. Les billets, mis en paquets à l'extrémité droite de cette machine, sont enlevés, un par un , par une plaque mobile percée de trous en communication avec une pompe aspirante, apportésau milieu de l'appareil où ils reçoivent l'impression de cinq compteurs, les uns variant «l'une unité par billet, les autres ne variant que par séries; entin, le billet est enlevé par la plaque et déposé dans une boite à la gauche de la machine; puis l'opération recommence. L'impression, excellente et produite automatiquement aux endroits voulus, avec toute la netteté d'une bonne impression hpogra-

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phique, auginsnts dans uns proportion notable les difficultés de la contrefaçon d38 billets, et facilite la surveillance dans les ateliers de fabrication.

$ 7. — Ustensiles d'imprimerie.

L3S ustensiles d'imprimerie et le matériel de la clicherie, de la galvanoplastie, etc., sont réunis dans l'exposition de M. Boildieu, qui occupe le premier rang dans cette spécialité. Nous citerons , comme hors ligne , les coins mécaniques ou petits rouleaux de M. Marinoni ; ces coins forment lanterne engrenant avec les dents que porte le dos des biseaux en fonte, invention récente pour le serrage des formes d'imprimerie, moyen simple et ingénieux, qui supprime l'emploi du bois et du marteau. Nous avons remarqué , dans l'exposition du Canada, un autre système, dans lequel les formes sont serrées avec beaucoup de régularité, à l'aide de deux coins avançant l'un sur l'autre, et par la même clef; mais ce système, plus compliqué et très-cher, n'est destiné qu'au serrage de formes exigeant beaucoup de précision. Les coins en fonte de M. François Derriey produisent également un très-bon serrage, dû à leur forme arrondie, qui permet leur application, quel que soit l'angle des biseaux. Ses griffes, en forme de queue d'aronde, sont un moyen certain d'assurer les clichés sur les blocs.

Rouleaux lithographiques. — La bonne fabrication de ce?» rouleaux, qui importe tant à la bonne exécution de la lithographie, pour laquelle on ne peut, à cause du mouillage de la pierre, employer les excellents rouleaux en gélatine de la typographie, est d'une difficulté considérable. Aussi les fabricant:) qui y réussissent, en tète desquels on s'accorde à placer M. Schmautz, jouissent-ils d'une grande réputation. Donner au rouleau l'élasticité convenable et faire disparaître toute couture, sont des opérations qui exigent une grande habileté.

La qualité de résistance de ces rouleaux perfectionnés tent. ix. 19

'20»' GROt'PE VI. — CLASSE «">9.

dent à les taire adopter pour rouleaux distributeurs sur les presses mécaniques typographiques à mouvements rapides, en réservant les rouleaux en gélatine, si facilement altérantes, pour l'encrage des formes.

§ 8. — - Machines a plier les feuille? imprimées.

Le problème d'effectuer par machines le travail si rapide et si peu coûteux de la brochure a été abordé dans ces dernières années, et une curieuse machine figurait, en 1862, à Londres, parmi les pro luits des ateliers des constructeurs suisses L'organe principal était une table portant une fente étroite. La feuille étant convenablement placée sur cette table , un couteau, se mouvant à angle droit avec la surface de cette table, entraine et plie la feuille en traversant la fente. MM. Frédurcau et de Chavannes ont repris la construction de cette machine, et y ont joint, pour les feuilles qui doivent être coupées, pour l'in-trcntc-deux notamment, format auquel est destinée la machine exposée, une scie qui effectue très-bien la division.

Cette machine nous paraît encore bien lourde, relativement à la résistance minime qu'il s'agit de surmonter, et il ne serait pas possible de la faire marcher avec une vitesse suffisante pour qu'elle remplaçât avantageusement un nombre un peu notable de brocheuses. C'est à rendre cette machine plus légère que l'on doit s'appliquer, si l'on veut obtenir un succès pratique.

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