‹ Rapports du Jury internationalChapitre 49 sur 98 · MACHINES A COMPOSER · texte numérisé non relu

MACHINES A COMPOSER

Depuis vingt ans on s'applique à rechercher les moyens d'aider, par l'emploi de machines, le travail manuel du compo-

MATKIUKI, KT FHOCKIIKS DK LA PAPKTEMK , KTC. 291

siteur, et, à toutes les cxposi lions, on a vu apparaître quelques dispositions nouvelles. Jusqu'à l'Exposition de 1867, le problème que se soat proposé les inventeurs (et le seul , paraissait-il, qu'ils pussent se poser) consistait à chercher, au moyen d'une touche de piano, comme l'avait déjà proposé le philosophe Ballanche lorsqu'il était imprimeur à Lyon, à lever une lettre, et à réduire ainsi le temps nécessaire pour saisir un caractère avec les doigts et le placer dans le composteur. Il y a loin de la solution du problème ainsi posé, d'aider en quelque sorte l'opérateur par un mécanisme auxiliaire, h la substitution de l'action d'une puissance naturelle à un travail humain. L'intervention, nécessaire pour chaque lettre, de l'ouvrier lisant la copie et pressant les touches convenables, limite singulièrement l'importance des avantages que l'on peut espérer obtenir. Il est, par suite, peu extraordinaire que les machines admirées aux expositions aient été jugées jusqu'ici trop coûteuses et donnant de trop faibles résultats pour pénétrer dans les ateliers.

La machine Delcambre, Cuyts et O, est une transformation de la machine Yung et Delcambre, la plus connue de toutes, modifiée de façon à devenir moins coûteuse et d'un maniement plus facile. On y est parvenu en diminuant le nombre des lettres différentes que le clavier commande et en le réduisant à celui des sortes d'un usage fréquent. Le plan incliné sur lequel glissent les types ayant un nombre inoindre de rainures, les engorgements et accidents divers sont rendus moins fréquents, et la production devient en pratique plus considérable. Quant au\ sortes d'un emploi peu fréquent, elles sont disposées sur des cônes tournants, placés à droite et à gauche du compositeur. Pour lever une Jettre, on amèue le plan diamétral qu'elle occupe au-dessus de la rainure correspondante à cecùne du plan incliné, puis on la fait tomber en poussant un petit levier, système qui exige fdus de temps que la levée d'une lettre de la casse, mais qui ne s'applique qu'à une faibip partie de la composition.

En résumé, on doit considérer comme intéressantes les modifications apportées au mécanisme de la machine à composer pour la rendre peu coûteuse et d'un maniement facile, mais elles ne sont pas encore suffisantes pour faire adopter une machine qui a été repoussée, comme onéreuse, des ateliers même où elle avait pénétré. L'expérience acquise parla comparaison des divers systèmes destinés à aider le travail du compositeur, parmi lesquels on doit citer la machiné si remarquable de M. Sôrensen , qui figurait à l'Exposition de 1855, conduit toutefois à admettre : 1° que l'opération d'agir sur les touches d'un piano, chacune d'elles répondant à une lettre, est beaucoup plus rapide que celle de lever cette lettre dans une casse par le travail ordinaire du compositeur; 2° que la descente simultanée d'un grand nombre de types sur un plan incliné donne facilement lieu à des accidents dont on ne peut diminuer le nombre qu'en travaillant lentement; 3° que la nécessité de faire la distribution- à la main ou par des systèmes moins avantageux jusqu'à présent que celle-ci, de justifier également à la main, vient diminuer l'économie du travail avec la machine; enfin, qu'en exigeant la composition par ces sortes distinctes pour en remplir les réservoirs de la machine, elle entraîne à une dépense supplémentaire spéciale.

Il semble résulter de là qu'une invention qui conserverait tous les avantages du clavier, mais qui n'exigerait plus de mouvement de types et par suite ferait disparaître une grande partie des arrêts qu'il entraîne, qui supprimerait la distribution, pourrait offrir de sérieux avantages.

C'e§t cette direction qu'ont suivie deux inventeurs, l'un de France, l'autre des États-Unis d'Amérique ; abandonnant tous les deux le mode de composition pratiqué depuis Gutenbcrg, ils ont adopté un système entièrement nouveau. Les deux inventions dont nous parlons reposent sur les progrès récents de la stéréotypie, sur la facile production des clichés au moyen

de la pâte de papier ou de quelqu'autre matière plastique analogue. On comprend, en effet , que la matrice d'un cliché puisse être produite par parties successives ; que, si chaque touche d'un clavier fait abaisser d'une profondeur constante un type correspondant à une lettre déterminée, on pourra obtenir, sans qu'aucun type devienne libre, des enfoncements de lettres, de mots, de lignes, enfin des matrices de pages qui pourront servir à couler du métal, à obtenir un cliché propre à l'impression.

L'inventeur français, M. Flamm, partant d'une disposition qui rappelle le télégraphe à cadran, forme, avec des caractères d'imprimerie guidés entre deux plaques de métal, une couronne de lettres, et il grave les figures des mêmes lettres sur les mêmes rayons d'un plus grand cadran. Pour composer, il suffit d'amener successivement la figure de chaque lettre devant un même repère, et de faire tourner de la main gauche une clef que meut un excentrique faisant descendre le type correspondant, pour que l'impression soit produite. Cette impression s'opère sur une plaque disposée sur un support à chariot , qui , par un de ses mouvements, permet d'espacer à volonté les lignes de la page, et, par un mouvement à angle droit, d'établir un écart convenable entre chaque lettre, ce qui doit avoir lieu indépendamment de toute intervention de l'opérateur. A cet effet, la clef qui met en mouvement le type fait agir un cliquet, qui agit lui-même sur un cylindre à denture fine, formant écrou du support. Une équerre, qui fait partie de la tige du cliquet, vient s'appuyer sur le cadran contre une vis qui permet de donner au mouvement du support l'étendue voulue et de régulariser l'espacement des lettres.

La machine américaine de M. Sweet, qui, par sa disposition générale, rappelle un peu le télégraphe à clavier de Hughes, satisfait, par des dispositions équivalentes à celles qui viennent d'être décrites, aux diverses conditions du problème. L'élégance de la construction de cette machine et la rapidité

avec laquelle le poinçon en acier qui représente chaque lettre est enfoneé par un genou à la profondeur voulue, sans arrêt du moutement, sont vraiment remarquables.

Les systèmes dont nous venons de parler ont un défaut majeur. Nous ne voulons pas parler de la difficulté de repousser des lettres à côté les unes des autres sans altérer les creux, ce qui rendrait difficile l'emploi de caractères petits d'œil et serrés, ni du défaut qui consiste en ce qu'on obtient difficilement une justification un peu passable des lignes, puisque au moment de les terminer,on ne peut guère agir que sur les blancs des derniers mots; nous parlons de l'impossibilité absolue de corriger la composkion faite. Or, quiconque a fait imprimer sait que Tinterealation ou la suppression de mots et de phrases sur une première épreuve est une nécessité absolue, qui exige à chaque instant le remaniement de plusieurs lignes pour utiliser la composition déjà faite. L'impossibilité de faire rien qui ressemble à un remaniement avec le cliché, interdit soh utilisation pour lamoindrc correction, et limite par suite l'application des systèmes ci-dessus, en la réduisant tout au plus au cas le moins important, à celui des réimpressions. On ne doit donc pas y voir la solution du problème de la composition mécanique.

M. Flamm a fait de son invention une intéressante application à la lithographie. 11 utilise la pression des types, non plus pour les enfoncer dans une substance plastique, mais pour presser sur un papier à décalquer susceptible de transporter sur du papier à report l'empreinte exacte de la lettre. Après avoir fait ainsi un exemplaire de la composition tyjK)graphique voulue, on le transporte sur pierre, et on peut procéder à l'impression, après y avoir ajouté, au besoin, quelques travaux de l'écrivain Mettre ainsi, au moyen de machines portant un seul alphabet de types, les ressources de la typographie à la disposition des lithographes, nous paraît être une heureuse idée.

Machines, instruments et procédés usités <ians divers travaux, par M. CIi.Callo:», ingénieur mil, professeur à l'École Onlralc des Arts et Manuracture$, el M. Ferdinand Kohx.

Par MM. Ch. GALLON et Feri». KOIIN.

La destination très-variée des machines et appareils qui composent la classe 60 ne nous permet point de les renfermer dans un cadre général. Leur seul caractère commun n'est autre que celui qui se révèle dans toutes les industries mécaniques sans exception, à savoir : la réduction des prix de fabrication par la substitution du travail automatique au travail manuel, plus rapide et plus précis. Nous entrerons donc immédiatement en matière, et nous passerons successivement en revue, sans chercher à les rattacher par un lien commun qui n'existe véritablement pas, les résultats que paraissent offrir les machines, instruments et procédés de la classe 00, au point de vue des progrès accomplis depuis l'Exposition Universelle de 1855.

$ !. — Machine remplaçant le marbre à dresser les caractères

d'imprimerie.

La première machine qui s'offre à notre attention, non point à cause de son importance commerciale, mais parce qu'elle a obtenu dans la classe 60 la récompense la plus élevée, est la machine américaine de M. Pat Welch, aussi ingénieuse

irinvention que remarquable d'exécution. Jusqu'à présent, le soin de drosser les quatre faces des types ou caractères d'imprimerie, en en faisant disparaître les bavures et aspérités, a été confié à des femmes, ou quelquefois à des enfants, qui opèrent en frottant les faces des caractères sur une surface plane et rugueuse, puis en les composant en ligne et en apprêtant les bords, soit à la lime, soit au grattoir. Mais tous les pratieiens s'accordent à dire que ce travail long, coûteux et difficile à contrôler, n'est pas effectué d'une manière satisfaisante, peu d'ouvrières parvenant à acquérir l'habileté nécessaire, malgré un long apprentissage, très-onéreux pour le patron, en raison <lu grand nombre de types gâtés par les apprenties. Il était donc très-intéressant de substituer à cette main-d'œuvre lente et imparfaite, le jeu d'une machine réunissant l'avantage d'un rendement considérable à celui d'une très-exacte uniformité de corps pour les caractères apprêtés.

Notre savant confrère, M. Ch. Laboulaye, si compétent dans toutes les questions relatives à l'art de l'imprimerie, nous a déclaré que, a sa connaissance, de nombreuses tentatives, toujours infructueuses, avaient été faites avant M. Weleh, qui, plus habile que ses devanciers, nous paraît avoir complètement réussi. Le peu d'espace dont nous disposons ne nous permet pas de décrire cette curieuse machine, difficile d'ailleurs à faire comprendre sans l'aide d'un dessin. Nous signalerons toutefois l'alimentation automatique d'une ligne à la fois, qui met l'apprêt des caractères, même les plus fins,à l'abri de toute déformation accidentelle. Cette machine permet d'obtenir, avec beaucoup d'uniformité, le parallélisme exact des faces opposées ; mais, en outre, par une inclinaison convenable du tranchant des outils, on peut produire des types de forme pyramidale, propres à être composés immédiatement sur les cylindres de machines à imprimer, dites continues.

g 2. — Presses monétaires.

Deux presses monétaires figurent à l'Exposition de 18<V7 ;

MACHINES, INSTRUMENTS ET PROCEDAS DIVERS. tî90

l'une construite par la maison J.-F. Cail et CiC, l'autre par M. Fossey-Thonnelier, mécanicien à Lasarte (Espagne). Ces machines ne sont autre chose, quant au principe et à la disposition d'ensemble, que la presse continue, dite de Munich, importée en France par M. Thonnelier, et perfectionnée, soit par lui-même, soit par la maison Cail et O.

Toutefois, l'examen attentif des presses monétaires de l'Exposition de 4867 révèle des perfectionnements incontestables depuis 1862. Ainsi, la presse exposée par la maison Cail est munie d'un nouveau débrayage, dit système Arnaud, dont la. description serait impossible ici, mais dont l'importance pratique sera suffisamment caractérisée, si nous disons que ce système a pour effet principal de mieux assurer l'arrêt rapide et sans intermédiaire de la machine, dans le cas très-fréquent où le flan vient à faire défaut entre les deux coins. De même, dans la machine espagnole, le Jury a reconnu des particularités qui constituent un progrès véritable.

En nous attachant aux plus importantes, nous mentionnerons d'abord l'emploi d'une genouillère à double brisure et la production de la pression par une came, qu'actionne un galet à grand diamètre. De là, selon nous, un double résultat : en premier lieu, diminution notable dans les frottements des articulations; en second lieu, pression mieux appropriée à la nature du travail, par celte raison toute simple que la loi du mouvement de la bielle et de la manivelle employées dans les anciennes presses est une loi invariable, tandis que, ici, en étudiant la forme de sa came motrice, le constructeur a pu déterminer celle qui convenait le mieux au travail à faire ; il a même pu accélérer le mouvement rétrograde, par imitation de ce qui se fait dans nombre de machines-outils. Nous voyons aussi un perfectionnement utile dans l'emploi de débrayages à friction, qui,- sans agir sur les volants, bien entendu, agissent sur les deux cames qui commandent la double genouillère et la main-poseur, et produisent l'arrêt des cames dans un temps extrêmement court, — que cet arrêt ait lieu d'ailleurs par la

300 OROI PK VI. — CLASSE 60.

volonté de l'ouvrier ou par Tune des circonstances qui doivent le déterminer automatiquement.

Il serait impossible de donner, sans le secours du dessin, une idée des moyens ingénieux employés pour amener cet arrêt automatique. Nous nous bornerons à dire ici que cet arrêt a lieu : 1" Dans le cas où, l'alimentation des flans étant interrompue, la main-poseur s'avancerait à vide et déterminerait ainsi l'altération des deux coins, en les laissant frapper l'un sur l'autre; 2° dans le cas où, par le fait d'un flan trop . épais ou mal placé, la main-poseur ne pourrait pas se dégager en temps utile de dessous le gobelet d'alimentation, ce qui amènerait une rupture. Les combinaisons employées par M. Fossey, pour satisfaire à ces importantes conditions, ont un caractère de simplicité et d'élégance incontestable. Sa machine renferme aussi de bons détails, soit à l'égard du mécanisme, dit de dévirolagc, qu'il a simplifié, soit à l'égard des dispositions prises pour empêcher l'huile du graissage de la genouillère de pénétrer jusqu'aux coins, etc.

S 3. — Outillages et procédés de la fabrication des objets d'horlogerie,

de bijouterie, etc.

L'ensemble de machines et d'outils qu'on peut ranger sous ce titre formait certainement la partie la plus importante de la classe 60, non-seulement par le nombre des objets exposés, mais encore par la similitude de beaucoup d'entre eux et par la possibilité de les rattacher, comme industries annexes, à l'horlogerie, cet art si important, soit au point de vue commercial, soit au point de vue scientifique. Malheureusement la plupart des objets exposés sont très-difficiles à apprécier, avec les moyens si limités qui peuvent être mis à la disposition du Jury . Dans les Expositions nationales, et surtout dans les premières, qui ne comptaient qu'un petit nombre d'exposants, il était possible de se livrer à des investigations, à des expériences longues et variées, telles que celles qui se pratiquent de nos

jours au Conservatoire des arts et métiers, par exemple, où de nombreux inventeurs viennent demander fréquemment la vérification du rendement de leurs appareils et la sanction des résultats qu'ils ont intérêt à faire connaître au public. Peutêtre y a-t-il, sous ce rapport, dans l'organisation actuelle des Jurys, une lacune, qu'il nous sera permis, en raison du cas particulier que nous avons rencontré, de signaler à l'attention éclairée delà Commission Impériale. Nous émettrons aussi un autre vœu, qui nous a été suggéré par l'examen des nombreux tarauds et libères (principalement à l'usage des borlogers) qui uguraient à l'Exposition. C'est que les constructeurs de ces outils devraient s'entendre, dans leur intérêt même, pour adopter un système uniforme de taraudage, ainsi que cela a été fait en Angleterre pour les gros outils de mécanique. Depuis 45 ans, en effet, tous les constructeurs anglais ont pris l'habitude d'un taraudage uniforme, emprunté à M. Whitworth; pourquoi cet exemple ne serait-il pas imité dans le genre «l'industrie qui nous occupe en ce moment ? Nul doute que cette nouvelle application du grand principe de l'uniformité des mesures n'eût ici, pour les constructeurs qui le mettraient à profit, les avantages qu'en ont constamment retirés les peuples par lesquels il a été successivement adopté.

Ce n'est pas le lieu d'insister sur ces avantages, à un point de vue général ; mais il nous sera permis de rappeler quelles facilités le système d'uniformité des mesures-apporte dans les relations commerciales et à quel degré il peut favoriser l'exportation des produits du genre de ceux dont il s'agit ici. ? Après ces considérations générales, il nous paraît nécessaire d'appeler l'attention sur un genre de machines qui, par leur ingénieux agencement et leurs dispositions savantes, se distinguent entre toutes celles de ce groupe. Nous voulons parler des tours à guillocher qui, fabriqués en France et surtout en Angleterre, avec un luxe peut-être excessif, nous paraissent dignes d'une attention toute spéciale dans l'exposition suisse, où ils réunissent, à un degré de précision strictement

nécessaire pour l'élaboration des produits commerciaux, la condition du bon marché, sans laquelle il est impossible aujourd'hui d'atteindre un chiffre de ventiî important. L'invention de ces machines, tout le monde le sait, est ancienne, et les galeries de notre Conservatoire des arts et métiers pourraient en témoigner au besoin; tout le monde sait aussi qu'un tour à guillocher n'est, en principe, qu'un tour ordinaire, dont l'outil est doué d'un mouvement automatique défini ; mais l'esprit d'invention peut trouver encore à glaner dans ce champ défriché par les inventeurs du siècle dernier. Les expositions de MM. Durier et Lang, de Genève , en sont la preuve , ainsi que nous allons l'établir en peu de mots.

Des trois machines à guillocher exposées par le premier, deux ont reçu, depuis 1862, des modifications que nous regardons comme importantes. Le gros tour pour orfèvrerie a été modifié et perfectionné, depuis 1862, par l'adjonction d'un second tour, pouvant fonctionner, soit séparément, soit simultanément avec le corps principal ; ce qui permet de varier à l'infini les effets, en mêlant les dessins de l'un des deux tours avec ceux de l'autre. Sur ce gros tour est montée une transmission de mouvement mue par le pied, destinée à faire marcher divers appareils, tels que burins tournants, fraises, outils à piquer, matter, etc.: ce qui permet d'obtenir des effets nouveaux, réalisés précédemment par la grav ure. Enfin, la table est mobile pour le passage des grandes pièces ; mais elle peut se fermer, lorsqu'on n'a que de petits diamètres à guillocher. Le tour de M. Durier, pour la bijouterie et les fonds de montre, remarquable par sa légèreté et la facilité de toutes ses fonctions, l'est surtout en ce qu'il est muni d'un appareil à guillocher les cadrans en spirale. Le tour à guillocher de M. Lang présente, quant à son bâti, des dispositions qui paraissent très-goûtées par les graveurs. Les anciens tours avaient des bâtis entièrement en bois, qui, malgré le soin que l'on avait de les sceller sur le plancher de l'atelier, présentaient l'inconvénient de travailler plus ou moins. Plus tard, on les remplaça

par dus Iwtis en métal, auxquels on reprochait de fatiguer l'ouvrier et de protluire des vibrations nuisibles au guillochagc. M. Lang, en disposant un établi en bois sur des pieds en toute très-stables, qu'on peut se dispenser de sceller au plancher, nous parait avoir réalisé une amélioration réelle. M. Lang a aussi apporté à son tonr une disposition qu'il serait difficile de f.iire comprendre sans l'aide d'une figure, mais dont le lecteur se fera peut-être une idée suffisante, si nous disons qu'on peut Changer les rosette* sans risquer de les dégrader, deux tours de manivelle suffisant pour éloigner le porte-touche d'environ un millimètre, jusqu'à l'instant précis où il se trouve en face de la rosette qu'on veut employer. La combinaison des rosettes est d'ailleurs établie de telle façon que l'on peut en employer 4, 3, 2 ou 1, afin de variera l'infini les dessins, qu'un guillocheur expérimenté exécute avec autant de facilité qu'avec le simple grain d'orge.

Le laminage joue un grand rôle dans l'orfèvrerie et dans la bijouterie; il est le point de départ de ses belles fabrications, ainsi que le faisait remarquer M. le baron Séguier, dans son savant rapport sur l'Exposition de 18ti!2. Nous ne sachons pas qu'aucun fabricant ait dépassé, au point de vue de la qualité, les rouleaux que M. le baron Séguier signalait dans l'exposition de M. Krupp, comme destinés au laminage de tous les métaux, et particulièrement des métaux fins. Mais nous devons citer, comme réunissant, à un degré satisfaisant, la double condition de bonne qualité et de prix relativement bas, les cylindres lisses ou gravés de M. Delahaye, de Paris, et les laminoirs en acier fondu, à l'usage de la tréfilerie d'or et d'argent, de M. G. Domenech, de Barcelone. Enfin, nous croyons devoir signaler ici une machine ingénieuse pour réduire les calibres de montres et de pendules, exposée par M. Châtain, de Paris. Le principe de cette machine est le même que la plate-forme à diviser les dents d'engrenage; car on comprend que ce principe est applicable, soit qu'il s'agisse de diviser en parties égales la ligne de touche d'un

engrenage, soit qu'il s'agisse de percer sur une platine de? montre ou de pendule, des trous déterminés en nombre el en position.

Mais ta machine construite par M. Châtain renferme d'intéressants détails ; elle est d'un maniement facile, et par ce motif, elle pourrait s'appliquer avec succès à quelques genres de fabrication qui se rattachent à l'horlogerie par la précision qu'exigent certaines opérations, malgré le bas prix Ct la vulgarité des objets fabriqués.

§ -4. — Machines à fabriquer les allumettes.

Ces machines constituent une des plus curieuses spécialités de la classe 60. Le Jury en a distingué trois, qui sont : 1° La machine de M. Mujica, de Saint-Sébastien (Espagne), pour découper ct ranger les allumettes de cire avant le trempage 2° la machine de MM. Rimailho frères, de Paris, destinée à découper le bois pour allumettes ; 3° enfin, une machine à ranger les allumettes de bois avant le trempage, exposée sous le nom de M. G. Schmidt, de Paris.

Machine Mujica. — Le travail manuel, que M. Mujica, a voulu remplacer par sa machine, consiste à couper de longueur un certain nombre d'allumettes en cire et à les ranger* d'un coup de main rapide, dans les cannelures d'une petite table de 0lu30 à 0"'40 de long, et d'une largeur un peu inférieure à la longueur des allumettes. On peut ainsi tremper d'un seul coup dans la cire toute une série d'allumettes; mais il est nécessaire, cette manœuvre une fois faite, de le» planter debout une à une dans une aire en sable, pour le* laisser refroidir. On peut assimiler à un métier à tisser la machine imaginée par M. Mujica pour l'exécution rapide et presque entièrement automatique du travail manuel que nou& venons de définir. — Les fils de la chaîne sont remplacés iei par 72 mèches continues enduites de cire, délivrées par

48 rouleaux indépendants, à axe horizontal, placés derrière la machine ; et la navette du tisserand est remplacée par un couteau qui coupe les 72 mèches à une longueur d'environ 4 centimètres, déterminée par le mouvement intermittent de deux rouleaux alimentaires entre lesquels passent les mèches continues. — Celles-ci, ainsi coupées, sont déposées sur une planchette de bois garnie de flanelle, qu'elles dépassent de la quantité strictement nécessaire pour le trempage. A ce moment, une vis, que l'ouvrier tourne d'une quantité angulaire déterminée, fait descendre le châssis portant la planchette d'une hauteurégale à l'épaisseur de celle-ci ; une deuxième planchette est alors placée sur la précédente, et une nouvelle série de mouvements, pareils à ceux que nous venons de décrire, commence à l'instant. On forme, par la superposition des planchettes successives, un châssis de 4,000 allumettes, et plus, dont le trempage peut se faire d'un seul coup, et dont le refroidissement ne donne plus lieu à aucune main-d'œuvre. L'opération entière dure sept à huit minutes ; ce qui permet à l'ouvrier de tremper 400,000 allumettes dans sa journée.

Machine Rimaillw. — Il est nécessaire de douner d'abord quelques indications sur la fabrication des allumettes à la main. Cette fabrication, un peu négligée en France et en Angleterre, a acquis une grande perfection en Autriche, dont les allumettes sont exportées, même dans les pays d'outre-mer.— Leur finesse et leur cylindricité exacte les font préférer aux autres (du moins lorsque le climat n'est pas trop humide!, parce que le soufre peut être remplacé par l'application d'une matière dont l'odeur n'ait rien de désagréable. Le caractère essentiel de la fabrication autrichienne est un coupage extrêmement régulier du bois en fils cylindriques d'environ 4 mètre de long, qu'on recoupe ensuite transversalement par fragments de longueur voulue. 11 faut dire que ce système a l'inconvénient d'exiger des blocs très-longs et parfaitement de fil ; en sorte qu'il n'est applicable que là où le bois est

abondant et à très-bas prix. MM. Kimailho ont remédié à cet inconvénient d'une manière radicale, en renversant le procédé, c'est-à-dire en coupant les morceaux de bois de longueur avant de les débiter en allumettes, ce qui permet d'employer des bois ordbiaires, puisqu'on peut rejeter sans perte notable les parties noueuses ou vicieuses, tout en marchant plus vite, parce que le fer, ne travaillant que sur une petite longueur, ne s'échauffe pas.

Enfin, et cela est à nolcr, les avantages réalisés ainsi par la machine le sont sans rien sacrifier de l'agrément qui résulte de la finesse et de l'exactitude de forme des allumettes autrichiennes façonnées à la main. Il est juste aussi, pour faire apprécier à sa valeur réelle le service rendu par MM. Rimailho, de remarquer que beaucoup de machines, précédemment proposées, n'ont pas réussi parce qu'elles exerçaient sur le bois une compression trop énergique qui le rendait, par cela même, peu inflammable. Quant à la disposition de la machine de MM. Rimailho, on en aura une idée très-nette, si l'on imagine deux outils pareils à ceux de la fabrication à la main, installés de manière à réaliser une machine double, c'est-à-dire travaillant des deux côtés, afin qu'il n'y ail point de temps perdu dans le mouvement alternatif de la machine, lequel est produit par un excentrique à grande vitesse agissant sur un tiroir solidaire des deux outils, ou rabots. Chaque coup de la machine forme, sur toute la largeur du bloc, légèrement pressé contre l'outil par la main de l'ouvrier, une série d'allumettes cylindriques, qui sont rejetées de la machine par la série d'allumettes formée par le coup suivant.

Machine G. Schmidt. — Cette machine a de très-grands points de ressemblance avec celle de M. Mujica, sauf les différences résultant de l'emploi du bois, au lieu de mèches enduites de cire. Ces différences peuvent être définies en peu de mots. En premier lieu, les allumettes, préalablement coupées de longueur, sont livrées à la machine dans une boîte

qui surmonte une plaque horizontale cannelée où elles viennent se déposer et se ranger par le va-et-vient d'une brosse qui occupe toute la largeur de la machine et que l'ouvrier met enjeu, en temps opportun, à l'aide d'une pédale située à sa gauche. C'est la première phase du jeu de la machine. Il s'agit, en second lieu, de pousser la rangée d'allumettes d'une quantité telle qu'elles viennent se déposer sur une planchette contiguë, appartenant à un châssis vertical équilibré par des contre-poids convenables. L'ouvrier, appuyant sur une pédale placée à sa droite, fait avancer une série d'aiguilles horizontales qui, après avoir produit le déplacement voulu, reviennent en arrière, rappelées par un ressort, aussitôt que l'ouvrier cesse d'agir sur la pédale. — A ce moment, il pose une nouvelle planchette en appuyant sur le châssis pour le l'aire descendre de l'épaisseur de cette planchette ; et une autre série de mouvements peut recommencer. 11 est essentiel que les allumettes gardent sur le châssis l'écartement régulier qu'elles ont pris sur la table cannelée. Pour cela, elles débordent un peu les planchettes et sont guidées, du côté où elles doivent être trempées, par une série de lames verticales lixées au bâti même de la machine. Quand le châssis est entièrement garni, l'ouvrier, à l'aide d'une troisième pédale, exerce une pression sur l'ensemble des planchettes et ferme le châssis en abaissant et fixant à demeure sa traverse supérieure. U ne s'agit plus alors que d'égaliser les allumettes sur un plateau, abu qu'elles soient trempées à un degré uniforme. Une maind'œuvre considérable est évitée par cette machine. Un châssis, portant GO rangées superposées de chacune 100 allumettes, peut être préparé en 4 minutes.

$ 5. — Machines à fabriquer les cigarettes de papier.

L'importance d'une telle machine pourra être révoquée en doute par les fumeurs qui aiment à rouler eux-mêmes le papier de leurs cigarettes. Mais si l'on considère que cet usage

est loin d'être général, puisqu'une seule fabrique de la Havane n'occupe pas moins de 1,000 ouvriers pour la confection de trois millions de cigarettes par jour, on comprendra que ce soit précisément le propriétaire de cette fabrique, M. de Susini , qui ait entrepris de remplacer un travail manuel coûteux par une opération automatique. On comprendra de plus que, si cette opération est faite d'une manière irréprochable, le consommateur s'habituera à acheter ses cigarettes ; et, par conséquent, au point de vue industriel et commercial, il y aura un véritable progrès accompli. Nous n'osons pas dire que, malgré ses longues et persévérantes recherches, M. de Susini en soit arrivé là dès à présent ; mais, bien que sa machine laisse encore à désirer au point de vue de la rapidité et de la précision du travail, il nous est impossible de ne pas la signaler comme offrant des combinaisons très-ingénieuses qui permettent d'espérer qu'elle remplacera un jour, d'une manière pratique, par une simple surveillance, une main-d'œuvre coûteuse et qu'il est difficile de se procurer.

Les principaux caractères de cette machine sont les suivants: 1° Un aspirateur attirant une à une les feuilles de papier coupées à l'avance à la dimension voulue ; 2° la formation du tube de papier, et le bourrage du tabac en proportion constante, avec faculté de changer le calibre à volonté, la même machine pouvant ainsi exécuter à la fois plusieurs cigarettes de dimensions différentes; 3° le pliage des têtes de la cigarette par une disposition imitant le travail que l'ouvrier exécute avec un de ses ongles qu'il laisse pousser à cet effet ; 4° enfin la sortie de la cigarette, estampée à sec et en relief dans le sens de sa longueur.

§ 6. — Machines à faire les enveloppes.

Deux machines a fabriquer les enveloppes ont été particulièrement remarquées. L'une de ces machines, disposée pour gauffrer , plier et coller les enveloppes, constitue un progrès

MACH1NKS, INSmiîMKNTS F.T PROCÉDÉS DIVERS. 309

comparativement aux machines exposées en 1862, en ce sens que les feuilles de papier, dont la forme générale peut être définie en disant qu'elle esl inscriptiblc dans un losange, se trouvent successivement détachées du tas par un organe automatique. Pour comprendre le jeu de cet organe, il suffit de concevoir deux petits orifices situés au-dessus des extrémités de la longue diagonale du losange, et par lesquels se fait une aspiration d'air qui soulève délicatement la feuille de papier et supplée ainsi à la main de l'ouvrier. — Cette ingénieuse application du principe de la ventouse a paru au Jury motiver une distinction spéciale pour la machine de MM. Robineau et Roumeslant, de Paris.

11 est impossible de ne pas dire ici quelques mots de la machine à faire les sacs de papier. — La fabrication mécanique des sacs de papier a été essayée plusieurs fois, avec plus ou moins de succès, au point de vue technique. A l'Exposition 4e 1862, on remarquait deux ou trois machines de ce genre : la meilleure était une machine américaine qui travaillait avec beaucoup de précision, et surtout avec une vitesse surprenante. La machine de MM. Bréchon et C"', sans être une copie de la machine américaine de 1862, offre cependant avec celle-ci une assez grande analogie. Elle travaille d'une manière continue, à ce point qu'il y a toujours au môme moment, sur la machine, plusieurs sacs à divers degrés d'avancement. Elle tîst construite dans des conditions qui sont de nature à assurer, selon nous, son avenir commercial.

M 7. — Machines à faire les bouchons, à sculpter do petits objets, etc.

Imaginons un morceau de liège préalablement débité dans une plaque d'une épaisseur égale à la longueur du bouchon qu'on veut obtenir ; plaçons ce morceau de liège dans un étau susceptible de tourner autour d'un axe horizontal, de manière qu'on puisse régler à volonté laconicitédu bouchon. Supposons enfin que le mouvement d'un levier mis à la main

T. IX. 20 (carton;

de l'ouvrier, produise à la fois : 1° l'application de la lame de couteau contre le morceau de liège; 2° le mouvement de progression et de rotation simultanées du liège, en vertu de l'entraînement des guides de l'axe de rotation, qui consiste en un arbre rotatif, de section polygonale tordue suivant une hélice à grand pas. — Nous aurons ainsi, réduit à sa plus simple expression, le principe de la construction de l'excellente machine exposée par M. Gleizer, de Paris. Il est regrettable toutefois de ne pas rencontrer dans cette machine un perfectionnement qui appartient à une machine américaine dont nous avons eu connaissance, et qui consiste en ce que la matière, ordinairement perdue par l'effet de la conicité du bouchon, se trouve, au contraire, économisée, c'est-à-dire utilisée.

La machine de M. Raux, de Paris, destinée à sculpter automatiquement de petits objets, tels que tètes de cannes, manches d'ombrelles, etc., est fondée sur le principe du tour à portrait. — Si nous la mentionnons ici, c'est parce qu'elle est disposée de façon à permettre de sculpter deux pièces à la fois, l'une en avant et l'autre en arrière du modèle. A cet effet, chaque pièce est attaquée par deux outils rotatifs, l'un dégrossisseur, l'autre finisseur; le premier tourne autour d'un axe horizontal et ébauche la forme générale de l'objet ; le second, tournant autour d'un axe vertical, imite l'action de l'outil de la machine à percer, fouille tous les détails de l'objet et le sculpte, à proprement parler.

I 8. — Machines diverses.

Nous rangeons sous ce titre un peu vague, comme l'est d'ailleurs celui de la classe tout entière, divers appareils à l'égard desquels nous n'avons que quelques mots à dir.\ De bonnes machines à fabriquer les agrafes, connues d'ailleurs, ont été exposées. Le Jury a distingué la machine de M. Bourgerie, de Paris, qui, en vertu d'ingénieuses combinaisons mécaniques que nous ne saurions faire comprendre sans figures,

MACHINES, INKTIUMENTS HT IMIOCKDKS DIVEHS. ïiil

donne des agrafes qui ne peuvent se désagrafcr d'elles-mêmes. Plusieurs maeh ines à fendre le peigne y d'une bonne exécution, ont été exposées. — Mais nous nous bornerons à signaler, comme chose nouvelle à notre connaissance, du moins en ce qui concerne ce genre de fabrication, une machine à entretailler dont l'objet est d'augmenter le rendement <le la matière première. Pour cela, le constructeur, M. Renout (d'Ezy-sur-Eure), a appliqué à sa machine à tailler les peignes le principe de la machine américaine à faire les clous, sans perte de matière première, qui a été très-remarquée à l'Exposition. Si nous considérons, en effet, un peigne ordinaire dans lequel le vide des dents est égal à leur épaisseur, on voit que ces deux peignes peuvent être engrenés à fond, et, sans jeu, l'un dans l'autre; si donc, par imitation de cette disposition, on prend une plaque de caoutchouc durci, par exemple, et qu'on pratique des fentes très-fines, à des intervalles convenables, on voit qu'on pourra tirer de cette plaque deux peignes, au lieu d'un ; car il suffira ensuite de les détacher l'un de l'autre à la faveur d'une température convenable. Si nous ajoutons à cela que la machine de M. Henout entretaille également les grosses et les fines dénis, opérant d'elle-même, dans la fabrication d'un démêloir, le passage brusque d'une série de dents à l'autre, nous aurons donné, autant que l'absence d'un dessin nous le permet, une idée précise de cette ingénieuse machine.

Des presses puissantes, d'une exécution remarquable, destinées à gauffrer le papier et le cuir sur de grandes surfaces, ont été exposées par M. Stcinmetz, de Paris. Le principe de la presse muette, c'est-à-dire de l'estampage à pression et sans choc, a été réalisé d'une manière heureuse par M. Plançon, de Paris, dans ses deux bonnes machines à fabriquer les boutons. La pression contre les boutons est produite ici par l'intervention d'une hélice à faible pas et à grand diamètre, dont le pourtour comprend environ 60 matrices, fondues trois par trois, et dont le plan incliné, en vertu du mouvement de rotation imprimé à la machine par un moteur quelconque.

312 unouPK vi. — classk 00.

soulève graduellement lesdites matrices pour former pression sur les boutons. De bonnes dispositions ont été prises, soit pour diminuer les frottements, soit pour chauffer au gaz les matrices, détail qu'on retrouve aussi dans les presses de M. Sleinmetz citées plus haut.

Carrosserie et Charronnage , par M Louis Ui.xdmi, ancien juge au tribunal de commerce de la Seino, et M. Charles Lwom.kk , administra leur de la Compagnie générale des Omnibus

Page 1