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CARROSSERIE ET CHARRONNAGE

Par MM. L. DINDER kt G. LAVOLLÉE.

Les progrès de la carrosserie correspondent à l'activité des transports, au développement de la richesse générale, à l'amélioration des routes, aux perfectionnements mécaniques, à une meilleure division du travail. Depuis le commcnccmenldu siècle, ces différentes causes ont exercé leur action sur l'industrie qui fabrique les voitures.

Les éléments du transport, tant pour les personnes que pour les marchandises, se sont multipliés dans une proportion très-considérable, surtout depuis que les chemins de fer, en facilitant les voyages rapides à grandes distances, ont créé, dans les villes où ils aboutissent, comme dans les campagnes qu'ils traversent, cet immense mouvement d'hommes et d'affaires qui s'étend et se propage dans toutes les directions. L'accroissement de la richesse et du bien-être général a nécessairement pour résultat , non-seulement d'augmenter le nombre des voitures, mais encore d'appeler sur la fabrication de ce produit les recherches du luxe, les inspirations du goût, les caprices mômes de la mode, c'est-à-dire, de varier les modèles et de les approprier aux convenances des différentes classes de consommateurs. Quant à l'amélioration des routes, elle est générale ; elle permet d'employer des voitures plus spacieuses, plus commodes et relativement plus légères.

:il6 GROUPE VI. — CLASSE 01.

Enfin, le travail mécanique commence à s'introduire dans les grands ateliers de carrosserie, qui sout tout à la fois mieux outillés, mieux organisés et qui peuvent, dès lors, fabriquer plus vite et à meilleur marché. . ^

La fabrication des voitures présente les plus grandes variétés, selon les destinations qu'elles doivent avoir, et selon les régions où elles doivent circuler. Ces distinctions subsisteront, parce qu'elles sont rationnelles et naturelles. Partout le type de la voiture de luxe se distingue du type de la voiture doser-, vice. Quelle que soit l'amélioration des voies carrossables, les voitures employées dans les régions montagneuses différeront de celles qui sont employées dans les pays plats, de même que les voitures du Nord auront des dispositions différentes de celles qui sont en usage dans le Midi. Il convient toutefois de remarquer que ces distinctions tendent à s'atténuer, surtout pour ce qui concerne les voitures de luxe, et que les formes les plus usitées chez les peuples les plus avancés dans cette industrie se répandent parmi les autres peuples, de telle sorte que l'on voit aujourd'hui circuler à Paris, à Londres, à Bruxelles, à Berlin, à Vienne, à Madrid, à Florence, des voitures d'un modèle absolument semblable. La fréquence des relations internationales, le développement du commerce, l'imitation réciproque des meilleurs dessins, l'emploi des mêmes matières, bois, métaux, vernis, etc., que l'industrie de chaque pays puise aux mômes sources; enfin les enseignements qu'ont répandus, depuis 1851 , les Expositions Universelles, expliquent cette uniformité de fabrication qui est un progrès, puisqu'elle aboutit à réaliser partout, dans les voitures de luxe, les trois qualités essentielles, la solidité, la légèreté, l'élégance. Il n'est pas besoin d'ajouter que ces perfectionnements réagissent sur les autres catégories devoiturcs qui, tout en conservant leur type national ou spécial, profitent des perfectionnements apportés dans le choix cl dans l'emploi plus économique des matières premières. Ainsi la carrosserie a participé aux progrès qui ont été accomplis dans toutes les industries à la suite de

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la première Exposition Universelle. Par le nombre, parla qualité, par la variété, les produits exposés en 1867 sont incontestablement supérieurs à ceux qui avaient figuré dans les concours précédents.

Une brandie importante de charronnagc a fait presque complètement défaut dans l'exposition de la classe Gl ; nous voulons parler des voitures employées au roulage et aux transports agricoles. Mais les voitures de cette catégorie se trouvaient en assez grand nombre à Billancourt et elles ont été rangées dans la classe des produits de l'agriculture. Nous n'avons donc à les citer ici que pour mémoire. En revanche, la classe 61 a présenté un grand nombre de pièces détachées de carrosserie et de charronnage, dont la fabrication offre un grand intérêt, en ce qu'elle influe directement sur la construction rapide et économique des voitures. On comprend en effet que plus la production est divisée, plus elle tend à la perfection, parc"e que les mêmes usines, les mêmes ouvriers, en se livrant à la confection en grand des pièces diverses qui entrent dans la construction d'une voiture, essieux, ressorts, ferrures de toute sorte, roues, etc., arrivent nécessairement à les produire d'une façon plus régulière, plus sûre et moins coûteuse ; c'est la loi de la division du travail qui s'applique aux détails de la * carrosserie et qui, là comme ailleurs, amène le progrès, la bonne fabrication, le bas prix.

Le nombre des voitures qui figurent au catalogue de l'Exposition de 1867, pour la classe 61, est de 167, dont 68 pour la France et 45 pour l'Angleterre. A Londres, en 1862, il n'était que de 140, et pour la comparaison à établir, il convient de déduire de ce dernier chiffre une dizaine de chariots ou voitures agricoles. Ainsi, numériquement, l'Exposition de 1867 a été plus complète, dans une proportion assez sensible.

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