‹ Rapports du Jury internationalChapitre 68 sur 98 · VOIR ET MATKH1KI. KI\K DE LA VOIK · texte numérisé non relu

VOIR ET MATKH1KI. KI\K DE LA VOIK

portants progrès ne se réalisent chaque jour, soit par un choix de minerais meilleurs, par un triage attentif des qualités des fontes, un affinage plus épurateur, un traitement trèsénergique au marteau-pilon. Le fer n° 1 amené ainsi à supporter une température plus élevée ; un nouveau triage de ce fer pour la composition du paquet et pour la fabrication des couvertes ; au réchauffage, une température plus élevée; un second traitement au marteau-pilon et le passage au laminoir réduit au nombre de cannelures nécessaires pour donner la forme définitive: ces méthodes de travail ont produit des rails plus durs, plus homogènes, mieux, soudés et, en général, un fer beaucoup plus pur.

On peut tirer des données fournies par l'Exposition les conclusions que nous allons résumer touchant la supériorité du rail en acier sur le rail enfer. Les fontes spéciales traitées dans l'appareil Bessemer peuvent produire, par la fusion, le laminage et le martelage des rails en fer aciéreux dont, à formes identiques, la ténacité est de 60 à 70 pour 100 au-dessus de celle des rails en fer ordinaire. La rigidité et l'élasticité sont supérieures dans le même rapport. La régularité danslafabri- . cation est, au contraire, jusqu'à ce jour beaucoup moindre. Elle est l'obstacle sérieux à l'extension de l'application des rails en acier Bessemer, parce qu'elle est la cause principale de l'élévation du prix. En France, la fabrication des rails en acier Bessemer exige, en général, pour la préparation de la fonte, le mélange de minerais étrangers aux minerais du pays ; mais le bas prix des minerais du pays compense largement ce désavantage. Les minerais du midi de la France commencent à entrer en lice avec ceux de l'étranger qui produisent les meilleurs aciers Bessemer ; ils contribuent à l'abaissement des prix. Toujours est-il que les usines françaises fabriquent aujourd'hui le rail en acier Bessemer à un prix qui ne permet pas la concurrence des usines étrangères.

L'amélioration de la table de roulement des rails est aussi recherchée au moyen de la substitution de l'acier au fer dans

4e champignon supérieur du rail Vignole. L'Exposition offre, à • cet égard, un progrès qui ne peut passer inaperçu. Déjà, depuis deux années, l'Autriche avait employé au passage du Sôramering des rails mixtes de ce genre. Sur la hauteur du paquet de 0n,263 est une couverte en acier de 0'"043 d'épaisseur au milieu, et de 0m078 sur les bords enfermant la seconde mise , qui, comme les mises inférieures, est en fer ordinaire. La proportion de l'acier est ainsi de plus du sixième sur l'ensemble, et sa forme l'empêche de tourner sous l'action du laminoir. Le champignon se trouve ainsi presque entièrement composé d'acier, et le corps du rail est soudé et enfermé dans l'acier à l'intérieur du champignon. Le succès de ce rail mixte en a amené l'emploi sur les 424 kilomètres de la traversée du Brenner.

Treize établissements ont présenté des rails mixtes de ce genre à l'Exposition. Pour la France, Boigues-Rambourg et Cie, Terrenoire, Maubeuge, Verdié, Martin ; pour la Prusse : Hœrde, Rothe Erdc, Phénix ; pour l'Autriche : Reschitza, Zelsivay, Styrie , chemin de fer du Sud ; pour l'Angleterre , J. Dixoo. . On ne peut méconnaître l'importance de tant d'efforts, et, à juger par la mesure prise par l'Autriche, à voir les échantillons exposés, il semble que le soudage de l'acier sur le fer ait réussi. Cela ne peut être cependant qu'une conjecture. La soudure parfaite n'est possible qu'à la température qui convient à chaque état du métal, et le changement d'état du fer, qui résulte d'une simple manutention, suffit pour la modifier profondément. De là, dans le corroyage ordinaire, la difficulté de bien souder entre eux le fer n° \ et le fer n° â, produits avec les mêmes minerais et par les mêmes procédés. La soudure de l'acier sur le fer sera donc, si on l'obtient aussi couramment que l'Exposition semble l'indiquer, un des progrès les plus intéressants qu'elle aura mis en saillie. Il faut encore attendre les résultats de l'expérience sur des applications plus nombreuses et plus étendues, et surtout avec d'autres variétés de fer et d'acier.

Bien que la fabrication des rails en fer ordinaire se soit beaucoup améliorée, et que la régularité de la qualité ait fait les progrès les plus sensibles, leur prix a diminué. Le progrès technique dans la fabrication a sans doute une part dans cet abaissement successif des prix, mais une part plus forte est due aux causes suivantes : 1° la réduction des frais de transport sur les canaux, par suite des améliorations qui leur ont été apportées et de la diminution des droits de navigation ; 2° la part prise dans les transports à bas prix du minerai, du charbon minéral et de la fonte, par les chemins de fer ; 3° la concentration de la fabrication dans un plus petit nombre d'usines ; 4° le placement dans l'industrie du fer d'un capital nouveau qui, permettant l'accroissement de l'outillage et des moyens de production, a sauvé nos grands établissements dans la lutte qui s'est produite entre eux et les fabricants étrangers.

Maintenant, et quoique les causes que nous venons d'indiquer continuent lentement leur action salutaire, les fabricants portent une attention plus intense sur les procédés techniques. L'Exposition démontre ce mouvement. La science est sondée avec ardeur : chacun expose les résultats obtenus et les procédés de fabrication, beaucoup plus au point de vue de la qualité appliquée aux produits les plus usuels qu'aux emplois restreints. On se contente à peine, pour les rails, de l'acier qu'on employait autrefois en burins et en ressorts. Il est donc certain qu'il s'est opéré une révolution dans la fabrication des rails. La fonte ne sera plus la même ; la fusion prétend remplacer à la fois le puddlage et le corroyage. Le martelage change de nature : il faut qu'il pénètre à cœur ; le laminage n'a plus d'autre rAle que de donner la forme définitive. Dans toutes ces opérations, la température à laquelle le travail s'accomplit s'élève de 50 pour 100.

Quinze établissements français ont exposé des rails. Dix produisent des rails en fer : Alais, Anzin, Dcnain, Roigues-Raiubourg et C'% Châtillon-Commcntry, le Crcusot, Bességcs, de

Wendel, Terrenoire , Maubeuge ; six produisent dos rails mixtes, fer et acier : Boigues-Rambourg et Cic, Terrenoire, Toutevoye, Maubeuge, Verdie, Sireuil ; cinq produisent des rails en acier Bessemer : Imphy-Saint-Seurin, Pctinet Gaudet, Terrenoire, de Dietrich, Fraisans ; trois produisent des rails en acier fondu : Petin et Gaudet, Verdie, Sireuil:

Huit établissements belges exposent des rails en fer ordinaire ; un seul (Cockerill) fabrique des rails en acier Bessemer. Huit établissements prussiens exposent des rails : un en fer ordinaire; trois en fer mixte acier, et fer; deux en acier Bessemer, et deux en acier fondu. Quatre établissements autrichiens exposent : deux des rails en fer ; deux des rails en fer et acier ; trois des rails en acier Bessemer ; un des rails en fer fondu. Quatre usines suédoises exposent des rails en fer. Sept exposants anglais exposent des rails en fer ; deux d'entre eux exposent des rails mixtes, fer et acier.

L'Autriche a posé, en 1866, 279 kilomètres de rails en acier puddlé, forme Vignolc; le patin a (Ml de largeur, le champignon 0m057, la hauteur du rail est de 0,n12, l'épaisseur du corps 0m0i3 , le poids 30k5. Un rail mixte (Yignole), dont le corps est en fer et le champignon en acier, est posé par l'Autriche sur les 124 kilomètres de la traversée du Brenner.

Nous avons expliqué cette fabrication. Le succès paraît assuré, puisque, depuis deux ans, pas un de ces mômes rails posés au Sommering n'a été retiré.

Un grand nombre d'établissements français réussissent dans cette fabrication.

Nous terminerons par Pindication des prix actuels des rails en fer, en acier puddlé, en acier fondu et en acier Bessemer.

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