‹ Rapports du Zona: Avec la TuberculoseChapitre 5 sur 23 · DEFINITION — ETUDE PATHOGENIQUE ET ANATOMO-PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DEFINITION — ETUDE PATHOGENIQUE ET ANATOMO-PATHOLOGIQUE

Définition. — Notre définition sera calquée sur celle du zona en général, mais dans notre cas l’éruption-zostérienne aura une spécificité étiologique en fonction de la toxémie tuberculeuse. ,

Elle sera caractérisée par l'apparition d’une éruption, presque toujours à marche aiguë, du type érithémato-bulleux, dont la distribution limitée à une moitié du corps est en rapport avec un territoire nerveux et s'accompagne de troubles de la sensibilité (névrälgies, hyperesthésie, anesthésie).

Palhogénie et Anatomo-pathologie. — C’est un chapitre qui a donné lieu à un grand nombre de théories et de dis- CUSSIONS.

La grande question à résoudre consiste à savoir si l’on a affaire à une pathogénie unique, ou à des origines névritique, ganglionnaire ou médullaire.

En un mot quelle est la lésion nerveuse qui est en cause?

Tout à tour les lésions des différentes voies nerveuses ont été incriminées. Les uns en se basant sur la localisation de Péruption le long du trajet d’un nerf, ont vu dans ce fait la manifestation d’une simple lésion locale traduisant

le cri de souffrance du nerf, ie témoin d’une névrite. C’est

‘a théorie névritique.

Pour d’autres, la disposition des éléments éruptifs sui-

1 . . ut : . or 2 vaut les territoires radiculaires de la sensibilité cutanée, est en faveur d’une lésion des racines postérieures et des

ganglions, d’où uné seconde théorie: théorie radiçulo-ganghonnaire. | Brissaud et Doucet en se basant sur la topographie par-

ticulière des éléments éruptifs, qui se disposent suivant

une ligne perpendiculaire à l’axe du corps, ainsi que sur d’autres considérations secondaires (paralysies et amyotrophies), émirent ‘comine hypothèse l’existence d’une lé-sion centrale atteignant sur l’arc cérébro-spinal, les origines de plusieurs nerfs seusitifs et moteurs. Voilà la fhéorie médullaire ou théorie mélamérique de Brissaud.

Enfin une der nière théorie est actuellement très en voeue. Elle découle de l’association des lésions ganglionnaires avec une réaction méningée. C’est la fhéorie méningoganglionnaire.

Ainsi après avoir fait un aperçu général de ces différentes théories, nous allons les reprendre une par une «et les discuter en détail. ie

a) Théorie de névrite parenchymateuse périphérique

Par définition même la névrite est la réaction dégénérative des éléments constitutifs du nerf à la toxi-infection.

Au cours d’une foule d'états pathologiques les ramifications périphériques des nerfs peuvent être atteintes dans ieur vitalité. |

Ce sont tantôt les microbes eux- mêmes qui altèrent les nerfs par leur présence immédiate (en effet la constatation

des bacilles lépreux dans l'épaisseur même du nerf ne

RACE AI laisse aucun doute sur la cause originelle). T'antôt ce sont ies toxines élaborées par les agents pathogènes (tubereulose, diphtérie, fièvre tvphoïde, pneumonie, ete.), qui sont responsables de tous ces désordres névritiques.

Les névrites sont justement assez fréquentes au cours de la tuberculose pulmonaire. Elles se traduisent subjectivement tantôt par de simples picotements, d’autres fois sous forme de douleurs névralgiques plus ou moins intenses, mais présentant une fixité bien caractéristique et une prédilection régionale non moins intéressante à retenir.

Pitres et Vaillard ont étudié de très près les lésions anatomo-pathologiques et les altérations névritiques au cours die la phtisie. | $

Tous deux sont très affrmatifs. D’après leurs recherches, et en se basant sur de nombreuses autopsies pratiquées chez des tubereuleux, ils concluent à la présence évidente de lésions névritiques, sans aucune participation médullaire, ganglionnaire ou autre.

Objectivement, elles se traduisent, disentils « par les traits communs dela névrite parenchymateuse: segmentation de la myéline, prolifération des noyaux des segments interannulaires, disparition du cylindraxe, atrophie plus où moins complète des fibres nerveuses. Ainsi elles s'imposent avec grande netteté et leur nature ne laisse place à aucun doute ». (Pitres et Vaillard, Loc. cit.)

D'ores et déjà une question importante se pose: comment peut-on expliquer ces altérations nerveuses ?

Si en effet la propagation du processus morbide, siégéant au niveau du poumon et de la plèvre peut suffire à expliquer la production du zona thoracique, elle devient insuffisante pour expliquer les névrites et les Zonas se produisent loin du siège de la lésion bacillaire.

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