DEUXIÈME PARTIE
Les Opinions Doctrinales
de
N° 88. — Les intérêts attachés à la solution du problème général des Rapports des deux ordres de responsabilité et de leur démarcation sont très nombreux, comme nous venons de le montrer en examinant la théorie classique.
Cependant, il est assez curieux d’observer que les auteurs spécialisés dans l’étude des questions délicates soulevées par la responsabilité civile se sont bien souvent contentés d’une analyse rapide et superficielle du problème.
Ce n’est pas à dire que la Doctrine ait, en la matière, failli entièrement à la mission qui lui est normalement dévolue. Des jurisconsultes éminents ont, certes, bien que tardivement (1), fait converger leurs efforts vers cette embarrassante question et tenté de la résoudre. Mais, d’une part, la Doctrine — là comme bien souvent ailleurs — n’a pu réaliser l’union autour des difficultés qu’elle se proposait d’élucider, et, d’autre part, toute une partie du problème semble lui avoir échappé, jusqu’à ces dernières années.
Il serait absolument vain de vouloir dresser un inventaire complet des multiples opinions qui ont été formulées et de les examiner en détail (2). Elles se rattachent toutes d’ailleurs plus ou moins intimement à trois théories générales dont nous déterminerons les traits essentiels, nous réservant le droit de préciser ultérieurement dans la IIl° Partie, en analysant le Droit positif, la position prise par la Doctrine sur des points déterminés (3) (responsabilité du fait personnel, du fait d'autrui, de choses inanimées, etc.) et l’écho qu’elle a trouvé en jurisprudence.
N° 88. — (1) C’est à partir de 1886, en effet, que l’on a seulement commencé à s’occuper un peu de la question (controverse Thaller-Labbé, Annales de Droit Commercial, t. I, 1886, p. 125, 185, 188, 251, 255).
(2) Cf. sur ce point Meignié, p. 244 et s.
(3) Voir notamment n°° 267, 282, 283, 289.
108 à : INTRODUCTION