‹ Rapports et témoignages du Comité spécial de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada auquel ont été référées la pétition des habitans du Comté de York, celle des habitans de la Cité de Montréal et autres petitions se plaignant de griefsChapitre 42 sur 93 · M. Smith a-t-il été depuis nommé major · texte numérisé non relu

M. Smith a-t-il été depuis nommé major

Non c'est M. Eugène Globensky qui a été nommé major.

646. — N'était-il pas notoire que la plupart des officiers de milice de votre comté ont été destitués, non, pas pour avoir manqué à leur devoir de miliciens, mais au contraire, pour avoir pris part aux affaires publiques du pays, et avoir participé aux mesures prises publiquement dans le comté, et dont l'objet était de porter devant le Roi et son parlement, les plaintes du pays contre l'administration du comte Dalhousie ?

Oui, et i'ordre général de milice du 12e. juillet 1827 le prouve. Je produis cet ordre tel qu'il se trouve collé sur une lettre adressé à M. Dumont, et signé Robt. Armour, ainsi que le tout fut affiché a la porte de l'église de la paroisse de St. Eustaehe, dans le comté d'York, comme j'en fus alors informé.

Lieutenant-colonel Dumont.

Montréal, .

( Office de la gazette officielle,

\ 11 heures samedi .

Monsieur, Je n'ai que le temps de vous annoncer l'arrivée du steam-boat Chambly qui apporte la bonne nouvelle qui suit : —

j " Bureau de l'adjudant-jénéral des milices, \ Québec, le 12 juillet 1827.

" Ordre général, — " L'adjudant-général des milices a ordre au lieutenant-colonel Dumont, du 1er bataillon du comté d'York, les renaereûnens du gouverneur-en-chef, pour

Tat-

Témoignages.

j j airounni l'attention qu'il a portée et pour le rapport qu'il a promptement cru devoir écuyer. faire but la conduite de certains officiers sous ses ordres, qui ont encouragé

, L/> x et ont pris part dans des assemblées publiques : l'exécution loyale et fidèle de

26 janvier 18129, Son devoir envers sou Roi et son pays, mérite l'entière approbation de Son Excellence.

" Les officiers ci-après dénommés, sont par le présent notifiés que le gouvei-neur-en-chef, en vertu des pouvoirs dont il est investi comme le représentant de Sa Majesté, annulle par le présent ordre, toutes les commissions qn'iis tenaient comme officier de milice, et ordonne que ces personnes individuellement soient portées dans les rôles comme simples miliciens.

Le lieutenant-colonel Dumont reconmnndera sans délai d'autres officiels pour remplir les vacances.

Premier bataillon de la milice du comté d ' York :

Noms des officiers dont les commissionns sont annullées —

Le major Ignace Raizcnne, les capitaines Louis Dumouchelle, J.-Baptiste Dumoucbelle, Jacob Barcelo, Jean-Bte. Féré, A. Berthelot, les lieutenants .Toseji'i Hétier, Wm. Scott, docteur Jacques Labrie (ci-devant chirurgien de la milice incorporée.)

Par ordre de Son Excellence le gouverneur-général ot commandant en chef.

François Vassal df. Monvtel, adjt.-génél. des forces des milices.

Je reste en grande hâte, votre etc.

. (Signé,)

Robert Armocr, jr.

[Cet ordre fut affiché à la porte de l'église par le colonel Dumont.]

G47. — Quelles étaient ces assemblées publiques auxquelles l'ordre général dont vous venez de parler faisait allusion ?

L'or, Ire général l'ait allusion à L'assemblée constitutionnelle qui eût lieu à, Ssint-Eustache dans le comté d'York, le 4 juin 1827, dans laquelle assemblée il fut adopté des résolutions fendantes à concourir avec les autres comtés de la province, dans les mesures à prendre pour porter les plaintes du peuple au Parlement Impérial.

648. — Cette assemblée avait-elle dans votre opinion, aucune tendance à, causer du trouble ou àe» iterle mécontentement dans la province .-

Bien loin de là. Il s'agissait uniquement de reclamer d'une manière légale et constitutionnelle, les droits de libres sujets anglais, et -de se plaindre au Koi e,t son Parlement d" divers acte de l'administration coloniale. Il s'y a sait aussi d'examiner la conduite publique des deux représentais du dit comté d'V.»rk, MM. Dumont et Simpson.

649. — M. Le colonel Dumonl ce s'est-il pas servi du prétexte de ces assemblées publiques, pour faiTe destituer on grand nombre d'officiers de milice de son bataillon, pour paraliser autant que posi ibie leur influence à l'occasion de l'élection qui devait avoir prochainement Lien?

M. Dumont connaissait tiès bien la loyauté des messieurs qu'il avait fait dé"

met-

Témoignages.

mettre, plusieurs servaient sous lui comme officiers dans son bataillon depuis plus de vingt années. Il les avait vu marcher avec zèle dans la dernière J- J- Ginmard, guerre, et connaissait mieux que personne, qu'aucun d'eux ne méritait le tcu>e ' mauvais traitement qu'il leur faisait éprouver. Je ne puis lui supposer d'au- 26janvk<r 1827. tre motif que celui de gagner par la crainte ce qu'il ne pouvait obtenir par son crédit ou son iniluence. 11 voyait clairement que l'assemblée constitutionnelle du -i juin 1827, préparait" sa chute certaine et celle de son collègue, John Simpson, écuyer, a la prochaine élection. Il ne pouvait se dissimuler que son changement de politique, que le paiti qu'il avait pris en toute occasion contre les droits et les intérêts des habitans du comté, les avaient toutù-fait mécontentés contre lui : en provoquant ce coup d'autorité, il s'imagina peut être pouvoir faire perdre l'influence des messieurs qui furent l'objet de ses délations, et frapper de crainte les électeurs qui les auraient voulu suivre. Outre un grand nombre de circonstances qui ne me laissent aucun doute sur ce sujet, je puis appuyer ce que je viens de dire sur la conduite subséquente du lieutenant-colonel Dumout et de ses partisans ; car il* est de fait que les cassations ou démissions d'officiers, même les retraites qui ont forcément eu lieu, depuis dans son bataillon, ont surtout frappé ceux qui s'étaient déclaré contre lui dans la dernière élection ; au contraire, les promotions, les commissions de milice que le lieutenant-colonel Dumout a donné en grand nombre, sont surtout tombées sur ceux qui avaient abandonné leurs compatriotes pour suivre le parti du lieutenant-colonel Dumont, et pour favoriser son élection. C'est encore un fait de notoriété publique et sur lequel il serait facile de se procurer des preuves testimoniales, que lors de cette élection, plusieurs personnes n'agirent en faveur du lieutenant-colonel Dumout, que sous la foi de la promesse qui ieur avait été faite d'être récompensé de leurs peines par une commission dans la milice ; c'est ce qui a en effet eu lieu au grand mécontentement des miliciens, qui virent clairement qu'ils n'avaient pi us à. leur tête que des adversaires ; encore avait-on prodigué ces commissions sans égard au caractère, à l'influence, à la propriété, à la capacité et aux autres qualifications que les miliciens avaient toujours rencontré chez les officiers dont on venait de les priver.

650. — Quel effet produitsit sur l'esprit des habitans de vos endroits, l'ordre général de milice du 12 juillet 1827 ?

L'indignation fut générale parmi les miliciens du 1er bataillon du comté d'York lorsqu'ils apprirent la destitution de leurs anciens officiers, et en plusieurs occasions ils en témoignèrent leurs regrets. Entre autres faits que je pourrais indiquer à l'appui de cette assertion, je sais que des officiers partisans du lieutenant-colonel Dumont, à la tête desquels se trouvait son neveu E. A. L. Bellefeuille, alors major dans le bataillon, et actuellement attaché à l'état major de la milice, parcoururent les concessions de la division sous les ordres du lieutenant-colonel Dumont pour chercher quelqu'un qui voulut prendre une commission de milice, et qu'ils éprouvèrent plusieurs refus huniiliaus, surtout dans St. Benoit ou MM. Mallu, Leclair, Pilon et autres habitans respectables ne voulurent jamais accepter de commission dans la milice sous les ordres du lieuteuant-colonel Dumont. Un autre fait qui montre bien mieux l'opinion des miliciens, c'est qu'au premier jour de mai dernier les miliciens témoignèrent humblement l'estime et le respect qu'ils conservaient pour leiu-s anciens officiers, et le mépris qu'ils avaient pour la plupart des nouveaux, en refusant à ceux-ci l'honneur de la plantation du mai qu'ils continuèrent de donner aux premiers.

651. — M. le major H. Lemaire St. Germain a-t-il été destitué de son

I rang

Témoignages.

rang dans la milice d'York pour avoir assisté aux dites assemblées ou pour

J J'éiu°erard' quelqu'autre cause et quelle ?

cuver, j^ CTQ^S q(1'ji a été destitué pour les mêmes raisons que j'ai déjà donné

26 janvier 1829. a l'occasion des cassations précédentes. M. St. Germain s'était toujours opposé ou n'avait jamais voulu favoriser l'élection de son beau-frère, le lieutenant-colonel Dumont, surtout lors de la dernière élection. Peut-être M. Dumont y fut-il encore porté par le refus que fit le major St. Germain d'exécuter un certain ordre de division qu'il reçut du lieutenat -colonel Dumont dans le mois d'août 1827 que je produis en original.

St. Eustache, ce 12ème août 1627, avant-midi.

(Ordre de division,)

Hia. St. Germain, Steph. McKay et Eust. de Bellefeuile, écuyers, major» du 1er Bat. C. D'Y.

Il est clair par l'ordre général de son Excellence du 12 juillet dernier, que les officiers qui ont encouragé et ont pris part aux assemblées publiques tendantes à exciter des mécontentements parmi le peuple, ont été dégradés : En conséquence je vous somme au nom du roi, chacun de vous en particulier, de me faire un rapport officiel, si vos officiers qui sont sous vos ordres immédiates ont encouragé et ont pris part aux assemblées publiques tendantes à exciter des mécontentements parmi le peuple, depuis le 12 juillet dernier; de vous informer exactement de leur conduite depuis le 12 juillet dernier.

En même temps de me faire un rapport circonstancié relativement à ces assemblées, des personnes qui les ont le plus encouragées; et de me donner par écrit le nom des officiers, miliciens et autres personnes sous vos commandemens, ou sous ceux de vos officiers. Vous devez vous conduire d'une manière très-secrête et me faire rapport sous deux fois vingt-quatre heures, chacun en votre particulier.

(signé) Lamb. Dumont,

Lieut.-Col. Commt. le lerB. C. Y.

Par ordre du Lieut.-Col. Commandt. le 1er B. C. Y.

Charles L. Dumont, Lient, et Adjt.

1er B. C. Y.

Cj-2. — Vous avez parlé tout à l'heuie des retraites envoyées à certains officiers de votre bataillon comme de quelque chose de disgracieux— pour quoi cela ? ,

C'est que ces retraites sont considérées et avec raison comme des distitutions. ,

Ie. En ce que les officiers qui les ont reçues, ne les avaient point demandées, et qu'ils n'ont même jamais été consulté à ce sujet, ainsi que plusieurs d'entr'enx me l'ont assuré. Je sais aussi que M. Joseph Robin, enseigne dans le bataillon, se disposait a présenter à son excellence une requête a ce sujet. Il m'a dit à moi même qu'il avait servi dans la deruière guerre, qu'il était encore disposé à Bel vir, et qu'il en était capable, et n'avait aucunmnent donné lieu à sa retraite.

Tiiuoignages.

2 * . En ce qu'elles étaient considérées comme une punition pour avoir signé les requêtes au parlement impérial et avoir refusé de favoriser le lieut.- * J\ Gimuard, col. Dumont dans la dernière élection. ecuyer.

64-8. — Les officiers qui dans votre bataillon ont remplacé ceux qui avaient '26 ;janvjer 18^" été distitués ou avaient résigné, sout-ils généralement parlant, duement qualifiés ?

Comme je l'ai déjà dit la plupart de ces officiers ne sont nullement qualifiés, plusieurs ne sont ni propriétaires ni fils de propriétaires, il y en a un bon nombre qui sont entièrement dépourvus d'éducation, même domestique.

Dans St. Benoit je ne connais que le capt. Edouard Viau qui sache lire et écrire, il s'en trouve même qui par leur situation ou leur conduite ne peuvent avoir la confiance ou le respect des miliciens : plusieurs sont de petits cabaretiers qui ne vendent que du rum au verre et à la roquille.

649. — Ce captaine Viau n'a t-il pas été promu d'une manière singulière et inusitée ?

C'est un jeune homme du village St. Benoit ou il tient un petit cabaret. Il est infirme et est souvent attaqué du mal caduc. Après les destitutions qui eurent lieu dans ce bataillon, il tut nommé enseigne, et se trouva le seul officier resté dans St. Benoit, lorsque plusieurs des nouveaux officiers promus eurent remis leurs commissions au lieut.-col. Dumont. Ce fut à cette occasion que le lieut.-col. Dumont envoya à St. Benoît une espèce d'ordre de bataillon, au quel on à fait allusion, qui fut publié et lu a liante voix par Joseph Brazeau, huissier, à la porte de l'église de la paroisse St. Benoît, à l'issue du service divin du matin, le dernier dimanche de janvier, 1828.

Je produis une copie exacte, ligne pour ligne et mot pour mot, de cet ordre dont j'ai vu l'original écrit et signé de la main du lieut.-col. Dumont.

Le voici :

Habitans de St. Benîot.

Tout n'est pas perdu dans israël : il se trouve encore un bon israëlite dans St. Benoît.

Edouard Viau ayarU" mérité par sa conduite la confiance du gouvernement se trouve par la désertion des officiers le plus ancien officier de St. Benoît.

Par ordre du Roi.

Tous les bons sujets de St. Benoît sont prié d'obéir aux ordres de Edouard Viau, officier commandant à St. Benoît.

Quand aux rebels nous trouverons moyen de les obliger à obéir à ses ordres, suivant la loix.

Donné à St. Eustache.

le 19 janvier, 1829,

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