MANŒUVRES
sont détachés auprès de chaque division en qualité de juges.
A la fin de chaque manœuvre le commandant en chef assigne aux troupes de nouveaux bivouacs, voisins du lieu oii le combat s’est terminé , et pendant la soirée ou la nuit il communique aux 2 divisionnaires les données générales pour la manœuvre du lendemain. Les troupes manœuvrent ainsi chaque jour sur un terrain différent, inconnu des généraux et des officiers. On peut estimer à, un carré de 1 5 à, 46 kilomètres de côté le terrain sur lequel ont opéré les troupes des 2 corps d’armée pendant 3 jours.
J’ai été frappé cette année comme l’an passé par le meme fait : c’est que l’infanterie est habituellement mieux conduite par les généraux et les officiers de tout grade que ne le sont la cavalerie et l’artillerie. J’insisterai ici encore une fois sur l’excellence du personnel des commandants de compagnie. Par leur savoir, par leur connaissance du métier, par leur zèle et l’esprit d’initiative qui les anime, ils sont l’âme et le nerf de l’infanterie prussienne et contribuent grandement à la rendre redoutable.
Il était facile de reconnaître dans ces manœuvres qu’on cherchait à éviter les fautes commises dans les combats de 1866, où toutes les troupes et môme la réserve se disséminaient en longues lignes de tirailleurs. On tomba même dans l’excès contraire; car il arriva plus d’une fois que les troupes se trouvèrent
au milieu du feu, formées en colonnes profondes à grande distance les unes des autres dans la ligne de bataille. Comme toujours on a fait un usage fréquent des colonnes de compagnie et des colonnes d’attaque.
On sait que les Prussiens n’ont pas été satisfaits du rôle de leur artillerie dans la guerre de 1866. Depuis cette époque il a paru en Prusse un assez grand nombre de brochures sur l’emploi de l’artillerie en campagne; les généraux ont été invités à se familiariser avec l’emploi judicieux de cette arme, et les dernières manœuvres d’automne leur ont servi d’étude pratique à ce sujet. Le Roi, qui a l’habitude, après chaque manœuvre, de réunir autour de lui les généraux et les officiers supérieurs pour leur présenter ses observations, s’est appesanti plusieurs fois sur l’action de l’artillerie dans ces manœuvres. Un jour il a reproché à l’artillerie d’avoir trop souvent changé de position, et le lendemain il se plaignit de la faute contraire, parce qu’une batterie était restée pendant tout le temps sur le même emplacement , à 3,000 mètres de l’ennemi. En signalant ces faits, je tiens à montrer qu’on s’efforce visiblement dans l’armée prussienne à bien étudier l’emploi de l’artillerie à la guerre.
Le reproche essentiel que m’ont paru mériter les généraux qui commandaient les divisions dans les manœuvres auxquelles j’ai assisté , c’est de ne pas