‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 15 sur 76 · RAPPORT SLR LES TEMPLES DE LA NL'BIE · texte numérisé non relu

RAPPORT SLR LES TEMPLES DE LA NL'BIE

habitants du village voisin mirent à joui' le radier de [)ierre sur toute sa lon^'-ueur, puis, continuant l'attaque où ils l'avaient comuîcncée, ils cherchèrent à retirer (lu sous-sol les trésors ([u'uni; tradition dit y exister; ne trouvant rien, ils exj)loitèrent les hriques comme carrière de Ni'hak/i. Leurs galeries traversèrent les fondations dans toute leur largeur entre le pronaos et le sanctuaire d'Ergamène, tant (ju'enfîn le radier de [)ierre, demeuré en porte-à-faux sur une superficie considérable, s'eftondra, entraînant avec lui une moitié du pronaos et du vestibule. Les témoignages que j'ai recueillis dans le pays s'accordent à déclarer que la catastrophe survint il v a un peu plus de huit ans, au cœur de l'été, entre août et octobi'o i8()6. Elle se serait produite de nuit, sous l'action d'un vent furieux du nord qui souilla sans interruption pendant près d'une semaine : les rafales, s'engouflVant sous le radier, émiettèrent les piliers de briques que les chercheurs de séhakii et de trésors avaient réservés par un reste de prudence. Lorsqu'au [)rintemps de 1900 Steindorlf visita Dakkéh et revisa le Guide de Ba'deker. la moitié occidentale du pronaos était à bas, sauf quelques assises à l'angle nordouest; le vestibule entier avait cédé, et il avait entraîné dans sa perte le mur (jui le séparait du sanctuaire d'Ergamène. La moitié orientale du pronaos se renversa d'elle-même, il \ a deux ans et demi, pendant l'été de 1903. Aujourd hui, on ne voit |»lus debout, en avant du sanctuaire d'Ergamène, que la porte du vestibule et les deux pans du mur qui formaient l'angle nord-ouest du pronaos. En 1 Sgli, la chute avait eu lieu à l'ouest et au centre, mais les blocs qui avaient roulé le long de la face ouest ont été enlevés par les habitants et détruits à quel- ([ues exceptions près. En 1902, l'écroulement s'est produit de l'ouest à l'est, et la plupart des blocs se sont répandus en avant de l'angle nord-est ou sur la face est où ils ont formé de vagues talus déboulis: les dalles des plafonds, plus lourdes et plus longues (|ue les blocs des murailles, sont tombées sur le pavement di's salles (prcllos abritaient, et leurs débris s'v sont entassés pèlemèle.

'1. De la nature ri de létal aetnel des joiidattons. — Les suporstriirtures se dressaient, ainsi qu On la vu, sur un radier en grosses pierres, qui posait luimême sur un massif de briipies sèches solidement construit, {/emploi (le ce procédé s'expli([ue aisément pai' la nature du terrain. La couche du sable v est parfois si épaisse et de nature si lliiide (pi il \ aurait eu un véritable danger à s'en tenir au simple radier en pierre de trois ou qualr(^ lits (r(''paisseur: le vent 1 aurait déchaussé rapidement, et. allouillaul au-dessous, aurait pu di'terniiner les mêmes chutes que les Iravaux dos fellahs provo(juent aujourd'hui. Li's

architectes de la Nubie prirent donc le parti d'aller chercher Talluvion solide à travers le sable, et, quand ils ne le purent pas, de pousser leurs tranchées assez bas dans le sol pour qu'ils n'eussent plus d'accidents à redouter: toutefois, comme il en eut trop coûté de descendre des fondations en pierre à la profondeur nécessaire, ils remplirent le fond de leur tranchée par un massif en briques des mêmes dimensions que le temple devait avoir, et ils donnèrent aux substructions la forme d'un socle à deux étages, 1 inférieur en briques, le supérieur en pierres. Un sondage opéré sur la façade sud du temple de Dakkéh, dans le seul endroit où une pareille opération n'offrait pas d'inconvénients, ma montré que la hauteur de l'étage de briques v est d'environ i m. 5o cent, entre le sol vierge et l'assise inférieure du parement extérieur de l'étage de pierre. On verra plus loin qu'à l'intérieur, sous le dallage des chambres, cette hauteur devient immédiatement plus considérable et quelle atteint 3 m. 3o cent, plus ou moins. Pour obéir aux prescriptions de la loi religieuse, une couche de sable s'intercale entre la brique et la pierre, mais, sur le pourtour extérieur, elle a une épaisseur presque insensible, ainsi qu'il convenait afin de ne pas compromettre la solidité de la bâtisse. Au contraire, à l'intérieur du massif, elle est beaucoup plus considérable : sous la porte qui conduit du sanctuaire d'Ergamène à celui d'Auguste, sous le sanctuaire d'Ergamène, dans le sanctuaire d'Auguste, elle atteint en moyenne o m. 9o cent. Bien que le sable y soit mêlé d'éclats de pierre et de gravois, il demeure assez fluide, ce qui n'a pas eu d'inconvénient tant que les parois de pierre l'ont maintenu; dès que celles-ci ont cédé, il s'est écoulé partiellement au dehors, et les dallages qu'il soutenait sont restés par endroits comme suspendus en l air. C est là une cause de destruction de plus pour les superstructures.

Les fouilles des fellahs et les ruines qui en sont résultées ont coupé les fondations en deux moitiés, entre le sanctuaire d'Ergamène et la porte du vestibule. La portion du sud est de beaucoup la mieux conservée : le pourtour extérieur en est intact, à lest, au sud et à l'ouest, et elle présente vers le nord, en travers de l'axe principal du temple, une coupe qui monti'e d'est en ouest l'ajustement des deux espèces de matériaux employés. Sur le pourtour (fig. i), le radier en pierre se compose de trois assises qui, d'ordinaire, s'élèvent perpendiculairement au-dessus du massif de brique, mais qui le surplombent parfois de 10 à i5 centimètres; la hauteur de l'ensemble varie approximativement entre i m. Go cent, et i m. 8o cent. Les lits ne sont pas toujours réguliers, et les blocs ont des dimensions très variables, mais ils sont jointoyés avec le homrali rose clair de l'époque gréco-romaine, et ils ont résisté vaillamment à la

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