‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 16 sur 76 · RAPPORT SLP. LES TEMPLES DE LA NCBIE · texte numérisé non relu

RAPPORT SLP. LES TEMPLES DE LA NCBIE

poussée des superstructures. Qu(,'lf|ues-uns d'entre eux se sont fendus sous le poids; la plupart sont intacts comme au premiei' jMur. Ils proviennent tous de la même carrière, ou du moins ils portent la marque d un même entrepreneur, une croix ansée couchée oj— et grossièrement entaillée au ciseau sur la tranche,

Mg. 1 . — Raliattement sur l'arête supérieure des trois parements qui fomienl l'étage en pierre du radier.

dans le sens de la longueur. L'épaisseur des parements qu'ils forment ne peut pas être déterminée partout, cachés qu ils sont par le pied des murs supérieurs. Néanmoins, dans le sanctuaire d'Auguste, (jui a perdu son dallage, j'ai reconnu que le mur sud du soubassement ne comportait qu'une seule épaisseur de Mocs. variant entre i m. Go cent, et i m. 70 cent, de longueur, chaque bloc étant li(' à sou voisin |)ar ileuv queues daronde. J'incline à croire qu il en était de iiK-me sur les deux faces est et ouest de ce sanctuaire, qui fut i-ajouté après coup, mais ce n est qu une supposition déduite de la comparaison dos dimensions movenues des extrémités de blocs qu on apeiroil sur h's paromonl* intérieurs et extérieurs des murs de fondation, et je ne me permellrai pas de

nCJL lLDC3

Fig. 2. — Portion Est du radior sur lequel posp le sanrtuaire d'Ergamèue.

rien afliriner à cet égard. Sur la coupe qui passe à travers le sanctuaire dErga-

niène, les quatre assises du radier sont disposées de façon différente, comme

on s'en convaincra en jetant un coup d'œil sur les croquis cijoints (fig. 2 et 3 ). La plus basse se compose d'un bloc unique, baut de o m. 2 c) cent, et long de 1 m. 20 cent, sur la face est, baut de 0 m. 4 9 cent, et long de 1 m. 26 cent, sur la face ouest. Les deux assises intermédiaires comprennent chacune deux blocs mis bout à bout, à Test o m. 83 c. X o m. 5o c.

+ 0 m. 80 cent, x 0 m. /i8 cent, et o m. yo cent, x o m. 2 3 cent.

+ 0 m. 80 cent, x cm. 2 3 cent.,

à l'ouest 0 m. 8o" cent, x o m. /40 cent. + o m. 88 cent, x o m. 38 cent, et

cm. 72 cent, x 0 m. 38 cent. + o m. 88 cent, x 0 m. Sg cent. La quatrième et

dernière assise, celle qui allleure

au sol et qui porte directement

les murs ou qui forme pavement,

n'offre du côté de l'est qu'un seul

bloc (le 1 m. 65 cent, de longueur

sur 0 m. 3c) cent, de bauteur,

mais elle prend à l'ouest deux

blocs à la suite, de 0 m. 89 cent.

X 0 m. /i3 cent. + 0 m. 7 5 cent.

x cm. ha cent., qui présentent

à eux deux la même longueur que

le bloc symétrique de l'est. Le

massif de brique monte en gradins derrière les deux assises

mférieures et s'appuie contre elles. Il s'arrête au niveau supérieur de la deuxième,

et il s'étend d'une face à l'autre en un terre-plein compact, sur lequel sont

étendus la couche de sable ordinaire, puis deux rangs superposés de dalles, qui

correspondent aux deux assises supérieures du parement et qui constituent le

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Fig. 3. — Porlion Ouest du radier sur lequel pose 1p sanctuaire d'Ergamène.

l'.AI'l'OHT sur. LKS TEMl'LES UE L\ M liiE.

pavement des salles ou le support des murs intérieurs de TédiGce. Ainsi emboîté dans une sorte de carapact; rijjide d'autant plus épaisse qu'il se rapprochait plus de la surface, le massif de l)ii((ue formait, avec le radier en pierre, une fondation des plus solides, (pii a subi sans faiblir I effort de vinrjt-deuv ou de dix-neuf siècles selon les endroits, et qui résisterait encore, si les habitants du villajje voisin ne Pavaient dénudée et détruite s\stématiquenient au cours des trente dernières années.

La porte qui mettait en communication le pronaos et le vestibule, et dont la

Flj;. /i. — l'an de mur qui suLsistP à l'angln nord-oiipst.

base devait porter le poids total des maçonneries supérieures concentré en entier sur l'espace assez étroit où les deux montants s'a|)puient. ne pose pas sur doux rangées de blocs seulement: elle a été renforcée d'une troisième assise «pii assure sa stabilité. Les portions Ai' pavements conservées au nord de celte porte présentent les deux assises superposées que jiii indiqui'es dans la partie du suil. De même, le pan d.' mur (|iii subsiste à l'anj^le nord-ouesl (li{;. 'i ) n'a plus que deux assises, mais le massif de brique t|u"il surmonte présente encore les deux roirails en y-radin que j'ai sijjnalés plus liaul. prouvant ainsi qu'il y avait là deux a<isises inférieures en pifM-re qui (Uit disparu aujourd'hui: les fellahs ont brise les blocs qui les composaieiil cl ils oui produit nu porle-à-faiix de o m. •>•» cent, au nord, de o m. 3o (-(Mil. el o m. -m oeuf, selon les endroits à l'ouest. On peut considérer comnie ((M'hiiii. ipie i"a;;encenienl du massif en brique et du radier

Temples de Suhie.

en pierre dans la portion septentrionale ne diflerait nullement de ce qu'il était dans la partie méridionale.

3. Etat de celles des sHpcrstructures qui sont encore debout. — Comme le temple a succombé à l'attaque des hommes et non à Faction lente des siècles, on peut affirmer, d'une manière générale, que les portions qui n'en ont pas été renversées de parti pris sont en bon état, et qu'elles dureront longtemps encore au prix de quelques réparations. Je vais les examiner l'une après l'autre, en indiquant les dommages qu'elles ont éprouvés et les retouches qu'il conviendrait d'y faire.

A. Faces extérieures du sanctuaire. — La face méridionale était décorée extérieurement, en son milieu, d'une stèle qui marquait la place du naos en granit; celui-ci était engagé presque en entier dans une niche pratiquée à l'intérieur du sanctuaire d'Auguste, derrière la stèle. Les assises qui composaient la stèle ont été brisées, il y a quelques années ainsi que le naos de granit; les fragments du naos sont dispersés partie au dehors, partie à l'intérieur dans le sanctuaire. L'ébranlement caus"é par la chute et aussi la disparition des blocs ont disjoint les assises au-dessus de la baie ouverte de la sorte : elles se sont fendues, et, en cédant, elles ont amené une légère dislocation de la corniche. Celle-ci se compose de sept blocs de longueur inégale, et elle était intacte quand Burton dessina le monument; aujourd'hui le quatrième bloc, à partir de l'ouest, tend à se séparer du cinquième. Le mal n'est pas grand : une poutre de fer passée sous l'assise qui forme linteau au-dessus de la niche arrêterait le mouvement, et cette opération rendrait aisée la remise en ligne des blocs de la corniche.

La face est est conservée en entier sur une longueur de lo m. 5o cent, à la base. La chute des parties détruites s'y est produite sur une ligne presque droite, sans déplacement ni torsion sensibles des blocs demeurés en place. Evidemment le décollement a été graduel, k mesure que le pavement et la face extérieure du radier fléchissaient dans le vide, et il était assez avancé au moment de la catastrophe pour ([ue l'affaissement de la partie nord du mur n'ait exercé aucune traction appréciable sur la partie sud qui demeurait debout. Celle-ci est en fort bonne condition à l'extérieur, et c'est à peine si l'on y remarque trois ou quatre blocs fendus. La corniche, qui se compose de neuf blocs, n'a subi que des ébrèchements sans importance : seul, le dernier bloc au nord a été déplacé, et il serait aisé de le ramener à l'alignement.

La face ouest est conservée sur une longueur de i o m. 2 5 cent. Il ma semblé

liAI'POP.T SUli f,ES TKMI'LES DE LA NLBIE. 19

qu'elle avait tassé un peu en son milieu, sans qu'il m'ait été possible de vérifier si mon œil m'a trompé ou si k' fléchissement est réel : dans ce dernier cas. il est très léger, et il ne présentera aucun danger immédiat, tant qu'on ne touchera pas iui massif de brique sur lequel b; mur pose. L'extrémité nord n'est pas découpée de façon aussi nette (ju à la façade ouest, et l'action de la chute v fut plus brusque et plus violente; toutefois, comme j'aurai à revenir sur ce sujet en décrivant le sanctuaire d'Ergamène, je n'insiste pas pour le moment.

B. I.\TKRiEi;u DU sANCTiJArm-: d'Augiste. — Il a perdu presque toute sa couverture, et cela antérieurement au xix' siècle, car on ne voit sur le sol que des éclats de grès patines et non [)as des débris à cassure relativement fraîche, comme ce serait le cas si la destruction avait été récente : une seule rangée de dalles ayant appartenu au plafond subsiste le long du mur est.

Le pavement a dis|)arupres(|ue partout, et l'on marche sui' un mélange formé du sable de la fondation avec les éclats de pierre provenant du bris des blocs. Il ne reste rien de la rangée supérieure, mais deux blocs de la seconde assise subsistent le long du mur est et deux autres dans l'angle nord-ouest et le long du mur ouest. Il sera facile de remplir le vide au moyen d'un bon béton de caillasse et de chaux, qu'on arrêtera au niveau supérieur de l'ancien dallage.

Les quatre murs, qui avaient deux blocs d'é[)aisseur, sont en bonne condition. Un certain nombre de pierres des assises du mur est sont fendues légèrement, et il y a de même quelques ruptures au mur sud, au-dessus du vide jiroduil par l'enlèvement du naos en granit. Le mur du nord est presque indemne, mais le bloc du milieu de la corniciie, au-dessus de la porte (jui conduit au sanctuaire d'Krgamène, est tombé, et le bloc à l'est de celui-là s'est déplacé légèrement à l'instant de la chute. Le mur de l'ouest a un peu plus pàti que les autres : la niche qui s'ouvre au second registre, près de l'angle nord-ouest, et qui contenait la statue ou le cynocéphale de Thol. est endommagée légèrement sur son pourtour, et, au-dessus de la niche, la paroi mince qui séparait la chambre de l'escalier est défoncée sur une longueur de |tliis de a mètres.

La porte est (Ml état médiocre dans toute la face qui donne sur le sanctuaire d'Auguste. La pienc de seuil a été enlevée, ainsi que le dallage el la dalle médiane de la troisième assise, el les deux montants ont |)erdu leurs arêtes extérieures. Le bloc du linteau a été fortement ébréché en dessous, et il est fendu dans toute sa ha\iltMir : bien ipic les deux morceaux en soient tenus solidement par le poids des blocs supt'rieurs. il sera prudent tle les supporter par une poutre de i(M'.

20 G. MASPEP.O.

C. IxTÉRiEiR DU SANCTUAIRE d'Erg\mène. — Le sanctuaire frErj^amène est flanqué de deux annexes, qu'on dirait construites après coup, à l'est une petite chapelle obscure, à l'ouest un escalier qui menait à la terrasse. Le sanctuaire lui-même avait, sur les deux faces est et ouest, des fondations en pierre de quatre assises comme les fondations parallèles des deux annexes; ces deux lip-nes de fondations et les murs qu'elles soutiennent étaient réunis aux extrémités de l'est par des murettes transversales, à l'ouest par une maçonnerie pleine qui, partant du dallage, va montant degré par degré à mesure que l'escalier s'élève. Cet ensemble de murailles donne au sanctuaire d'Ergamène une stabilité extrême : les portions qui n'en ont pas été détruites par l'imprudence des chercheurs de sf'Imkh ou de trésors comptent parmi les mieux conservées de l'édifice.

L'escalier est large en moyenne de i m. i o cent, entre ses parois. Il est coupé en deux, par un couloir que les Chrétiens pratiquèrent sous les marches au moment où ils occupèrent le temple, et qui menait de l'angle sud-ouest du sanctuaire d'Ergamène au milieu de la face extérieure de l'ouest : c'était une issue de service qu'ils s'étaient ménagée à côté de la grande porte latérale aujourd'hui détruite, mais qui est visible encore sur le dessin de Burton et sur la photographie de Béato. Ce couloir mesurait de i m. ko cent, à i m. 5o cent, de hauteur sur une largeur variable d'environ o m. 80 cent, au linteau et o m. 65 cent, au seuil vers les deux extrémités : en le perçant les ouvriers ne s'inquiétèrent pas du peu d'épaisseur des blocs au-dessous desquels ils travaillaient et, par leur imprudence, six des marches de l'escalier s'écroulèrent dont le contour est visible encore sur les parois. La volée se partage donc en deux tronçons. Le premier s'étend du palier inférieur au vide du couloir, et il consiste en sept marches plus ou moins usées. Le second, qui va du vide au palier supérieur correspondant à la terrasse du sanctuaire d'Auguste, compte quatorze marches, dont les deux premières ont la largeur de 1 m. 10 cent.; les autres ne mesurent plus que 0 m. 60 cent, de large, et une sorte de banquette de pierre de 0 m. 5o cent, rétrécit l'escalier sur la gauche jusqu'à son débouché sur la terrasse. Le tout est couvert encore par les dalles de la toiture, et en excellent état.

La chapelle de l'est a conservé son toit, ses parois, sa porte, mais le pavement en a été défoncé et le sous-sol vidé jusqu'au massif de brique par les chercheurs de trésors. Lorsqu'on aura rempli le trou dun bon béton jusqu'au niveau du dallage anticjue, elle sera d'une solidité à toute épreuve.

Les murs du sanctuaire d'Ergamène, comptant chacun sept assises, mesurent environ 3 m. 70 cent, de hauteur. Ils ont un mètre d'épaisseur plus ou moins, sur

r.AI'POIST SLI! LES TKMPLES DE I. A M.filE. 21

deux l)locs, foniiiiiit ainsi deux (l(niii-iiiiiis indépendants selon l'usaj^e éjjyplien; par-fois, quand \es deux blocs n'étaient pas de dimension, on intercala entre eux une plaque mince, ainsi au mur ouest, où l'une des assises se cliifl're par o m. 60 c. + 0 m. 11 cent, f o m. ^i8 cent, reposant sur o m. 63 cent. — o m. ^o cent. Les hlocs d'angle de chaque paroi sont disposés de manière à chevaucher la paroi voisine et à se lier avec ses blocs. On a, par exemple, à la rencontre des deux pai'ois ouest et sud, la séquence suivante :

Première assise en parfaid du dallaj>e. Le bloc de la paroi sud fait un retour d'angle de o m. o5 cent, sur la paroi ouest.

Deuxième assise. \j' bloc de la paroi sud, long de o m. 9 y cent, sur cette paroi, fait un retour d'angle de 0 m. 3o cent, sur la paroi ouest.

Troisième assise. Le bloc de la paroi sud fait un retour dangle de 0 m. 0 'i.'i mill. sur la paroi ouest.

Quatrième assise. Le bloc de la paroi sud, long de 1 m. 07 cent, sur cette |)aroi, fait un retour d'angle de 0 m. 29 cent, sur la paroi ouest.

Cinquième assise. Le bloc de la paroi ouest, long df 1 m. o3 cent, sur cette paroi, fait un retour d'angle de 0 m. 19 cent, sur la paroi sud.

A la rencontre des deux parois est et sud. le chevauchement est moins capricieux, et, pour les cinq assises inférieures, il v a alternance dune paroi à l'autre, le retour d'angle étant de o m. o5 cent.; à l'assise inférieure le bloc de la paroi est revient sur la paroi sud. à la seconde assise, au contraire, celui du sud revient sur la paroi est. et ainsi de suite. Cette disposition, (jui rend les murs plus étroitement solidaires l'un de l'autre . n'a pas toujours produit des résultats heureux; comme on le verra plus loin, certaines assises d'une paroi ont été entraînées dans le mouvement des assises auxquelles elles étaient liées sur la paroi correspondante.

La paroi est a été coupée assez nettement à sa partie nord, ainsi (|ue je l'ai dit déjà, et aucun des blocs qui la composent n a l'Ii' endommagé au moment de la catastrophe : les quel([ues cassures (|u'on v remarqui' aux joints sont anciennes, comme le prouve la couleur de la pierre. Li* dernier bloc au nord de la sixième assise, en partant du sol. est en porte-à-faux, mais il pourrait être aisément ramené sur son lit primitif.

La paroi sud est un peu moins bien conservée. La moitié qui Itniche à la paroi est y est indemne, mais, au moment de la catastrophe, la uïoilié de l'ouest a été

disloquée légèrement par contre-coup, et les cinquième et sixième assises, à parlir du dallage, ont été attirées en avant par les assises corresj)ondantes de la paroi ouest auxquelles elles se liaient : la cinquième assise surplombe la quatrième de 2 ou 3 centimètres. Le linteau de la [)orte qui mène au sanctuaire d'Auguste est brisé sur sa face nord, comme l'était celui de la face sud, et une portion n'en tient plus que par pression latérale : il faudra le soutenir au moven d'une petite poutre de fer.

La paroi ouest est assez compromise. Le percement de la poterne et du couloir dont j'ai parlé avait diminué la solidité des trois premières assises inférieures vers leur extrémité méridionale : les ouvriers n'avaient pas observé la position des joints, et ils avaient taillé le montant sud à l'aplomb du joint du second bloc de la quatrième assise, si bien que ce bloc ne se soutenait plus que par son extrémité septentrionale. Lorsque la catastrophe survint, l'écroulement de la portion minée du mur attira violemment vers le nord la portion qui est demeurée en place : elle sépara l'un de l'autre les blocs les plus reculés, et elle fit pivoter plus ou moins sur eux-mêmes les blocs qui touchaient à la ligne d'arrachement. Si les blocs extrêmes de chaque assise résistent encore, c'est que la pression exercée par les dalles de la couverture les maintient; le jour où la plus septentrionale de ces dalles disparaîtra, ils s'écrouleront soudain et ils entraîneront avec eux presque tout ce qui reste de la paroi.

Le plafond consistait en longues dalles, épaisses de o m. 60 cent, environ. Trois d'entre elles sont encore en place, qui mesurent respectivement, à partir du mur sud, 0 m. 9 1 cent, (dont environ 0 m. 35 cent, posant sur le mur sud), 0 m. 93 cent, et 0 m. 90 cent.; elles sont solides malgré quelques fentes.

Le pavement est intact; il est délimité au nord par une ligne irrégulière, qui court de l'entrée de la petite chambre est au palier de l'escalier.

D. Vestibule. — Il n'y a plus debout sur l'emplacement du vestibule que la porte qui le mettait en communication avec le pronaos. Elle est en bon état, toutefois les blocs du linteau au nord et au sud sont fendus au-dessus de la baie, et chacun d'eux devra être supporté. Les deux blocs de la corniche sont isolés, et la fourrure qui les réunissait à l'intérieur a disparu. On remarque encore, audessus de la corniche nord, les restes de deux des assises qui constituaient le mur sud du pronaos. Le pavement qui abutait à la porte n'existe plus à l'est, au sud et à l'ouest; il a persisté au nord.

E. Prox.vos. — Le pavement sur lequel le pronaos s'élevait se divise en deux

RAl'Por.T SLH LES TEMIM.ES \)li L.\ NLBIE. 23

parties d'importance iné^jale. La plus fjrande touche à la porte et s étend vers l'est et vers le nord : elle n'a conservé par endroits que l'épaisseur d'un seul bloc, au lieu de deux ([u'elle comportait. La seconde forme un îlot de dimensions restreintes, mais elle porte le seul débris des suj)erstructures qui soit encore debout, le mur d'anj'le dont j'ai parlé plus liaul ( fij^'. ^4. p. 17). Il se trouve dans une condition des plus précaires, par suite de la disparition des deux assises inférieures du radier en pierre et du porte-à-faux qui en est résulté : il sullirait de quelques coups de pioclu! dans le massif de brique pour tout précipiter à terre. La muraille é'tait construite, comme d habitude, sur deux blocs d épaisseur, déliaisonnés, et, on plus de ses deux assises de fondation, elle conserve sur la face extérieure sept, sur la face intérieure huit assises plus 011 uunns intactes.

F. PvLÔMi. — \je radier du pylône a été déchaussé profondéuient par les chercheurs de srlmUt. Néanmoins, le pvlône lui-même est dans un état excelb-nt de conservation; il n'y aurait qu'à consolider le dallage de la porte vers le côté sud. et qu à combler le vide triangulaire que la rupture d un bloc a [>roduit dans le couloir qui [)asse au-dessus de la porte entre les deux tours.

h. Conclii.nnm. — Le temple offre un intérêt tel pour l'histoire de la monarchie éthiopienne et des Plolémées quil mérite, sinon d'être remis ]>artout dans son état primitif, du moins d'être reconstitm- dans celles de ses parties dont les matériaux sont épars sur le sol.

A la rigueur, des mesures de police sévères pourraient L'mpêcher les fellahs de creuser au-dessous du temple, pendant quelques années; mais on sait trop combien rapidement ces mesures tombent en désuétude, lorsqu'il s'agit des njonuments, et le jour viendrait bienlôl où. la surveillance se relâchant, les fouilles reprendraient de plus belle. D'ailleurs les indigènes ne sont plus seuls dan{>ereux. Dès que le barrage aura été relevé, le Nil atteindra les fondations et la base des murs; le socle en briques se délitera au contact des eaux, et les affouillements du llcuve ne tarderont pas à consommer le désastre que les travaux dos hommes avaient commencé. Un mêuie moven peut écarter ces deux périls. 11 faudrait englober ce qui reste du radier antique, dans un second radier de béton de 'i ou .") mètres d'épaisseur, qui descendrait jusqu au sol vierge, et dont le sommet allleurorait au pavement; les bri(|ues seraient ainsi à l'abri des attaques des fellahs, (>t. (|Uiuul riiiimiditt' les alloindrail par inlillralions. oequi est inévitable, du uioins ne fondraient-elles pas ou ne seraient-elles pas entraînées par les eaux. Il faudrait («n'huile it^faire en ln'lon. sur le même modèle, les porlwMis du radier

24 Li. MASPERO.

aiili([ue qui y ont disparu, et, sur cette plate-forme nouvelle, rétablir, au nioven des blocs qui sont encore en état, les chambres écroulées. Je n'entre pas ici dans le détail des opérations que cette entreprise exigerait. M. Barsanti, à qui elle sera confiée, a déjà fait ses preuves à Edf'ou, à Kom-Ombo, à Philœ; il en réglera la marche lorsque le temps de l'exécution sera venu.

Jeslime qu'une somme de L.E. 5ooo suffira pour relever les parties tombées de Dakkéli , pour consolider les parties subsistantes, et pour mettre le tout en état de résister à la surélévation du barrage.

§ IX. — KOCHTAMNÉH KT QIRCHÉH.

Les ruines qu'on remarque dans ces deux sites sont tellement confuses que je n'ai pu en déterminer l'importance : il aurait fallu séjourner plusieurs jours dans chacune d'elles et y opérer des travaux assez considérables.

Kochtamnéh présente, à première vue, un aspect des plus intéressants. C'est une grande enceinte rectangulaire en briques, au milieu de laquelle on démêle les lignes principales d'un temple en pierre, probablement de la XVIIP dynastie, mais bâti sur le'site d'une chapelle antérieure; des murs de maisons percent çà et là les décombres. Plus tard, à l'époque ptolémaïque ou à l'époque romaine, une forteresse plus petite fut construite dans l'enceinte, avec un double muret des tours rondes. Tout cela est près de la rivière; une partie sera atteinte directement par les eaux et l'ensemble souffrira des infiltrations.

Qirchéh, ou plutôt Sabagoura, possède une enceinte et les restes d'une ville qui descend sur la pente de la colline libyque, de la crête à la berge : ce qu'on y voit semble appartenir au moyen âge nubien et à l'époque arabe. Le haut de la ville restera indemne : le bas sera submergé à coup sûr.

Autant que je puis en juger, il serait utile de fouiller ces deux localités avant de les livrer au Nil. L. Ë. hoo nous permettraient de les explorer à fond et probablement d'en tirer tous les monuments (ju elles peuvent contenir.

§ X. — GERF-HUSSÉIN.

Norden vit et dessina les ruines de Gerf-Husséin le lundi 3o décembre lySy, mais il ne put al)ord(M' à la rive''^ son dessin assez confus ne paraît rien indiquer

'" NoROEN. Voyage d'Egyplc et de Nubie, éd. Langlès. in-i", Paris. 1798, t. III, p. -'17, ig et 1)1. CLII.

RAPPOMT SI i; f,F;s THMPLES DL I.A .NLF5IE. 25

de plus que ce que lUirckliardl vit''' et Gau dessina '-', trois quarts de siècle plus tard (pi. XVll-XVllI). Si l'on compare les relevés de Gau avec les photofjraphies de Réato. on se convaincra aisément que le monument a fort peu souffert depuis lors : quelques fraj^ments de ()ierres sont touillés çà et là. mais l'ensemble est demeuré identi(jiic ii lui-même.

Le spéos de Gerf-Husséin, étant creusé dans la monta^jne, n"a rien à craindre, mais le pylône ou le débarcadère qui l'annonçait, et dont on reconnaît les fondations au pied de la colliiu;, près de, la mosquée du villafje moderne de Tajjirdib, sera envahi au moment de la retenue.

Le spéos paraît avoir souff(Ml depuis vinrjt ans, et les avancées que Gau et ■Champollion y sijjnalèrent, en avant de la cour et des chambres souterraines, ne sont plus visibles, soil ({uelles aient été détruites, soit qu'elles aient disparu sous les décombres. La cour d honneur est encombrée des débris du rocher et de blocs de pierre. Il reste, au porti([ue du nord, deux des piliers osiriaques et l'architrave qui les relie; lOsiris du pilier nord-est est de tous ceux (juon voit en cet endroit le seul dont la tête et la face soient à peu près intactes. Le portique du sud conserve trois piliers avec leurs architraves, et il se relie par une architrave à la colonne sud-est du portique de l'est. Celui-ci n'a plus que deux colonnes avec architraves, qui se dressent au sud de la porte d entrée de la cour. Une grande architrave gît à terre, vers l'angle nord-ouest, et d'autres, plus ou moins brisées, ainsi que des tambours de colonne et des assises de pilier, sont éparses çà et là. Peut-être parviendra-l-on à remettre plusieurs de ces fragments en place; en tout cas, on consolidera les piliers et les colonnes dont les éléments tendent à se disjoindre, et peut-être devra-t-on soutenir les architraves. 11 faudra égalomeni (h'-barrasser h; sol des gravats et des éclats de pierre qui v rendent la marche dillicile, et rétablir les marches de l'escalier qui mèni' au pronaos.

La |)arlie ci-eusée dans la montagne n'est pas en mauvaise coiuiition. Les piliers cariatides du pronaos ne demandent aucune retouche, non plus que les architraves et les parois: de même les murs du vestibule, des chapelles latérales et (lu sanctuaire. Il sullira de débarrasser le sol des pierres et des immondices tpii le recouvrent par places, et de laver les murailles pour les nettover de la suie et du guano qui les (Miglueul: on établira ensuite une porte avec grillage en fil de l'ei* à mailles lar{';es. afin d'i'carler les chauves-souris.

La dt'pi'usr lie (Irpasscrait jHis L. E. .'ion.

'" Bi iicKKAiiDT, Travrls in .\iihiii . in-i", Loiulros. iSyj. y. i)i)-tiii. .W Cm . [niiqiiitrx ,lr la \iihlr . \u-(". Paris. iS^io. pi. \\\ll-\\\ll.

26 tj. MASPERO.

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