‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 71 sur 76 · Le kios(jue de Trajau u a besoin d'aucune réparation · texte numérisé non relu

Le kios(jue de Trajau u a besoin d'aucune réparation

i3" Le petit temple dlLilhor. que j'avais reconstruit on 'jrnndo partie l'an dernier, est en aussi bon état que le kiosque de Trajan.

ih° La porte d'Adrien, à l'ouest du temple disis, n'a subi aucun dommage.

.l'espère que vous serez satisfait de ce résultat. A la fin de la première année, les monuments sont tous intacts, et les réparations que j ai dû y exécuter sont si peu de chose quellesn'ont pas dépassé la sommede 8.575 L.E., même en y comprenant le remblavage el la reconstruction des perrés en ])ierre sèche construits par M. le D'' Bail le long do la face nord du temple d'Isis, et au pied du pylône méridional, du côté de la colonnade de l'ouest.

Agréez, je vous prie, Monsieur le Directeur général, l'assurance de mon respectueux dévouement,

A. Barsami.

Trmples df \ubie. tS

Je termine ce résume sur le rapport île M. Barsanti : les données en sont consolantes et nous montrent que les travaux entrepris pour permettre aux temples (l'alTronler l'épreuve de l'eau n'ont pas été en vain. La première année s'est bien passée et j'espère que la seconde année ne nous apportera pas de mécomptes : le mérite en revient à MM. Taylor et Bail pour les travaux du sous-sol. à M. Barsanti pour ceux de la partie visible des monuments.

On m'a demandé plusieurs fois, de divers côtés, si je pensais que les temples de Pliila; pussent résister fort longtemps à cette alternative régulière d'immersion et d'émersion. J'ai toujours répondu et je répondrai encore que très probablement il nous sera impossible de rien dire à ce sujet avant quatre ou cinq ans. Le danger d'écroulement par atl'ouillement des eaux paraît être conjuré, grâce aux travaux récents, et le courant est, sinon presque nul, du moins si faible durant la période d'immersion, qu'on peut en considérer les effets comme négligeables : il faudrait, pour qu'il devînt funeste, qu'un accident se produisit au barrage qui entraînât l'évacuation subite du bassin. Le péril provient donc tout entier de l'action prolongée des eaux et de l'bumidité sur les blocs de grès faible dont les édifices sont construits. La production du sel ne présente pas d'inconvénients réels dans les parties noyées complètement. Elle n'est périlleuse, comme M. Lucas l'a dit, que dans la région située immédiatement au-dessus de la surface, dans la bande d'un noir luisant qui forme ceinture autour des murailles et des colonnes : là, le sel naît et il monte sans cesse au dehors, sans qu'on voie bien la manière d'en empêcher la formation et l'évolution. Sans doute on en neutralisera en partie les conséquences si l'on prend la précaution de laver les portions de parois où le phénomène s'opère, mais il est à craindre que ce moyen ne devienne insuffisant au bout d'un certain temps. En tout cas, on ne pourra éviter que les traces des niveaux successifs ne demeurent empreintes sur les murs, et qu'elles ne s'accentuent en bandes parallèles sur la longueur des édifices; mais, si ces lais sont d'un aspect fâcheux et nuisent à la beauté des monuments, du moins ils n'en compromettent pas la sécurité.

Ainsi donc, l'eau emmagasinée dans les pores de la pierre depuis les premiers jours de contact me paraît être le facteur le plus redoutable auquel nous ayons à faire, et l'avenir de Philœ dépend tout entier de la façon dont elle se comportera. Dans la bande noire qui cerne la partie inférieure des constructions, elle agit, ainsi c(u'on l'a vu, par la production des sels. Dans la région située au-dessus de cette bande, son action mauvaise s'exercera plutôt mécaniquement. L'hypothèse la plus favorable, celle dont on doit souhaiter la réalisation, c'est celle d'après laquelle elle remplacerait, pour ainsi dire, l'eau de carrière que le grès avait perdue depuis des siècles, et elle lui rendrait une certaine vie. Une autre hypothèse, plus vraisemblable malheureusement, est celle d'après laquelle l'eau, introduite brusquement dans ces

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pierres desséchées, y agirait d'abord à la façon d'un dissolvant, en diluant le peu de ciment qui lie encoi-e les grains de sable, puis, s'évaporant au soleil et ne se renonvelani plus par la capillarité, après que le fleuve s'est retiré pendant les mois de l'été, ferait éclater les blocs. Plusieurs de ceux-ci se réduiraient en poignées de sable tandis que les autres tomberaient en fragments de taille diverse. Cette action, si elle se produit, ne se fera sentir que lentement, et ce n'est qu'après plusieurs années que nous pourrons en constater les clléts.

G. Maspero.

Le Caire, le 17 novembre 1903.

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