EN ROUTE POUR PETROGRAD
Dans une de ses chroniques : VEcole du journalisme, Abel Hermant rappelle cette boutade des Caractères : « C'est un métier que de faire un livre, il faut plus que de l'esprit pour être auteur. » J'avais pensé écrire, au hasard, quelques impressions de voyage entre Paris et le Caucase, sans aucune prétention, au fil de mes souvenirs ; depuis que j'ai lu ces lignes, il me semble que je n'oserai jamais.
Pour aider ma mémoire, mes lettres sont là, ouvertes par toutes les censu-
res : elles ont une apparence déguenillée ; en les parcourant, j'ai l'impression d'être morte depuis longtemps ; elles sont déjà jaunies et comme fatiguées des pays parcourus. J'écrirai tout simplement. Que La Bruyère me pardonne !
Partir... lorsque l'ennemi foule notre sol, sentir qu'il est installé dans nos champs de betteraves, que je passe à quelques kilomètres de lui, que près de ce sillon, un autre sillon doit lui servir de tranchée et que notre terre est son abri ! Gomme elle m*apparaissait belle, en ces glorieuses journées de juillet, la France parée par la main des femmes.
Petites mains inquiètes, quand les cœurs frémissaient d'angoisse, vous avez semé toutes ces moissons ! Un sentiment d'orgueil m'envahissait devant ces blés mûrs que balançait la brise marine.
Mes voisins de route, des Anglais,
échangeaient des propos admiratifs ; pour la première fois, ils exaltaient notre intelligence et notre esprit d'initiative ; à chaque éloge, je redressais la tête, toute fière, car en voyage on emporte son pays avec soi.
A Boulogne. — Je hèle un matelot, à qui je confie ma vie, lui promettant une pension, au cas oij un sous-marin perfide m'entraînerait dans les flots. Ce vieux loup de mer goûte fort cette idée et rêve d'un abordage. Il me raconte avoir vu dernièrement un sous-marin torpillé descendre tout illuminé dans la mer oii nous voguons, près du port qui s'éloigne.
Il y a du Wells dans tout cela. On sait que des vaisseaux meurtriers naviguent entre les profondeurs insondables des ondes ; on sait que des zeppelins portent plus haut que les nuées des bombes incendiaires et dévastatrices, et pourtant
nous avons de la peine à nous imaginer ces monstrueux produits de la science moderne. Voilà, sans doute, pourquoi nous n'avons pas peur.
NeuTcastle. — Comme il fait noir ! Ce taxi inconnu va-t-il m'entraîner dans la rivière ? Est-ce un canal ce trou sombre oii je discerne mal des mâts ?
Assise sur des sacs dans ce dock, j'attends que l'heure du départ sonne. Je me sens seule, un peu triste ; le bateau se balance d'un air indifférent. Peu de voyageurs ; un capitaine, blessé par une torpille à un autre voyage, embarque sur le Haakon. Partout des ceintures de sauvetage avec manière de s'en servir ; mais je ne pense qu'au mal de mer et je ne prends pas le temps de fixer toutes ces cordes.
Bergen. — Voici les fîords de Norvège : je m'accoude sur le pont.
Deux heures du matin. Etrange lumière froide. Le soleil pâlot se distingue à l'horizon comme un noctambule qui fuit sa couche. Bakst devrait brosser un décor de cet éclairage factice et en faire un ballet.
En route pour Christiania. — A peine installée dans le wagon, un Américain, journaliste, sans doute, entre dans mon sleeping avec une désinvolture extrême, me regarde attentivement, puis, à brûle-pourpoint, me dit :
— Vous êtes une actrice ?
— Hélas ! c'était mon rêve ; les circonstances ne l'ont pas voulu. J'aime le théâtre, j'aurais voulu interpréter les auteurs que j'admire... Mais je ne suis pas une actrice.
— Alors vous êtes une danseuse ?
— Pas davantage, j'aime la chorégraphie, le rythme ; mais je ne suis pas une danseuse.
— Alors, alors... vous êtes une reine?
Je hoche la tête en riant : il faut être un républicain des Etats-Unis pour avoir trouvé cette façon de tout arranger. Je congédie cet original. Si ces lignes tombent sous ses yeux, elles lui prouveront combien j'ai été amusée par sa classification.
Christiania. — Récemment, on a transporté à Christiania une trirème étrange. Est-ce un tombeau royal que le hasard d'une tempête a fait découvrir dans un fîord du Nord ? Le vent soufflait si fort, ce soir-là, qu'il a déterré peu à peu le bateau enseveli dans les dunes depuis des siècles. Le roi est apparu au milieu de la barque, ayant rejeté son linceul de sable, menant ses fringants coursiers ; il a gardé l'allure de laurige de Delphes. Attelage de mort comme un conte fantastique, chevauchée à travers l'irréel.
On rêve d'une plage où aborderait la nuit cette barque monstrueuse. Ce sont les dieux Scandinaves, les héros des Nibelungen, que Wagner a rendus familiers en les germanisant.
La guerre partout, hier, aujourd'hui, demain.
Qui délivrera la terre de tout ce sang ?
Stockholm. — Ville grise, sans ombre ni soleil. L'œil du peintre n'y trouverait aucune valeur et le palais immense ne se reflète pas dans les eaux ; pourtant cette ville a un charme pénétrant.
Décidément, en voyage, il ne faut s'étonner de rien. Je retrouve à déjeuner mes compagnons de route, tout surpris d'avoir vu entrer dans la salle de bains de l'hôtel une belle fille aux joues fraîches et aux bras robustes, venue, le savon à la main, pour les étriller sans
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aucune fausse modestie. Ils en parlaient beaucoup, ils en parlaient même trop.
Je crois qu'ils resteront à Stockholm et qu'ils prendront goût à cet usage, qui n'a rien de choquant puisque c'est la coutume.
Les Suédois se réjouissent de l'échec de la Russie ; ils regardent vers la Courlande si les Allemands entreront à Riga; resteront-ils enfermés dans leur neutralité ? Le peintre Zorn m'assure de son amitié pour les Alliés et de l'amour des Suédois pour la paix.
Le prix Nobel pour la paix, quelle dérision ! Les amis du désarmement universel, oij sont-ils aujourd'hui ? Les plus sincères sont obligés de soutenir une guerre qu'ils n'ont pas voulue et le pacifisme est devenu une intrigue boche.
Zorn habite un appartement charmant qui domine le port, le bruit des sirènes arrive jusqu'à lui ; en bas, la
ville se dessine avec ses toits du nord et ses eaux animées.
Voici des statuettes en bois qu'il taillait jadis de la pointe de son canif, il dépouillait l'écorce des arbres et, sous ses doigts agiles, un jour a surgi la figure de sa mère, visage déjà ridé par les travaux des champs. Ce jour-là, Zorn avait découvert sa voie. Cette statuette est un chef-d'œuvre oii l'artiste a mis tout son amour.
En voyant son fils fabriquer des Eves, qu'elle jugeait de vilaines poupées indécentes, des Eves qui ressemblaient à celles de Houdon ou de Rodin, elle ne prévoyait pas que son fils serait le grand peintre de la Suède.
J'admire, posé sur un chevalet, le portrait de la petite fille du ministre des Etats-Unis ; avec quelle facilité le maître a l'air de se jouer de la peinture ; il pose ses touches non pas une à une, mais comme si une brosse gi-
gantesque avait fait son œuvre toute seule ; sur le mur des toiles hollandaises. L'atelier est ciré, luisant. Je me plais auprès de Zorn.
Mais nous reparlons de la guerre. Les Suédois ne détestent pas la France ; le souvenir de Bernadotte est gravé dans leur cœur ; les routes, les jardins publics, l'agrément de leur ville, tout cela ils le doivent au général ; l'épopée impériale échouée dans le nord a quelque chose de fantastique et de surhumain ; tous les trônes renversés, emportés par des rafales ! Et, là-haut, dans ce palais, le descendant de Bernadotte et de Désirée Clary écoute à sa fenêtre les rumeurs de la nouvelle invasion.
Dans le jardin zoologique, entre une hutte finnoise et des castors laborieux, se trouve la maison de Swedenborg le visionnaire. Voici la salle oii il écrivit ses doctes ouvrages ; à ce miroir il a dû ajuster une grave perruque. Lui qui se
croyait en relation avec le monde spirituel, erre-t-il à travers cette chambre ? Si je reste bien sage sur cette chaise, un ange va-t-il venir me révéler la fin des hostilités ? Séraphita va-t-elle entrer dans cette pièce avec un bruit d'ailes ? Hélas ! depuis qu'Anatole France ne fait plus parler les anges, ils se taisent afin de ne pas se compromettre.
Les Swedenborgiens, ses adeptes, viennent faire des pèlerinages dans ces lieux et rêver à ses doctrines. Ses disciples américains tentèrent même de transporter la modeste maison aux Etats-Unis ; ils offrirent au Conseil Municipal de la ville des sommes fantastiques, mais on ne vend pas la demeure des prophètes.
Pour demander mon chemin, j'éprouve de grandes difficultés ; nulle part on ne parle français ni anglais.
Dans la rue, afin d'obtenir un rensei-
gnement, j'essayais de gesticuler un peu, sans me résoudre à employer la langue de nos ennemis que chaque Suédois entend.
Un jour, je vois une affiche placardée sur les murs avec le nom magique : Paris ! en gros caractères. J'hésite ; si c'était une dépêche Wolff pour annoncer une défaite ? Si pourtant c'était une victoire ? Le cœur me battait fort comme si j'étais en faute et, toute troublée, dans mon meilleur allemand, je m'adresse à un passant :
— Monsieur, pouvez-vous me lire cette dépêche ? Je ne sais pas le suédois.
Hourra ! nous avions fait vingt mille prisonniers : C'était la victoire de Champagne ; je fais relire la dépêche au complaisant passant et, en guise de remerciements, je crie : « Gott mit uns ! » à l'édification des neutres. On s'attroupe, je m'esquive et, après plusieurs détours, je me trouve au bord de l'eau.
Dans cette ville, l'eau forme un carrefour où toutes les rues aboutissent ; elle vous attire comme à Amsterdam, mais ici l'attirance est traîtresse, on sent bientôt qu'elle nous est ^ hostile cette mer Baltique, oia les mines sont abondantes comme des algues. Je suis des yeux le bateau qui part et qui va ramener les Allemands dans leurs ports. Est-ce croyable .^^ Cet homme qui me regarde, ce gros poupon qui m'espionne sans doute, cet homme va peutêtre tuer mon frère ! Il vaque aujourd'hui à ses affaires ; il trame quelque complot ; il aiguise l'hostilité des Suédois contre leur grande voisine ; mais les Suédois sont sourds aux perfides conseils ; ils savent que l'intérêt des peuples est parfois de laisser le glaive au fourreau.
J'erre à travers les rues pour rejoindre mon hôtel : la nuit est venue ; je passe un pont, un autre pont, je m'étais
égarée... Mais voici l'église où, en 1817, on a enterré Christian Auguste. Sur ces marches, le pauvre Fersen, dans son costume de maréchal de cour, hué, insulté, a été massacré par le peuple. Sur le parvis de ce temple, a-t-il évoqué Marie- Antoinette ? A-t-il revu les jardins de Trianon et sa belle reine bergère ? Double tragédie que la mort sanglante de ces deux amoureux : Marie- Antoinette, Fersen. Toujours de l'histoire, comme si celle d'aujourd'hui ne nous suffisait pas : les Français sont perpétuellement dans le passé ou dans les chimères.
Vers la Laponie. — Que ces forêts vertes sont monotones ! Petits sapins nains, combien je vous aime davantage ouatés par l'hiver ; chaque branche devient alors un bijou merveilleux ; la neige fantasque et capricieuse reste captive entre vos branches. Le train
éclaire ce paysage polaire, qui scintille dans la nuit presque éternelle ; dans la plaine tout est blanc, même les soldats enveloppés de fourrures blanches, ils traversent silencieusement la campagne du pas lourd des skieurs. Les petites maisons rouges les attendent en haut des collines comme l'œil éclairé du bonhomme Noël.
Dans le wagon-restaurant. — Je me trouve en face d'une Danoise ; elle lit le dernier livre de Sven Hédin : « Impressions sur le front occidental. » Je demande à la dame de me prêter son Uvre. La neutralité de Sven Hédin est proportionnée au tirage de ses œuvres, il m'agace prodigieusement cet admirateur de Wilhelm. Voici une photographie de son dieu couronné. Il est représenté dans un château picard, qui ressemble tant à notre maison de Manancourt envahie par les Allemands, que
je regarde par deux fois pour m'assurer qu'il n'a pas couché dans mon vieux lit de cretonne. L'écrivain Scandinave envie les Français dont les jardins sont ratisses chaque matin et les arbres taillés par des mains étrangères.
— Monsieur le Neutre, je voudrais voir l'envahisseur manger vos fruits, arracher vos arbres et menacer vos enfants. Nous verrions alors si l'occupation vous charmerait autant !
Mais la table de l'Empereur est-elle plus savoureuse lorsque les mets en sont volés ?
Je rends le livre à la Danoise :
— Madame, aimez-vous la France ?
Ses yeux s'éclairent, elle craint de me
montrer sa sympathie ; l'ogre n'est pas loin. Ce peuple a tant souffert du voisin botté qui, du soir au matin, aiguisait son sabre à sa frontière, que la dame inconnue ose à peine me tendre la main.
Une petite Parisienne fait la grimace en mangeant des poissons sucrés. Nous causons robes.
— Quel costume de bain avez-vous fait faire, Madame, pour traverser la mer du Nord, me dit-elle ?
— Mais quelle étrange idée ! Pourquoi un costume de bain ?
— Naturellement, pour épater les Allemands en cas de naufrage. Le mien était ravissant, dernier cri, un peu sobre pour la guerre. Gomment, Madame, vous n'aviez pas songé à cela ?
Si les Françaises sont coquettes, du moins elles aiment mourir en beauté.
Souvent je pense à la jolie petite blonde qui envisageait la mort avec calme, pourvu que son costume fût seyant.
Encore une frontière ! — Il faut tirer la langue au docteur, lui donner son pouls, faire constater son civisme, re-
dire son nom, sortir ses papiers, attendre des heures, se lamenter, s'impatienter.
Pourtant un jour viendra oii il n'y aura plus de barrières entre les peuples!
Haparanda. — Personne pour porter ma valise. Désespoir. Enfin, un porteur se présente ; il a bien fière mine, c'est M. Wallenberg, le frère du Ministre des Affaires Etrangères, un homme charmant ; je suis heureuse de rendre hommage à sa courtoisie.
En voyage, lorsqu'une femme est seule, partout elle ne rencontre que visages accueillants ; chacun lui prête appui, aplanit toutes les difficultés et lui facilite le passage des douanes.
La clarté est aveuglante ; la nuit boréale entre par les fenêtres du wagon, se glisse à travers les stores baissés, trouble les esprits. Est-ce le jour ? Est-
ce la nuit ? Le cerveau se fatigue, on ne dort guère.
La Finlande. — Exempts de l'impôt du sang, les Finlandais regardent la guerre avec un certain détachement, mais ils préfèrent le maître d'hier à celui d'aujourd'hui. Mille liens les rattachent au Nord : langue, études, idées, chez eux on se sent encore en Europe. Demain, c'est l'Asie avec son odeur de cuir qui pénètre dans les narines.
Le ciel lui-même change, par un phénomène bizarre que je ne puis m'expliquer, il devient rose, comme à Venise.
L'air vibre ; il est composé de paillettes.
Personne ne se presse plus comme en Orient. Nitchevo ! (A quoi bon !) Peu importe le temps !
Voici la Russie immense, incompréhensible, composée d'éléments si divers
qu'il faut des années pour démêler ses races. J'y reviens pour la sixième fois avec la même curiosité et la même surprise, fatiguée par avance de la parcourir toute ; tels plusieurs puzzles que le hasard a réunis et qui tiennent mystérieusement ensemble par la volonté d'un seul ; rouages compliqués, où la Chine a mis sa main jadis et qui ont gardé l'empreinte de son fonctionnarisme.
Tandis que mon train entre en gare de Pétrograd, on signale le premier convoi de grands blessés. Je me précipite sur le quai où le duc d'Oldenbourg marche nerveusement en les attendant ; la petite locomotive arrive cahin-caha, tout essoufflée et comme consciente d'avoir amené tant de héros mutilés.
J'aperçois la blanche coiffe de Mme Sazanoff ; elle est allée jusqu'à Tornéo recueillir ces martyrs pour leur prodiguer ses soins maternels.
La musique militaire joue lentement riiymne national ; comme un répons, les blessés crient : « Vive le tsar » ; à chaque portière se pressent des figures hâves, que la faim a marquées de son stigmate. Polonais, Baltes, Tartares, Géorgiens, vous voilà revenus ! Union sacrée de races diverses, ils se souviennent des frères tombés entre la mer Baltique et le lac d'Ourmiah.
Les infirmiers, les sœurs de charité, les brancardiers s'empressent auprès des malades ; chacun a sa tâche désignée.
Dans la salle oii les tables fleuries étaient dressées, le couvert mis avec les plats nationaux, sont entrés un à un, portés à bras, marchant à l'aide de béquilles, des tronçons humains, Little Tiches, martyrs et glorieux !
Harangue du duc, sermon du métropolite ; personne ne cachait ses larmes ; chaqvf soldat touchait son pain comme
une relique ; un sergent disait : (( Il fait bon regarder le pain de chez nous. »
La grande-duchesse Wladimir arrive, avec son doux sourire, et leur souhaite la bienvenue ; elle passe de table en table, avec de bonnes paroles et des présents. Il y a là des soldats de toutes les parties de l'Empire.
J'ai reconnu un homme de Tiflis ; il n'avait plus ni mains, ni pieds, le froid les avait gelés ; son nez même était tombé. Loque humaine ! Je l'interroge et, comme c'est la coutume là-bas, dans ses montagnes, je lui dis : « Victoire ». Il me répond : « Seigneur, que Dieu vous rende la victoire ». Il me raconte que ces sauvages l'ont jeté avec la fièvre typhoïde dans des baraques glacées ; sans soins, couché sur la neige, peu à peu il a senti la paralysie envahir ses membres qu'il a fallu couper un à un comme du bois mort. Pauvre Jason !
Il ne tirera plus son aiguille en cousant ses babouches dans l'échoppe du bazar.
Lorsque le Pope a entonné les prières liturgiques, que les enfants de chœur ont psalmodiées, j'ai regardé attentivement tous ces hommes qui retrouvaient enfin, après tant de souffrances, les chants du pays. L'un d'eux était aveugle, son visage impassible ne trahissait rien, ni joie ni douleur, il songeait peut-être que, plus jamais, il ne re verrait le chemin qui conduit au village, ni le sourire de la femme aimée, ni sa mère.
Tout à coup les sons familiers sont venus jusqu'à son oreille; ses traits se sont illuminés ; il est descendu sur son visage comme une grande clarté : cet homme avait compris enfin qu'il était dans sa patrie.