‹ Rational ou manuel des divins offices de Guillaume DurandChapitre 111 sur 128 · DES DIACONESSES · texte numérisé non relu

DES DIACONESSES

Les Grecs schismatiques nomment aujourd'hui de ce nom la femriie d'un diacre, comme ils appellent papadie la femme d'un papas ou prêtre. Mais le nom de diaconesse marquait autrefois dans l'Eglise des femmes vertueuses , choisies pour servir les personnes de leur sexe. Leur ordination se faisait par l'imposition des mains de l'évêque. Il est souvent fait mention dans les anciens canons de ces diaconesses, auxquelles on a appliqué ces paroles de saint Paul (1 Timoth., v, 9) (3) : « Que celle qu'on choisira pour être parmi les veuves n'ait pas moins de soixante ans. )) En effet, on n'élisait point de diaconesse qui n'eût soixante ans, jusqu'au Concile de Chalcédoine, qui fixe l'âge de diaconesse à quarante ans. On doit cependant observer que le canon de ce concile où

(1) V. la Collection des Conciles de France.

(2) V. Fleury, Mœurs des chrétiens, § 26; Vierges, p. 254 et 255.

(3) Vidua eligatur non minus sexaginta annorum, quae tuerit unius viri uior.

il est arrêté de ne point ordonner de femme diaconesse avant quarante ans ne s'entend point des femmes dont parle saint Paul , mais des filles qu'on élevait à cette dignité, et qui devaient avoir au moins quarante ans. Leurs fonctions étaient anciennement de servir à l'administialion du baptême des femmes , et d'assister les femmes fidèles, soit en leur distribuant les aumônes destinées pour les pauvres, soit en leur rendant d'autres services de charité. Les cérémonies qu'on observait dans l'ordination des diaconesses se trouvent encore présentement dans l'Eucologe des Grecs. Mathieu Biastares, savant canoniste grec, observe qu'on fait presque la môme chose pour ordonner une diaconesse que dans l'ordination d'un diacre. On la présente d'abord à Tévêque devant le sanctuaire, ayant un petit manteau qui lui couvre le cou elles épaules, qu'on appelle marforium ; et, après qu'on a prononcé la prière qui commence : « La grâce de Dieu , etc.,» elle fait une inclination de tête sans fléchir les genoux. L'évêque lui impose les mains avec la prière accoutumée. Les diaconesses étaient censées autrefois du clergé; il ne leur était pas permis de se marier après leur ordination, sous peine d'anathème. Justinien y ajouta la peine de mort et la confiscation de leurs biens. Le Concile d'Epaune défendit d'ordonner à l'avenir des diaconesses; et, dans le VP siècle, l'ordre des diaconesses fut aboli dans les Gaules ; il subsista plus longtemps en Espagne. On n'en voyait plus en Occident dans le XII® siècle; il y en avait encore à Constantinople dansleXlll® siècle; mais Justinien avait réduit leur nombre, pour l'église de Constantinople, à quarante. Macer remarque , dans son Hierolexicon, au mot Diaconissa, que cet office subsistait encore de son temps dans l'église de Milan, où il y avait des matrones qu'on nommait Vctulones , qui portaient du pain et du vin pour le sacrifice, à l'offertoire de la messe, qu'on chantait selon le rite Ambrosien.

V. Fleury, Mœurs des Israélites et des Chrétiens, seconde partie (Mœurs des Chrétiens), pages 255 , 256 et 257, § xxvu, Veuves , Diaconesses.

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