DU ROCHET ET DU SURPLIS
Tels sont les noms que prend l'aube quand on lui conserve son corps et ses manches étroites et justes aux bras , comme il est arrivé à celles des évêques, qui changent toujours moins que les autres; et on l'appelle surplis lorsqu'on l'élargit par le corps et par les manches , ainsi qu'on en a usé parmi le clergé inférieur, « ou surtout parce qu'on n'y a plus gardé les fourrures , dit D. Claude de Vert , je veux dire les robes garnies de peaux d'agneau ou de brebis : aussi a-t-il été plus indispensable d'étendre et d'élargir davantage l'habillement qui se mettait par dessus. » Jusque là que, comme les chanoines réguliers de Saint- Victor de Paris portaient toujours de ces sortes de robes dans la maison, aussi avaient-ils continuellement le surplis; seulement, parce que cet habit , élargi de la manière que nous venons de dire , pouvait embarrasser, ils lui substituaient, dans le besoin, le rochet, qui est plus serré et plus étroit. Par exemple, il est marqué dans le livre de l'Ordre de ce monastère, que, lorsqu'on mettait le corps d'un religieux en terre, ceux qui descendaient dans la fosse pour le recevoir quittaient leurs surplis et demeuraient en rochet [superpellicia déponentes, et m tunicis lineis ad hœc prœparatis , rémanentes]. On se servait aussi de cet habit,
pour la commodité, dans les voyages. Les chanoines réguliers du Mont- Saint-Eloi, près d'Arras, qui portaient continuellement le surplis dans le cloître, prenaient, quand ils étaient dehors, le rochet, qu'ils appelaient sarro. On prenait aussi le rochet pendant le travail des mains ; les chanoines réguliers s'accoutumèrent même à ne plus le quitter; il devint aussi leur habit ordinaire, à l'exclusion même du surplis, qui ne servait plus qu'à l'église et dans les cérémonies.
Les manches du surplis étaient tantôt rondes, et tantôt longues et pendantes. Pour plus grande commodité, et afin de passer les bras entre ces mancheset le corps du surplis, on en vint à les ouvrir en cet endroit; et de ces manches, ainsi détachées en partie du corps du surplis et rejetées par derrière, on en retrancha tout le devant comme inutile et même comme embarrassant , et on laissa voler le reste par derrière en façon d'ailes, qu'on allongea même beaucoup depuis.
Plus tard, on retrancha les manches des surplis ; on arriva aies porter en forme de petits manteaux ou peignoirs. On épargna encore moins le rochet; car, outre les mai^ches, on en coupa aussi les côtés, n'y laissant qu'une pièce devant et une pièce derrière , en forme d'un court scapulaire de bénédictin. Enfin, on réduisit encore le rochet à une petite bande de deux doigts de large, qu'on portait, la plupart du temps , ou seulement par devant , ou aussi par derrière , soit en forme d'écharpe ou bandoulière , ou autrement. Cette bande , quelle qu'elle fût, retint toujours le nom de rochet dans certaines congrégations (1).