LA CHASUBLE OU PLANÈTE
C'est un ornement de l'église que le prêtre met par-dessus son aube quand il va dire la messe. Les chasubles des anciens étaient toutes rondes et traînantes à terre, fermées de toutes parts, seulement ouvertes par le haut pour passer la tête, ce qui leur a fait donner le nom de joug, et se retroussaient sur l'épaule ; au lieu que maintenant elles sont fendues par les côtés. « Les Orientaux , lorsqu'ils célèbrent la messe dans nos églises, dit un auteur du XVllP siècle , se servent plutôt de chapes que de chasubles. « En effet, on disait autrefois la messe avec des chapes; mais, comme on les trouva embarrassantes, on les coupa par le bas et on les fendit par les côtés, ce qui était beaucoup plus commode. A l'égard des chapes , elles viennent originairement des manteaux ou des robes que l'on portait ; car, dans les commencements, les prêtres ne se servaient ni ne chapes, ni de chasubles. Walafrid Strabon dit que dans la primitive Eglise on célébrait la messe en habit ordinaire. Le cardinal Bona n'est pas de l'avis de Nicolas Alemannus, qui prétend que les apôtres n'ont point eu l'usage des habits sacrés. Les premiers chrétiens, selon plusieurs auteurs, célébraient les mystères avec les mêmes habits qu'ils avait coutume de porter. 11 n'y avait en ce temps-
(1) Voici l'étymologie que Grimaud (Traité de la Liturgie sacrée) propose pour le mot planeta : « Quelques- vns, dit-il (part. 1, chap. 6, § 6), tirent ce nom du mot grec TTAavw, errer, parce que ce vestement n'est pas attaché audessus comme les autres. Anciennement, les chasubles estoicnt toutes rondes, dont le bord, flottant sur les bras, environnoit tout le corps, dit un auteur: [Quarùm limbus super brachia errabundus totum corpus circumibat. ] Elles couuroient les bras de mesme que le reste du corps ; et peut-estre, à cause de cela, on les nommoit planètes, parce qu'elles estoient toutes plaines, et n'auoient qu'une ouuerture en haut pour passer la teste. l'en ay veu vne de ceste sorte dans le Bourdelois. »