FORME DES ANCIENNES ÉGLISES
Sous Constantin et sous les premiers empereurs chrétiens, « l'église Hait séparée (i), autant qu'il se pouvait, de tous les bâtiments profanes, Uoignée du bruit, et environnée de tous côtés de cours, de jardins ou
(1) V. Fleury, Mœurs des chrétiens, p. 284 à 286 inclusivement, § 33 : Forme les églises.
de bâtiments dépendant de Téglise même, qui tous étaient renfermés dans une enceinte de murailles. D'abord, on trouvait un portail ou premier vestibule par où Ton entrait dans un péristyle, c'est-à-dire une cour carrée environnée de galeries couvertes soutenues de colonnes, comme sont les cloîtres des monastères. Sous ces galeries se tenaient les pauvres à qui Ton permettait de demander à la porte de Téglise, et au milieu de la cour étaient une ou plusieurs fontaines pour se laver les mains et le visage avant la prière : les bénitiers leur ont succédé. Au fond était un double vestibule, d'où Ton entrait par trois portes dans la salle ou basilique, qui était le corps de l'église. On peut dire qu'il était double, parce qu'il y en avait un en dehors et un autre au dedans, que les Grecs appelaient Narthex. Près de la basilique, en dehors, étaient au moins deux bâtiments : le baptistère à l'entrée; au fond la sacristie ou le trésor, nommé aussi secretarium ou diaconicum, et quelquefois il était double. Souvent, le long de l'église, il y avait des chambres ou cellules (celsœ, exhedrœ) pour la commodité de ceux qui voulaient méditer et prier en particulier ; nous les appellerions des chapelles.
« La basilique était partagée en trois, suivant sa largeur, par deux rangs de colonnes qui soutenaient la galerie des deux côtés, et dont le milieu était la nef, comme nous voyons à toutes les anciennes églises. Vers le fond, àl'orient, était l'autel, derrière lequel était le presbytère ou sanctuaire; c'est ce que l'on nomma depuis le chevet de l'église. Son plan était un demi-cercle qui enfermait l'autel par derrière; le dessus, une voûte en forme de niche qui le couvrait ; on la nommait en latin coucha^ c'est-àdire coquille , et l'arcade qui en faisait l'ouverture s'appelait en greCi absis (abside). Peut-être les chrétiens avaient-ils d'abord voulu imiter lat séance du sanhédrin des Juifs, où les juges étaient ainsi en demi-cercle, le président au milieu ; l'évêque tenait la même place dans le presby-l tère. Il était au milieu, avec les prêtres à ses côtés, et sa chaire, nomméej trône en grec, était plus élevée que leurs sièges. Tous les sièges en-| semble s'appelaient en grec synthronos, en latin confessus; quelquefois aussi on le nommait tribunal, et en grec berna, parce qu'il ressemblai' aux tribunaux des juges séculiers dans les basiliques. L'évêque étai comme le magistrat, et les prêtresses conseillers. Ce tribunal était élevé et l'évêque en descendait pour s'approcher de l'autel. L'autel était enfermé par devant d'une balustrade à jour, hors de laquelle était encon un autre retranchement dans la nef pour placer les chantres , que roEJ nomma depuis , par cette raison , chœur, en grec chorus ou chancel , du mot latin cancelli. Ces chantres n'étaient que de simples clercs destinéî à cette fonction. A l'entrée du chœur était l'ambon, c'est-à-dire une tri
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bune élevée, où l'on montait des deux côtés, servant aux lectures publiques, nommée depuis pupitre, lutrin ou jubé. Si l'ambon était unique, il était au milieu; mais quelquefois on en faisait deux, pour ne point cacher Tautel. A la droite de Tévêque, et à la gauche du peuple, était le pupitre de Tévangile , et de l'autre côté celui de Tépître ; quelquefois il y en avait un troisième pour les prophéties. »
(V. Georges Weller, De la structure des anciennes églises, et Léo Allatius. De veterum templis. )