‹ Rational ou manuel des divins offices de Guillaume DurandChapitre 90 sur 128 · CLOÎTRE · texte numérisé non relu

CLOÎTRE

Lieu, dans les monastères , clos et environné de portiques ou galeries qui font ordinairement un carré au milieu duquel est un préau ou jardin à fleurs ; mais , par le nom de cloître , on entend le plus souvent la maison entière. Ces sortes de lieux sont destinés aux personnes de l'un et de l'autre sexes qui renoncent au tumulte du monde pour embrasser une vie solitaire. La plupart des cloîtres ont été autrefois non -seulement des maisons de piété , mais aussi des écoles où l'on enseignait les langues et les arts libéraux; c'est pour cela qu'Oswald, roi d'Angleterre, comme nous l'apprenons de Bède ( lib. 3, Hist. eccles. Angl.) , donna plusieurs terres et possessions pour la construction des cloîtres , afin que la jeunesse y pût être bien élevée. Le pape saint Grégoire-le- Grand en fit bâtir plusieurs dans le même pays, pour déraciner le pélagianisme, selon Baléc (Ccntur. 13). Ce même auteur ajoute, dans la Centurie quatorzième, que Menulphe dit le Philosophe, qui était Ecossais, établit dans le cloître de Malmesbury une école pour les langues grecque et latine et pour les arts libéraux. C'est pour la même fin que les cloîtres de Saint-Denis, en France; de Saint-Gall, en Suisse, et une infinité d'autres, furent fondés en divers endroits. Pour favoriser cette institution , on attribua aux cloîtres de grands revenus et de très-beaux privilèges, entre autres celui de servir d'asile à ceux qui craignaient la rigueur de la justice.

(1) V. Le Brun Desmaretes, loco citato, p. 41 et A2.

ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 317

Page 1