‹ Rational, ou, Manuel des divins officesChapitre 37 sur 84 · DE LA PRÉFACE · texte numérisé non relu

DE LA PRÉFACE

. I. Au-devant de la préface , on dessine dans les livres une figure qui représente en haut la lettre U [a), et en bas la lettre D^ et ces deux lettres jointes ensemble sont mises là pour Vere dignum; ce sont les lettres initiales de ces deux mots. La lettre U, ouverte par le haut et fermée par le bas^ symbolise l'hiHnanité ou la nature humaine du Christ^ qui part d'une racé ancienne, et qui a eu son principe dans la Vierge, mais est sans fin. Le D, qui se ferme en cercle, est la figure de la divinité ou de la nature divine du Christ, qui n'a ni commencement ni fin. Le trait qui relie par le milieu les deux parties du 1), c'est la croix^ par laquelle l'humanité est unie à la divinité. On met donc cette figure au commencement de la préface, parce que, par le mystère de l'union et de la passion du Seigneur^ les hommes font la paix avec les anges , et l'humanité s'associe à la divinité pour préconiser le Sauveur. ' U. Dans toutes les préfaces les hommes et les anges se réunissent pour chanter tous ensemble les louanges de leur Roi^ et c'est pourquoi on chante les préfaces à haute et mélodieuse voix , parce qu'elles représentent les chants des anges.

(a) Pour V.

Et la préface est chantée devant l'autel et par le prêtre seul» selon cette parole de l'Apocalypse, chap. xiv : « Ils chantaient a comme un cantique nouveau devant le trône...., et nul ne a pouvait chanter ce cantique que ces cent quarante-quatre <c mille qui ont été rachetés de la terre. »

IIL On appelle cette prière pré/bce, parce qu'elle précède le sacrifice principal. C'est en quelque sorte un préambule, c'estr à-dire une préparation au saint ministère. C'est le préambule de toutes les prières qui commencent à Te igitur, et qui vont jusqu'à YÀgmis Dei. Dans la préface, le prêtre rend d'avance {prœloquitur) grâces et honneur à Dieu, afin de pouvoir mieux parvenir à consacrer le corps du Christ. La préface s'appelle aussi préparation, parce qu^elle prépare les âmes des fidèles au respect de la consécration qui va avoir lieu.

IV. On la nomme aussi l'hymne angélique, parce qu'elle est remplie des louanges des anges. Cependant le sacrifice s'appelle oblation dans la secrète [secreteïla) ; mais à partir du ÎDaminUsvobiscum, que l'on dit immédiatement après la secrète, jusqu'au Sancttis, le sacrifice reçoit le nom d'hymne. C'est avec raisQn que dans le dernier chapitre on a dit qu'à la fin de la secrète on prononçait à haute voix ces mots : Per omniasecula seculorum, qui terminent cette oraison, et qui commencent la préface ; car le prêtre fait entendre par là que le Christ est la pierre angulaire qui de deux peuples n^en a fait qu'Un en Jqdée, en unissant les Juifs et les Gentils, afin qu'il n'y ait qu'une seule bergerie et qu'un seul pasteur. Donc le prêtre , qui va dire une chose très-digne d'attention, salue le peuple par ces mots : « Le Seigneur soit avec vous , » par lesquels il nous souhaite d'être tels, que le Seigneur daigne habiter avec nous et célébrer avec nous ce repas dans lequel une femme apporta un vase d'albâtre plein d'une huile de nard, qu'elle répandit sur la tête du Seigneur pendant qu^il était à table. Le peuple répondra : « Et avec ton esprit; » et c'est ainsi que le prêtre et le peuple prieront mutuellement l'un pour l'autre.

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V. Car dans TAncien-Testament tous les prêtres priaient pendant ]a consommation du sacrifice : Jônathas commençait,/ et les autres répondaient. Ensuite le prêtre, pour exciter lé peuple à la prière, ajoute : «Elevez vos cœurs^» vers le ciel et non vers la terre. Et il élève ses mains pour les raisons que nous avons dites à la fin du chapitre de l'Oraison ou de la Collecte. Le chœur répondra : « Nous les avons vers le Seigneur, » c'est-à-dire nous devons les avoir ; d'où vient qu'on trouvé ainsi ces mots dans un canon de Cyprien {De consec., dist. i, Quando papœ). C'est pourquoi le prêtre, en disant la préfacé avant Toraison du canon , prépare l'ame de ses frères par ces mots : (( Elevez vos cœurs, » afin que, quand le peuple lui répondra : « Nous les avons vers le Seigneur, » il se tienne pour averti qu'il ne doit penser à rien autre qu'au Seigneur. Le chœur ajoute encore : a Nous les avons vers le Seigneur, » pour que l'Eglise , à l'exemple de la femme au parfum , élève son cœur au Verbe divin et oigne de l'huile de la foi catholique la tête du Christ, égal à Dieu le Père, qu'elle atteindra par la foi, et dont le prêtre poursuit avec raison les louanges en disant :

VI. « Rendons grâces au Seigneur notre Dieu, » parce que nous devons le remercier de tous les bienfaits qu'il nous a accordés. Le chœur répondra : a Nous le devons, et il est juste, » parce que nous devons rendre grâces à Dieu tout-puissant. Le prêtre dit ensuite : « Par le Christ notre Seigneur, » ce qu'il faut compléter ainsi : « Confiants et croyants que parle Christ les Anges louent sa majesté, les Dominations l'adorent, les Puissances tremblent en sa présance. » L'Eglise conclut admirablement les termes de cette sainte confession, lorsqu'elle chante avec les anges et les hommes, et de tout le dévoûment de son cœur, l'hymne : ce Saint, saint, saint est le Dieu des armées, les cieux et la terre sont remplis de ta gloire , etc., » dont on parlera plus bas.

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