II
clocher fit dans la quille du vaisseau une de ces larges entailles comparables au trou laissé dans la réputation d'un patriote qui accepte un emploi de ses anciens antagonistes. Malgré les bons offices de la flotte, qui nous envoya des relais d'hommes pour mouvoir nos pompes, il fut impossible de n^^intehir lEos à flot. INous fumes obhgés de placer d'abord une voile lardée sous sa quille , de le remorquer le long du chantier, de l'alléger et de l'amarrer. Le même soir, à neuf heures, la coque de VEos était vide. Tout l'équipage et les officiers étaient logés à l'Arsenal, et l'on faisait des préparatifs pour abattre le navire en carène le lendemain matin. L'opinion unanime fut que notre patron devait à sa qualité de parent d'un des premiers fonctionnaires de l'Amirauté le privilège d'échapper à une cour martiale. Tout autre aurait eu à rendre compte de cette singulière manie de renverser de comble en fondais églises sous-marines et de crever des frégates. Mais vu la parenté du coupable, on se contenta de nous ordonner de radouber en toute hâte, et de regagner nos pénates à notre grande satisfaction à tous, hormis le capitaine.
RATTLITT LE MARIN. I79