‹ Ravenne (volume 2)Chapitre 3 sur 16 · CANDÉLABRE EN BRONZE CONSERVÉ AC DOME · texte numérisé non relu

CANDÉLABRE EN BRONZE CONSERVÉ AC DOME

Dessin de M11” Marie Weber.

chaque pas de brillantes mosaïques, respectées par les vainqueurs byzantins, et dont la perte est pour nous singulièrement regrettable, évoquaient le souvenir du glorieux fondateur. Dans l’abside du triclinium et au-dessus de l’entrée du palais, il était représenté sur son cheval de guerre; ailleurs, il apparaissait debout, en cuirasse, tenant de sa main droite une lance, de la gauche un bouclier; à ses côtés, deux figures de femme symbolisaient, l’une Rome, l’autre Ravenne, les deux capitales du grand roi. Il semble que le souvenir de Théodoric, quoique entaché d'hérésie, avait pourtant mérité le respect des Byzantins orthodoxes; ils n’avaient osé complètement effacer un nom si grand et si glorieux. Sur la place qui précédait le palais, une statue de bronze doré représentait le roi barbare à cheval , le bouclier attaché au bras gauche, et de la main droite brandissant sa lance. Quelques Byzantins tentaient bien de faire accroire que c'était là le monument de l'empereur d’Orient Zénon. On ne s’y trompait point, et jusqu'au jour où il plut à Charlemagne de mettre, avec l’autorisation du pape, le palais de Ravenne au pillage, d’enlever les mosaïques, les marbres et les bronzes pour embellir sa résidence d’Aix-la-Chapelle, la mémoire du grand roi barbare demeura vivante dans Ravenne, son nom y fut célébré parmi ceux des grands bienfaiteurs de la cité.

Puis, c'étaient les églises : la cathédrale de la Résurrection ( Allas tasisj , bâtie par l’archevêque Ursus, et dont les murailles et l’abside étincelaient de mosaïques, détruites aujourd’hui1; à côté, s’élevait le palais archiépiscopal ( Tricollis ), vaste ensemble de constructions auquel les archevêques de Ravenne travaillèrent pendant plus de cinquante ans. Là aussi des mosaïques et des peintures rehaussaient la splendeur de l’édifice; ici, était représentée toute la série des archevêques jus-

i. Jusqu’au milieu du xvni0 siècle, on voyait des mosaïques dans l’abside de la cathédrale (V. Buonamici, Metropolitana di Ravenna, 1749); il semble, d’après les quelques fragments qui en restent, qu’elles sont d’époque fort postérieure à la construction d’Ursus.

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