SCULPTÉ
Dessin de Mlle Herwegen.
ib RAVENNE
qu'au vic siècle; là, cle longs cycles de fresques figuraient le miracle de la multiplication des pains, la création du monde, la vie de l'apôtre saint Pierre, dont de curieuses inscriptions métriques expliquaient les principales scènes; toujours dans la même enceinte, se trouvaient des salles de bain décorées de marbres précieux et de mosaïques; plus loin, c’était le monastère consacré à l’apôtre André, frère de saint Pierre, où l’on conservait précieusement la barbe du saint. L’évêque Maximien était jadis allé à Constantinople demander à l’empereur Justinien le corps sanctifié de l’apôtre : le souverain refusa, alléguant que, si Rome avait saint Pierre, l’autre capitale de l’Empire devait posséder au moins le frère du prince des apôtres. L’évêque n'insista pas : il demanda seulement qu’il lui fût permis, avec ses prêtres, de passer la nuit en prières sur le tombeau du saint, et au matin , tirant une épée de dessous sa robe, il trancha, par un pieux sacrilège, la barbe de l’apôtre et l’emporta à Ravenne. Voilà ce que contaient les moines de Saint-André, et toujours jaloux de la suprématie romaine : « Si le corps de saint André, disaient-ils, avait été ici enterré, jamais le pontife de Rome ne nous eût fait sentir le joug. »
Une dernière construction complétait cet ensemble de monuments, la seule qui subsiste aujourd’hui. C’était le baptistère de San Giovanni in Fonte, appelé aussi le baptistère des Orthodoxes; nous reviendrons plus loin sur les mosaïques qui le décoraient.
Après la cathédrale, après l’archevêché, il fallait aller voir les fondations pieuses de l’impératrice Galla Placidia, cette fière et énergique sœur du faible Honorius, tour à tour transportée par les hasards d’une existence romanesque du palais de Ravenne au camp des Wisigoths barbares et des bords de la Garonne aux rives du Bosphore, successivement femme d’un prince germain et mère d’un empereur romain , et qui , par sa hauteur d’esprit et son courage, sut, dans la tourmente du vc siècle, soutenir pendant quelque temps
l’Empire chancelant1. Elle aussi avait laissé un grand nom dans cette ville de Ravenne, qu’elle aimait et où elle avait voulu être ensevelie. Elle y avait fondé l’église de Sainte-Croix où des mosaïques représentaient le baptême du Christ; l’église de Saint-Jean-l’Évangéliste, bâtie à la suite d’un vœu fait au milieu d’une tempête, et où elle avait fait placer, sous l’abside, son portrait avec celui de ses deux enfants; aujourd’hui l’église subsiste, mais les images impériales, les portraits d’évêques qui décoraient l’abside, et tout le reste de la décoration a