‹ Ravenne (volume 2)Chapitre 6 sur 16 · BASILIQUE DE SAN APOLLINARE · texte numérisé non relu

BASILIQUE DE SAN APOLLINARE

Dessin de M"« Herwegen.

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splendides proportions de l’édifice, les admirables rangées de colonnes de marbre, le plafond en charpente des trois nefs, tout concourt à donner une idée frappante et exacte d’un édifice sacré des premiers temps du christianisme. Vingt-quatre colonnes de marbre, élevées sur des bases quadrangulaires décorées de sculptures, portent des chapiteaux d’ordre composite, surmontés de coussinets timbrés d’une croix;

INTÉRIEUR DE LA BASILIQUE DE SAN APOLLINARE NUOVO (VIe SIECLE).

Dessin de Mlle Herwegen.

des arcades, dans l’archivolte desquelles se dessinent de riches ornements en stuc, relient les colonnes l’une à l’autre, et, dans l’espace triangulaire qu’elles ménagent entre elles, encadrent toute une série de curieux emblèmes chrétiens 1 ; enfin de grandes fenêtres cintrées éclairent la nef principale. Dans les travées latérales, des pilastres

i. Ces emblèmes peints sur le mur appartiennent, ainsi que les stucs, à une époque postérieure; mais, comme le pense Rahn (page 47), ils remplacent avec exactitude une décoration plus

ancienne.

correspondent aux colonnes, mais leurs chapiteaux, fort curieux, n’ont plus rien de la facture antique.

VUE INTÉRIEURE DE SAINT-VITAL (v I e SIECLE). Dessin de M"“ Herwegen.

Sous l’abside demi-circulaire dont nous avons déjà parlé s’étend une crypte en forme de couloir demi-circulaire, qui se termine par une petite salle voûtée. Le chœur lui-même, auquel on monte par

un large escalier, est, suivant l'usage primitif, entouré d’un banc cle marbre demi-circulaire et richement décoré de belles mosaïques.

Si l’on jette sur ces édifices un coup d’œil superficiel, ils semblent tout d’abord différer assez peu des monuments élevés à Rome vers le même temps ; pourtant une étude plus attentive montre qu’ils ont leur caractère propre et original. Rahn a fort ingénieusement marqué la différence entre les basiliques des deux villes; nous lui emprunterons les principaux traits de cette comparaison. Sans parler du narthex fermé, genre de construction particulière aux églises de Ravenne, la forme polygonale des absides sur les faces desquelles s’ouvrent de grandes fenêtres cintrées, le développement considérable attribué aux absides latérales, sont des traits caractéristiques qui attestent une influence byzantine. Rarement on trouve à Rome ces tailloirs en forme de trapèze sur lesquels l’archivolte repose comme sur un coussinet élastique, et qui ne manquent jamais à Ravenne; à Rome, des poutres horizontales relient, suivant l’usage antique, les colonnes l’une à l'autre; à Ravenne, elles sont réunies par des arcades. Ici, de grandes fenêtres s’ouvrent dans les murs supérieurs de la nef principale; à Rome, elle s’éclaire à peine par d’étroites ouvertures. Ce n’est pas tout : dans les basiliques romaines, faites des débris de l’antiquité, la disparate des morceaux employés nuit à l'harmonie de l’ensemble; à Ravenne, tout a été conçu et exécuté d’un seul jet. Même dans l’aspect extérieur, bien austère pourtant dans les basiliques chrétiennes, il y a quelque différence; à Rome, aucune décoration architecturale ne relève l’uniformité des murailles; à Ravenne, des rangées d'arcades encadrent les fenêtres surmontées d’une sorte de

corniche en briques fort ingénieusement disposée. On voit par ces exemples quel est le caractère original des basiliques de Ravenne, et en quoi elles méritent une place à part dans l’architecture chrétienne des premiers temps.

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