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— \’ous m’avex dit qu'il» avaient de» mou*quels, dis-je tout liai à Marie; le» voyez-vous mainleuaul?
— A' o h. Lorsque je les ai vus , chacun d'eus portait un mousquet d'une main et travaillait de l'autre.
J'aurais pu tirer sur ce» scélérat* sans difficulté et uni danger pour moi-même , mais j’ai une profonde aversion pour verser le sang humain. J’avais devant moi la perspective d’une lutte sérieuse h soutenir, et je compris la nécessité d’obtenir de l’assistance.
— VouJes-vous aller à la chambre de mon onde, Marie, et lui dire de se lever immédiatement? puis vous ires ensuite h la porte ^jni est sur la façade, et vous crierc* : — Mille- Langues, venet ici aussi promptement que possible. Il ne vous faudra pas plu» de deux minutes pour faire tout cela, et pendant ce temps-là j’aurai l’œil sur ces gaillards.
— Je crains de vous laisser seul ici avec de telles gens, monsieur Littlrpage. murmura doucement Marie à mon oreille.
En insistant vivement, j’obtins enfin qu’elle se rendît à ma prière. La chère enfant vola plutôt qu’elle ne courut. Il ne s’était pas passé une minute qusnd je l'entendis appeler l'interprète. La nuit était si calme, que, si cslme que fût cet appel, et »i affairés que fussent les incendiaires, ils l'entendirent aussi, ou ils s’imaginèrent entendre quelque chose, et ils en furent alarmés. Ils se parlèrent entre cm, regardèrent attentivement pendant un instant leur infernale besogne, cherchèrent leurs armes placées dans un coin de la cuisine, et se préparèrent à partir.
La crise approchait. Je n’avais plus le temps de recevoir du secours avant que les deux misérables sortissent, et je devais ou engager la lutte avec eui, ou les laisser échapper. Ma première pensée fol de coucher à terre celui qui se présenterait le premier, et de me jeter sur le second avant qu’il pii apprêter ses armes. Mais une réfleiion rapide prévint à propos ce coup hasardeux. Le* incendiaires se retirèrent , et je doutai» que la loi m’autorislt à tuer un coupable qui faisait retraite. Je savais d'ailleurs que, dans une semblable affaire, un jury serait très-partial contre moi. Cependant il n’y avait pas de temps à perdre. On va voir le parti que je pris. J'entendis la porte s’ouvrir, et je me préparai h agir. Je ne savait pas si les incendiaires comptaient se retirer par le rocher ou ouvrir la grande porte, qui était munie d’une barre en dedans ; mais j’étais prêt pour l’une ou l'autre alternative.
Je n’eus pas plutôt entendu les pas d’un homme sur le pavé de la
C rte d’entrée , que je déchargeai mon fusil en l’air en signe d'a- ’me. Je mis la crosse en i'air, Je m'élançai et je terrassai le premier des deus d'un coup vigoureux appliqué sur la tête. Le misérable tomba sur le pavé comme un bœuf sous la hache de l'abattoir. Je jetai alors mon fusil, et, bondissant par-dessus ton corpe, je fondis sur son compagnon. Tout cela lut fait avec tant d’agilité que les bandit* furent complètement pris à l’improviste. J'attaquai si soudainement le drôle qui se tenait encore debout, qu’il laisaa tomber son fusil, et que nous nous primes coreis à corps, attachés l'un h l'autre comme des ours qui veulent s’étouffer. J'étais jeune et agile , mais mon adversaire était plus fort que moi. Il avait aussi l’avantage d’être accoutumé à la latte, et je fus bientôt h terre, entraînant mon ennemi sur moi. Heureusement je tombai sur le corps de l’autre incendiaire, qui commençait précisément à reprendre ses sent après le coup terrible qu’il avait reçu. Je n’avaia plus d’autre chance que le secourt que j’attendais. L’incendiaire avait saisi ms cravate et U tordait pour m'étrangler, lorsque je sentis un soulagement soudain. La lumière de l’incendie brilla au travers des porte» de la cuisine, et permit de voir tout ce qui ae passait août l'arcade. Marie revint juste à temps pour me secourir. Avec une résolution qui Ini ht honneur, elle ramassa le fuail que j’avais jeté à terre, et passa le bout du canon entre le* bras de mon antagoniste, qui m’étreignaient, et son dos, en élevant l’arme aussitôt romme un levier. Cet expédient me rendit la respiration pendant un instant, qui me suffit pour rassembler mes forces, saisir mon ennemi k la gorge, faire un effort désespéré, le jeter de côté, et me mettre en on clin d’œil sur pied. Tirant aussitôt mon pistolet de ma poche , j’ordonnai au misérable de se rendre s’il ne voulait subir les conséquences de sa résistance. La vue de cette arme m'assura la victoire. Le drôle à la figure noircie alla ae cacher dans un coin , en me demandant d'un air piteux de ne pis tirer. Au même instant l'interprète parut sous la voûte, suivi d'une fouie de Peaux Rouges, qui avaient été dirigés vers la maison par le bruit de mon coup de fusil.