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MEMOIRES LUS

PHYSIOLOGIE ANIMALE. — Fonction marlialc du foie chez les Vertébrés et les Invertébrés. Note de M. Dastre (').

« L'étiule (faite en commun avec M. Flopesco) dont je résume ici les résultats établit que le foie des animaux remplit une fonction spéciale relativement au fer de l'organisme. C'est ce que j'appelle la fonction martiale du foie. Elle est universelle, c'est-à-dire qu'elle existe aussi bien chez les Vertébrés que chez les Invertébrés, partout où se rencontre un organe (cœcums hépatiques, hépato-pancréas) pouvant être assimilé au foie.

» I. Invertébrés. — Si l'on veut bien comprendre la signification des faits, c'est par les Invertébrés qu'il faut commencer. Nous avons analysé, M. Floresco et moi, le foie et les différents organes d'un grand nombre de mollusques et de crustacés, au point de vue du fer qu'ils cohtiennent. Des analyses de ce genre n'avaient jamais été faites, et j'ajoute qu'elles n'étaient pas possibles avant que M. L. Lapicque, actuellement attaché à mon laboratoire de la Sorbonne, en eût donné les moyens. Ce savant a fait connaître un procédé fondé sur la colorimétrie du sulfocyanate ferriquc, procédé très bien adapté aux recherches biologiques à cause de sa rapidité, de sa commodité et surtout à cause des faibles quantités de matière qu'il exige et dont ne s'accommoderaient pas les méthodes par pesée ou les méthodes volumétriques ordinaires. La précision et l'exactitude des déterminations ne laisse rien à désirer si l'on observe les précautions convenables.

» A. Le premier résultat, c'est que le foie fixe des quantités de fer considérables par rapport à toutes les autres parties de l'organisme. Il est l'organe ferrugineux par excellence. Chez les Crustacés et Jes Mollusques que nous avons examinés, l'organe hépatique contient des quantités de fer de 4 à 20 fois plus considérables que le reste du corps.

» 1° Chez les Crustacés (homard, langouste, écrevisse) le foie est riche en fer et il est le seul organe dans cette condition.

» Par exemple, chez un homard, le foie contenait o™s, 12 pour is'' de tissu sec. Le sang (hémolymphe) n'en présentait pas sensiblement ; l'ovaire, pas davantage. Le tissu le plus riche après le foie est le muscle; il contient o^SjOS de fer par gramme de tissu sec, c'est-à-dire encore 4 fois moins que le tissu hépatique.

(') Cette Note avait été lue dans la séance du 3/1 janvier.

( 377 ) » 2*^ Chez les Mollusques céphalopodes (poulpe vulgaire, seiche, calmar) l'organe hépatique (héjMito-pancréas) est riche en fer. Il contient 25 fois plus de fer, à poids égal, que le reste du corps.

» Par exemple, chez des poulpes d'origines diverses (Paimpol, Arcachon ) nous avons trouvé o'"s,52 de fer pour is"" de tissu sec ou o™?, 12 pour iS' de tissu frais; pour l'ensemble des aulres tissus on trouve o"'s,02 par gramnoie de poids sec.

» 3° Chez les Lamellibranches (huîtres, coquilles Saint-Jacques, moules), l'étal de choses est analogue. le foie contient constamment du fer. Chez les huîtres il en contient cinq à six fois plus à poids égal et à l'état sec que le reste du corps; quatre à cinq fois plus chez les pectens; cinq fois chez les moules.

» Par exemple, cliez les huîtres portugaises, on trouve : teneur en fer pour is^ de foie sec, 0,110; avec les tissus secs, 0,018.

M 4° Chez les Gastéropodes (escargots, buccins, etc.), pas d'autre organe réellement riche en fer que le foie. La quantité de fer du foie est environ cinq à six fois plus considérable que celle du corps à poids égal.

» B. Seconde conclusion. — Cette faculté de fixation élective que le foie possède pour le fer est spéciale à ce métal. Il ne la possède pas pour le cuivre. Le sang de beaucoup d'Invertébrés. .Mollusques et Crustacés, est riche en cuivre (hémocyanine); le tissu hépatique n'en contient pas sensiblement.

» Ainsi, le foie se distingue des autres organes au point de vue du fer, et le fer se distingue des autres métaux au point de vue du foie. Le métal du foie est indépendant du pigment métallique du sang.

M C. La troisième conclusion générale de notre étude, c'est que la quantité de fer du foie varie entre des limites peu étendues, pour une même espèce dans les mêmes conditions physiologiques; beaucoup moins, en tous cas, que chez les Vertébrés.

» Cette provision de fer, sensiblement constante, n'est pourtant pas immobile. Elle se dépense et se renouvelle. Le fer hépatique passe dans la sécrétion du foie. Nous avons recueilli facilement chez l'escargot en hibernation, la sécrétion hépatique pure et nous l'avons analvsée. Elle contient une forte proportion de fer.

» Nous avons trouvé en mojenne o"?, :45 de fer pour iS' de sécrétion à l'état sec; la poudre de foie à l'état sec conter.ait o'"?,i5, c'est-à-dire trois fois moins.

» Ajoutons que la proportion de fer du foie ne suit pas les varia-

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