C. K., 1898, I" Semestre. (T. CXWl
( ViC. )
nissent an contact de l'air, on constate encore le rôle conservateur de l'acide sulfureux.
» INous conclurons que l'oxvdase des raisins est à la fois un ennemi et un auxiliaire de la vinification, dont on peut utiliser ou empêclipr les effets. »
CHIMIE VÉGÉTALE. — Acide pliylloryanique et les phylhcyanates. Note de M. A. Ci;im,em.\rf, présentée par M. Ann. Gautier. (Extrait.)
« Les reclierclies que j'expose ici ont été commencées déjà à l'époque où M. Fremv faisait ses recherches sur la chlorophylle (1877); elles ont pour objet de constater qu'il est possible et même relativement facile, en partant directement des végétaux : 1° de transformer leur chlorophylle en acide phyllocyaniqne; 1" d'isoler cet acide à l'état de pureté ; 3" de partir de cet acide pour obtenir les phvUocvanates des bases salifiables minérales ou organiques.
» 25 kilogrammes de feuillages divers, tels qu'épinards et orties, ont été Iraités, à la tenij^érature moyenne der)o°, par 6'" d'une lessive de sonde caustique ayant pour densité i,o56 (8° Baume).
» Nous avons reconnu que la liqueur ainsi obtenue (14'") n'est pas une simple dissolution de chlorophylle dans la soude; sa remarquable couleur d'un très beau vert est <lue au phyllocyanate de soude, plus ou moins impur mais pouvant servir à obtenir de l'acide phyllocyanique pur et en quantité indéfinie.
» A cet effet, on sépare d'abord de son sel sodique l'acide ]>hyllocyanique impur à l'aide de l'acide chlorhvdrique ordinaire étendu de cent fois son volume d'eau.
» L'expérience réussit parfaitement si l'on a eu le soin, avant de chercher à précipiter l'acide phyllocvanique, de saturer d'acide carbonique le phyllocyanate impur tle soude, et de l'isoler de l'atmosphère cà l'aide de ce même gaz, et à contlition aussi de prendre les précautions nécessaires pour éviter toute élévation de température cjui ferait passer, pendant l'opération, du vert au brun l'acide phyllocyanique et le décomposerait.
» L'acide phyllocyanique, précipité avec les précautions indiquées, est réuni, centrifugé s'il est nécessaire, puis lavé sur un filtre. Il est instantanément et entièrement soluble, ;i froid, sans altération aucune, dans des
( 427 ) liqueurs à i pour loo de potasse et de soude caustique, ou même d'ammoniaque.
» Mais, pour le purifier, il convient de remplacer les alcalis caustiques par leurs carbonates étendus et employés en quantité insuffisanle pour dissoudre la totalité de l'acide phyllocvanique. On empêche ainsi la redissolution des acides divers, gras, résineux, albuminoïdes et autres qui restent insolubles.
» En répétant l'opération, on isole à chaque fois sur les filtres, ou bien l'on enlra-ne dans les eaux de lavage, les corps étrangers solublesou insolubles, V compris les substances diverses que contiennent les fenilles des plantes employées.
» Les mêmes résultats peuvent être obtenus, mais moins facilement, en substituant, au début, à la lessive de soude, une lessive de potasse de même densité.
» On précipite ensuite définitivement l'acide phyllocvanique de l'un de ces phyllocyanates alcalins, au moyen d'un courant d'acide carbonique entraînant des vapeurs d'acide chlorhvdrique. Après lavage à l'eau, on le sèche à l'abri de la lumière dans le vide sec.
» Qu'il soit plus ou moins pur, les caractères de ce corps sont ceux de l'acide appelé phyllocvanique par M. Fremy (') dans son beau travail sur le phyllocyanate dépotasse, dont il admettait là préexistence dans les feuilles des végétaux terrestres.
» Chacun des phvllocvanates alcalins permet d'obtenir à l'état de pureté, par voie de double décomposition, autant de phvllocvanates différents qu'il existe de bases salifiables minérales ou organi([ues.
)) Ont été préparés dans le laboratoire à l'état de pureté, et, par conséquent analysables, conformément aux règles qui précèdent : les phyllocyanates solublcs de potassium, sodium, ammonium; les phyllocyanates insolubles ou peu solubles de calcium, magnésium, baryum; ceux de fer, aluminium, zinc, cadmium, cuivre, strontium, plomb, mercure, argent, quinine et cinchonine.
» Plusieurs de ces derniers présentent de l'intérêt au point de vue industriel ainsi qu'en pharmacologie.
M Cinq de ces phyllocyanates ont été analv.-és. Mais la fixation du poids moléculaire de l'acide présente quelques difficultés, peut-être à cause de l'oxydation et des altérations qu'entraîne une dessiccation complète^ peut-
(') Comptes rendus, l. L\X\1\, ji. ySo el sui>.; 1S77.
cLre aussi grâce à une ilissociation par l'eau de quelques-uns ilè ces sels. 1) Ces déterminations pourront être l'objet d'une nouvelle Communication à l'Académie, aussi bien que la question de savoir si la phyloxantine préexiste dans les végétaux ou si sa formation n'est pis postérieure à celle du phyllocyanate alcalin dont elle dériverait. »
physiologie: expérimentale. — De l'aclion destructive d'un s Jmm sanguin sur les globules rouges d'une autre espèce animale. Immunisation nontre cette action. Note de MM. L. Camus et E. Gley, présentée par M. Bouchard.
(( Des expériences déjà anciennes de A. Mosso(') ont montré que le sérum du sang d'anguille est extrêmement toxique pour un grand nombre d'animaux.
» Au cours de reclierclies sur la toxicité de ce sérum {-), nous avons observé un phénomène nouveau : quand on injecte dans une veine d'un lapin de 18008'' environ deux ou trois dixièmes de centimètre cube de ce liquide ou deux ou trois centièmes de centimètre cube dans une veine d'un cobaye de 4ooS'' environ, il se produit très rapidement de l'injection irieiuie, une hémorragie nasale et de l'héraoglobinurie; on trouve dans l'urine de ces animaux des cylindres granuleux en quantité; si l'on recueille du sang artériel el qu'on le soumette à l'action delà force centrifuge, le sérum présente une coloration rouge des plus intenses, due à la grande quantité d'hémoglobine dissoute.
B Le sérum d'anguille détiuit doue /« vis'o les globules rouges ('). Pour déterminer l'intensité de celte action globulicide, nous avons employé la méthode d'Hamburger (variation de la résistance des globules rouges dans des solutions de sel marin à des litres divers; on apprécie celte résistance par ce fait que les globules laissent diffuser leur matière colorante plus ou moins facilement), en nous servant du procédé de A. Mosso ('').
» Soit une série de lapins de la même race et de la même portée, vivant dans les mêmes conditions; on leur prend un peu de sang artériel dont on fait tomber une goutte dans des quantités égales d'une solution de sel marin à des titres divers, depuis oï'',48 pour i(;o jusqu'à os^ôô; à partir de la solution à o5'',.)2, il n'y a plus de diffu-
(') A. Mosso, Arch. ilal. de liioL, t. X, p. 141.
('-) L. Camus et E. Gley, Soc. de Biol., 29 janvier 1898.
(^) On sait depuis longtemps déjà que le sérum du sang d'une espèce animale détruit les globules du sang d'une autre espèce; on a quelquefois qualifié cette action de globulicide.
{'*) Voir A. Mosso, Rendiconti dall'Accademia dei Lincei, 1887, et G. \'iola, Gazz.degli Ospitali, 1894, n" 12.
( 429 ) sion de l'hémoglobine; c'était donc là pour ces animaux la solution isoionique (' ) au plasma sanguin, selon l'expression usitée; et c'est là en tout cas un moyen simple et commode d'apprécier la résistance globulaire. Or, nous avons vu que, si, dans ces solutions de chlorure de sodium, on introduit, avant d'y faire tomber la goutte de sang, une goutte de sérum d'anguille dilué de telle sorte que, dans les solutions emplo>ées de sel marin, cette dilution soit à des titres variant de j^ de centimètre cube à TToTô ^^ centimètre cube, la résistance des globules diminue à un tel point que l'hémoglobine diffuse encore dans des solutions hvperisotoniques (0,70 de XaCl pour 100). L'a'/tion globulicide du sérum d'anguille est donc d'une intensité telle qu il n'en a j-.mais été, crovons-nous, constaté de semblable (-).
» Il n'en va pas ainsi chez tous les animaux. Nous avons éprouvé par la même méthode la résistance des globules de plusieurs hérissons; normalement, cette résistance variait entre o.Go et 0,66: elle était donc notablement plus faible que celle des lapins dont il a été question ci-dessus; mais, par contre, elle est très grande vis-à-vis du sérum d'anguille : dans une solution de sel marin à o,G8 pour 100 et à t- de centimètre cube de sérum d'anguille, celui-ci n'amène pas de diffusion de l'hémoglobine. C'e.Nt là un phénomène spécifique, d'autant plus remarquable que la résistance normale des globules du hérisson est relativement faible, et qu'il convient de rapprocher d'un autre fait, que nous avons également découvert, à savoir que le sérum d'anguille est beaucoup moins toxique pour le hérisson que pour le cobave, ou le lapin, ou le chien (').
» Il importait de savoir si cette résistance des globules du hérisson tient à une propriété des globules eux-mêmes ou à quelque substance du plasma sanguin qui agirait comme antagoniste du sérum d'anguille. Pour juger cette question, nous avons ajouté, dans tous nos tubes contenant des dilutions de ce sérum, une goutte de sérum sanguin de hérisson; puis nous avons tait tomber la goutte de sang de lapin ; la résistance de ce sang s'est trouvée diminuée comme d'habitude. ^Nlais il faut remarquer que, dans des tubes témoins (c'est-à-dire ne contenant que du sérum de hérisson), il y a sortie de Ihénicglobine des globules dans des solutions hyperisotoniques. C'est naturellement que, comme tout sérum étranger, celui de hérisson
(') Ces animaux, avaient donc une résistance globulaire élevée; celle-ci correspond en général chez le lapin à des solutions de chlorure à oS'', 58-05'", 60.
(-) Nous cherchons actuellement s'il est possible de séparer cette action globulicide de l'action toxique générale du sérum d'anguille.
(') L. CiiiLS et E. Gley, Soc. de BioL, 29 janvier 1898.
est £;lobnlicifle pour le sang de lapin. Celte expérience ne pouvait donc trancher la question (').
» Nous croyons avoir résolu le problème par une autre expérience.
» Nous avons immunisé des lapins contre le sérum d'anguille par des injections intra-veineuses de petites doses de ce liquide, à deux ou trois jours d'intervalle, pendant une période de huit jours environ. Or, les globules du sang de ces animaux se sont comportés comme ceux du sang de hérisson vis-à-vis du sérum d'anguille; ils avaient donc acquis une i-ésistance spécifique extraordinaire. Et ainsi la question se posait de nouveau : le phénomène tient-il à une propriété des globules où du plasma? La question est tranchée par l'expérience suivante : d^ns nos tubes nous mélangeons une goutte de sériim d'anguille à une dilution très efficace et une goutte de sérum de lapin immunisé; l'action globulicide du sérum d'anguille ne se manifeste plus. Par une série de tubes témoins, on constate en même temps que le sérum d'animal immunisé augmente légèrement la résistance normale des globules.
» Le sérum des animaux immunisés a donc acquis, parle fait de l'immunisation, une propriété qu'il ne possédait pas. Et ainsi cette expérience très simple fournit la preuve directe, in vilro, de la présence d'une antitoxine dans le sang d'animaux immunisés (■).
» Ces expériences montrent aussi, croyons-nous, qu'à côté des données purement physiques que met en jeu la méthode de Hamburger et des notions qu'on a pu tirer de son application, il importe d'accorder une très grande part aux actions d'ordre chimique dont l'importance même apparaît grâce à l'emploi de cette méthode. Dans nos expériences, en effet, ce sont des quantités évidemment infinitésimales de matière, et en elles-mêmes et par rapport au volume des solutions isotoniques, qui suffisent à modifier très profondément le globule, et des quantités aussi faibles d'une autre matière qui suffisent à empêcher la première de produire cette altération (^).
(') Il est possible pourtant que le sérum normal de hérisson possède une action antagoniste de l'action globulicide du sérum d'anguille, mais on ne peut le constater par de telles expériences.
(-) Les expériences de C. l'hisalix et G. Bertrand {Arch. de PhysioL, 5' série, t. VI, p. 6ii; 189/4) et de J. Iléricouri et Ch. Richet {Soc. de BioL, 28 janvier 1897, p. 74) ont montré que le sérum du sang d'un animal immunisé contre le venin de vipère ou contre le sérum d'anguille, injecté à un autre animal, protège celui-ci contre l'action de ces substances toxiques.
(') A moins qu'il ne s'agisse ici simplement d'une neutralisation chimique du sérum toxique par l'antitoxine.
( '.3, ) » Un certain nombre de faits rapprochant l'action du sérum d'anguille de celle des venins et des toxines microbienne?, nous avons été naturellement amenés à entreprendre avec quelques-unes de ces substances des récherches analogues à celles qui viennent d'être rapportées. Cette étude est en voie d'exécution. «
PHYSIOLOGIE tXPÉRIMENTALE. — La lyrosine, vaccin chimique du venin de vipère. Note de M. C. 1*hisalix, présentée par M. Cliauveau.
« Dan:- une récente Communication (') j'ai montré que la cholestérine extraite des calculs biliaires exerce, vis-à-vis du venin de vipère, une action immunisante bien marquée. J'ai répété mes expériences avec deux nouveaux échantillons de cholestérine qui m'ont été obligeamment fournis par M. le professeur Arnaud, auquel j'adresse tous mes remercîments. L'un d'eux était de la cholestérine végétale, cju'il a découverte dans la carotte et fondant à i3G°; l'autre, de la cholestérine extraite des calculs biliaires et fondant à i/|6°. Avec ces deux substances, d'origine différente, on peut conférer aux animaux l'immunité contre le venin. La fusion à ï[\Cii° n'enlève pas à la cholestérine ses propriétés.
» L'explication de ces faits soulève de nombreux problèmes. Mais, avant de les aborder, j'ai cherché s'il n'existerait pas d'autres vaccins ciiimiques dans les composés organiques définis extraits des végétaux et des animaux. Parmi ceux-ci il en est un qui joue un rôle capital dans la constitution des matières albuminoïdes dont il constitue le noyau : c'est la tyrosine. Ce corps existe en grande abondance dans certains végétaux, particulièrement dans les tubercules de Dahlia et un champignon, la Russule noircissante. C'est de ces végétaux que M. G. Bertrand l'a retiré à l'état de pureté parfaite (^). Il a bien voulu m'en donner la quantité nécessaire pour l'étude dont je vais exposer les principaux résultats.
» La siibslance blanche, entièienienl formée de cristaux de Ivrosine, est très peu soluble dans l'eau, mais elle s'y divise en particules si ténues qu'elle reste en suspension dans le liquide auquel elle donne un aspect laiteux. Un tel mélange, dans la proportion de I pour loo, peut être inoculé facilement et sans danger sous la peau d'un ■cobaye à la dose de 2" à 3'"'". Il se produit un léger gonflement au point d'inoculation,
(') Comptes rendus. 1 3 décembre 1S97.
(-) Soc. citini. de Paris. 1896.
mais il ne survient aucun accident générai. Linjection inlra-péiilonéàie est moins inoffensive : elle détermine un abaissement de température de quelques degrés; mais ce malaise est de courte durée et l'animal revient à l'état normal.
» Les animaux, qui ont reçu cette émulsion de tyrosine peuvent être éprouvés au bout de vingt-quatre ou quarante-liuit heures avec une dose de venin mortelle en cinq ou six heures pour les témoins : ils n'éprouvent pas de svmptômes généraux d'envenimation, leur température ne s'abaisse pas; toutefois, quelques accidents locaux peuvent se manifester.
» Il suffit de 5"'6 de tvrosine pour vacciner un cobaye, mais on comprend que l'immunité est plus ou moins forte et durable suivant la dose. En général, avec io™s à 20™s l'immunité est déjà très prononcée au bout de vingt-quatre heures; elle peut durer encore après vingt-cinq jours; quelquefois cependant elle a di.-Daru vers le quinzième jour.
» Injectée en même temps que le venin, mais dans un point différent du corps, la tyrosine peut retarder la mort de plusieurs heures, mais elle n'est pas capaule de l'empêcher : elle n'est donc pas antitoxique. Elle n'est pas non plus un antitode chimique; mélangée au venin, elle ne le détruit pas et le mélange est aussi toxique que le venin seul.
» La Ij'rosine qui a servi à ces expériences peut être considérée, d'après la méthode de préparation employée ('), comme débarrassée de toute substance étrangère. D'autre part, la tyrosine animale, dans la préparation de laquelle toutes les substances albuminoïdes sont détruites, possède aussi les mêmes propriétés antivenimeuses que la tyrosine végétale. Ajoutons, dans le même ordre d'idées, que la tyrosine chauffée à ip.o" pendant vingt minutes ne perd pas ses propriétés immunisantes.
» De tous ces faits il ressort clairement que la tyrosine peut être considérée comme un nouveau vaccin chimique du venin de vipère.
» En ce qui concerne la tvrosine des tubercules de Dahlia, il était naturel de penser que le suc des tubercules où elle est en dissolution devait aussi se comporter coraïue un vaccin.
» C'est, en effet, ce qui a lieu. Il suffit de i*^*^ à 2*^' de ce suc fraîchement exprimé, pour vacciner un cobaye contre une dose mortelle de venin. Or, si la tyrosine seule agissait, il faudrait lo"*^ environ de ce suc, puisque, d'après M. Bertrand, la tyrosine s'y trouve dissoute dans la proportion de o^'', 5 par litre et qu'il en faut 5™^'" pour produire l'état vaccinal. Il est donc probable que d'autres substances confèrent au suc de Dahlia ses propriétés antivenimeuses. La composition de ce suc est, du reste, très complexe, et son étude physiologique exige de nouvelles recherches. En attendant, il était intéressant de signaler ce fait comme le premier exemple
(') Voir G. BEUTnAND, loc. cil.
connu d'un vcgctal dont le suc cellulaire est doué de propriétés immunisantes
contre un venin.
AXATOMIE. — La névroglie de l encéphale, chez les Poissons. Note de M. Catois, présentée par M. Edmond Perrier. •
« Les éléments de soiilènement (slùlzzelen) dans l'encéphale chez les Poissons sont surtout représentés par les cellules épendvmaires ( epithelzollen, ependvmzelleii) ; ces cellules ont été parfaitement étudiées, décrites par les auteurs et sont bien connues; nous ne faisons donc que les uienlionner ici, en insistant seulement sur les deux points suivants :
)) 1° Chez les jeunes sujets ces cellules épithéhales constituent, seules, toute la névroglie; elles s'insèrent sur les parois des cavités ventriculaires par leur extrémité interne ou centrale, se dirigent en sens radiaire vers la surf;ice extérieure ilu névraxe et se terminent sous la pie-mère par leur extrémité périphérique ou externe au moyen d'un petit renflement conique.
» 2" Cette disposition embryonnaire, persistante chez les adultes dans les cellules épendymaires qui vont des parois antérieure et postérieure du canal central pour s'insérer au fond du sillon médian antérieur ou postérieur de la moelle épinière (coins épendymaires de Retzius), se retrouve également au niveau des parois supérieure et inférieure (partie médiane) des troisième, quatrième ventricules cérébraux et de l'aqueduc de Syhius, cavités modifiées du canal neural primitif.
» Devons-nous admettre maintenant que, dans l'encéphale des Poissons, toutes les cellules épendymaires conservent, même chez l'adulte, leur disposition primitive et qu'il n'existe pas chez ces Vertébrés inférieurs d'autre névroglie que celle qui est constituée par les expansions périphériques de l'épithélium épendymaire?
» Rappelons à ce sujet les travaux de Fritjof Xansen (') et de G. Retzius (-) sur les éléments de soutènement dans la moelle épinière des Cyclo-
(') Fr. Xaxsen, Structur and combination of the histological éléments of Ihe central nervous System. Bergen' s muséums Aarsberetning for 1886. (Bergen, 1887.)
(-) G. V^^^^lv:s, Zur Kennlnis des centralen I\ervens)stems von Myxine glutinosa (biolog. L'ntersuchungen, N. F., II, Stockholm; 1891).
G i;., 189S, i" Semestre. (T. CXXVI, .N- 5.) ^6
( /.3/4 ) slomes;]M. v. F.enhossék (') mentionne la présence de vcritnbles cellules névrogliques (astrocyten) dans la moelle é|iinière des Sélaciens. Nous avons pu, nous-même, réussir l'imprégnation de ces cellules dans la moelle d'un fœtus d'Acanthias de 0'='", i5 de longueur et nos préparations histologiques récentes reproduisent absolument le dessin {fig. '^2) de M. v. Lenliossék*(/o^. cit., p. a/joV
» D'autre part, M. Athias(- ), dans son excellent travail sur la structure histologique de la moelle épinière du Têtard de la Grenouille, partage l'opinion de Cl. Sala (^)et, considérant les cellnlcs en araignée observées et dessuiées par Lavdowsky ( '), chez la Grenouille, comme le résultat d'imprégnations défectueuses, se refuse cà admettre l'existence de véritables cellules en araignée ou asirocyten chez les Batraciens (animaux placés plus haut, dans la série animale, que les Poissons). La question est donc en litige.
M Les recherches que nous poursuivons depuis plusieurs années sur l'encéphale des Poissons nous ont permis de faire les constatations suivantes :
» 1° Les cellules épendymaires peuvent, chez l'adulte, cmigrer de leur emplacement ordinaire (cavités ventriculaires) et ces éléments déplacés conservent encore leur expansion soit périphérique, soit centrale, plus ou moins modifiée ou atrophiée.
» 2° La migration et la transformation des éléments épiihéliaux peuvent même s'étendre plus loin; c'est ainsi que nous avons, plusieurs fois, constaté la présence de véritables cellules en araignée dans la substance blanche de l'encéphale, chez les Poissons.
» Nous nous réservons, dans un travail prochain, de décrire ces éléments névrogliques en indiquant leur situation anatomique exacte dans le cerveau; nous nous bornerons aujourd'hui à signaler leur présence dans le lélencéphale, le diencéphale, le mésencéphale et le métencéphale de Raia clavala, Raia hatis et Raia punclala parmi les Elasmobranches; dans
(') iM.-V. Lenhossék, Der feinere Bau des JVerçensf stems ini lichte neuester Forschungen (2. Auflage, iSgâ).
(-) ^L Athias, Structure hislologi'jue de la moelle épinière du Têtard de la Grenouille [Bibliographie anatomique, n° 1, p. 87, janvier-février; 1897).
(^) Sala y Pons (Cl.), La neuroglia de los Vertebrados (Tesis del Doclorado, Madrid; 1894).
(') Lavdoskï, lom Au/bau des Riickeiiniarks (Arch. Jïir niikr. Anat., Bd. XXXVIII; 1891).
le dienrcpliale, le mcsencéphale el le mvélencéphale de Platessa vulgaris, Gadus /usnw:, Scor?2ber scomber parmi les Téléosléens.
» Ces éléments névrogliques nous onl paru être surtout plus abondauls dans les parties<le l'encéphale où des contacts inutiles doivent être évités entre les éléments nerveux (rôle isolateur); sur certains points de nos préparations, nous avons aussi nettement constaté les rapports de ces cellules névrogliques avec les vaisseaux capillaires.
» liCS faits que nous venons d'exposer sommairement résultent d'observations multiples et répétées, effectuées au moyen des méthodes rapides d'imprégnations (Golgi-Cajal), méthodes simple ou double ('). Pour réussira mettre en évidence les aslrocytcn dans l'encéphale des Poissons, il nous a semblé qu'une des premières conditions était la suivante : la durée du premier bain (mélange osmio-bichromatique) ne doit pas dépasser dix-huit à vingt heures.
» Si les cellules et les fibres nerveuses ne sont ainsi que peu ou pas imprégnées, les éléments névrogliques apparaissent néanmoins avec netteté. Lorsque la durée de ce premier bain dépasse vingt-quatre heures, les cellules et les fibres sont imprégnées, mais alors les cellules en araignée ne le sont plus. (Eifet probable du. 9»rf/»/rme/?ze«/ de ces éléments pendant le premier bain et de \a non- diffusion du chromate d'argent dans ces mêmes éléments pendant le second bain.)
» Ces remarques, d'ordre purement technique, paraissent confirmer, d'ailleurs, les observations de Oyarzum (') et les indications de Lenhossék (') relatives à l'imprégnation de la névroglie. »
ZOOLOGIE. — Sur les limites morphologiques des anneaux du tégument et sur la situation des membranes articulaires chez les Hyménoptères arrivés à Vélat d'imago. Note de M. Ciiari.es J.v.net, présentée par M. Emile Blanchard.
« La limite de deux anneaux successifs du tégument est bien nette sur la surface extérieure du corps de la larve d'un Hyménoptère, mais il n'en
(') Travaux faits aux laboratoires maritimes de Tatihou, de Luc-sur-Mer et au laboratoire d'Histologie de l'Ecole de Médecine de Caen.
(^) OyARzuM, Ueber den fenieren Bau des Vorderhirns der Ampliibien (Arc/i. fiir inik. Anat.. Bd XXXV; 1890).
(^) M. y. Lenmossék, loc. cit., p. 11.
est plus de même chez l'imago. Je me propose, ici, de préciser la sitiialion de celte limite, et je prendrai comme exemple la Fourmi, l^a Jtg. i donne l'ensemble d'une coupe sagittale des téguments d'une Myrmica rubra, avec l'indication des anneaux postcéphaliques. l^ajïg. 2, reproduction très am-
Fig. I. Fig. 2.
Fig. I. — Myrmica rubra, ouvrière. Coupe sagittale du tégument. Se i à 5e i3, les i3 anneaux postcéphaliques; ^p. i à Ap. 3, apodènies du corselet; /. m, l. m. i, l. m. 3, lamelles médianes ventrales; m. a. I, m. a. i, membranes articulaires thoraciques; m. a. 4 à m. a.'], membranes articulaires post-lhoraciques; De, hypoderme; Ch, chitine; iôr, labre; Bch, bouche; Cav, cavité supralabiale; Lbi, labium; Gl. Ibi, glande labiale; Vag, vagin; Sty, stylet; Gor, gorgeret; Gl. v. i, glande de Dufour; Gl. V. 2, glande à venin; An, anus; Amp. r, ampoule rectale.
Fig. 2. — Myrmica peu avant l'éclosion. Coupe sagittale de la région d'union des 5* et 6° arceaux dorsaux. i° Exuvies nympliales : Cut. nym, cuticule nymphale; Lim. n. 5. 6, limite des 5' et 6* anneaux de la nymphe; Lam. nym, lamelle annulaire; Bourr. nym, bourrelet marginal. 2° Imago : m.b.d, membrane basale; De, hypoderme; Ch. b, chitine blanche; Ch. j, chitine jaune durcie Menib. art. 5, membrane articulaire de Se 5.
plifiée d'une partie de la figure précédente, représente la région d'union des cinquième et sixième arceaux dorsaux chez une nymphe prête à éclore. Sur la cuticule nymphale (Ci^^. nym.) la limite séparative des anneaux {Lim. II. 5, 6) est bien marquée.
» Fendant toute la période larvaire, l'animal est recouvert de cuticules minces qui se forment successivement et sont rejetées au moment des mues. Grâce à des replis tégumentaires qui s'étaleront ensuite, chacune de ces cuticules est, dès son apparition, plus grande que la cuticule précé-
( 437 ) (lente qui vient fie se détacher, mais qui, cependant, l'enveloppe encore pendant quelque temps avant la mue. Ces cuticules n'envoient, au niveau des sillons interannulaires, aucun prolongement vers l'intérieur du corps.
» Il n'en est plus de même pour les cuticules nvmphales. La dernière de ces cuticules {fig- 2) se forme d'abord, elle aussi, sans |)résenter de prolongement interne au niveau des sillons interannulaires, mais bientôt il se produit, à ce niveau, un repli de l'hypoderme. Les deux feuillets de ce repli restent accolés. Ils produisent une lame annulaire (^Lam. nym.) dont les strates supérieures appartiennent au zoonite précédent et les strates inférieures au zoonite suivant. Celte lame annulaire est bordée d'un bourrelet marginal ( Bourr. nym.).
» A la période suivante, l'hypoderme se détache de la cuticule nymphale que je viens de décrire et se trouve pourvu, sur tout son pourtour, à l'emplacement de la lame annulaire [Lam. nym.'), d'un sillon très profond.
» C'est au fond de ce sillon que se trouve la limite morphologi({ue des deux anneaux. A la suite des phénomènes de contraction si remarquables qui donnent à la nvm]3he les formes définitives de l'imago, apparaît une nouvelle cuticule, définitive elle aussi. Les premières strates de cette cuticule sont pourvues des sculptures superficielles du tégument et présentent sur toute la surface du corps une dureté très prononcée. Mais bientôt, aux endroits qui doivent former des membranes articulaires, les strates suivantes changent de nature et se trouvent formées d'une chitine relativement molle. A la partie tout à fait supérieure de l'anneau .Se 6, il se forme, sous les premières strates de la cuticule naissante, un repli hypodermique dont les faces, en contact suivant la ligne ah, produisent, vers l'intérieur du corps, une forte nervure de raidissage, qui est une formation définitive du squelette tégumentaire de l'imago.
» Si l'on considère que les muscles dorsaux longitudinaux (.17. f/.w. 0 et M.d.m.6) appartiennent tout entiers, leurs tendons d'insertion compris, le premier au cinquième et le second au sixième anneau postcéphalique, on voit non seulement que la membrane articulaire Qfemb. art. 5) appartient tout entière au cinquième anneau, mais qu'elle semble même ne pas être terminale, car une partie de la nervure rigide ab paraît appartenir au même zoonite qu'elle. Le nom de membrane intersegmentaire que l'on donne généralement à une telle membrane, justifié par ses fonctions physiologiques, est donc inexact au point de vue morphologique.
» Si l'on procède à un examen analogue dans la région d'union du mésosternum avec le prosternum ou du prothorax avec la tête, on trouve
que les choses se passent de la même façon, avec cette différence que la membrane articulaire qui permet les mouvements d'un anneau par rapport à l'anneau voisin appartient non plus à l'anneau précédent mais à l'anneau suivant.
Fig. 3. — Myrmica rubra.
Nymphe de reine sur le point d'éclore. Coupe d'une membrane articulaire et d'une nervure situées dans la région dorsale du mésothorax. Ch. f, chitine dure de couleur foncée; Ch. b, chitine moins dure; Ch. z, lignes indiquant la stratification; De, hypoderme; Memb, membrane articulaire; P. s, poil sensitif; Cut.nym, cuticule nymphale.
» Si donc on considère chez l'Hyménoptère l'ensemble du métalhorax (Se?)) et du premier anneau postcéplialique (Se 4) qui lui est soudé d'une façon rigide, comme la base fixe des mouvements relatifs des anneaux situés en avant et de ceux situés en arrière de cet ensemble, la situation de la membrane articulaire destinée à permettre les mouvements relatifs de deux anneaux successifs peut être définie de la façon suivante : elle est située dans le voisinage de lii limite morphologique des deux anneaux, non jias siu" l'anneau relativement mobile, mais bien tout entière sur l'anneau relativement fixe. Conformément à cette règle les zoom'tes pro- et mésothoraciques portent leur membrane articulaire vers leur bordure antérieure, tandis qu'au
( 439 ) contraire les anneaux post-tJioraciques parlent leur niembrane articulaire vers leur bordure postérieure.
» La fig. 3 montre comment se forment les membranes articulaires (Memb) et les nervures de raidissage (nerv) du tégument de l'imago. Dans l'exemple représenté par celte figure, la cuticule nvmphale (Cul. nym) neprésente aucun indice de ces formations. Lorsque rhvpoderme(/)e), après s'être délnché de cette cuticule et après s'être modelé à la forme définitive de l'imago, commence à produire sa cuticule définitive, les premières strates formées (C/i.f) sont dures, peu perméables et continues sur toute la surface de la région examinée. C'est seulement au bout d'un certain ■iiips que, pour former une membrane, l'hypoderme se met tout d'un coup et sans transition à produire une masse chitineuse membraneuse, bien limitée latéralement et caractérisée, dans les préparations, par son affinité pour les matières colorantes. De même, la nervure (ne/-(') n'est pas indiquée sur les premières strates du squelette définitif. T.es strates suivantes préludent à sa formation par une simple ondulation, et c'est tout d'un coup que l'on voit apparaître une lame qui constitue, pour ainsi dire, l'âme de la nervure et qui continue à s'accroître par apposition de strates successives. »
ZOOLOGIE. — Sur la/aune des eaux douces des îles Canaries. Note de M. Jules Richard, présentée par ^L Milne-Edwards.
« La faune des eaux douces des îles Canaries était jusqu'à présent tout à fait inconnue en ce qui concerne les animaux inférieurs. La position di ces îles par rapport à la cote occidentale du Maroc, la rareté des eaux naturelles, le grand nombre des réservoirs d'eau de pluie à ciel ouvert sont autant de conditions qui rendent intéressante l'étude de la faune, au point de vue du mode de peuplement de ces eaux et de la distribution géographique de certaines espèces. C'est pourquoi les recherches très nombreuses de ^L Ch. Alluaud (ilesHierro, Goniera, Tenerife, Canaria, Fuerteventura, Lanzarote, Graciosa), complétées par celles de M. Ed. Chevreux (Tenerife et Canaria), méritent d'élre signalées d'une façon particulière.
» On se tromperait fort, en croyant que les réservoirs artificiels récents, si nombreux aux Canaries, sont pauvres en organismes. Les récoltes de MM. Alluaud et Chevreux, faites de novembre 1889 à juin 1890, montrent, au contraire, une intensité de vie considérable, aussi bien pour les Rotifères que pour les Entomostracés.
M Voici la liste des espèces que j'ai observées :
» Pbyllopode : Artemia salina Linné.
» Cladocères : Daphnia magna Straus; D. similis Clans, et sa variété Alliiaudi Rich.; D. cun'iroslris Eylmann; D. obtusa Kurz, var. latipalpa Moniez; Ceriodaphiiia quadrangula O.-F. Miiller; Moiiia rectirostris O.-F. Mûller; Alona Alliiaudi n. sp.; A. tenuicaudis Sars; A. inlermedia Sars; Dunhevedia seligera Birge; Chydorus sphœricus Jurine.
» CoPÉPODES : Cyclops vernalis Fischer; C. oithonoides Sars, var. hyalina Rehberg; C. serrulatus Fischer; C. prasinus Fischer; C. diaphanus Fischer; C. Jimbrialus Fischer; Cantlwcamptus palttstris Brady; DiapLomus A lliiatidi de Guerne et Richard.
» OsTRACODES : je me bornerai à signaler dans ce groupe une forme intéressante, Cypris bispinosas Lucas.
' » RoTiFÈRES : Aniirœa aculeala Ehrg, .var. brenspina Gosse; Polyarthra platyptera Ehrg., et le curieux Pedalion mirum Hudson dont il a été pris des millions d'exemplaires.
» Bryozoaire : Statoblastes de Plumalella.
» La plupart de ces formes soiildéjà connues en Europe ou en Afrique, ou dans ces deux contrées à la fois; certaines sont nouvelles ou méritent une mention spéciale :
)) C'est ainsi que D. similis Clans n'était connue qu'en Syrie et en Palestine; la variété nouvelle de cette espèce, var. Alluaudi, est spéciale aux Canaries et atteint une taille considérable, puisque certains individus mesurent 4""', 8 sans l'épine caudale qui peut avoir à elle seule 3'"" de longueur. Aux Canaries, D. similis ne se rencontre que dans l'île de Fuerleventura.
» Alona Alluaudi est une espèce nouvelle jusqu'ici spéciale à Tenerife et qui, atteignant presque i™'", est une des plus grandes formes de ce genre.
» Le Diaplomus Alluaudi de Guerne et Richard a été déciùt pour la première fois d'après les exemplaires rapportés de Lanzarote par M. Alluaud. Ce Calanide, très remarquable, a été retrouvé depuis en Egypte, en Portugal et en Hongrie.
» Quant au Cantlwcamptus palustris Brady, c'est une espèce qui n'était connue jusqu'ici que sous des latitudes beaucoup plus élevées que celle des Canaries et dans des eaux sauraùtres ou salées (Iles Britanniques, salines de l'est de la France). Elle se retrouve dans des conditions analogues dans le lac salé de Januvio, à Lanzarote, avec Artemia salina.
>) Il est reconnu que les Canaries sont des îles volcaniques, qui n'ont jamais été rattachées entre elles ni à aucun continent voisin. Il est évident que les animaux d'eau douce y ont été apportés à l'état d'œufs de résistance, peut-être par les oiseaux, mais bien plutôt |)ar les vents. Le vent du sud-est, notamment, apporte parfois, sur toutes les îles de l'Archipel,
fies nuages de sable ainsi que des nuées de sauterelles; les îles de Lanzarote et de Fuerteventura ne sont qu'à loo""" delà côte du Maroc.
)) On comprend donc que la faune des îles Canaries présente peu d'espèces spéciales, et il n'est pas douteux que celles-ci se retrouveront, un jour ou l'autre, dans les régions voisines du continent africain. Parmi les autres formes, il en est de cosmopolites et d'autres à distribution géographique plus restreinte.
» Quoi qu'il en soit, les récoltes de MM. Alluaud et Chevreux nous fournissent des documents précieux sur la faune des eaux douces de la côte occidentale d'Afrique, faune inconnue jusqu'alors et sur laquelle il est difficile d'obtenir des renseignements, par suite des obstacles qui s'opposent à l'exploration de cette partie du continent africain. »
ZOOLOGIE. — Sur l'aire de dispersion de la faune malacologique des grands fonds de l'océan Atlantique boréal. Note de M. Arxocld Locard, présentée par M. ]Milne-EdAvards.
0 L'étude des 3Iollusques testacés récoltés dans les dragages entrepris sous la direction de M. ^lilne-Edwards, pendant les campagnes du Travailleur et du Talisman, nous a permis de constater que cette faune profonde avait une extension géographique beaucoup plus considérable qu'on ne le supposait. D'autre part, il existe une corrélation intime entre l'extension géographique de cette faune et sa dispersion balhymétrique. En effet, ainsi qu'on l'a déjà constaté, les affinités entre la faune profonde de l'Afrique occidentale et la faune snblittorale des régions septentrionales de l'Atlantique sont indéniables. Elles peuvent s'expliquer par ce fait que les formes vivant dans le nord à des profondeurs relativement faibles pourraient se rencontrer également dans le sud k la condition de vivre dans des milieux particulièrement similaires au point de vue de la température. Cet équilibre de température ne se rencontrera au large de l'Afrique qu'à la condition expresse de descendre suffisamment en profondeur.
» Or nous pouvons suivre aujourd'hui pas à pas un grand nombre de nos espèces depuis les limites nord qui leur sont assignées par G.-O. Sars jusqu'aux limites sud qui nous sont révélées par les dragages du Travailleur et du Talisman, de telle sorte qu'il n'existe pour ainsi dire aucune solution de continuité dans leur aire de dispersion. On sait avec quelle facilité certaines formes se propagent, à condition que le milieu qui leur convient ne