C. R., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N» 7. ) 7I
tion suivant son goût, et l'accord ne se fait point, parce qu'il ii'y a et il ne saurait y avoir de raison péremptoire en faveur de la supériorité de l'une ou de l'autre opinion. Porter la question sur le terrain phylogénétiqne est une tentative louable dans ses intentions, mais vaine dans ses résultats, parce qu'on ne sait pas, et l'on ne saura peut-être jamais, comment était construit l'ancêtre commun et comment ses descendants ont dérivé de lui. Mais, si l'on venait à découvrir entre les Spongiaires et les Cœlentérés des ressemblances ou des différences extrêmement importantes, la question serait résolue, parce que, sans être mieux en état de définir la limite indéfinissable entre les caractères de classe et ceux d'embranchement, on saurait qu'on est sûrement en deçà ou au delà de cette limite, étant donnée la valeur accordée, d'un consentement unanime, à ces divisions conventionnelles. Or une différence ayant la valeur requise existe entre les Spongiaires et, non seulement les Cœlentérés, mais tous les autres animaux ; elle réside dans leur développement.
)i Toutes les Éponges présentent à l'état larvaire deux sortes de cellules (') : des cellules petites, liantes, prismatiques, claires, flagellées, au moyen desquelles elles se meuvent, et des cellules grosses, arrondies, granuleuses, dépourvues de flagellum. Chez les Éponges calcaires, les premières s'invaginent dans les secondes et forment ces sortes d'estomacs intérieurs que l'on appelle les corbeilles vibratiles, tandis que les autres forment 1 épiderme : aussi avait-on considéré celles-ci comme ectodermiques, celles-là comme cndodermiques. Chez les Siliceuses, au contraire, les plus nombreuses de beaucoup, on pensait que ces deux catégories de cellules, qui se retrouvent avec les mêmes caractères, se comportaient d'une manière exactement inverse, formant, les premières l'épiderme, les secondes les corbeilles.
!) Dans des recherches publiées de 1890 à 1892, j'ai montré que cette différence n'était pas réelle, que l'on s'était mépris en ce qui concerne les Siliceuses, que chez elles comme chez les Calcaires, les cellules flagellées s'enfoncent dans le corps pour former les corbeilles, tandis que les granuleuses se portent vers la surface pour former l'épiderme et le revêtement des canaux. Ces faits, acceuillis d'abord avec incrédulité, ont été, l'un après
(') Il existe une petite exception, celle des Oscarella où il n'y a point de cellules granulevises. Mais ce n'est pas là un fait contradictoire : c'est un cas de non-diiïerenciation des feuillets de la larve, la dilTérenciation se faisant plus tard sous l'influence de la situation réciproque des couches après la fixation.
( 5i7 ) l'autre, confirmés par les embryogénisles et, sauf des divergences de détail qui n'ont point d'influence sur la question actuelle, sont aujourd'hui admis sans conteste et devenus classiques.
» Je n'ai point, à l'époque où je les ai fait connaître, tiré leur conclusion naturelle, parce qu'il existait un groupe d'Epongés, les Asceila, qui, présentant un développement inverre, imposaient une certaine prudence dans la généralisation. Jlais un zoologiste anglais, M. ?.Iinchin, a récemment entrepris leur étude et, avec une rare perfection de preuves, a montré qu'on s'était trompé aussi au sujet des Asceila, et que ces Éponges entrent dans la règle que j'ai établie pour les Siliceuses.
» Il est permis aujourd'hui de tirer la conclusion de ces travaux.
» Il n'est pas discutable que la couche des cellules flagellées ne soit l'équivalent morphologique du feuillet ectodermique de tous les autres animaux. On l'a de tout temps considéré comme ectodermique chez les Siliceuses ('). Si l'on ignorait le développement des éponges et que l'on présentât aux embryogénistes les larves de ces animaux en les priant de nommer les feuillets et de prédire leur évolution, il n'en est pas un qui ne dirait que les celbiles flagellées sont l'ectoderme, que les granuleuses sont l'endoderme, et que celles-ci vont s'invaginer dans celles-là.
» L'homologation des feuillets larvaires est donc incontestable et il en résulte que chez les Spongiaires, seuls parmi tous les êtres, l'invagination normale des feuillets est renversée, l'endoderme se portant à la surface pour former l'èpiderme, etVcctoderme s enfonçant à l'intérieur pour former les cavités digestives.
» C'est là, certes, une difléreuce assez grande j)our constituer un caractère d'embranchement. Je propose donc d'élever les Spongiaires au rang d'embranchement, en les opposant sous le nom d' Enantioderma (èvjovtîo;, inverse) aux Cœlenterata, sinon même, sous celui à' Enantiozoa, à tous les autres animaux, Protozoa, Mesozoa, Metazua, dont les feuillets, quand ils existent, s'invaginent dans le sens normal.
» Il y aurait bien des choses à ajouter pour éciaircir certains points et réfuter d'avance les objections possibles; mais ce qui précède me semble
(') Si, chez les Calcaires, on en a jugé aulrement, c'est paice que, sachant que les cellules flagellées s'invaginent et crovant que c'était l'inverse chez les Siliceuses, on préférait, par une bien fausse appréciation des exigences scientifiques, croire que l'ectoderme s'était déguisé en endoderme et l'endoderme en ectoderme, plutôt que d'admettre un renversement dans le sens de l'invagination normale.
suffisamment légitimer mes conclusions et je réserve ce qui reste à dire pour un travail ultérieur. »
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — De l'influence des rayons X sur la germination. Note de MM. Maldiney et Tiiouveni.v ( ' ), présentée par M. Gaston Bonnier.
« Nous avons soumis aux rayons X un certain nombre de graines, appartenant aux espèces suivantes : Convok'ulus ajvensis, Lepidium sativum et l'aniciun miliaceiim.
» Dans chaque expérience, les graines étaient placées sur une bande de tricot de laine, recouverte d'une légère couche de terre maintenue constamment humide; entre le tulie producteur des rayons X et les graines sur lesquelles devaient agir ces rayons, était interposée, pour détruire l'influence du champ électrique, une mince lame d'aluminium en communication avec le sol. En outre, pour que les graines témoins fussent exactement dans les mêmes conditions que les autres, sauf l'action des rayons X, elles ont été placées sur le même support au-dessous de la lame d'aluminium, mais soustraites à l'influence des rayons X au moyen d'une épaisse lame de plomb qui les protégeait entièrement. Ces dernières graines se trouvaient donc placées, autant que possible, dans les conditions normales de la végétation.
)) Dans chacune des expériences, il y a eu trois graines soumises aux rayons X et trois graines témoins.
» Toutes les expériences ont été faites avec un tube de la maison Chabaud; l'intensité du courant était égale, en moyenne, à 8 ampères; le tube était éloigné des graines de o™,o8.
)> Expérience I. — Liseron. — Les graines onl élé mises en expérience le i'''" septembre à lo'^du matin et exposées chaque jour, pendant une heure au moins, aux rayons X : le 3 septembre à 8'' du matin, elles avaient germé, et le 7 seulement apparaissaient les germes des graines témoins.
» Expérience II. — Cresson alénois. — Expérience commencée le 11 novembre à S"" du soir, une heure de rayons X ; le 12, trois heures ; le i3, une heure : ce jour, à 4''
(' ) Ce travail a été fait au laboratoire de Physique de l'Université de Besançon. Pour plus de détails, voir la Revue générale de Botanique, dirigée par M. Gaston Bonnier, t. X, 1898.
du soir, les graines montrent leurs germes, et il faut attendre jusqu'au 17 novembre pour que lés graines témoins germent à leur tour.
» Dans deux autres expériences commencées le 3 décembre avec des graines de Millet et de Liseron, les graines de Millet exposées aux rajons X commencent à germer, deux graines legetla troisième le 10 décembre ; les graines de Liseron ont germé le 19.
» Les graines témoins de Millet n'ont germé que le 21 décembre, et celles de Liseron le 24 n'accusaient encore qu'un très léger gonflement.
» On pourrait peut-être nous objecter que les rayons X ont produit une élévation de température dans la terre soumise à leur action, et qu'alors il est tout naturel que les graines semées dans celte terre aient ^ermé avant les graines témoins.
» Mais il n'en est rien ; des expériences avant été faites au moven d'une paire d'aiguilles thermo-cieclriques reliées à un galvanomètre Thomson très sensible, aucune différence apprécia'ule de température n'a pu être constatée entre la terre exposée j)endanl deux heures aux ravons X et celle qui ne l'était pas.
» Il semble donc qu'on peut conclure que les rayons X hâtent la germination, tout au moins pour les graines de I^iseron, Cresson alénois et Millet.
1) En outre, comme les jeunes plantules, au sortir de la graine, offraient la coloration jaune pâle habituelle, on peut en déduire que les ravons X paraissent saiiS influence pour hâter la formation de la chlorophylle des plantules en germination. »
PATHOLOGIE VÉGÉTALE. — Lamèlanose des mandarines . Note de M. Trabut, présentée par M. Guignard.
« Les mandarines sont souvent attaquées par la larve de la mouche Ceratitis hispanica; mais elles présentent aussi une lésion qui a pu être confondue avec la piqûre de cet insecte. Cette lésion est caractérisée par une tache noire à l'extérieur, tache qui forme une dépression irrégulière due à l'atrophie des glandes.
» Quand on enlève la peau ainsi malade, on trouve à la face interne une tache verdàtre, qui s'étend sur le dos des tranches correspondantes; cette tache a l'apparence du Penicillum gtaucum. Les tranches ainsi tachées ont un goût très désagréable. Depuis longtemps j'avais noté cette altération; mais ce n'est que récemment que j'ai pu trouver le parasite bien caractérisé.
» Eu dépouillant une mandarine tachée, j'ai découvert, à la loupe, des pycnides noires d'un Seploria au milieu des taches verdàtres. Ce Septoria est évidemment la cause du mal : il détermine la tache verte, pénètre dans le tissu aqueux de la tranche, y fait fermenter le sucre et l'acide citrique et produit le mauvais goût signalé, qui est une altération du parfum spécial à ce fruit.
» Ce Seploria, que je désignerai sous le nom de S. glaucescens, mérite une étude sérieuse, car il cause dans nos oranireries de vrais dégâts. »
CHIMIE VÉGÉTALE. — Recherche et dosage rapides du manganèse dans les plantes et les terres végétales par une méthode coloriinélrique. Note de M. P. PicHARD. (ExtraiL)
M Lorsque la terre renferme des quantités notables de manganèse, la fusion avec le carbonate alcalin donne une coloration verdàlre, caracléristique, et que confirme la couleur rosée qui se manifeste par l'addition seule d'acide nitrique.
» Recherche du manganèse dans les terres végétales. — La lerre, séchée et pulvérisée iinemenl, est incinérée, au rouge sombre, dans une petite capsule de plaline, puis calcinée avec du carbonate de soude ou de potasse desséché et pulvérisé. On opère sur oS'', 5 ou is'' de terre, suivant que la coloration est jjIus ou moins foncée après l'incinération ; on mélange intimement 2 parties de carbonate alcalin. On détache la masse vitreuse ou opaque qui s'est produite, en ajoutant un peu d'eau acidulée d'acide azotique. On introduit le tout dans un tube d'essai; on ajoute OB'", 5 environ de minium ou de bioxyde puce de plomb. On verse 4'^'^ d'eau, puis 2" d'acide azotique pur. On chauffe à l'ébullition, sur une lampe à alcool, de manière à réduire le volume liquide à moitié. On laisse déposer les matières insolubles. La liqueur qui surnage est rosée, si la terre renferme des traces de manganèse.
» Recherche du manganèse dans les matières organùjues. — La matière organique est desséchée, puis moulue finement, incinérée, calcinée avec le carbonate alcalin et traitée comme il a été dit pour la terre végétale. L'incinération doit se faire à une température peu élevée, pour éviter la fusion des cendres qui rendrait l'opération plus longue. Quelques décigrammes de cendres suffiront pour l'essai. La calcination avec le carbonate alcalin se fera au rouge vif.
» Dosage du manganèse. — Le principe consiste à transformer le manganèse eu permanganate dissous dans un liquide qu'il colore en rose, et à comparer la teinte de la liqueur avec celle d'une liqueur type renfermant un poids connu de manganèse. Les liquides sont placés dans des tubes ou éprouvettes graduées, de même calibre, et additionnés d'eau distillée jusqu'à égalité de teintes. »
GÉOLOGIE. — Sut- le poudingue de l' Àmône dans le val Ferrel suisse. Note de 'Sl'SÏ. L. Dcpakc et F. Pearce, présentée par IM. Fouqué.
« Parmi les formations sédimentaires qui, dans le val Ferret suisse, sont plaquées contre les parois abruptes de porphyres quartzifères qui flanquent la protogine, on trouve un poudingue curieux déjà vu et cité par Favre (') et Gerlach (-), et dont nous-mêmes avons fait récemment une étude détaillée.
M Ce conglomérat paraît être absolument sporadique. Nous ne l'avons rencontré qu'à l'Amône et à la Maya; cependant, il n'est pas impossible qu'il soit plus étendu, mais alors supprimé par étirement.
» A la Maya, la position stratigraphique de ce poudingue est facile à établir par une coupe faite dans les ravins creusés dans le revêtement sédimentaire par les torrents qui descendent du glacier du mont Dolent. Il repose directement sur les porphvres, et il est surmonté par des schistes argileux noirs, qui ne font, généralement, pas effervescence avec l'acide chlorliydrique. Ces derniers sont un horizon très constant de la bordure sédimentaire du val Ferret; on y a, parait-il, trouvé des Bélemnites (^ i; en tous cas, ils sont absolument semblables à ceux décrits. par ]M. Rilter [') comme étant à la base du Lias. En d'autres endroits, les mêmes schistes reposent sur des quartzites triasiques.
)) A l'Amône, le conglomérat, de faible épaisseur, repose également sur le porphyre; on en trouve de nombreux blocs dans les éboulis. En place, on ne peut guère le voir qu'en lambeaux dans le voisinage des galeries qui desservaienf jadis les anciennes mines de pvrite. A l'endroit même où on l'observe, il supporte des calcaires spathiques et pvrileux, dans lesquels Greppin a trouvé une faune bajocienne; mais il est vraisemblable que les
(') Favre, Recherches géologiques dans les parties de la Savoie, du Piémont et de la Suisse, voisines du mont Blanc. \'ol. 111.
(-) Gerlach, Bas Sud^vestliche Wallis. Beitràge zur geologischen Karte der Schweitz, 9' livraison.
(') Graeff, Geologische und petrographische Studien in der Mont-Blanc Gruppe {Berichle der A'atur/orschenden Gesellschafl; Freiburg i. B., Vol. IX).
(') RiTTER, La bordure sud-ouest du mont Blanc {Bulletin des Services de la Carte géologique de France,. n° 60, t. IX; 1897).
schistes noirs de la Maya sont ici localement supi^rimés. En cfTt t, on trouve des débris de ces mêmes schistes dans les éboulis, et ceux-ci paraissent provenir d'un point inaccessible situé plus haut dans la paroi; ces schisles supporteraient alors les calcaires spathiques à Échinodermes.
» Le conglomérat renferme en abondance des galets parfaitement arrondis, dont la grosseur peut atteindre celle de la tête. Les roches qui forment ces galets appartiennent aux différents types suivants :
)) 1° Des porphyres quartzifères (microgranulites, micropegraatiles, porphyres glolnilaires) identiques à ceux que l'on trouve en place dans les parois qui dominent le val Ferret ;
» 2° Des protogines et des granulites, plus rares déjà, ayant tous les caractères des mêmes loclies en place du versant sud-est du massif du mont Blanc;
» 3" Des amphibolites feldspathisées (pseudosyénites, pseudodioriles), parfaitement semblables à celles que l'on trouve encore aujourd'hui en place et dans les éboulis des parois de la Maya et des Six Nieirs;
» 4° Des cailloux calcaires.
» Le ciment, qui fait corps intime avec les cailloux, se montre, sous le microscope, formé d'une quantité de très petits galets de porphyre, de plages minuscules de granit et de grains arrondis de quartz et de feldspath; le tout aggloméré par des grains de calcile et par des plages de fluorine. Ce dernier minéral présente parfois de jolies sections carrées à clivages octaédriques, et renferme de nombreuses inclusions. Cette fluorine a éj;é mise en évidence par la méthode de Becke ; eu utilisant des contacts favorables avec des grains de quartz, l'indice en a été trouvé toujours inférieur à fip du quartz. Le fluor a été d'ailleurs mis en évidence par les méthodes analytiques ordinaires.
» A notre avis, ce conglomérat doit être rapporté à l'Infralias; nous ne l'avons jamais vu, il est vrai, reposer sur le Trias, mais nous savons qu'il est nettement inférieur aux schistes noirs que l'on considère comme la base du Lias. Ce poudingue nous paraît comparable aux grès singuliers du col du Bonhomme et aux conglomérats qui les accompagnent. Or, l'âge infraliasique de ces derniers a été établi par des fossiles, comme aussi par leur position stratigraphique entre le Trias supérieur et les schistes du Lias inférieur. C'est probablement aussi à la même époque qu'il faut rattacher le conglomérat sporadique de la montagne de la Saxe, intercalé lui aussi entre le Trias et le Lias, et qui rcnfenue également des cailloux de granit associés à des fragments de calcaires dolomitiqucs.
» l! résulterait de ces considérations qu'à l'époque <lo l'Iiifralias le relief (lu massif du mont Blanc était assez accusé pour permettre la formation de dépôts côtiers, qui lui ont emprunté leurs éléments. »
MINÉRALOGIE. — S^ir la fovinalion d' anhydrite jiar cnlcination du gypse à haute lempéraiiire. Note de M. A. Lacuoix, présentée par M. Michel Lévv.
« Dans une récente Communication ('), j'ai montré que le gypse, chauffé à une température relativement basse, se transforme, en perdantsoncau, en un sulfate ardiydre de calcium, différant de V anhydrite par ses propriétés cristallographiques el |)hysiques. Dans quelques expériences, effectuées en commerçTul la déshydratation vers 80" C. et en chauffant ensuite lentement jusqu'à 12.5°, j'avais obtenu en outre de petites quantités d'un produit hexagonal. De nouvelles expériences, en cours d'exécution, montrent que ce sulfate hexagonal est, lui aussi, anhydre; il se forme encore en même temps que le sulfate Iriclinique quand on porte immédiatement le gypse à une température de 255° C. et il est alors plus abondant que dans les expériences précédentes, mais je n'ai pu arriver à le préparer seul et à déterminer exactement les conditions de sa formation.
» J'ai cherché à transformer ces ileux nouveaux sulfates en anhydrite. Au rouge naissant, ils ne se modifient pas; mais, à partir du rouge cerise, les lames de clivages du gypse déshydraté deviennent moins mates, elles se gondolent et se mettent en poudre cristalline sous la pression du doigt ou par immersion dans l'eau. L'examen d'une lame mince fait voir que le produit a subi an changement d'état : il est entièrement transformé en anhydrite ; mais, à l'inverse de ce qui s'observe avec les sulfates précédents, cette anhydrite n'est pas orientée sur le gypse primitif : elle constitue une mosaïque de grains xénomorphes, .sur lesquels il est facile d'étudier toutes les propriétés optiques caractéristiques de ce minéral.
» Quand le chauffage a eu lieu à l'aide d'une trompe, et que la température a été poussée au voisinage de la température de fusion de l'anhydrile, sans l'atteindre toutefois, le gypse primitif conserve sa forme, les grains d'anhydrite qui le constituent sont de grande taille et riches en inclusions gazeuses; celles-ci sont d'ordinaire disposées parallèlement à l'axe vertical
C) Comptes rendus, 24 janvier 1898.