C. R., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N
( 5o) viennent de deux diverticules creux dont chacun est un bourgeonnement de la partie postérieure d'un canal de Wolff. »
ANATOMIE ANIMALE. — Sur /'origine des bulbes setigères et des néphridies chez les Annèlides ('). Note de M. Aug. Michel, présentée par M. E. Perrier.
« A la question si importante, en elle-même et pour l'embryogénie générale, mais si controversée, de l'origine des bulbes séligères et des néphridies, je puis apporter quelque contribution par les résultats de mes recherches.sur la régénération chez les Annèlides (-).
» 1. Bulbe ET SAC sÉTiGÈRES. — \" Neplithys. — Les champs latéraux sont occupés par les formations sétiçères, hâtives et volumineuses. L'ectoderme et le mésoderrae s'y montrent en active prolifération, d'où résultent des amas entre les divers faisceaux musculaires transverso-sagiltaux intermétamériques et entre les groupes de cellules épidermiques, restées cylindriques, qui leur correspondent. On est surtout frappé par l'existence d'évaginations centrifuges dans l'épiderme, dues à l'accroissement des amas mésodermiques; mais on arrive à reconnaître que dans l'axe de ces cônes mésodermiques pénètrent, et à deux niveaux ventral et dorsal, des invaginations centripètes ectodermiques. Le cône interne ectodermique se développe en bulbe, générateur de l'acicule et des soies; le cône externe mésodermique est le sac, d'où dérivent les muscles de ces organes.
)) 1" AUolobopliora fœlicla. — Les 'bulbes les plus jeunes qu'on puisse reconnaître apparaissent comme de petites masses à cellules relativement grandes, à protoplasme peu colorable, avec leurs soies distinguables de très bonne heure par leur réfringence. Ils font alors partie d'amas plus ou moins nets formés par les éléments d'une couche profonde, encore indistincte, de l'épiderme, au milieu des prolongements des cellules épidermiques et des fibres musculaires transverses naissantes; lorsqu'on suit celte couche vers le sommet du bourgeon, on la voit se réduire à des amas de cellules nés de l'ectoderme et situés entre les prolongements profonds de ses éléments. Les bulbes plus anciens, à éléments plus nombreux, avec leurs deux soies plus visibles, s'enfoncent davantage et, dépassant les faisceaux musculaires longitudinaux étendus maintenant latéralement jusqu'à eux, ils refoulent le revêlement péritonéal; celui-ci arrive à les entourer pour constituer leurs sacs, d'où les muscles des soies se développeront assez tardivement. Les bulbes ventraux sont voisins de l'extrémité des né-
(') Travail des laboratoires de M. le professeur Giard, a la Sorbonne (Évolution) et à Wimereux.
C) Voir: Comptes rendus, 7 et i4 décembre i8g6; Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1897 et 1898. — Le Mémoire détaillé est en voie de publication.
phridies. Les bulbes dorsaux sont moins avancés que les bulbes ventraux, et ceux-ci eux-mêmes ne sont pas, comme les néphridies, reconnaîssables au sommet du bourgeon.
I) L'origine des soies est, chez les Neplithys. nettement intracellulaire, par suite, vraisemblablement, unicellulaire. 11 en est probablement de même de Vacicule: sa base se trouve profondément engagée dans une grande cellule; mais, n'ayant pu réussira distinguer un très jeune acicule en totalité à l'intérieur d'une cellule, je ne puis affirmer, d'uue part, que ce soit là une cellule formatrice plutôt qu'une simple cellule de soutien par les prolongements qui v aboutissent et qui lui appartiennent peut-être, et, d'autre part, que ce soit une cellule formatrice à l'exclusion des autres cellules du fourreau de l'acicule.
» II. Néphridies. — i" Allolobopliora fœlida. — Les uépliridies, facilement reconnaîssables, dès le début, à leurs cellules transversales, disposées en séries, petite-; sur le cordon, plus grandes sur le pavillon, apparaissent au sommet du bourgeon dans les champs latéraux, près des métaméres cœlomiques à peine clivés. Les ébauches les plus jeunes que j'aie pu distinguer étaient représentées par une grande cellule dans l'épaisseur de la cloison, à son extrémité extérieure, suivie dequelques petites celluleen une très courte série dirigée postérieurement et latéralement. D'une part, cette ébauche paraissait indépendante des deux sacs cœlomiques voisins, tout au moins du sac postérieur, plus jeune et moins étendu vers la surface, sur le côté duquel elle restait, touchant seulement sa paroi par son bord profond; d'autre part, son extrémité sttrouvait faire partie des amas sous-épidermiques, précédemment indiqués à propos des soies. Dans les champs latéraux, surtout au sommet du bourgeon, les diverses couches ne sont pas encore limitées; si l'on suit, vers le plan médian, la série des coupes, on reconnaît que le lieu de formation des néphridies est plutôt en dedans du plan des faisceaux musculaires longitudinaux; mais, par contre, lorsque ces faisceaux ont disparu, on voit les sacs cœlomiques s'étendre vers la surface (pour isoler la chaîne nerveuse); en sorte que, dans la même zone profonde, on trouve, successivement et en continuité de tissus encore primitifs, les ébauches néphridiennes et les amas sous-épidermiques, les prolongements des sacs cœlomiques, l'ébauche nerveuse. Il me semble donc que l'ébauche néphridienne, intermédiaire (comme chez tous les animaux néphridies) entre l'ébauche musculaire et l'ébauche cœlomique proprement dite, a plutôt une origine neutre, que la diflerenciation rendra ultérieurement ectodermique et mésodermique, suivant lune ou l'autre extrémité, celles-ci pendant l'accroissement conservant respectivement leurs connexions sous-épidermique et péritonéale. La néphridie, d'abord courte et droite, s'allonge et refoule le revêtement péritonéal pour passer à l'intérieur du contour de la cavité cœlomique, en même temps que, par le développement de la cloison, elle s'écarte de la paroi du corps. La grande cellide, se divisant, forme une saillie à la face antérieure de la cloison, ébauche du pavillon; le cordon, avec ses petites cellules transversales alternantes, par suite de son allongement, se replie en une première anse postérieure; la partie terminale du cordon se reconnaît engagée entre le sac sétigère ventral et la future couche musculaire transverse, puis se perd parmi les cellules plus ou moins groupées de cette couche. Quant à l'ouverture extérieure à travers l'épiderme, j'ignore comment elle s'effectue; elle est très tardive, car on n'en voit pas encore de traces dans les bourgeons avancés à nombreux segments.
» 3" Chez les Polyclièles {Neplithys, Scoloplos, ISerine) la formation même des néphridies est extrêmement tardive: sur des bourgeons avancés, avec acicule et soies bien formés, on n'en découvre pas d'ébauche.
» En résumé, dans la régénération caudale des Annélides, les bulbes séti gères sont eclodermiques et les sacs sèli gères sont mésodermiques ; les néphridies sont d'origine neutre, ectomésodermique, dans l'ébauche générale encore incomplètement différenciée, en sorte que les connexions de leurs extrémités sont fixées dès le début. Ces résultats, d'une part sont rationnels au point de vue de l'organogénie générale, d'autre part, en accord avec ceux de l'embryogénie ('), plaident en faveur de la loi, parfois un peu légèrement attaquée, du parallélisme entre les divers modes de développement. »
M. H. Tarry adresse une série de Cartes relatives à la tempête qui a abordé l'Europe à la fin du mois de décembre dernier. (Renvoi à M. Mascart.)
M. Mariiem adresse une Note relative à un système d'éclairage électrique latéral, en vue de prévenir les accidents sur les voies ferrées.
Ea séance est levée à 4 heures et demie. J. B.
ERRATA
(Tome CXXV, séance du 27 décembre 1897.) Note de M. M. La'wy, Méthode spéciale pour la détermination, etc. :
Page II 4a, ligne 2 en remontant, et page 11 43, ligne 11, au lieu r/e t, -t — =90",
lisez T, H- - = ± 90°.
Page 11/17, ''§16 10 en remontant, an lieu de ici étoiles, lisez 72 étoiles.
(') En prenant comme base de comparaison le Mémoire important le plus récent, celui de Bergh, relatif au Lombric.
C031PTES REXDUS
DES SÉANCES D£ L'ACADÉMIE DES SCIENCES