SEANCE PUBLIQUE ANNUELLE DU LUNDI 10 JAT*\ ŒR
PRÉSIDÉE PAR M. A. CHATIX.
M. A. Chatix prononce l'allocnlion suivante :
« Messieurs,
« La gradation ou jjerfection des espèces végétales, donnée par la variété et la localisation des organes, par la nou-multiplicité des parties homologues, et aussi par l'hermaphrodisme, tel est le sujet que je vais esquisser.
« La racine établit une distinction très nette entre les deux «rands embranchements des Phanérogames.
» Bien localisée dans les Dicotylédones (^Chou, OEillet, R-ssier. Poirier^, où elle se compose d'un seul corps central, duquel parlent des ramifications, qui vont, s'éloignant de la souche, comme les branches s'éloignent du tronc de l'arbre, de telle sorte que le svstème radiculaire forme comme un arbre souterrain, parallèle à l'arbre aérien.
» Au contraire, dans les ^lonocotylédones (Blé. Tulipe, Palmier), pas de localisation en une souche unique, mais de midli|)les radicelles homologues.
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» La lige est à considérer en morphologie el en anatomie.
» En morphologie, elle se présente ramifiée chez les Dicotylédones (Chêne, Cerisier); mais ses ramifications, véritable répétition de l'axe primitif, n'impliquent pas manque de localisation.
» Quant aux Monocotylédones (Palmier, Dracéna), si elles ont souvent la tige simple, ce n'est aucunement par fait de localisation, mais par arrêt de développement, comme le prouvent les petits bourgeons existant à l'aisselle de leurs feuilles, bourgeons latents, qui parfois se développent en branches quand la têle est abattue, ce qui est d'observation commune chez Içs Dracénas et se voit parfois chez les Dattiers. C'est ainsi qu'il existe encore à Sidi-Ferruch, dans la cour du bel établissement agricole des Religieux, toute une cépée qui a remplacé un Dattier coupé par les boulets dans la décisive bataille qui donna Alger à la France.
M Du reste, dans bon nombre de Monocotylédones herbacées (Blé, l'àturin), les tiges sont multiples et homologues.
» Donc, ici abaissement morphologique, soit par arrêt de développement, soit par niulliplication des organes.
» L'anatomie de la tige, plus encore que sa morphologie, élève les Dicotylédones. La localisation y est complète : corps fibro-vasculaire composé d'un nombre limité de faisceaux disposés symétriquement en cercle, systèmes cortical et médullaire distincts.
» Chez les Monocotylédones, au contraire, faisceaux multiples, pas de symétrie, nulle localisation.
» La feuille, troisième et important organe de l'appareil de nutrition, est à considérer surtout dans son pétiole, qui recèle de remarquables faits de localisation.
» Trois états sont à considérer :
» Tantôt les faisceaux libéroligneux, vraie charpente de la feuille, sont très nombreux : c'est le cas de la plupart des Monocotylédones.
» Tantôt, comme dans beaucoup de Dicotylédones (Fraisier, Tilleul'), et quelques Monocotylédones (Tanuis, Smilax), les faisceaux existent en nombre limité, 3, 5, 7, g.
» Ailleurs enfin, les faisceaux se conjuguent en un seul. Attribut général des CoroUitlores (Jasmin, Laurier-rose), cet état se retrouve partiellement chez les autres classes de Dicotylédones, jamais parmi les Monocotyléilones.
» La forme des feuilles est le j)lus souvent subordonnée à la disposition des faisceaux dans leur pétiole.
» Au faisceau unique correspond toujours la nervation dite pennée (0\\vier, Frêne).
» Aux faisceaux très nombreux, la nervation parallèle des feuilles de Monocotylédones, la partition de celles des Ombellifères.
» Enfin, à des faisceaux en nombre limité, la nervation palmée (Erable, Vigne, Platane).
)) Or le signe de relèvement que j'attribue, en Botanique, à la variété, à la localisation et à la limitation de nombre des parties homologues se retrouve en Zoologie.
» Que l'on compare entre elles diverses classes, comme les Myriapodes et les Insectes hexapodes, ou le même animal aux divers stades de sa vie, la larve aux nombreux anneaux homologues, aux papillons à trois paires de pattes, au corselet et à l'abdomen localisés, en même temps que le système nerveux s'est concentré, et l'on reconnaîtra que, sur les questions ici visées, les deux règnes, appuvés l'un sur l'autre, sont en plein accord.
» Généralement étagées en spirales qui semblent ne devoir finir qu'avec l'élongation même des rameaux, les feuilles, à im moment et sur des points donnés, cessent tout à coup de se produire.
» C'est qu'un ajjpareil nouveau, d'ordre supérieur, l'appareil de la reproduction, apparaît.
>i Des Aerticilles ou cercles, attribut de la fleur, se substituent aux spires des feuilles.
» La svmétrie foliaire fait place à la svmétrie florale.
» Mais, encore ici, la nature ne fait pas de sauts, et la Rose, reine des fleurs, est la première à le proclamer, dans un distique, attribué (on ne prête qu'aux riches) à Castel :
» Son calyce, qui n'a pas rompu toutes attaches avec les feuilles tiont il garde la couleur verte, eu même temps que ses cinq sépales apparaissent eu cinq fois, formant comme une courte spire en quinconce dont les folioles portent, dans le bouton, sur leurs bords recouvrants des barbules qui manquent aux bords recouverts, ce qu'exprime le distique, mis dans la bouche de l'un des cinq sépales, recouvrant d'un côté, recouvert d'autre côté, et le troisième né :
Ouinque siiniiis fratres, unus barbatus et aller : Imberbes alii : Stim semiberhi's es'^-
» Avec la corolle, formant le second verticille floral, avec les étamines
( 56 ) el les pistils, qui viennent ensuite, complétant l'appareil de reproduction, s'affirme, par la naissance simultanée, de toutes les parties, quel qu'en soit le nombre, de chaque cercle, le type floral.
» Mais l'apparition en une seule fois des parties d'un verticille corollin, staininal ou pistillaire reste, toutefois, subordonnée à ce fait que, quel que soit d'ailleurs leur nombre sur chaque cercle, le nombre des cercles sera, pour chaque sorte d'organes, limité à un, à deux; au plus.
» Mais si, ce qui n'est pas rare pour les étamines et les pistils, leurs parties viennent à se multiplier, comme cela a lieu pour les Magnolias et les Renoncules, il y a rétrogradation vers le type foliaire spirale; cette rétrogradation est inconnue dans les CoroUiflores.
» Par la réunion, dans une même fleur, des appareils mâle et femelle, étamines' et pistils, ce qui constitue l'hermaphrodisme, le règne végétal rompt, vis-à-vis du règne animal, la soliilarilé qui l'unissait à lui par les organes de nutrition (aux points de vue de la localisation, de la variété et de la limitation du nombre de ces organes).
» C'est qu'un nouveau facteur, propre aux animaux, l'appareil nerveux, qui préside à la volonté, à la locomotilifé, et généralement à toute la vie de relation, estappaiu : comme conséquence l'anima! pouvant librement rechercher sa compagne sera dio'ique.
)) Quelques attaches, du reste, resteront encore ici par leurs représentants les plus dégradés, hermaphrodites chez quelques animaux privés de iocomotilité (huitres, etc.), nnisexués en d'assez nombreuses plantes.
» C'est dans les Dicotylédones supérieures, les CoroUiflores surtout, que règne sans partage l'hermaphrodisme.
» ]^à, les pétales sont unis en une enveloppe continue (Bruyère, Liseron, Nicotiane), comme poiu- mieux assurer la fécondation autonome et empêcher que le léger pollen ne s'échappe pour aller, chez les fleurs du voisinage, se livrer à ces fécondations adultères dites, par quelques-uns, nécessaires |)our assurer la perpétuité de l'espèce : assertion beaucoup trop absolue contre laquelle protestent les faits et qui déjà a rejoint l'hypothèse (les plantes carnivores, attribuant un rôle de carnassiers à nos bien inno- ( ents Uossolis (Drosera), qui émaillent, de leurs frêles épis blancs, les mousses cpii tapissent les prés hinniiies ou sont flottantes sur les marécages.
» Que si, en effet, le Rossolis emprisonne, en rapprochant sur lui les bords de sa feuille et rentouranl de nombreux cils qui la recouvrent, l'insecte gourmand venu boire le nectar qu'elle produit, il ne fait pas autre-
( ^"7 ) ment pour la sèche bûchette on le petit caillou accidentellement projetés sur elle.
» Le Rossolis ne dévore pas plus l'insecte que le caillou :
» L'occlusion de la feuille du Rossolis a d'ailleurs pour cause la faculté d'irritabilité, irritabilité bien connue et si brusquement mise en jeu dans la Sensilive dès qu'on la touche, on sim|)lement par te passage d'un nuage agitant l'air, irritabilité qui, par phénomène spontané ou que provoque une faible piqûre, tiiit que les étamines, sortant vivement du capuchon où elles s'abritaient dans le Kalmia, l'Épine-Vinette, la Pariétaire et l'Ortie, la Rue, les Mahonias, etc., viennent se jeter sur le pistil, qu'elles recouvrent du pollen fécondateur.
» Dans le Sparmannia, les étamines redressées autour du pistil, successivement jettent sur lui leur poussière fécondante, puis retombent inertes.
» Dans les Passiflores, Nigelles et Onagres, ce sont les stigmates qui vont au-devant des étamines.
» Certaines fleurs de Lamium, de Viola et d'Oj^alis, toujours closes, ont cependant des graines fertiles.
» Ces fleurs, dites clandestines, se retrouvent dans trente familles.
)) Il en est de même des fleurs dites à huis clos (Campanulées, Riz, etc.).
» Pourquoi, se demandera-t-on encore, ces intéressants phénomènes, s'il ne doit, s'il ne peut v avoir de fécondation autonome?
» L'hermaphrodisme, forme de localisation appropriée à la vie de la plante, est, lui aussi, comme la variété des organes, etc., un signe de perfection du végétal, mais il est des exceptions.
» Ici se présentent toute une série de faits trop instructifs pour que quelques-uns d'entre eux ne soient pas rappelés.
» Chez les plantes monoïques (Noyer, Châtaignier), les fleurs mâles sont en général assez nombreuses et rapprochées des fleurs femelles sur le même pied.
» Souvent même les fleurs mâles, placées au-dessus des fleurs femelles, n'ont qu'à s'ouvrir pour que le pollen tombe sur les stigmates.
» Dans les plantes dioïques (Dattier, Pistachier, Epinard), les individus mâles sont fréquemment entremêlés aux pieds femelles; ma-is les sexes peuvent, par circonstances diverses, être fort distants l'un de l'autre; c'est ainsi qu'il n'existe en France que des pieds iémellesdu Saule pleureur et des mâles de Stratioles.
M En celte classe de végétaux, le pollen toujours sec et très fin, jamais gros comme en bon nombre d'espèces hermaphrodites, peut être porté par
( 58 ) les vents à de grandes distances : les prétendues pluies de soufre ne sont autre chose que des pluies de pollen venant de lointaines forêts de Pins.
» Il est cependant quelques exemples historiques de plantes dioïques, restées stériles p;ir suite de l'éloignement de tout pied mâle.
» Un Palmier femelle (Chamœrops) vécut stérile à Berlin, jusqu'au jour où le savant Gleditsh, imitant une pratique des Babyloniens et des Arabes pour féconder le Dattier, secoua sur ses fleurs du pollen rapporté de Carlsruhe, où il y avait un Chamœrops mâle.
» C'est aussi à Berlin qu'un pied femelle du Rhodiola, jolie Crassulacée de nos Alpes cultivée au Jardin botanique depuis 1802, ne fructifia qu'en i85o, époque où une plante mâle fut mise près de la femelle.
» Sur le golfe de Venise, à Otrante, végétait un Dattier femelle, qui ne devenait fécond que les rares années où des vents favorables lui apportaient le pollen d'un Dattier mâle placé à trente milles de là, à Brindisi.
» Étant donné que le pollen perd toute qualité prolifique au contact de l'eau, la fécondation des plantes vivant submergées semblait devoir être impossible, même pour les espèces hermaphrodites; mais il n'en est rien, grâce à des conditions providentielles.
» Ou, comme dans les Potamots et l'Utriculaire, qui vivent entre deux eaux, le moment fixé pour la fécondation étant arrivé, les pédicelles, se redressant, élèveront les fleurs au-dessus de l'eau.
» Ou, comme pour V Alisma nalans, la Caliitriche d'automne, partie des fleurs de VEuryale et certaines Renoncules aquatiques, les fleurs, restant submergées, garderont bien closes leurs corolles, sous lesquelles, à la faveur d'une bulle d'air retenue captive, le pollen pourra arriver, sans altération, aux stigmates.
» Ou encore, l'Aldrovanda, hôte des eaux dormantes du midi de la France, sous lesquelles elle reste attachée au sol jusqu'au jour où, le moment de l'anthèse approchant, elle s'élèvera, légère, à la surface de l'eau, portée par mille bulles d'air qui ont rempli les lobules de ses feuilles, changés en autant de petites vésicules.
» Plus merveilleux encore sont les phénomènes qui assurent la fécondation de la Vallisnérie, espèce dioïque qui vit fixée au fond du Rhône et des canaux du Midi, où elle semblait condamnée à une stérilité éternelle à laquelle elle n'échappera que par une série d'actes qui, signalés pour la première fois par Micheli il v a près de deux cents ans, sont toujours sujet d'étonnement et d'admiration.
» Portées chacune sur un pédicelle indéfiniment extensible, les fleurs
(59 ) femelles s'élèvent, par l'allongemeut de celui-ci, jusqu'à la surface des eaux, où elles resteront longtemps, attendant la visite des fleurs mâles, qui, surmontant tous les obstacles, ne manqueront pas au rendez-vous.
» Réunies en grand nombre sur de courts pédicelles inextensibles, les fleurs mâles, au moment voulu, briseront leurs attaches et, allégées par une bulle d'air renfermée sous leur calvce, s'élèveront comme autant de petits ballons, à la surface de l'eau, où elles se mêleront aux fleurs femelles.
» Alors leurs calvces (' ) s'ouvrent, et le pollen se porte librement sur les pistils.
» Après ce temps, le long pédicelle de la fleur femelle s'enroule en une courte spirale et la ramène au fond des eaux (-).
» On comprend que cet ensemble harmonique de phénomènes ait inspiré les poètes, au premier rang desquels Castel et l'abbé Delille.
» Castel les expose ainsi dans son poème, Les Plantes :
Le Rhône impélueux ('), dans son onde écumante,
Pendant neuf mois entiers nous dérobe une plante.
Dont la tige s'allonge en Id saison d'amour,
Monte au-dessus des flots et brille aux jeux du jour.
Les mâles, jusqu'alors dans le fond immobiles,
De leurs liens trop courts brisent les nœuds débiles,
\ oguent vers leur amante et, libres dans leurs feux.
Lui forment sur le fleuve un cortège amoureux.
On dirait d'une fête où le dieu d'Hyménée
Promène sur les flots sa troupe fortunée.
Mais les temps de \énus une fois accomplis,
La lige se retire en rapprochant ses plis
El va mûrir sous l'eau sa semence féconde.
» Je rappelle que j'ai donné (^') une raison anatomique de l'enroulement du pédicelle de la Vallisnérie, où un petit cordon libérien asymétrique qui manque aux pédicelles mâles et aux tiges, remplit, par rapport à un faisceau central, le rôle du métal le moins dilatable dans le thermomètre de Bréguet; explication qui, sans rien ùter au merveilleux du phénomène,
(') La corolle avorte.
(-) Contrairement à la croyance ancienne, renroulenieiit et le retrait sont fatals, même pour les fleurs non fécondées.
(^) A noter que la N allisnérie se trouve vers les bords du fleuve, où l'eau est le moins agitée.
(') A. Chati.n, Mémoire sur le \ allisiieria Sfiiralis. avec cinq planches, in-4°. Paris, Mallet-Bachelier ; i855.
monlre qu'il est voulu, rien n'étant laissé au hasard dans la providentielle ordonnance des corps organisés, pas plus que dans l'harmonie générale des mondes qui circulent, sans jamais se heurter, dans les espaces célestes.
» D'Abbadie (Antoine-Thompson), né en 1810 à Dublin, est mort à Paris le 20 mars 1897. Sa famille, originaire des Basses-Pyrénées, y avait de grands domaines, ancienne seigneurie, dans lesquels elle vint se réinstaller en 1820.
>> D'humeur aventureuse et d'une intrépidité bien béarnaises, d'Abbadie, que poussaient d'ailleurs des aspirations vers les choses de la Science, voulut servir celle-ci dans de lointains voyages, où au travers de populations toujours défiantes, parfois hostiles, il sut honorer et faire aimer le nom de la France.
» Après avoir rempli au Brésil une mission que lui avait confiée notre Académie, d'Abbadie partit avec son jeune frère Armand, pour explorer rÉthioj)ie où il séjourna de 1887 à 184^, s'avançant jusqu'aux sources du Nil Blanc et se livrant à de savantes études d'Astronomie, de Géodésie, de Phvsique, de Géographie, d'Histoire, de Numismaticjue et d'Ethnographie.
M De sérieuses notions de Médecine qu'il avait acquises en prévision de ses futurs voyages, où elles pouvaient lui servir de passeport, le firent consulter souvent par les indigènes; ses succès lui valurent même le nom de grand médecin français, honneur qui, m'a-t-il dit, le rendit plus d'une fois perplexe, car il fallait toujours guérir, sous peine, peut-être, de mort.
» En 1882, malgré son âge déjà avancé, A. d'Abbadie accepta de l'Académie des Sciences une troisième mission et partit pour observer le passage de Vénus à Saint-Domingue.
» Il fut le seul, je crois, à qui sa visite à la brillante déesse ne rapportât rien, ni places, ni honneurs. Le gentilhomme béarnais ne recherchait que la pure gloire, en servant la Science et son pays.
» M. d'Abbadie a beaucoup observé et beaucoup écrit.
» Ses principales publications sont les suivantes :
» Ohsen>ations relatives à ht Physique du globe, faites au Brésil et en Ethiopie, 1873.
)> Géodésie d'une partie de la Haute Ethiopie, Ouvrage revu par M. Radau,
» Dictionnaire ic lu l'uigiie Afnu' riii:i, 1881.
» Quelque temps après son retour d'Ethiopie, où II avait servi grandement la France, en préparant. au|)rès dti TNégns. de bonnes et amicales relations entre les deux pays, A. d'Abbadie était nommé chevalier de la Légion d'honneur, en même temps que son frère Armand.
» On pent croire que notre digne Confrère était, à sa mort, le plus ancien chevalier de France — et de Navarre.
)) D'autres honneurs lui étaient réservés.
» D'Abbadie, qui en 1892 avait été élu Président de l'Académie des Sciences, recevait de celle-ci, en 1896, la médaille Arago, haute et rare récompense attribuée aux auteurs d'importants services rendus à l'Astronomie.
» Comme le duc d'Aumale, d'Abbadie a voulu que son œuvre lui survécût en donnant généreusement à l'Académie des Sciences, pour qu'elle y assurât la continuation de cette œuvre, son bel observatoire d'Abbadia, avec le château, ^es dépendances territoriales et revenus. Ainsi que l'en assura, dans une éloquente allocution, notre éminent Confrère le Président Cornu, en lui remettant solennellement la médaille Arago dans la séance du 26 janvier iSgii, l'Académie veillera jalousement à ce que les recherches commencées à l'observatoire d'Abbadia v soient contmuées à la fois dans l'intérêt de la Science et pour l'honneur de la mémoire du généreux donateur, à qui chacun de ses Confrères garde un souvenir reconnaissant.
» Des Cloizeaux (Legrand-Alfred-Louis-Ollivier) naquit à Beauvais le 17 octobre 1817; il est mort le 6 mai 1897.
» Ses études classiques terminées. Des Cloizeaux ne tarda pas, dans un but d'études minéralogiques et géologiques, à entre|)rendre de longs voyages en Allemagne, en Russie, dans la Scandinavie et l'Islande, où il eut, raconte-t-il, le rare bonheur d'assister à une éruption de l'Hécla, au cours de l'année i845.
» Bientôt après, il marquait par d'intéressantes recherches sa place au premier rang des minéralogistes cristallographes.
» Sa carrière scientifique, désormais assurée, n)archera à grands pas.
» Répétiteur à l'Ecole Normale en i858. Membre de l'Académie des Scii lices où iloccupa,en 18G9, lefauleuil de l'uilortuné Vicomte d'Archiac, il était nommé, l'année suivante, professeur au Muséum.
» L'Université de Leyde lui décernait, en 1895, un diplôme d'honneur de Philosophie.