C. R., 1898 I" Semestre. (T. CXXVI, N
)) Acètyl-Tnézoqidnène . — Ce corp'^ a été obtenu par réduction du bronihvdrate de bromomézoqiiinène. La réduction a été opérée en chauffant au bain-marie, pendant vingt-quatre heures, S^'' de bromhydrate avec loo*^'' d'eau et 2^'" de poudre de zinc; on a éliminé le zinc en solution par l'hydrogène sulfuré et l'acide bromhvdrique par l'hydrate d'argent. I>a solution évaporée dans le vide a laissé une masse gommeuse, qui a refusé de cristalliser : c'était du mézoquinène impur. Pour obtenir un corps cristallisé, on l'a transformé en dérivé acétylé en le chauffant avec de l'anhydride acétique. Par un séjour prolongé dans l'air sec, on obtient des cristaux que l'on purifie en les traitant d'abord avec de l'éther, puis avec de l'eau froide; on obtient ainsi de petits cristaux blancs, opaques, fusibles à 112°, 5; qui constituent l'acétyl-mézoquinène C^H' ' AzO-,C-H^O (').
)) C'est ce corps que j'avais cru d'abord identique avec l'acétyl-cincholeupone de M. Skraup.
» Oxy mézoquinène. — J'avais obtenu ce corps en traitant le bromhydrate par un excès d'hydrate d'argent. On dissout le bromhydrate dans l'eau chaude, on porte à l'ébullition, on filtre et, dans la liqueur filtrée, on sépare l'argent dissous par une quantité d'acide chlorhydrique strictement nécessaire; on évapore dans le vide sec et l'on obtient, pour S^"" du corps rais en réaction, i^'",93 d'une matière gommeuse, que l'on fait cristalliser en la dissolvant dans 5*^'= d'alcool méthylique, et ajoutant 8o" d'élher. Après vingt-quatre heures, l'oxvmézoquinène s'est déposé, sous forme de petits cristaux blancs, in>olubles dans l'éther et le chloroforme, très solubles dans l'eau, l'alcool et l'alcool méthylique. Leur solution a une réaction très alcaline. Ils se décomposent sans fondre par la chaleur. Ils renferment : C»H' = AzO%H=0 {j). »
(' ) Analyse :
Trouvé. Calculé.
Carbone 61 ,69 62,06
Hydrogène 8,4' 8,o.5
(-) Analyse :
Trouvé.
Carbone 53, 5 1 53, 80 53, 20
Hydrogène 8,5i 8,47 8,37
ZOOLOGIE. — Sur la place des Eponges dans la classification et sur la signification attribuée aux feuillets embryonnaires. Note de M. Edmox. Perrieu.
« Dans une Note jjubliée au dernier numéro des Comptes rendus, M. Yves Delage propose « d'élever les Spongiaires au rang d'embranchement en » les opposant, sous le nom tVEnantioderma (ivacv-i-toç, inverse), aux Cœlen- » terata, sinon même, sous celui d'Enanliozoa, à tous les autres animaux, » Prolozoa, Mesozoa, Metazoa dont les feuillets, quand ils existent, s'inva- » giuent dans le sens normal ». Comme j'ai, dés 1881, dans la i'*^ édition de mon Livre, Les colonies animales et la formation des organismes (p. 764), réclamé une série distincte dans le règne animal pour les Éponges et que je n'ai cessé depuis de soutenir cette manière de voir('),jene puis que me féliciter de voir, après seize ans écoulés, le laborieux professeur de la Sorbonne se ranger à mon avis. Puisque les Éponges s'appelaient déjà de ce nom et aussi Spongiaires, Spongozoa, Porifera, Poiystomala, etc., je n'avais pas, à la vérité, jugé utile d'ajouter un numéro nouveau à cette liste déjà riche.
» Les caractères sur lesquels je m'étais appuyé pour constituer les Eponges en série distincte : Forme ramifiée ou irréguliére; absence de cavité générale; mésoderine très développé; chambres ciliées tapissées de choanocytes; absence de nématocysles et de tentacules étaient déjà connus; mais ayant pris soin de définir rigoureusement les points de départ de la nomenclature que j'adoptais, d'expliquer nettement ce que j'entendais par les termes série, embranchement, c'asse, etc. (-), ils suffisaient largement pour établir ce qu'il fallait penser des Éponges. Le caractère, en apparence nouveau, invoqué par M. Delage, ne ferait donc que justifier l'importance de ceux auxquels je m'étais arrêté, alors même qu'il ne prêterait pas à la critique et serait débarrassé des interprétations tout au moins discutables dont il a été enveloi)|)é.
(') Consulter mon Traité de Zoologie, p. 407 et âSj. Huxley, en 1874, dans sa classification embrvogénique, séparait déjà les Eponges des Cœlentérés sous le nom de Polystomata; Milne-Edwards, en i855, de Blainville, en 1822, en avaient fait autant. Mais ils les asssociaient le premier aux Infusoires, le second aux Infusoires et aux Corallines.
(-) Colonies animales, p. 744, et Traité de Zoologie, p. 4o3.
» Pour quiconque pense que l'organisation des animaux est dominée par des règles générales, il est difficile d'admettre qu'im groupe zoologique puisse être opposé à un autre et surtout à l'ensemble des autres; on pourrait, il est vrai, ne voir là qu'une métaphore à ajouter à celles qui obscurcissent déjà le langage zoologique, si l'auteur ne prenait soin de nous avertir que « chez les Spongiaires seuls parmi tous les êtres, l'invagination normale des feuillets est renversée, V endoderme se portant à la surface pour former l'épiderme, et V ectoderme s' enfonçant dans l'intérieur pour former les cavités digestives. » Des causes qui auraient pu produire un aussi extraordinaire renversement, M. Delage ne nous dit rien, et cependant la Zoologie est aujourd'hui trop riche de matériaux pour qu'il soit encore possible d'admettre, si l'on se j)lace sur le terrain du transformisme, des renversements de feuillets, des transformations d'organes qui ne jiourraient être rattachées à des causes au moins vraisemblables.
» Mais pour en arriver à la conclusion que les Éponges sont l'envers des autres animaux, M. Delage a recours à des procédés de raisonnement et à des généralisations dont ibest important de préciser la valeur.
» Si l'on ignorait, dit-il, le développement des Eponges, et que l'on présentât aux embryogénisles les larves de ces animaux, en les priant de nommer les feuillets et de prédire leur évolution, il n'en est pas un qui ne dirait que les cellules flagellées sont l'ectodernie, que les granuleuses sont l'endoderme et que celles-ci vont s'invaginer dans celles-là. L'Iiomologation des feuillets larvaires n"esl donc pas douteuse.
» La définition des /lomologies e'>l due à Geoffroy-Saint-Hilaire qui les appelait âes analogues; elle est basée sur le principe des connexions, c'està-dire qu'elle s'appuie sir la position relative des organes à l'état adulte, sur l'identité de leur mode de succession diu'ant la période embryonnaire, à l'exclusion de toute considération de fonction ou de structure. L'endoderme étant essentiellement ce qui est dedans, l'ectoderme ce qui est dehors, comme leur nom l'indique, il est clair qu'il y a ni endoderme, ni ectoderme dans un corps creux formé d'une seule couche de cellules tel que la larve la plus simple des Eponges, et que pour demeurer conforme au langage précis de l'Anatomie et de l'Embryogénie comparées, il faudra, si l'une des moitiés de ce corps s'invagine dans l'autre, appeler entoderme celle qui devient interne, exoderme celle qui demeure externe. La proposition de M. Delage devrait donc être énoncée simplement ainsi :
» La larve des Eponges est un ellipsoïde dont une calotte est formée de cellules flagellif ères , l'autre de cellules granuleuses ; la calotte de cellules Jlagelliféres s'invagine dans l'autre et constitue V entoderme.
M En (lésign-'int celte calotte sons le nom iVexodcrrne, en l'homologuant à l'exoderme des autres animanx, on va contre la définition même des homolo^ies, car on convient imjîlicitement que le caractère de l'exoderme est tiré non pas de sa position, mais de la forme des éléments anatomiques qui le composent.
« Le caractère invoqué par i\I. Delage revient donc à dire que l'entoderme des Eponges est formé d'éléments flagellifères et leur exoderme d'éléments granuleux ; c'est nn caractère histolo^ique comme celui qu'on lire de la présence des choanocytes dans les chambres ciliées; il v a plus, c'est exactement le même caractère, puisque M. Delage reconnaît que les chambres ciliées dérivent de son prétendu exoderme, et la question de la position des Éponges demeure strictement au point oh l'avaient laissée ses prédécesseurs. Le progrès apparent résulte simplement de la créance encore accordée à la théorie metaphvsique des feuillets embryonnaires et de leur prédeslinatitm, théorie en quelque sorte rétroactùe, comme toutes celles qui prétendent a|)pliquer aux animaux inférieurs des conceptions fournies par l'étude des animaux supérieurs souvent même des seuls \"ertébrés, et basés sur des traits de structure qui sont le résultat de l'activité des formes animales piimilives, ou considérées comme telles, mais ne sont pas encore réalisées chez elles. Tout animal, dit-on, commence par une gastrula formée d'un exoderme et d'un entoderme : c'est une généralisation gratuite; l'exoderme et l'entoderme s(^ reconnaissent à telle ou telle structure histologique : c'est une proposition contraire à la définition même des bomologies; ils sont prédestinés à jouer tel et tel rôle dans le développement : c'est de la métaphysique.
» Les choses se présentent sous un tout autre aspect et ne prêtent plus à aucune obscurité, si, suivant les faits sans leur attribuer aucune signification mystérieuse, on se souvient que la forme primitive de tout embrvon ( ' ) n'est pas une gastrula à deux feuillets, comme on l'admet gratuitement, mais une blastula plus ou'moins rapprochée de la forme ellipsoïdale et formée d'une seule assise de cellules. Cette larve est ciliée et les battements des cils l'entraînent dans une direction déterminée; elle a donc un pôle antérieur et un pôle postérieur. Du moment que la locomotion s'accomplit dans un sens déterminé, les cils de la région antérieure de la blastula sont nécessairement ceux qui présentent le maximum d'activité; leur activité épuise les réserves alimentaires des éléments qui les portent,
(') Sauf dans la série des Arthropodes où les cils vibiatiles font défaut.
tandis que les éléiiienls de la région postérieure demeiireiit bourrés de ces réserves. Les éléments allégés de ces réserves sont toujours ceux dont la multiplication est la plus active.
» Ceci posé, la hlaslula ne peut suivre que deux voies dans son évolution : ou bien elle demeure libre, ou bien elle se fixe. Si elle demeure libre, sa région antérieure locomotrice, en raison de sa croissance rapide, détermine nécessairement l'invagination de la postérieure essentiellement nourricière et c'est pourquoi l'orifice d'invagination, qu'on a eu si longtemps le tort de considérer comme une bouche primitive, est très généralement postérieur dans la série des NÉniRioiÉs. Si, au contraire, la hlaslula se fixe, elle se fixe nécessairement (la règle ne présente dans le règne animal que des exceptions apparentes) par sa région antérieure locomotrice. Un animal ne peut, en effet, adhérera un obstacle qu'en pressant contre lui, c'est-à-dire en appliquant contre lui la région que dans son mode habituel de locomotion il porte eu avant. C'est donc la région ciliée de la hlaslula qui sera dans ce cas recouverte par la région granuleuse, proliférera enniullipliantsesanfractuositésà l'intérieur de son enveloppe, et constituera l'entoderme; ainsi s'explique le cas particulier des Eponges qu'il n'y a dès lors nul besoin d'opposer au reste du règne animal; elles se détachent du rameau commun parce qu'elles se fixent à l'état de blastula; elles s'éloignent, à cet égard, des Polypes puisque chez ces dernières la cavité de la blastula, déjà remplie d'éléments, est devenue une parenchymelle, au moment de la fixation; aussi ne se produit-il ici aucune invagination. Il ne s'agit ici, bien entendu, dans chaque série, que des formes larvaires primitives et non de celles que la tachygénèse a modifiées. La remarque de M. Delage ne projette donc aucune lumière particulière sur le problème de la place des Éponges dans la classification, et les termes qu'il emploie, pour désigner un groupe du règne animal déjà nommé par les Grecs, pourraient induire en erreur relativement à la signification de ce qu'on est convenu de nommei' \c& feuillets embryonnaires.
» Reste à savoir si les caractères hislologiques ont aussi peu de valeur qu'on semble parfois le croire. Quiconque se rappellera que le règne végétal tout entier doit ses caractères essentiels à ce que les éléments de la plante s'emprisonnent dans une enveloppe de cellulose; que la faculté de la région libre des épithéliums des Arthropodes de se charger de chitine a supprimé chez les animaux les cils vibratiles, orienté leur organisalion dans une sécrétion toute particulière et justifié pour eux la création d'un embranchement, il ne paraîtra pas indilférent que les Éponges et les
Polvpes possèdent respectivement et chacun d'une manier^; exclusive par rapport à l'autre groupe, des choanocvtes ou des nématoblastes. C'est aussi là une conséquence des propriétés dans leur proloplasma. »
MEMOIRES PRESENTES
M. J. M.4G\E.VAXT soumet au jugement de l'Acadéniie un Alémoire relatif à un (( rideau hvdraiiliqiie de sûreté ».
(Commissaires : M]\i. Troost, Michel Lévv, Mascart, Brouardel.)
CORRESPONDANCE
M. H. Strcve adresse ses remercîments à l'Académie pour la distinction accordée à ses travaux.
M. Mascart présenter l'Académie différentes publications du Meteorological office de Londres ; i° « Rainfall Tables of the British Islands. de 186G à 1890 »; 2" « Meteorological observations at the stations of the second order, pour 1894 »; 3° « Hourly nieans of ihe readings obtained from the self-recording instruments at five observatories » ; 4° « Quarterlv current charts of the Pacific Océan » .
M. Mascart insiste, en particulier, sur l'importance de la dernière publication qui présente un intérêt spécial pour la Navigation; les résultats publiés proviennent du dépouillement des nombreuses observations recueillies par les navires de la Grande-Bretagne.
ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur l' itération. Note de 31. C. Rocrlet, présentée par M. Appell.
« La dernière Note de 3L Lémeray Sur quelques algorithmes généraux et sur iitératuin, païue dans les Comptes rendus ( [4 février 1 898), m'engage à faire connaître l'énoncé d'une proposition dont je possède la démonstration depuis quelque temps déjà.
» En juillet 1897 j'ai adressé, aux Annales de la Faculté des Sciences de
( 584 ) Toulouse, un petit Mémoire Surl'itéralion dans lequel j'établis la proposition suivante qui résout, théoriquement du moins, le problème de l'itération dans un cas très général.
)) Soient v^i^z) une fonction de substitution et x un point limite tel que l'on ait, à la fois,
(p'(s) étant la de'/wee rie cp(s i. Posons, comme de coutume, » 'm série suivante
.(=)-f?.-.(=;-^^^?.-.(^)+--+(-iH
est convergente, quel que soit k, dans un domaine convenablement choisi entourant le point limite x. La fonction W{k, r) ainsi définie est, dans ce domaine, l'itérative de (p(^); c'est-à-dire que l'on a :
» 1° Pour tout nombre entier, positif ou négatif, p
» 2° Et quels que soient k et k' ,
« Si l'on observe que la fonction itérative W(k, z) peut s'écrire, symboliquement,
W[k,z) - [i -V Tcp - i")j*:^,
quelques-unes des remarques faites par M. Lémeray, dans la Note précitée, deviennent presque évidentes, puisque M'(/?-, r ) est une puissance symbolique d'exposant k.
» Je profite encore de cette occasion pour rappeler que j'avais déjà énoncé, sous une forme plus générale, certains des résultats indiqués par M. Lémeray dans sa Note du 27 décembre 189^, Sur les équations fonctionnelles linéaires, dans une Note qui a été insérée dans les Comptes rendus du 21 juin 1897. J'ai, d'ailleurs, l'intention de développer les indications sommaires qui en font l'objet dans un Mémoire plus étendu.
» Quanta l'équation de Babbage, dont parle JM. Lémeray dans celle
même Note,
elle a été résolue complètement par M. Leau dans sa Thèse de doctorat (p. 59). Les indications que donne cet auteur sont très brèves, c'est ce qui explique qu'elles aient pu passer inaperçues; il serait à désirer qu'il développe sa méthode dans un Mémoire spécial et, en particulier, les grandes analogies qu'il signale entre cette équation et les équations binômes. »
PHYSIQUE. — Remarque sur une Noie de M. Moreau, intitulée : « Des cycles (le torsion magnétique et de la torsion résiduelle du fer doux » . Note de M. H. BouAssE, présentée par M. Mascart.
« Dans une Note parue le 7 février dernier, M. ÏNIoreau énonce sur la torsion résiduelle lieux lois qu'il est facile de déduire des faits connus.
» M. Brillouin et moi avons démontré que, très sensiblement, les courbes de torsion qui limitent un cycle de torsion fermé sont indépendantes des amplitudes du cycle; que la partie descendante du cycle, toutes réserves faites sur les vitesses avec lesquelles le cycle est parcouru, est sensiblement rectiligne et a l'inclinaison tvpique F relative à une torsion élastique pure.
» Ceci posé, soient dz T, =t G les limites en angle et couple du cycle et T^ la torsion résiduelle; on a
» Pour les grandes torsions, le couple C tend vers une valeur limite C, ,
C , d'où T =: T, -^- — ^ : c'est la première loi de M. Moreau.
» La seconde loi se déduit immédiatement de la théorie proposée en 1848 par J. Thomson. Il démontre que si /"est une constante caractérisant la plasticité du fil, le couple maximum C, que peut supporter un ^i\ est
IT.f
C, =: — ^ R3, R étant le rayon du {\\.
» Or il est sénéralement admis que T = a- R'. D'où —' = ;~^ p • ° 1 ' 2 r 3|j. R
» D'où enfin T = T, -i- 77^, : c'est la seconde loi de M. Moreau. »