‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 141 sur 425 · C. W., i8y8. \" Semestre. (T. CX.XV1. N-S · texte numérisé non relu

C. W., i8y8. \" Semestre. (T. CX.XV1. N-S

ÉLECTRICITÉ. — Sur une analogie d'action entre les rayons lumineux et les lignes de force magnétique. Note de M. Birkeland, présentée par M. Poincaré.

« Dans un Mémoire Sur des décharges électriques à travers des gaz, qui paraîtra plus tard dans le Bulletin de V Académie norvégienne des Sciences, je décris un effet remarquable des forces magnétiques sur la cathode d'un tube de Crookes.

» Disposons un électro-yimanl assez fort assujelli au-dessous d'un tube de décharge {fig. i) par un tnécanisme permettant de régler très e.vactement la distance entre le

Fig. I (à l'échelle de ,i).

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tube et l'aimant. Admettons que des décharges d'un grand Ruhmkorfl passent dans le tube et qu'il y ait production active de rayons cathodiques.

» Si l'aimant, suffisamment éloigné du tube, est mis en activité, le caractère de la décharge reste à peu près le même. Riais si, au contraire, l'aimant en est rapproché de plus en plus, il arrivera à une position critique où toutes les propriétés de la décharge sont subitement changées. Ainsi, la diflférence de potentiel entre l'anode et la cathode est sou\ent réduite au-dessous d'un dixième de sa valeur jjrimitive et les

rayons cathodiques sont remplacés par des rayons qui ne produisent aucune phosphorescence sur le verre du tube, mais se manifestent immédiatement dans le gaz qui V est renfermé par une lueur rayonnant le long des lignes de force magnétique.

» J'appelle dislance critique la dislance entre la plaque de cathode et le bout le plus rapprociié de Taimant dans sa position critique. Cette distance, qui varie avec l'intensité de l'aimant, se mesure surtout exactement pour les tubes où le gaz n'est pas trop raréfié et dont les parois et les électrodes ne sont pas trop débarrassées de gaz adhérent.

» Si l'on fait passer le courant d'une machine de Holz à travers le tube, on aura l'avantage de pouvoir mesurer avec un voltmètre électrostatique les changements de potentiel au moment où l'aimant passe le point critique. Avec un voltmètre de Kelvin indiquant jusqu'à 20000 volts, j'ai observé comment la diflérence de potentiel en question varie d'une façon continue quand l'aimant se rapproche du tube, pour ensuite tomber brusquement par exemple de 18800 à i 4oo volts à l'époque où la distance critique se trouve atteinte. Cette position une fois dépassée, le potentiel varie de nouveau d'une façon continue, diminue d'abord un peu (dans le cas indiqué jusqu'à I 100 volts) pour ensuite augmenter lentement lorsque l'aimant continue à se rapprocher du tube.

» Cependant, quand le courant traversant le tube est continu et que l'aimant agit sans interruption, la distance critique n'est plus bien définie, mais varie quelque peu avec la durée de l'action de l'aimant. Pour préciser, j'impose la condition que les changements brusques de décharge se manifestent moins d'une seconde après que l'aimant est mis en activité. Un exemple va mettre ce point en lumière. Supposons que j'aie trouvé la distance critique ^80""". A 75™"°, les changements de décharge paraissent presque immédiatement après que le courant excitant l'aimant est fermé, tandis qu'à la distance de 90""' le voltmètre indique constamment 12000 volts pendant une minute et dix secondes après la création de l'aimant pour tomber ensuite brusquement à 1000 volts.

» J'ai fait un grand nombre de mesures de la distance critique pour différentes intensités de l'aimant. J'en citerai un exemple. Un tube rempli d'indrogène sous la pression de o™™, 061 montrait en marche une différence de potentiel de 3 900 volts entre l'anode et la cathode.

» Pour les courants d'aimantation de 11^™'', 8, 21*"'', 7 et^i ampères j'ai trouvé, en movenne, les distances critiques 98™™, 7, 128™"^ et i44™". D'autre part des mesures de la force magnétique à ces distances de l'aimanl pour ces trois degrés d'excitation donnaient 99, 10 1 et 102, c'est-à-dire une valeur sensiblement égale. Et ces résultats ont un caractère général : quand la force magnétique sur la plaque cathode atteint une certaine intensité, les changements brusques de décharge font lein- apparition.

M Si donc l'action en question des forces magnétiques est localisée, cette force doit agir sur la plaque cathode ou sur son voisinage immédiat, cette plaque étant le seul endroit du tube où la force magnétique est la même pour les positions critiques de l'aimant.

» Les mesures de la dislance critique se feront surtout nettement en employant un Ruhmkorfî comme source de décharge.

» J'ai fait aussi des mesures pour déterminer la relation entre le potentiel de la cathode, c volts, l'anode étant en communication avec le sol, et l'intensité de la force magnétique I sur la plaque cathode au moment critique. I étant donné dans une unité arbitraire, on aura la densité de lignes de forces en multipliant les valeurs de I par 0,6 environ.

Fig. ->.

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iteaasa«gsasi;3;l-:Bteii:èM:,:FT 1? "

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» Dans le Tableau suivant ^""" désigne la pression du gaz dans le tube, ce gaz étant de l'air dans les dix-sept premières colonnes du Tableau et de rhvdrogène dans les dix suivantes :

ii5

I iS III

Ces résultats sont graphiquement représentés dans \a Jig. 2.

On voit que les distances critiques sont sensiblement les mêmes pour

( :)»9 ,■> les deux gaz employés, le potentiel de la cathode étant le même. En outre, j'ai trouvé que les distances critiques sont sensiblement indépendantes de l'intensité du courant à travers le tube. Cela rap[ielle mon théorème {Comptes rendus, 28 septembre 1896) que la déviation magnétique des rayons cathodiques dépend uniquement de la tension entre la cathode et l'anode, la force magnétique étant la même.

» Quand l'aimant agit sur la cathode de la manière mentionnée plus haut, des particules de métal s'en détachent et sont projetées violemment. Même avec une cathode d'aluminium on peut produire, en employant pendant une demi-heure des décharges intenses, un miroir opaque de métal déposé sur le verre.

)) La pression du gaz dans le tube diminue vite dans les mêmes conditions de décharge. Dans un tube à électrodes d'aluminium rempli d'hydrogène à la pression initiale de o^^.iiyô, j'ai fait disparaître, en quatorze reprises de vingt secondes chacune, aSoS"^*^ de gaz à la pression de o°"°,o382, presque assez pour remplir une douzaine de tubes de Crookes ordinaires. D'après quelques analyses que j'ai faites, elle se retrouve en partie sur la surface intérieure du tube.

» La quantité de gaz disparu est proportionnelle, toutes choses égales d'ailleurs, au courant primaire de la bobine employée; mais la relation entre le gaz disparu et le courant secondaire à travers le tube est plus compliquée.

» L'aimant n'agit sur l'anode du tube de décharge d'aucune des manières décrites plus haut, je l'ai vérifié avec un tube de go*^^"' de longueur et 6*^" de diamètre. »

PHYSIQUE. — Sur la prépondérance de l'action mécanique des courants de comection, dans les enregistrements de figures d' ejjluves sur plaques voilées soumises à l'action de pôles thermiques dans les bains révélateurs. Note de M. A. Gl'ëbhard, présentée par M. Lippmann.

« Frappé, dès les premières observations de pseado-induction thermique que j'ai eu l'honneur de signaler à l'Académie ('), de ce fait que l'action du liquide révélateur mis en mouvement sous l'influence de pôles thermiques appliqués sur la face verre, seule émergente, d'une plaque supérieure, produisait, sur d'autres plaques parallèles, des taches polaires se-

(') Comptes rendus, t. CXXA", p. 814; i5 novembre ibyj.

condaires, dont la couleur, tantôt noire, tantôt blanche, était absolumenl indépendante de la température propre des molécules, et uniquement dépendante du sens dans lequel avait lieu l'attaque de la surface sensible par les fdets de flux liquide, j'ai tenu à m'édifier par de nouvelles expériences sur le rôle, en ceci, des courants de convection, au point de vue, soit de la véhiculation de la chaleur par les molécules, soit de la véhicnlation des molécules par la chaleur.

)) Dans une première série, faisant agir les pôles non plus de haut en bas, mais de bas en haut, soit directement sur une plaque inférieure, formant le fond d'une cuve spécialement construite, soit médiatement, en posant simplement, sur le groupe des cylindres à eau chaude ou glacée, des cuvettes de verre, de porcelaine ou de carton noir ( ') contenant les piles de deux à quatre glaces parallèles, espacées de 3°"" à 5""°, j'ai constaté que, sur la plaque inférieure, ce n'était plus du tout une lâche noire qui correspondait au pôle chaud et une tache blanche au pôle froid, mais absolument l'inverse; preuve évidente (comme avec la même plaque, soumise, par en haut, à distance, à l'action des mêmes pôles) que ce n'est point la température elle-même qui provoque ou retarde le noircissement du gélatinobromure, mais le sens positif ou négatif de la pression exercée sur celui-ci sous la double influence de la température et de la gravité.

» Aussi n'y-a-t-il pas lieu de s'étonner de la constance avec laquelle se vérifie, pour les plaques horizontales disposées face à face, la loi des inversions polaires et celle delà correspondance, au contraire, pour les plaques de même sens. Afin d'éviter dans ces constatations les erreurs pouvant résulter de l'emploi de plaques adossées par la face verre, j'ai fait faire par MM. Graffe et Jougla des plaques sensibilisées sur les deux faces . En les observant avant fixage, ou pelliculant ensuite une des faces (-), on

(') Notons, en passant (mais sans attacher aucun sens extraordinaire à un phénomène aussi facile à prévoir qu'à expliquer), qu'il s'agit ici d'une véritable action photographique à travers corps opaques, action qui, sans l'intermédiaire d'aucune espèce de radiation, par le simple transfert de vibrations thermiques à travers l'épaisseur de la cuvette, puis de la glace et de la gélatine elle-même, va produire, sur les mouvements du liquide sus-jacent, une modification capable de reproduire à son tour, sur le gélatinobromure, la silhouette, par exemple, d'un corps, ou très conducteur, ou très peu, interposé entre la source de chaleur et la plaque.

(-) Opération des plus faciles une fois qu'on s'est habitué à disposer une plaque sur des supports appropriés (perles de verre ou punaises à dessin la pointe en l'air) de manière que l'une des faces, seule, soit en contact avec le liquide.

trouve toujours, dos à dos, des taches inverses, correspondant évidemment à des conditions thermiques identiques, mais à des sens inverses de la conveclion par rapporta hi gélatine.

» Il devait être intéressant de rechercher ce qui se passerait pour les positions verticales ou inclinées des couples de plaques opposées. Biais, d'une part, les cuvettes verticales commerciales en verre monté se prêtent mal. à cause de leur convexité, à l'application de pôles thermiques, même si l'on remplace la fermeture rigide des récipients cylindriques par une membrane souple tendue à la manière d'un osniomètre; et, d'autre part, les cuvettes ordinaires, diversement inclinées, ne s'accommodent que d'un petit nombre de combinaisons des plaques, en Z, ou en V ou AV couchés. Aussi ai-je recouru à la construction, au moyen d'étriers en bois, feuille de liège ou plaque de gutta avec joints de caoutchouc, et pinces de serrage, de cuves 9 x i3 à faces parallèles suivant le type imaginé par M. Lippmann pour la photographie des couleurs, et dès que j'eus renoncé au modèle de 2'™, beaucoup trop épais, pour le modèle de 3°"" seulement, facile à doubler en cuve à compartiments multiples, je pus étudier facilement, pour toutes les inclinaisons possibles, de o" à 90°, l'action, par en haut ou par en bas, des pôles thermiques sur les plaques parallèles.

)i II serait oiseux d'entrer dans la description de la très grande variété de figures, souvent très régulières, qu'il m'a été donné d'observer sur i63 clichés, presque tous 9 X i3, au cours de 81 expériences enregistrées. Mais, dans toutes, et alors même qu'il n'y avait plus, à proprement parler, de taches polaires, mais de simples centres d'irradiation de lignes de flux claires et foncées, on constate toujours :

M 1° Que les plages noires correspondent, indépendamment de la température, aux places où le mouvement circulatoire du liquide tend à appliquer les molécules contre la gélatine, et les plages blanches aux endroits où le mouvement tend à les en détacher, au point que, souvent, on voit une ligne de flux noire se terminer par un dégradé effilé qui, sur le cliché sec, donne l'illusion visuelle d'un relief, faisant sortir l'extrémité de la hgne de la gélatine, à l'endroit même, sn.ns doute, où le fdet liquide s'en éloignait ;

» 2° Que, sur des plaques en regard, la loi d'inversion se manifeste dans toutes les positions, conformément à cette règle générale que, sur les extrémités opposées d'une même verticale, il y a toujours des teintes contraires ;

» 3** Que si l'on veut, dès lors, attacher des signes contraires aux

teintes noires ou blanches des taches polaires, leur délermination dépendra uniquement, comme pour une plaque de métal dans un champ magnétique, du sens du recoupement des h'gnes de force par la plaque.

» La preuve expérimentale est donc faite : la chaleur qui, dans ces expériences, semblait, de prime abord, être le facteur principal, n'a pas d'autre rôle que celui de force motrice, et la pesanteur, ainsi que je l'avais tôt soupçonné, a la plus grande part aux curieux simulacres d'induction thermique que j'avais signalés. Si les figures observées, dans le cas où le mouvement est confiné entre deux plans parallèles rapprochés, sont bien conformes à celles des écoulements soit thermiques, soit électriques, cela tient à l'identité de la formule potentielle qui régit tous ces écoulements stationnaires à deux dimensions. Mais toute autre cause motrice que la chaleur, capable de créer et de maintenir en des points déterminés des différences de potentiel hydrodynamique, devra produire identiquement les mômes effets : c'est ce que je démontrerai expérimentalement dans une prochaine Communication. »

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur une combinaison de l'anhydride p/iosphorique avec le benzène. Note de M. H. Giran.

« La production des acides sulfoniques par l'action de l'acide sulfurique fumant sur divers composés organiques m'a fait supposer que l'acide phosphorique pourrait également donner naissance à des corps analogues à ces acides sulfoniques.

» Pour vérifier celle hypolhèse dans un cas parlicuiier, j'ai ctiauffé en lube scellé, à no°-i20°, pendanl quatre ou cinq heures, un mélange de deux parties d'anhydride phosphorique avec irois parlies de benzène (soit environ i molécule P^0° pour 3 molécules C'H"). Il se produit une matière solide, rouge brique, très instable, qui se dissocie rapidement à l'air libre, mais que l'on peut conserver dans une atmosplière de benzène. Mise en présence de l'eau, elle se décompose en benzène et acide phosphorique, mais elle se dissout dans l'alcool. Celle solution attaque lentement le carbonate de baryte et se transforme, au boni de quelques heures, en une masse gélatineuse. Le même résultat est obtenu si l'on remplace le carbonate de baryte par une solution alcoolique d'élhylate de baryte, jusqu'à neutralisation de la liqueur. Cette masse gélatineuse est jetée sur un filtre, lavée à l'alcool absolu et desséchée sur une plaque poreuse en présence de la potasse caustique.

» On obtient ainsi un sel blanc, soluble dans l'eau, qui, après dessiccation à l'éluve à la température de iio°-t20°, présente à l'analyse une composition correspondant à la formule C'lI-P'0"Ba-.

» Les résultats de l'analyse sont :

Trouvé.

Calculé. I. II. III. IV. V.

Ba 29,92 1) » » » 80,67

» L'acide de ce sel seniil C !!■ 1"*0""I1' ; il résulterait de l'tinion d'une molécule de benzène avec quatre molécules d'anhydride phosplinrique

Sa constitution pourrait s'expliquer par la formule développée suivante :

PO

PO

OIK .Q, I /Q.

\0/ I \0./ \oH.

PO

OH

» Ce serait donc Vacide benzcne-tétradiniélaphosphonqne.

» Je me propose d'étudier avec plus de détails les propriétés de cet acide et de ses sels, et de chercher à isoler les diverses combinaisons, que la théorie permet de prévoir, formées par l'union de l'anhydride ou des acides phosphoriques avec le benzène ou d'autres composés organiques du même ordre. »

MÉDECINE. — Injluence des rayons X sur le phénomène de l'osmose. Note de JM. H. Bokdier, présentée par M. d'Arsonval.

« On sait que, pendant le phénomène de l'osmose, une différence de potentiel, vraisemblablement très faible, se produit entre les deux faces du seplum à travers lequel s'effectue le passage des liquides.

c. R., i.'gS, ." Semestre. (T. CXXVI, N" 8.) 77

» Étant données les propriétés électriques des rayons X, il était permis de se demantler si les actions électrocapillaires produites par les courants d'endosmose et d'exosmose peuvent être modifiées par les radiations de Rôntgen, et si, par suite, la marche du phénomène de l'osmose est influencée d'une manière quelconque par ces radiations. Ce sont les résultats des premières expériences tentées dans ce sens que je vais faire connaître.

» Il était indispensable que la cuve renfermant l'eau et destinée à recevoir l'osmomètre fiît transparente aux rayons X, ce qui n'est pas le cas du Acrre. .Te me suis servi de petites caisses en bois mince, dans lesquelles on avait coulé de la paraffine pour obtenir une étanchcité parfaite.

» Quant à l'osmomètre, j'ai fait usage de deux modèles : l'un forméd'un simple tube à entonnoir, l'autre construit avec un entonnoir ordinaire auquel était rajusté un tube de verre. Cliacun de ces osmomèlres était fermé par du parchemin animal ; la surface de la membrane était, pour le premier, de G'^i.Go et, pour le second, de 38"', 46.

» Le tube de Crookes employé était un tube focus construit sur les indications de M. Monell, de New-York, spécialement pour être actionné par les décharges d'une machine statique : cette dernière était une machine à grand débit (machine à deux grands cylindres en ébonite, de Bonetti).

» Les décharges très fréquentes étaient obtenues à l'aide des interrupteurs ou détonateurs de Van Houten et Ten Brœck, cjui peuvent être fixés directement sur les manches en ébonite des deux pôles de la machine. On a ainsi un rendement considérable, qui peut être rapproché de celui que fournit une grosse bobine de Ruhmkorfi" de o", 55 d'étincelle.

» Première expérience. — Osmomètre n° 1 : S = 6"i,6o; diamètre du tube osmomélrique : 4"""' t)n introduit dans l'appareil une solution de sucre de canne à 3o pour 100, et l'on place l'osmomètre dans la cuve pleine d'eau. Le tube de Crookes est disposé en dessous, de façon que les rayons X soient dirigés de bas en Iiaul, perpendiculairement à la membrane.

i> L'ascension du liquide dans le tube est notée d'abord sans excitation du tube focus, pendant trente minutes : on trouve 6'"™. On excite alors le tube et l'on trouve qu'après trente minutes le liquide ne s'est élevé que de 3""".

» On arrête la machine et l'on note l'ascension pendant les trente minutes suivantes : elle est de 6""™, i .

)i On met de nouveau la macliinc en marche et l'ascension n'est plus que de 2"™, 7, pendant trente minutes.

» Enfin, le système étant abandonné à lui-même, sans ravons X, l'ascension est de 6°"° pendant chaque demi-heure suivante.

» Deuxième expérience. — Osmomètre u" 2 : S ;= 38"^i,46; diamètre du tube relié

à l'enlonnoir, 5™". Liquide introduit dans rosraoniètre, solution concentrée de sel marin.

" Ascension du liquide dans le tube après trente minutes : 27™™. Le tube de Crookes étant excité, l'ascension, après le même temps, n'est plus que de 16™", 5.

» Troisième expérience. — Osmomètre n° 2 : S = 3S"i,46; tube capillaire fixé à l'entonnoir. Liquide introduit, solution saturée de sucre de canne. On note lascension du liquide pendant dix minutes chaque fois.

1° Sans rayons X 38

2° Avec rayons X 28

3° Sans rayons X . . 4o>2

4° Avec rayons X 27

» Tl résulte nettement de ces trois séries d'expériences que le phénomène de l'osmose, dans les conditions expérimentales indiquées, a été influencé dans sa marche par l'exposition de la membrane à l'action des rayons X : l'ascension du liquide a été chaque fois ralentie.

)) Il V avait lieu de rechercher si cette action retardatrice était due aux rayons X eux-mêmes, ou bien au champ électrique provenant de la source servant à actionner le tube.

» J'ai alors interposé, entre l'ampoide de Crookes et l'osmomètre, une lame d'aluminium reliée soigneusement au sol, qui était constitué par la gaine métallique d'une cheminée voisine.

» Les résultats ont été les suivants :

)> L Osmomètre n° 1. — Liquide introduit, solution de sucre. » Après trente minutes, l'ascension est de 6""°, 2.

» On actionne le tube de Crookes; pendant le même temps, l'ascension notée est de 3""", 5.

» IL Osmomètre n° 2. — Liquide introduit, solution de sel marin.

» Ascension, pendant trente minutes : 28""".

» Tube de Crookes excité pendant le même temps, ascension 17"".

» Les nombres relevés dans ces expériences comparatives montrent que, malgré l'interposition d'une lame d'aluminiuin en communication avec le sol, l'osmose est ralentie lorsque l'appareil est exposé aux rayons X. On ne peut donc attribuer qu'à l'influence des rayons le ralentissement observé. Ce ralentissement est dû probablement à l'action perturbatrice des rayons X sur les phénomènes électrocapillaires dont le parchemin est le siège pendant l'osmose.

» Quoi qu'il en soit, il est peut-être permis de rapprocher, de la modification apportée par les rayons X dans la marche du phénomène de l'osmose.

certaines perturbations qu'ils produisent clans l'intimité des tissus vivants. Comme on le sait, un ejrand nombre des échanges intercelliilaires se font chez l'ôrre vivant par voie endosmotique; il ne serait pas téméraire, par suite, d'admettre que, lorsqu'un faisceau de rayons X traverse pendant un certain temps une région de l'organisme, les échanges des liquides entre les cellules ainsi rencontrées soient ralentis et que la nutrition des tissus puisse se trouver ainsi plus ou moins altérée. Il est même possible que ce soit là l'explication de quelques effets thérapeutiques des rayons X déjà observés. »

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Pjoiluction de substance miicinoïde par les bactéries. Note de MM. A. Chaiîuin et A. Desgrez, présentée par M. d'Arsonval.

« Certaines cultures du bacille pyocyanique prennent une consistance visqueuse et fdante qui nous a fait sup[)oser, dans ces liquides, la présence d'une substance albuminoïde analogue à la mucine. Cette substance se forme dans des bouillons préparés, suivant la technique habituelle, avec de la viande; elle fait totalement défaut ou n'existe qu'à l'état de traces, si ces bouillons ne renferment que des substances minérales, ou de la peptone dans la proportion de i pour loo. Il n'y a, d'ailleurs, aucun rapport entre la genèse de ce produit et la formation de pyocyanine.

» Les premières, les cultures à mucus, précipitent par l'alcool, l'acide acétique, les acides minéraux, le sel marin, le sulfate de magnésie. Le précipité formé par l'alcool se gonfle dans l'eau, s'y dissémine tellement qu'il semble se dissoudre, et peut, à cet état, traverser les fdtres. Le précipité obtenu avec l'acide acétique est insoluble dans un excès de réactif, mais se redissout dans les alcalis et leurs carbonates étendus. Les acides minéraux en excès redissolvent également le précipité auquel ils ont d'abord donné naissance. Ces caractères, fonction acide, insolubilité dans l'eau et l'acide acétique, rapprochés de la présence du soufre dans notre substance, sont ceux des composés mucinoïdes. Quant au dédoublement par les acides étendus avec production d'une gomme réductrice, dédoublement caractéristique des vraies niucines, deux cultures seulement, sur trois, nous l'ont foiu-ni. La recherche du phosphore dans le précipité nous ayant, de même, donné un résultat positif avec certaines cultures anciennes, nous supposons, dans ces cas, notre substance mucinoïde accom-

( %7 ) pa£;née d'une micléo-albumlne. Wevl a signalé un composé analogue flans les cultures du bacille tuberculeux.

» Les masses visqueuses existant dans les cultin-es qui nous ont donné les réactions |)récédentes ne sont, d'ailleurs, pas constituées par des amas microbiens; le microscope, en elTet, n'y révèle des bactéries qu'en nombre ti'ès limilé; d'autre part, les cultures minérales ou peptoniques, qui ne fournissent pas ces mêmes réactions, contiennent autant de bactéries que les premières.

)) Dissoute dans le carbonate de soude étendu et injectée dans la veine mar£;inale de l'oreille d'un lajîin, à la dose de o^, i5 par kilogramme d'animal, notre substance mucinoïde produit une série d'accidents. La température rectale s'abaisse dès la deuxième heure, la diarrhée se manifeste et la mort peut survenir en moins de vingt-quatre heures. Avec des doses moins fortes, l'animal maigrit rapidement, perd un quart de son poids en quatre jours et succombe albuminurique, présentant à l'autopsie des traces d'entérite et d'hémorragies iniramusculaires. Ces résultats établissent que notre substance, ou peut-être un principe entraîné par elle, <à la façon des diastases, provoque des accidents rappelant, dans quelque mesure, l'intoxication pyocyanique. La rapidité de ces troubles, l'absence d'incubation, le résultat négatif des ensemencements démontrent que l'on a affaire à un processus toxique et non bactérien. Le traitement par l'acide acétique, répété en vue de la purification du produit, suffirait, du reste, à atténuer, sinon à détruire les microbes du pus bleu.

» Tl est intéressant de voir la cellule microbienne produire une substance analogue à celles que produisent des cellules de l'organisme et toute une série d'autres cellules végétales. Il est non moins intéressant de remarquer que les inflammations des membranes muqueuses s'accompagnent fréquemment de la production d'éléments muqiieux donnant, en partie, les réactions de la mucine. Ce caractère devient parfois tellement important qu'on donne à ce processus les dénominations (V inflammation muco-membraneiise. Or, au cours de ces affections, les bactéries se développent généralement en abondance. Tl est permis de se demander si ces bactéries n'entrent pas, pour une part variable, dans la genèse de ces substances muqueuses. Celle question est d'autant plus légitime que, plus d'une fois, comme dans l'entérite muco-membraneuse, les cellules normales de la muqueuse se désagrègent pendant que les cellules bactériennes se multiplient de plus en plus.

» Quelques recherches, encore incomplètes, poursuivies avec le staph\-

locoque, le bacille du colon, la virgule cholérique, nous permettent de dire que cette formation de substance mucinoïde n'est pas une propriété spéciale au bacille pyocyanique. Nous pouvons également ajouter que les diverses races de ce bacille sont capables de produire la même substance. >> Nous continuons ce travail, en vue de sa généralisation et de l'étude plus complète de la composition des cultures de divers bacilles pathogènes. »

BACTÉRIOLOGIE. — Sur l'amertume des Vins. Note de MM. .1. Bordas, ,1oui.in et Rackowski, présentée par M. Brouardel.

« Le ferment que nous avons isolé provient d'un vin qui présentait nettement les caractères d'un vin amer, tant par l'examen microscopique et chimique que par le goût.

)) L'ensemencement direct sur gélatine du dépôt de ce vin n'a donné aucun résultat, tandis que, sur eau de levure concentrée, alcalinisée légèrement avec de la potasse et additionnée de glucose, nous avons obtenu une culture abondante.

» Ce bacille a été purifié par plusieurs passages successifs sur le milieu ci-dessus, puis nous l'avons isolé par des cultures sur plaques. Les colonies sur plaques sont très petites, légèrement jaunâtres et ne liquéfient pas la gélatine.

» Le bacille de l'amertume se présente sur eau de levure glucosée, sous forme de fdaments plus ou moins longs, contournés, simples, constitués par des bâtonnets accolés bouts à bouts. Après quelques jours, ces filaments se réunissent entre eux pour former de véritables faisceaux, composés, eux aussi, de courts bâtonnets accolés.

» Sur le milieu de Laurent, modifié par l'adjonction de peptone Collas à lo pour loo, le bacille de l'amertume se développe très rapidement. Le liquide est déjà trouble après vingt-quatre heures ; au bout de huit jours, on perçoit faiblement, mais d'une façon très nette, un goût amer; il y a, en même temps, production d'un léger dégagement gazeux.

/) Dans ce milieu minéral, le bacille se présente sous la forme de petits bâtonnets, parfois mobiles, mesurant \ [j. de largeur sur 4^- â 5[j. de longueur. Ces bâtonnets offrent la particularité de se grouper de telle façon qu'on peut les croire ramifiés; cette particularité est, d'ailleurs, mise en évidence par la coloration à l'aide de la vésuvine.

» Dans les milieux minéraux peptoniscs contenant 3^^'' de tartre par

litre, même en présence de glucose et de glycérine, le développement du bacille est beaucoup plus lent.

1) Le ferment ainsi isolé a été ensemencé dans un vin qui avait été préalablement filtré à la bougie Chamberland. Examiné six mois après, le vin possédait un goût amer très prononcé. Le vin était très trouble, la matière colorante précipitée en partie; le dépôt abondant, observé au microscope, a indiqué la présence de fdaments caractéristiques de l'amertume. Le titre alcoolique de ce vin rendu malade n'avait pas varié, tandis que les proportions de glycérine et de glucose étaient notablement moindres. Enfin, l'acidité avait fortement augmenté : l'augmentation était surtout due àdel'acidilé volatile; nous avons constaté enfin la présence de petites quantités d'ammoniaque.

» Le vin ensemencé avait été abandonné à la température de 20°, tandis que pour les cultures dans les divers milieux artificiels la température de 3o° semble plus favorable au développement du bacille.

« Dans un vin privé d'alcool par la distillation, la maladie se développe rapidement; après quelques jours, on constate de profondes modifications dans le milieu, ainsi qu'un goût amer très prononcé.

)) Ce bacille a été de nouveau isolé des vins que nous avions rendus malades, et nous avons pu déterminer à nouveau l'amertume dans d'autres vins. »

BOTAÏS'IQUE. — Siir l'apiitude à germer des spores de la Truffe et le rôle de l'arôme. Note de M. A. de Gramoxt de Lespaure, présentée par M. Chatin.

« L'aptitude des spores à germer dépend de leur état de conservation et, en second lieu, de la nature et de l'exposition des feuilles. J'examinerai d'abord le premier point, ce qui m'amènera à parler de l'arôme.

11 Si une Truffe mûre demeure en terre ou séjourne dans une chambre, elle subit l'une des deux transformations suivantes : ou bien elle se dessèche et durcit; ou bien elle entre en pourriture, pour mieux dire en fermentation, puisque le plus souvent cette décomposition est produite par un ferment genre saccharomyces et accompagnée de dégagement ammoniacal.

» La TrulTe siniplemeiU desséchée devient aussi dure que le bois, mais cet état de dessiccation, complet en apparence, n'est qu'un tronipe-l'œil; en réalité les asques et

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leurs spores sont en grande partie intacts; mis en eau ils reprennent vite leur forme et leur bonne mine {Jig- i ; n° i : pulpe de spore, n'a} anl pas fermenté, vieille d'un an, humectée; n° 2 : pulpe de spore, n'ayant pas fermenté, vieille de deux ans).

» Extraites de leurs asques et ensemencées un an après la maturité, les spores germent très bien, quoique en moins grand nombre que si elles étaient fraîches: elles germent même après deux ans, mais les manquants sont encore plus nombreux. D'où il suit que si, dans cet état de conservation sèche, la Truffe vient à être humectée et à se ramollir en terre, le rôle des insectes continue de façon utile, car les spores sont encore aptes à reproduire.

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» Lorsque, au contraire, la pourriture ou la /ermentation ont attaqué la Trufle avant son dessèchement, les asques sont détruits, presque tous, au bout de quinze jours; tous sans exception, si la fermentation se prolonge {/ïg- 2 ; n° i : pulpe avant fermenté dix jours à l'origine; n° 2 : pulpe ayant séjourné quinze jours en terre humide, en février; la pourriture a commencé; les insectes ou leurs larves ont détruit des asques et des spores).

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» Que la Truffe ou ses débris viennent alors à se dessécher, il reste des spores isolées plus ou moins intactes, plus ou moins racornies {Jig. 3, pulpe ayant fermenté à fond, mais non encore desséchée; //^'. 4, la même desséchée à fond).

» Celles-ci, lorsqu'elles ont élé maintenues à l'ombre, à l'abri d'une forte chaleur, germent encore assez bien jusqu'en septembre; plus tard leurs facultés végétatives semblent diminuer; il en reste peu d'aptes à germer jusqu'en hiver, et plus du tout après. Encore ne s'agit-il ici que de spores qui n'ont pas été exposées au soleil ou conservées en terre surchaufTée, car, dans ce cas, la stérilité est presque absolue.

M La Truffe qui a termenlé est donc relativement iinpropre à conserver l'espèce, puisqu'elle n'est guère apte à reproduire que de novembre à janvier, alors que la maturité même est souvent |)ostérieure à celte date. En outre, la végétation d'été devenant très aléatoire, certains arbres, tels que le noisetier, seraient exposés à ne plus être fécondés. Au contraire, la truffe desséchée avant fermentation assure l'avenir pendant un an ou deux.

» Or de tous les végétaux il n'en est peut-être pas de plus termentescible que la Truffe, avec sa pulpe épaisse et profonde, de composition azotée, et la quantité d'eau (72 pour 100) qu'elle renferme. Aussi fermenterait-elle toujours avant de sécher, si l'arôme n'agissait comme un antiseptique, un retardateur.

» Un morceau de Trufî'e fraîche a été enfermé avec un peu d'eau, sans aucune précaution antiseptique, dans un tube de verre qu'il remplissait aux trois quarts. On a hermétiquement bouché. Trois mois après, la Truffe répandait encore un très fort parfum, une sorte d'arôme modifié, mais point du tout une odeur de pourriture. En fait, il n'y avait pas décomposition; les asques étaient presque tous intacts. Dans ce? mêmes conditions, si l'on avait laissé l'odeur s'évaporer, tous les asques sans exception auraient élé détruits depuis longtemps.

» L'arôme a donc pour but la conservation de l'espèce, par la [)rolection des asques. Indirectement, il révèle la Truffe aux animaux tubérivores, mais il ne serait nul besoin pour cela qu'il fût aussi intense, puisque l'odeur beaucoup plus faible que dégage la Truffe desséchée (et non fermenlée) suflit pariaitement à les attirer de juin à noveinbre. Cela n'a rien d'étonnant, si l'on considère le développement extraordinaire des facultés olfactives chez les insectes carnivores.

» De ces précautions que la nature a prises pour assurer la perpétuité de l'espèce, il ne suit pas que la spore de Truffé perde facilement sa faculté de germer. Le contraire est plutôt vrai.

» J'en ai vu partir qui semblaient être dans un état de dessèchement voisin de la Jig. 2. Brisées, coupées en deux, elles germent encore, souvent avant leurs voisines intactes, ce qui prouverait, au moins pour les femelles, l'existence de germes multiples. J'en ai mis, après les avoir sorties de leur asque, dans de l'eau phéniquée à plus de 4 pour 100, où elles sont restées huit mois; je les ai ensemencées ensuite : plusieurs ont germé.

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