C. K., -X..8, I" S-n^estre. (T. CXXVI
( Ca ) ). En même temps qu'il se livrait à de brillantes recherches originales, M. Des Cloizeanx écrivait des Ouvrages de vulgarisation, parmi lesquels :
» De l'emploi des propriétés optiques biréfringentes en Minéralogie, in-4°,
» Leçons de Cristallographie. in-/|", 1861.
.) Manuel de Minéralogie. •i\o\.\n-?>°, 1862-1874.
» Sur les propriétés optiques et cristallo graphiques des minéraux, in-8",
» M. Des Cloizeanx, qu'une longue et douloureuse maladie tenait depuis plusieurs années éloigné de son laboratoire et de nos séances, a tracé dans la Science, par ses belles études de Cristallographie optique, un fécond sillon.
» Nous garderons à l'éminent et bon Confrère, qui fut d'un commerce agréable et sûr, un durable souvenir.
» Fils de P'rédéric Schûlzenberger, professeur à l'Ecole de Droit et maire de Strasbourg, Paul Schûlzenberger, notre éminent et 1res regretté Confrère, naquit en cette ville le 23 décembre 1829; nous l'avons perdu le 26 juin dernier : enlevé par une courte, mais implacable maladie qui le terrassa comme il mettait la dernière main à ses belles recherches sur les corps de la complexe série des albuminoïdes.
» L'un de ses oncles, Charles Schûtzenberger, professeur à la Faculté de Médecine, frajipé de ses heureuses dispositions, forma le projet de l'avoir pour successeur. C'est dans cette vue qu'il obtintde lui, non sans quelques difficultés, de suivre les cours de la Faculté.
» Mais, bien avant d'arriver au doctorat, le jeune Paul se donnait tout entier à la Chimie vers laquelle il était invinciblement attiré.
» Admis, dès 1849, dans le laboratoire du vénérable Caillot (père de l'un de nos plus brillants généraux de corps d'armée), il y remplaça Ad. Wurtz, cet élève de Caillot à qui il devait, plus tard après la triste guerre de 1870, donner l'hospitalité, à Paris, dans son propre laboratoire.
» En i853, le savant Persoz, rude aux siens comme à lui-même, le prenait au titre de préparateur de sou Cours de Teinture et d'Impressions au Conservatoire des Arts et Métiers.
» Mais un an à peine s'était écoulé qu'il acceptait successivement, de la ville de Mulhouse, la direction de ses Écoles, Professionnelle et Supérieure (le y Enseirrnenient des Sciences.
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» C'est là que vint le chercher le sagace et prévoyant Balard, pour qu'il le secondât dans cet enseignement du Collège de France, qui devait plus tard lui échoir, par droit de conquête.
» Les travaux de Schiilzenberger, publiés flans plus de cent Mémoires au milieu desquels émergent, comme des phares, ses longues et brillantes recherches sur les matières colorantes et sur les composés albuminoïdes, au milieu desquelles une mort prématurée est venue l'arrêter dans ses découvertes.
» Schùtzenberger mena de front, avec les recherches originales, la publication d'importants Ouvrages de vulgarisation, parmi lesquels nous citerons les suivants :
» Cliimie appliquée à la Physiologie animale el au diagnostic médical, 1 864 •
» Des matières colorantes, 1 86G.
» Les Fermentations. 1873.
» Traité de Chimie générale, coinprenaal les applications de la Chimie aux Sciences biologiques et aux Arts industriels, six volumes in-8°, 1879- 1890.
» Ses remarquables et incessants travaux avaient porté Schùtzenberger au premier rang des chimistes du temps présent; aussi voyons-nous tous les Corps savants s'empresser de l'appeler à eux :
» En 1876, il succède, au Collège de France, à Balard.
■» En 1877, il remplace Gobley au Conseil d'hygiène, où il fait, durant vingt ans, d'importants rapports sur des sujets de Chimie industrielle (acétylène, etc.).
M En 1882, la ville de Paris, qui vient de créer une Ecole de Phvsique et de Chimie, lui en confie la direction.
» En i88't, il remplace J.-B. Dumas à l'Académie de Médecine.
» En 1888, il vient occuper, à l'Académie des Sciences, comme par acclamation, le fauteuil du savant Debrav.
» Entre temps, Ch. Sainte-Claire Deville s'était déchargé, sur notre infatigable Conlrère, de la Direction de l'Ecole pratique des Hautes Études à la Sorbonne.
» Ardent au travail et heureux dans ses recherches comme son compatriote et ami Ad. Wùrlz, Schùtzenberger aimait encore, comme Wùrtz, à se distraire parfois de l'assiduité au laboratoire par le plaisir de la chasse.
» Retiré pendant les vacances dans son charmant cottage de Salnetle Saint-Briac, non loin de Saint-Malo, oîi, depuis que sa chère Alsace est dé-
( 64 ) tenue par un État étranger, il avait renoncé, bien qu'à reg;ret, à la revoir, il se reportait, en poursuivant la bécasse et la perdrix dans les jaunes Ajoncs et les grandes Bruyères roses d'Ille-et-Vilaine, aux chasses que, en des temps plus heureux, il avait faites au grand coq de bruyère, au délicieux alpin et à la silencieuse gelinotte, au milieu des Myrtilles noires et des rouges Airelles qui mûrissent leurs baies savoureuses à la demi-ombre des Pins à crochet et des Bouleaux des Hautes- Vosges.
» Mais travaux en jîlein cours, loisirs champêtres au milieu desquels se préparaient, comme de futures moissons sur une terre en jachère, de nouvelles découvertes, douces joies de la famille, elles aussi toujours mêlées au travail de la pensée, amitiés auxquelles il fut toujours fuièle, tout a été brisé par l'atteinte mortelle qui nous a brusquement enlevé l'éminent, bon et aimé Confrère dont chacun de nous gardera pieusement la mémoire.
» On le ^()il, nos perles ont été cruelles. Trois de nos Confrères des j)his aimés ont pavé la dette que chacun de nous contracte en naissant.
» Mais l'Académie, rajeunie par la mort même, a déjà rempli ses vides.
» A d'Abbadie, à Des Cloizeaux, à Schùtzenberger, éminents et regrettés Confrères, ont succédé Mftl. Hatt, de Lapparent et Ditte qui seront, comme leurs devanciers, l'honneur de notre Compagnie. »