‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 164 sur 425 · C. R., 189S, 1" Semestre. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. R., 189S, 1" Semestre. (T. CXXVI, N

Repos. A. B. (P. rlcçjoos'). Cli. R. (P. de Rooe'),

Continu

Nul

o,oi44

o,oi5i

o,02ro (?)

lO'

Continu

Nul

» De là cette conclusion que, si des intermittences alternent avec le travail, le travail total reste constant; fait imprévu et paradoxal, et que nous n'oserions pas énoncer s'il n'était le résultat de nombreuses expériences tout à fait concordantes.

)> Dans le troisième cas, poids forts, supérieurs à looo^', l'influence salutaire des intermittences apparaît en toute évidence. On peut alors effectuer un travail qui eût été impossible en régime continu (2000^"^ au lieu de laSo^"' pour B.; iSoo^'' au lieu de iioo^'' pour R.). Nous citerons seulement quatre expériences qui nous dispenseront d'entrer dans de plus longs développements. Dans ces expériences, les temps de repos et de travail étaient égaux (altei^nances).

. (P. de i25oB').

B. (P. de i25of').

Alternances.

Fréq. loo.

Fréq. 200.

Continu

Impossible

, (P. de loSos').

Kréq. 200.

Continu

Impossible

Impossible

( <'59 ) M La dernière expérience montre, pour la fréquence 200 et l'allernance de 1^,3, l'accroissement de la puissance avec les poids, même supérieurs à ceux qui sont compatibles avec le régime continu.

Poids

en grammes.

Puissance.

Poids

'lammes.

Puissance.

i3oo

l4oo

i5oo

H Ainsi, au point de vue pratique, nous pensons, par l'analvse expérimentale (au moins pour les fléchisseurs de l'index), avoir trouvé les meilleures conditions du travail :

» 1° Un poids très fort, de i5oo*^' ;

» 2° Une fréquence très grande, de 200 par minute;

» 3° Des intermittences de deux secondes environ de repos, alternant avec deux secondes de travail.

» Quant à la conclusion théorique, c'est que, pour le travail maximum du muscle, une circulation active, avec réparation par le sang oxygéné, est nécessaire. Des contractions répétées, énergiques et continues, en épuisant l'oxygène du sang irrigateur, mettent le muscle dans un état voisin de celui que nous avons appelé (Archives de Physiologie, 1897) de contraction anaérohie. état que nous avons démontré être funeste à la vie musculaire. Par conséquent, plus la circulation sera active, moins il y aura à craindre la fatigue et la ruine du muscle, dues aux produits nocifs de la contraction musculaire, pendant l'état anaérobie.

» Le repos du muscle, quelque court qu'il soit, est, grâce à la vasodilatation due au travail antérieur, une condition essentielle au développement de la puissance maximum. »

ZOOLOGIE. — Evolution et structure des éléments conjonctijschez la Paludine. Note de JVT. Joawes Chatix.

« Au cours d'une série de recherches dans lesquelles je me proposais d'observer les faits de mobilisation et de multiplication cellulaires, consécutifs à l'invasion de la Paludine {Paludina vivipara L.) par la Cercaire

( (i(in )

hérissée, j'ai, été conduit à rejarendre intéc^ralement l'éLnde du tissu conjonclif palléal. Une exirême confusion règne encore à son sujet; elle n'est pas moins imputable aux divergences des auteurs qu'aux néologismes qu'ils n'ont cessé de multiplier pour appuyer leurs vues.

» Tous les éléments ainsi décrits sous les noms les plus variés se ramènent en réalité à un seul et même type, la cellule conjonctive. C'est à elle qu'on doit rapporter les cellules ramifiées, cellules vésiculeuses, cellules plaxmaliques, cellules compactes, cellules éloilées, cellules multipolaires, t'e'sicules (le Langer, cellules de Leydig, etc.

» Dès qu'on étudie, avec une technique sérieuse, l'histologie du manteau de la Paiudine, on constate que les prétendus tissus étoile, compact, vésiculeux, plasmatique, etc. se rapprochent étroitement : tous les états de passage existent entre eux; pour mettre hors de doute leur intime pureté, il suffit de suivre l'évolution de la cellule conjonctive.

» A l'état initial, durant sa période de première jeunesse, elle présente constamment les mêmes dispositions dans son protoplasma aussi bien que dans son noyau. Toujours très réduit par rapport à celui-ci, le plasma somatique est sensiblement homogène; son aspect est plus souvent granuleux que spumeux ou réticulé.

» Mais ce qui caractérise essentiellement le noyau de la jeune cellule, c est son volume : il s'affirme au point d'envahir presque totalement l'élément dont le plasma somatique se limite à une mince zone périnucléaire. J'ai déjà eu l'occasion de signaler cette karyomégalie chez divers Mollusques ('), mais je crois devoir y insister de nouveau. Cette notion n'apporte pas seulement une contribution intéressante pour l'histoire de la cellule conjonctive, elle explique, en outre, certaines erreurs.

)i Telle est, en particulier, l'origine de ces descriptions, dans lesquelles ou mentionne une couche de noyaux ovoïdes, une couche de noyaux granuleux, etc. On comprend comment des observateurs, peu familiarisés avec les faits de karyomégalie, ont pu commettre cette méprise. Le tissu palléal se trouve dans un état exceptionnel de suractivité; celle-ci ne se manifeste pas seulement sous l'influence. des causes patliologiques, à la suited'un traumatisme ou d'une invasion parasitaire; elle est aussi évidente dans les circonstances normales : la constitution générale du manteau, ses rapports, mieux encore et surtout la circulation intensive dont il est le siège suffisent à l'expliquer amplement. Il en résulte que, dans les pro-

(') Comptes rendus, séance du 26 novembre 189 '|.

fondeurs ou dans les mailles de ce tissu conjonctif, on rencontre nombre d'éléments jeunes, à gros novaux, souvent stratifiés et pouvant faire croire à l'existence de noyaux libres, de plasmodes plurinucléés, etc.

» Ces caractères initiaux s'effacent d'ailleurs promptement : la cellule conjonctive tendant vers son état de complet développement, de nombreuses différenciations s'opèrent et retentissent sur sa forme extérieure, comme sur sa constitution interne ; c'est à ce double point de vue qu'elle doit être maintenant examinée.

» Ses caractères morpliographiques sont d'autant plus malaisés à résumer sommairement que nulle part le polymorphisme et le métabolisme de l'élément conjonctif ne s'exagèrent autant que chez les Mollusques. Cependant, il est quelques formes qui se dégagent immédiatement.

I) Eu première ligne, se placent les cellules vésiculeuses, de beaucoup les plus répandues. On peut en rapprocher divers types, sans cesse représentés comme des espèces histiques, distinctes et autonomes: cellules de Leydig, vésicules de Langer, cellules plasmaliques; leur contour est ovoïde ou sphéroïdal, mais leur taille et certains détails de leur structure les distinguent des cellules vésiculeuses ordinaires. La forme rameuse ou éloilée est assez fréquente; non seulement on peut l'observer sur des cellules tissulaires, examinées in situ dans les masses conjonctives, mais elle se rencontre dans les éléments mobilisés pour se porter à la rencontre des parasites, etc. Elle est très rare dans les cellules en voie de partition.

» Corrélativement à son polymorphisme, l'élément conjonctif présente des dimensions très variables. Dans une Note aussi succincte, je ne saurais donner que quelques approximations générales : durant la période initiale, décrite plus haut, le diamètre moven est de 6^-; aux stades suivants et selon les diverses formes, il varie de lo^^ à So^^. Cet accroissement porte principalement sur le protoplasma, dont l'aspect se modifie : des vacuoles y apparaissent et s'étendent parfois au point de refouler le plasma vers la périphérie, dessinant une sorte à'ulricule primordiale reliée à l'intérieur par des trabécules. Les cellules dites de Leydig et de Langer montrent surtout cette disposition. Lorsque le protoplasma demeure plus continu, peu vacuolaire, il oifre généralement une structure réticulée, très différente de l'aspect granuleux du début.

>) Des changements tout aussi notables s'opèrent dans l'appareil nucléaire : la karyomégalie originelle n'est plus qu'un souvenir; le noyau se trouve ramené, par le développement même du plasma somatique, à des dimensions plus normales. Sa structure est également mieux définie : la

membrane nucléaire se distingue p\us aisément; la formation nucléinienne présente une double différenciation chromatique et achromatique.

1) Ces détails, relatifs à la constitution de l'appareil nucléaire, se précisent mieux encore lorsqu'on examine la cellule, non plus à l'état quiescent, mais durant sa période de partition.

') On peut regretter que, se bornant à mentionner des faits de division dans le tissu conjonctif des Gastéropodes, les auteurs aient généralement négligé de faire connaître les divers processus de cette division. Une telle étude ne laisse pourtant pas d'être instructive, ainsi que j'espère pouvoir l'établir dans une prochaine Communication. »

ZOOLOGIE. — La dissociation de l'œnf en un grand nombre d' individus distincls et le cycle évolulif chez /'Encyrtus fuscicollis ( Hyménoptère) . Note de M. Paui. 3Iarchai>, présentée par M. de Lacaze-Dulhiers.

« f.a reproduction asexuée peut se manifester chez les Insectes à différents stades de l'ontogenèse. Tantôt ce sont des larves qui reproduisent par bourgeonnement à l'intérieur de leur corps de nouvelles larves (pédogénèse); tantôt ce sont des adultes qui donnent naissance à de nouveaux individus se développant dans les ovaires des parents (parthénogenèse des Pucerons). Nous venons de découvrir chez les llvménoptères parasites un nouveau mode de reproduction qui complète cette série de phénomènes dont elle constitue, en quelque sorte, le premier degré; chez V Encyrtus fuscicollis que nous avons observé, c'est, en effet, au début de l'ontogenèse, dans l'œuf lui-même, que se produit la dissociation du corps, et c'est aux dépens d'un œuf unique que l'on va voir se constituer un nombre d'embryons très grand, pouvant dépasser cent, et tous destinés à devenir des Insectes parfaits qui, en général tout au moins, seront de même sexe.

» M. Ed. Bugnion (') avait déjà observé que les chenilles de l'Hyponomeute du Fusain pouvaient, dans le courant de juin, contenir des chaînes d'embryons parasites fort curieuses. Ces chaînes, dont on ne trouvait, en général, qu'un exemplaire par chenille parasitée, étaient formées, en moyenne, de cinquante à cent individus disposés à la suite les uns des

(') Ed. Bl(;mon, Reclterclics sur le dévcloppemeiU poslcnihryonnairc, l'anatoinie (il les mœurs de /'Encyrtus fuscicollis [Recueil zoologiijue suisse, t. V, p. 435-535, 1891),

autres, englobés dans une masse granuleuse analogue à un vitellus et réunis dans un long tube épilhcUal commun qui, fermé aux deux bouts, flottait dans la lymphe de la chenille à côté du tube digestif. Bugnion suivit le développement de ces embryons et vit que chacun d'eux donnait naissance à un Encyrtus fuscicollis. Comment et où r£'/ic>T^«5 effectuait-il sa ponte? Quelles étaient surtout l'origine et la signification du tube épithélial commun enveloppant la chaîne d'embrvon? Il y avait là des questions bien faites pour exciter la curiosité du naturaliste. ^I. Bugnion pensait que YEncyrtus éclos en été hivernait ou présentait une seconde génération ayant pour hôte un animal inconnu ; il estimait que, en tout cas, il devait, pendant le mois de mai, déposer ses œufs par paquets à l'intérieur de la chenille de rHvponomeuLe; quant au tube épithélial, il dérivait, d'après lui, des amnios des embryons séparés secondairement de ces derniers et soudés bout à bout. Ces déductions; bien que fort légitimes en apparence, ne répondent pourtant nullement à la réalité des faits.

» J'ai observé la ponte de V Encyrtus fuscicollis ; or, ce n'est pas au mois de mai qu'il dépose ses œufs, mais c'est au mois de juillet, quelques jours à peine après être éclos; de plus, ce n'est pas dans la chenille, mais dans la ponte même de l'Hvponomeute que ses œufs sont pondus. Le minuscule Chalcidien se pose sur une ponte et s'y installe pendant des heures, lardant successivement avec sa tarière tous ou presque tous les œufs qu'elle présente. Je réserve les détails de cette opération, que j'ai longuement observée, pour un prochain Mémoire, et je me contente de dire que le temps nécessaire à V Encyrtus pour déposer son œuf dans celui deTHyponomeute varie entre une demi-minute et deux minutes; presque aussitôt après, il passe à un autre œuf de la même ponte et ainsi de suite, durant des heures entières; puis, lorsqu'il a terminé, il gagne une autre ponte et recommence sa manœuvre.

» Un fait capital résulte de l'observation précédente. Etant donnée la quantité d'œufs limitée contenue dans les ovaires d'un Encyrtus, il est matériellement impossible que, dans le temps si court nécessaire pour effectuer sa ponte, il dépose, dans chaque œuf de Papillon, un nombre d'œufs égal à celui des embryons composant une des chaînes dont nous avons parlé. Un seul œuf doit donc être pondu dans l'œuf de l'Hyponomeute et cet œuf unique doit se dissocier en un grand nombre d'embryons.

» Cette déduction qui s'impose est prouvée par l'observation directe. J'ai assisté au commencement de l'évolution de l'œuf et j'ai constaté que son amnios est d'abord constitué comme celui des autres Chalcidiens

connus; puis, ses cellules se multipliant rapidement, il s'allonge de façon à former le tnbe épithélial. Quant aux cellules qui se trouvent à l'intérieur de l'amnios, au lieu de se constituer en un seul embryon, comme c'est le cas habituel, elles se dissocient de façon à donner naissance à toute une légion de petites monda, qui plus tard s'organiseront en embryons et se disposeront en file, à mesure que l'enveloppe amniotique, tout en grandissant, passera de la forme vésiculairc primitive à celle d'un long tube flexueux. Tout le produit de la segmentation n'est pourtant pas consacré à la formalion des embryons; dès le début, on^voit s'isoler, à la péripliérie, une masse cellulaire en forme de croissant qui augmente graduellement de taille et se dissocie pour former vraisemblablement la masse granuleuse qui remplit le tube amniotique et englobe les embryons.

» De l'observation qui précède il résulte donc la découverte d'un mode de reproduction entièrement nouveau chez les Arthropodes et dont il est difficile, je crois, de trouver un équivalent chez les Métazoaires. Comment maintenant doit-on interpréter ce curieux cas de métagénèse? Faut-il considérer le tube contenant la chaîne d'embryons comme une nourrice dont le sonia serait représenté par le tube épithélial et par les cellules internes ne participant pas à la lormution des embrvons? On ne peut s'empêcher de penser aux Cysticerques et aux Orthonectides; mais de tels rapprochements seraient actuellement imj)rudents. Nous préférons nous borner aux faits, en attendant pour leur interprétation générale que les observations que nous poursuivons sur des espèces différentes nous fournissent de plus amples données. »

MINÉRALOGIE. — Sur les anomalies Optiques et le polymorphisme. Note de M. Fréd. ^Vallukant, présentée par M. Fouqué.

« Dans son célèbre Mémoire sur les anomalies optiques. Mallard a développé une théorie permettant d'expliquer, en s'appuyant sur les seules lois de la Cristallographie, le polymoi-phisme et les anomalies optiques de certains cristaux. Cette théorie a soulevé plusieurs objections : i" les cristaux les plus symétriques résultant de l'enchevêtrement de cristaux moins symétriques ne;sont pas homogènes, puisque les particules fondamentales, différemment orientées, ne sont pas sur des réseaux parallèles; 2" certains cristaux, quoique agissant sur la lumière polarisée, possèdent dès angles qui sont exactement ceux de cristaux isotropes et ne peuvent, par suite, être considérés comme appartenant à un système de symétrie

inférieure; 3" les nitrates cubiques d'une part, les aluns de l'autre, isotropes qnan<l ils sont purs, deviennent anisotropes en se mélangeant; 4" les cristaux de symétrie inférieure, maclés suivant la loi d'association dans la forme la plus symétrique, quoique se pénétrant intimement, restent toujours distincts et ne donnent pas naissance à la forme la plus symétrique.

» Or il est facile de faire tomber ces objections en faisant dériver les iormes les moins symétriques de la forme la plus symétrique, au lieu de faire l'inverse, comme l'a proposé JNIallard. Normalement, les formes les moins symétriques sont des formes mériédriqnes de la forme la plus symétrique; autrement dit, les inarticulés fondamentales s'orientent de f;içon à donnei' naissance à des particules symétriques possédant la totalité, ou seulement certains des éléments de symétrie du réseau. Quand toutes les formes sont stables à la même température, non seulement elles peuvent se macler suivant les lois établies par Mallard, mais encore, puisqu'elles ne diffèrent que par l'orientation des particules fondamentales, elles peuvent s'associer en particules de formes quelconques, de tailles quelconques pour donner des cristaux dont les propriétés physiques, dépendant delà structure, sont éminemment variables.

» Tel est le cas de la fluorine qui présente exactement les angles d'un cristal terquaternaire, et qui tantôt est cubique, tantôt ne possède qu'un axe ternaire et trois plans de symétrie, tantôt ne possède qu'un plan de symétrie; les deux dernières formes sont mériédriques de la variété cubique et peuvent s'associer a\'ec elle en toutes proportions.

M De même les cristaux de boracite sont exactement cubiques au point de vue mor|)hologique; mais ds sont composés, comme l'a montré Mallard, dedouze pyramides, orthorhombiqueshémimorphes.d'aprèsM. Baumhauer. Ces pvramides sont orientées de façon que leur axe binaire coïncide avec un axe binaire du cristal total considéré comme cubique et leurs deux plans de symétrie avec un plan de symétrie principal et un plan de symétrie non principnl. La boracite anisotrope est donc encore un cristal mériédrique, mais la forme holoédricjue n'est pas stable à la température ordinaire et il faut chaulTer le cristal orlliorbombique pour permettre aux particules fondamentales de tourner autour de leur centre de gravité de façon à donner naissance à une particule hoioédrique.

» Mais dans bien des cas, c'est l'inverse qui se produit : à la température ordinaire, les conditions d'équilibre ne sont pas rigoureusement satisfaites tiaas les formes les moins symétriques; elles ne le sont que grâce à une

O.K., iSijs, 1" Semeslie. (T. CXWI, N" 9.) S'î

Ictère contraction ou dilatation entraînant nn changement de densité et une faible déformation du réseau. Celui-ci ne possède plus que des axes limites et si les cristauK quasi symétriques peuvent se macler autour de ces axes, ils restent toujours distincts et ne peuvent donner naissance à la forme la plus symétrique. Ils ne sont pas en rapport direct avec celle-ci, mais ce rapport s'établit par l'intermédiaire d'une forme instable ayant le même réseau que le cristal le plus symétrique.

» L'aragonite, par exemple, qui cristallise en prisme de ii6", présente fréquemment une macle constituée par trois cristaux orientés à 120° l'un de l'autre, mais jamais dans les parties communes on n'observe de calcite; en outre les trois indices de réfraction de l'aragonite sont supérieurs au plus petit indice de la calcite. Celle-ci ne peut donc résulter d'un groupement de trois cristaux d'aragonite de i iG" orientés à i 20". D'ailleurs l'expérience consistant à transformer l'aragonite en calcite par l'action de la chaleur le démontre également. Quand on chauffe l'aragonite, ses indices diminuent et l'angle se rapproche progressivement de 120" : en effet, d'après Fizeau, non seulement le coefficient de dilatation de la petite diagonale de base est plus grand que celui de la grande diagonale, mais encore il augmente avec la température trois fois plus vite que lui. Cette augmentation parait se faire brusquement lorsqu'on approche de la température de transformation, puisqu'à cette température l'aragonite éclate. Ce n'est pas, comme on le voit, une aragonitede 116", mais iM'obablement une aragonite de 120°, qui se transforme en calcite. Je ferai remarquer que cette déformation, dans la théorie de Mallard, est plus complexe; certains réseaux, pour devenir parallèles à celui d'un édifice orienté à + 120" du réseau originaire, doivent se déformer de — 4"; d'autres, pour devenir parallèles à celui d'un édifice orienté à — 120°, doivent se déformer de -i- 4°- H est donc plus simple d'admettre une seule déformation, indiquée par l'expérience, consistant en une transformation des réseaux de 116" en réseaux de 120" existant dans la calcite. On n'oubliera j)as d'ailleurs que l'aragonite et la calcite doivent être considérées comme deux formes mériédriques d'un carbonate de chaux hexagonal que nous ne connaissons pas encore. »

GiiOLOGlE. — Contribulion à la géologie du bas Sénégal. Note de M. Stanislas Meunier.

« Au milieu de l'activité déployée, par les naturalistes de toutes les spécialités, clans l'étude du continent africain, on est très étonné tic voir

( ^''^7 ) l'espèce d'oubli clans lequel est resté, au point de vue géologique, le littoral sénégalais. Les collections du Muséum renferment des séries d'échantillons ramassés sur cette côte('), mais sans que les collecteurs aientété à même d'af)précier les relations mutuelles des différents terrains, et cette ignorance s'explique par le peu de relief du pavs et par l'extension, à sa surface, de sables récents et de latérites qui masquent les détails de sa constitution. Il a fallu, pour que cette lacune fût enfin comblée, que des recherches industrielles, poursuivies dans l'espérance de découvrir des gisements exploitables de phosphate de chaux, aient provoqué de très nombreux forages distribués systématiquement. Grâce au dévouement à la Science de M. Auguste Dollot, que je me fais un plaisir de remercier, j'ai été mis en possession des intéressants documents ainsi réunis : je demande à l'Académie la permission de résumer mes principaux résultats.

» Du rapprochement mutuel des échantillons étudiés, il parait d'abord résulter que l'on doit les répartir en quatre niveaux principaux, au-dessus desquels s'étend le manteau superficiel de matériaux détritiques qui vient d'être rappelé. Le plus ancien de ces terrains consiste en couches calcaires, souvent riches en fossiles, et mêmes pétries en quelques points, comme Pobenquine, de grosses turritelles et de bivalves dont nous n'avons que des moules incomplets. Quelques comparaisons, d'ailleurs trop peu nombreuses, tendraient à faire rapprocher stratigraphiquement ces calcaires, qui sont redressés et plissés, des roches crétacées étudiées par M. von Rœnen dans le Cameroun. Au-dessus d'eux se développent, avec une épaisseur qui peut dépasser i4™, des argiles feuilletées, blanches, très remarquables par les concrétions siliceuses, voisines des ménilites, dont elles sont remplies, et qui, au microscope, se montrent comme constituées par d'innombrables rhomboèdres de dolomie, réunis entre eux par un ciment argilo-siliceux. Ou retrouve ces rhomboèdres jusque dans la pâte des silex et parfois le produit de leur épigénie. Ces roches singulières supportent des couches plus ou moins compliquées, suivant les points, et qui présentent le double intérêt d'être fossilifères et de constituer un niveau phosphaté des mieux caractérisés. Les fossiles, consistant surtout en dents de poissons, ont un faciès éocène qui permet de rapprocher les phosphates sénégalais de certains dépôts algériens et tunisiens bien connus. Quant au phosphate,

(') Depuis 1820 par Grandin, jusqu'à 182^, de Beaufort; 1829, Perrotet, Tourelle el surtout Leprieur ; i836, Eugène Robert; i835, Heudelol; i85o, Raffenel.

( (')^iS ) il paraît s'êlre introduit dans les couches à la faveur d'une imprégnation dont il est possible de soupçonner certaines conditions. Enfin, l'ensemble est couronné par des calcaires généralement jaunâtres, exploités comme pierres à chaux, à Merina, près de Rufisque, et que l'on retrouve presque sans interruption jusqu'à Joal.

» Si, après cet .aperçu général sur la structure du sol, nous revenons sur le niveau phosphaté, nous constaterons qu'il consiste en roches qui, manifestement, ont été modifiées profondément depuis leur dépôt. Le type le plus abondant de beaucoup se présente comme une substance dure et assez fragile, incomplètement attaquable aux acides, dans lesquels ses fragments conservent intégralement leur forme. T^a silice forme le ciment général de la masse; en certains points, elle s'est même concentrée de façon à constituer des rognons siliceux, d'ailleurs souvent mal délimités et se fondant d'ordinaire peu à peu dans la substance ambiante. Au microscope, on reconnaît d'habitude à la roche une structure presque oolithique, résultant de l'abondance d'ovoïdes plus ou moins gros, très réguliers et consistant surtout en phosphate de chaux. Avec eux, se présentent des rhomboèdres tout pareils à ceux de l'argile siliceuse feuilletée et dont la profusion est vraiment bien singulière; enfin, des vestiges fossiles troués comme des spicules de Spongiaires, des Foraminifères à faciès tertiaire {ortidina, Iriloculma, hihculina, etc.), et parfois aussi des diatomées.

» Malgré la prodigieuse différence d'âge et malgré l'énorme distance kilométrique, on trouve des analogies entre cette roche sénégalaise et certains phosphates exploités maintenant si activement dans les couches dévoniennes du Tennessee. On doit croire que l'imprégnation phosphatique a dû se produire, des deux parts, dans des conditions uniformes. Or, pour ce qui est du Sénégal, je ne puis m'empêcher de rattacher l'abondance du phosphate de chaux, dans le sol stratifié, à la proximité d'un pointement de roche éruptive excessivement riche en apatite. Il s'agit d'un rocher de basalte, situé à Diskoul, c'est-à-dire séparé de Rufisque par une distance de I200™, et connu dans le pays sous le nom de Saïssay. En lame mince, au microscope, l'apatite s'y montre de toutes parts; l'acide chlorhydrique, où la poussière de la roche a séjourné un quart d'heure à chaud, précipite abondamment par le molybdate d'ammoniaque. Un spécimen m'adonne |)rès de 20 pour 100 de phosphate de chaux. N'est-il pas légitime de voir, dans ce pointement, une source possible du |)hosphate contenu dans le sol? Et ne serait-ce pas un analogue exact des silicifications si fréquentes

( 669 ) des couches au voisinage des fdons de qiiarlz? La maç^nésie, si visible sous la forme de dolomie, pourrait, de son coté, dériver également des laboratoires profonds. »

yi. Ch.-V. Zexger adresse un relevé des dépressions barométriques du mois de décembre 1897, comparées aux perturbations solaires et aux passages des essaims périodiques d'étoiles filantes.

La séance est levée à 3 heures trois quarts. J. B.

BULLETIN' BIBLIOGRAPHIQUE

OuYUAGES REÇUS DANS LA SÉA>"CE DU 28 FÉYRrER 1898.

Journal de Mathérnatiriiies pures et appliquées. Cinquième série, publiée par M. Camille Jordan, avec la collaboration de MM. M. Lévy, A. Mannheim, E. Picard, H. Poincaré. Tome troisième. Année 189-, fascicule n" 4. Paris, Gauthier-Villars et fils, 1897; i vol. in-4°.

Revue générale de Botanique, dirigée par AL Gaston Bonnier, INIembre de l'Institut, Professeur de Botanique à la Sorbonne. Tome dixième. Livraison du i5 février 1898. Paris, Paul Dupont, 1898; i fasc. in-8°.

Le Centenaire du Mètre. Les précurseurs du Système métrique el les mesures internationales, par Jules Michel, Ingénieur en chef, etc. Extrait du Correspondant. Paris, L. de Sove et fils, 1898; 1 fasc. in-S**. (Présenté par M. de Lapparent. )

Faune de la Normandie, par Henri Gadeau de Kerville. Fascicule IV. Paris, Baillière et fils, 1897; i vol. in-S".

Physiologie du foie. Recherches expérimentales au moyen des circulations artificielles à travers le Joie et le pancréas, par le D"" Frédéric Marty. Paris, J.-B. Baillière et fils; i vol. in-8°. (Renvoyé au concours Montyon, Physiologie.)

Bulletin de i Académie royale de Médecine de Belgique, 4* série. Tome XXII. N° 1. Bruxelles, Hayez, 1898; i vol. in-8^.

Sur l'aire des polygones, Mémoires présentés à l'Académie royale des Sciences de Lisbonne, par Antonio Cabreira. Lisbonne, 1897; i broch. in-8°.

The aslrophysicalJournal, an international Review ofSpectroscopy and astronomical Physics. January, i8g8. Chicago, William Wesley and son; in-8°.

ERRATA

(Séance du 21 février 1898.)

Noie de M. E. Grimaux, Sur les dérivés de la cinchonine :

Page 5^5 el suiv., au lieu de mézoquinène, lire partout méroqiiinène.

Note de M. Edm. Verrier, Sur la place des Éponges dans la classification, etc. :

Page 582, ligne 3 en remontant, au lieu de les animaux, lisez ces animaux. Même page, ligne 2 en remontant, au lieu de sécrétion, lisez direction.

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

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