SÉANCE DU LUNDI 7 MARS 1898, PRÉSIDENCE DE M. WOLF
MEMOIRES ET C03IMUIVICATI0IVS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'AC\DÉMIE
CHIMIE ORGANIQUE. — Actions chimiques exercées par V effluve électrique. — Les aldéhydes et l'azote; par M. Bertmelot.
« L'action de l'effluve sur les carbures et sur l'hvdrogène étant accompagnée, clans le cas des carbures et des alcools de la série grasse, c'est-à-dire forméniques et élhyléniques, par l'élimination d'une certaine dose d'hvdrogène, précisément comme la formation des aldéhydes, il résulte de cette relation que la synthèse des composés azotés, dérivés des carbures et des alcools, est nécessairement connexe de celle des composés azotés qui dérivent des aldéhydes.
» De là l'intérêt présenté par l'élude de ce nouveau groupe de réactions. Mes recherches ont porté sur les aldéhydes primaires, éihylique, propylique, et sur l'acétone (aldéh3de isopropylique), type des aldéhydes secondaires; j'ai procédé à la comparaison des aldéhydes primaires, homologues
G. R., 189S, I" Semestre. (T. CXXVI, N° 10.) 87
( <J7^ ) et isomères entre eux, à celle des aldéhydes primaires et secondaires, isomériqiies, ainsi qu'à celle des aldéhydes avec les alcools isomères. Je rattacherai à ces recherches certains dérivés éthérés, tels que le méthylal diméthylique. Pour les corps précédents, les réactions ont pu être poussées jusqu'à leur limite, en raison de l'état gazeux, ou gazéifiable, des systèmes.
)) Mais il m'a paru nécessaire de poursuivre l'étude comparative de la fixation de l'azote sur les composés aldéhydiques, jusque sur les corps fixes ou peu volatils. Quoique cette étude n'ait pu être amenée, comme dans les cas précédents, jusqu'à la limite des réactions, en raison de l'état physique des corps expérimentés, elle n'en fournit pas moins des résultats intéressants. A ce point de vue, je citerai d'abord mes essais sur les dérivés condensés des aldéhydes, tels que l'aldol, le paraldéhyde, l'aldéhyde méthylique en dissolution, et le trioxyméthylène cristallisé ; ainsi que sur le furfurol, le camphre (aldéhyde campholique), l'aldéhyde benzylique (essence d'amandes amères), et la benzoïne qui en dérive par condensation, l'aldéhyde cinnamique (essence de cannelle), l'aldéhyde salicylique à fonction complexe; enfin, le quinon, type des aldéhydes phénoliques.
» Je rappellerai d'ailleurs que les composés azotés, formés dans ces diverses réactions, de même que les composés azotés dérivés des carbures et des alcools, sont des composés peu ou point volatils, c'est-à-dire des molécules condensées et généralement polyazotées.
» Entrons dans les détails.