VIII. Gllcose et dérivés
» (1). Le glucose, alcool-aldéhyde, CH'-OMI-O, a été placé, à l'état pulvérulent, dans un tube à effluve, avec de l'azote. L'absorption est lente et pénible; sans doute à cause de l'absence de tension gazeuse de ce composé. Cependant, quelques décigrammes ont absorbé '^'"^,l\ d'azote, soit 06^,004 environ; en dégageant : H-= i'^'',7; CO = o",5; CO- = o", 9.
» (2). Cellulose (papier Berzélius). — On a eiiroulé, sur le tube intérieur de l'éprouvette à effluve, une bande pesant o^', 3503, que l'on a légèrement humectée (huit heures). D'après le dosage de l'azote sur le produit, ce papier avait fixé oS'',oo68 d'azote.
» La fixation est lente et pénible. Si l'intervalle gazeux entre les diélectriques est plus notable, elle tombe à des chiffres excessivement faibles. Elle est accompagnée d'ailleurs par un commencement de décomposition de la matière. En effet, dans une expérience où le volume d'azote absorbé a été trouvé de i'^%4. il s'est dégagé : H- = i", 4; CO = o",2; C0- = i*=S4-
» (3). Matière humique. — Obtenue par l'action de l'acide chlorhydrique concentré sur le sucre. L'azote fixé n'a pas dépassé quelques dixmillièmes.
» (4). Même matière, oxydée et devenue jaune sous l'influence de la lumière et de l'air, prolongée pendant plusieurs années : os^ 6 de matière, vingt-quatre heures. Azote absorbé : 1'='', o. Le dosage direct efîetcué sur le produit (par la chaux sodée) a fourni 2 millièmes : ce qui concorde.
» Il résulte de ces expériences que la fixation de l'azote sur les hydrates de carbone et leurs dérivés condensés ne dépasserait pas certaines valeurs. Je rappellerai ici mes anciens essais {Essai de Mèc. chim., t. Il, p. 385-39:5), oîi des fixations du même ordre de grandeur sur les hydrates de carbone ont été réalisées : soit sous l'influence de fortes tensions électriques; soil sous l'influence de l'électricité atmosphérique normale; soit enfin sous l'influence de faibles tensions électriques (quelques volts), prolongées pendant sept mois.
» En résumé, sous finfluence de l'effluve électrique :
)) 1° Tous les aldéhydes étudiés ont fixé de l'azote, en formant des composés condensés, amides ou aminés, de l'ordre des dérivés ammoniacaux des aldéhydes, et spécialement des glycosines, glyoxalines et polyamines peu hydrogénées.
» Cette fixation a lieu pareillement pour les aldéhydes primaires, pour les aldéhydes secondaires ou acétones, pour le quinon, aldéhyde dérivé des phénols, pour le camphre et pour le lurfurol, aldéhydes d'un caractère spécial.
» Elle porte généralement sur une forte dose d'azote, à l'exception peutêtre des aldéhydes cinnamique et salicyUque, dont la réaction est plus lente et, en apparence du moins, plus faible.
» Les élhers aldéhvdiques (méthylal diméthylique) fixent pareillement l'azote, sans doute par les résidus de leurs deux composants à la fois.
» Les polymères aldéhydiques, de fonctions diverses, fixent également l'azote : lentement et faiblement à la vérité, pour les polymères proprement dit, tels que le paraldéhyde et le trioxyméthylène; d'une façon plus rapide et plus efficace pour l'aldol; mais non pour la benzoïne, dont la constitution est pareille. Avec le glucose et ses dérivés cellulosiques, la fixation d'azote est également faible, en raison de la condensation de la molécule.
» 2° La fixation de l'azote sur les aldéhydes ne provoque que des perles d'hydrogène bien moins marquées qu'avec les carbures et les alcools' correspondants. Par exemple, avec les aldéhydes éthyliques : un demiatome environ; avec l'aldéhyde propylique primaire et secondaire : moins d'un atome; fort peu avec les polymères (aldol, paraldéhyde, etc.). Les aldéhydes des séries benzénique et campholique ne dégagent pas d'hydro-
( (^79 ) cène, ou des traces seulement. Avec les éthers aldéhydiques, la dose d'hydrosjène dégagé s'accroît, sans doute eu raison de l'existence des résidus alcooliques dans la molécule.
» Cette tendance à l'élimination de l'hvdrogène dans les aldéhydes, moins prononcée que dans les carbures et les alcools, s'explique si l'on observe que ces principes dérivent déjà des alcools par perte d'hvdrogène, et qu'ils se rapprochent par là des carbures acétvléniques, C"Il-"~", et des carbures benzéuiques, lesquels n'éliminent pas d'hvdrogène en proportion sensible, sous l'influence de l'elfluve. La relation à cet égard est d'autant plus directe que la déshvdratation des aldéhvdes de la série grasse engendre précisément les carbures CH-""-; l'acétone produisant l'allvlène, par exemple.
» Si j'insiste sur ces relations, c'est parce qu'elles caractérisent la fixation électrique de l'azote sur les diverses fonctions organiques.
» 3° Les relations qui existent entre les composés isomères, au point de vue de la fixation électrique de l'azote, ont été signalées à mesure. Les aldéhvdes fournissent, à cet égard, des termes de comparaison intéressants, tant pour les composés de même fonction que pour les composés de fonction différente.
» Pour la même fonction, on peut citer les deux aldéhvdes propvliques, primaire et secondaire. Ils fixent des doses d'azote voisines, un peu plus fortes cependant pour l'aldéhyde secondaire : mais cette différence peut tenir à quelque formation secondaire.
M Quanta l'influence de la polymérisation, elle ne peut être spécifiée au point de vue actuel, les limites n'ayant pas été atteintes. Cependant la tendance à fixer l'azote est certainement amoindrie.
» La comparaison entre les aldéhvdes et les composés isomères de fonction diilérenle peut être précisée davantage.
» Aldéhydes isomères avec les alcools. — Soient, par exemple, les aldéhydes propyliques et l'alcool allylique. La fixation de l'azote sur les aldéhydes est plus que double de celle qui a lieu sur l'alcool isomère: l'aptitude des aldéhydes à former une molécule saturée, par fixation d'hydrogène ou autrement, est ici manifeste.
)) Aldéhydes isomères avec les éthers des alcools diatomiqiies. — Tel est le cas de l'aldéhyde éthylique et de l'éther glycolique. Ici, au contraire, il y a prépondérance pour l'élher. Une molécule de ce corps fixe i atomes d'azote, tandis que l'aldéhyde n'en fixe qu'un tiers d'atome. Cette aptitude